— Par Gary Klang —Tu as tout gâché Duvalier
Avant toi
Tout allait bien
La peur n’existait pas
Ma ville était un havre
Blotti contre la mer qui souriait aux étoiles
Les bougainvilliers s’étiraient langoureusement contre les murs
Joyeux
Comme des jeunes filles en fleurs
Le mal n’était qu’un mot
La vie avait un goût de mangue et d’oisiveté
Et c’est alors que tu vins
Faisant du meurtre la norme
Avec ton Fort Dimanche
Qui n’avait rien de dominical
Et où régnait une femme
Pire que tes sbires
Dont le nom aurait plu au führer
Madame Adolphe
Madan Max Adolphe
Aussi cruelle que toi
Que n’étais-tu resté médecin
A soigner le pian et faire du bien au peuple
Mais tu avais d’autres projets
Tuer
Faire souffrir le plus possible
Combien de gens as-tu fait disparaître
Pour des raisons que seul le diable connaît
Puis un jour tu mourus
Après avoir tant tué
Et pendant ton enterrement
Un vent violent souffla soudain
Satan t’emmenait chez des démons aussi cruels que toi
Pour te récompenser d’avoir souillé mon île
Celle du bonheur
De mon enfance heureuse
Qui par ta faute
N’en finit pas de tomber
Car ta milice aux lunettes noires
A engendré les gangs
Résidus des fils et petits-fils de tes tueurs
Qui font de l’île un dépotoir où l’on jette les cadavres
Un cimetière sans tombe
Où les morts dorment à l’air libre
En quête désespérément d’un caveau
Dévorés par les pourceaux et par les chiens
Oui va au diable
Ordure
Va dans sa demeure
Et pourris jusqu’à la fin des temps
GARY KLANG
