Catégorie : Sciences Sociales

Cuba à l’ONU : Le front contre l’embargo se fissure

Pour la 34e fois depuis 1992, l’Assemblée générale des Nations unies demande la levée de l’embargo américain contre Cuba.

Mais le scrutin du 28 octobre 2026 révèle un recul spectaculaire du soutien diplomatique à La Havane, y compris dans la Caraïbe.

Une victoire politique en demi-teinte, alors que la population cubaine affronte une crise économique et énergétique majeure.

Cuba a remporté le vote, mais perdu du terrain. Réunie à New York le mercredi 28 octobre 2026, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté une nouvelle résolution demandant aux États-Unis de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé à l’île depuis les années 1960. Le texte a recueilli 130 voix favorables, 17 voix contre et 25 abstentions. Vingt et un États membres n’ont pas participé au scrutin. La résolution a donc été adoptée à une large majorité, mais son soutien s’est sensiblement affaibli par rapport à 2025, où elle avait recueilli 165 voix pour, 7 contre et 12 abstentions. La perte de 35 suffrages favorables constitue le principal enseignement de cette réunion diplomatique.  Lire Plus

Les vraies urgences martiniquaises

— Par Jean-Pierre Maurice —
À l’heure où les élus martiniquais préparent avec l’État une étrange autonomie, un nombre croissant de Martiniquais constatent de graves difficultés dans leur vie quotidienne : prix des denrées alimentaires hors de contrôle, transports défaillants, accès aux soins compliqué, chômage élevé et services publics sous tension…

Les vraies urgences sont oubliées
Pire : alors que la population subit de plein fouet la vie chère, l’incertitude économique et les difficultés de toutes sortes, l’énergie politique se concentre sur un projet d’autonomie dont les contours restent flous et les bénéfices incertains. Beaucoup de Martiniquais se sentent obligés de « se débrouiller » face à des problèmes concrets que les responsables peinent à résoudre.
On dénombre ainsi de multiples alertes sociales et économiques non traitées avec l’urgence nécessaire. En cause, un sentiment de déconnexion entre les préoccupations des habitants et les priorités de certains décideurs.

Lautonomie vraiment ?
Avant de s’engager dans une autonomie risquée, ne serait-il pas plus juste et plus opportun que les élus et l’État assurent déjà le règlement des problèmes concrets qui handicapent quotidiennement la population martiniquaise, et que les solutions proposées répondent vraiment aux besoins des habitants ?  Lire Plus

Hommage à Victor Anicet.

Hommage à Victor Anicet.

— Par Myrna Nérovique —

Très cher professeur,
En tout honneur,
Je me souviendrai toujours de vous,
Er, je sais, que vous vous souviendrez toujours de nous :
Vos tendres élèves,
Dont vous êtes les sèves.
Et, toujours, je me revois encore, face à mon merveilleux pupître,
Vous voir déclamer toute l’histoire de l’art, dans un nouveau chapître.
Et, fière, dans mon univers,
Mon cœur, s’étiole, à présent, dans des vers amers.
Très cher professeur,
Ici, n’était point votre heur,
Et, dans cette poésie prosodique,
J’aimerais vous déclarer mon éloge mirifique.
Toujours, je me souviendrai de la base de mon histoire,
Toujours, mon tracé pictural, engoinfrera cette mémoire.
D’un enfant, dont l’art s’initie depuis jeune fille,
En s’armant de courage, face à cette vie d’intime vaudeville.
Vous m’avez amplement aidée,
Dans cette vie fortement perturbée.
Et, je tiens à vous faire mes adieux,
Il est vrai, que je ne puis faire mieux.
Et, je tiens à votre rendre cet honneur,
De tout mon être et de tout mon cœur.
Cet hommage, à vous, professeur,
Qui fit de moi, un être meilleur.  Lire Plus

L’éphéméride du 30 octobre

Nat Turner, esclave noir insurgé à l’origine de la plus importante rébellion d’esclaves de l’Histoire des États-Unis, est capturé et arrêté dans le comté de Southampton le 30 octobre 1831.

Nathaniel dit Nat Turner, né probablement le 2 octobre 1800 et mort pendu le 11 novembre 1831, est un esclave et un prédicateur afro-américain. En 1831, il conduit une révolte dans le comté de Southampton en Virginie. Cette insurrection sanglante d’esclaves entraîne une répression, légale et illégale, encore plus sanglante, et déclenche dans les États du Sud, la promulgation de nouvelles dispositions durcissant encore plus les Codes de l’esclavage (Slave codes (en)). Dans les années 1960, Nat Turner devient une icône du mouvement du Black Power.

Biographie
Jeunesse et formation
Nat Turner naît dans le comté de Southampton dans l’État de Virginie où il restera toute sa vie. Il doit son nom au propriétaire de sa mère, Benjamin Turner qui est probablement son père. Benjamin Turner ou l’un de ses fils légitimes lui apprendra à lire, écrire et compter, tandis que sa mère Nancy lui transmet la fierté de ses origines africaines et la haine de l’esclavage.  Lire Plus

L’éphéméride du 29 octobre

Jeanne de Brigue, dite La Cordelière, fut la première personne jugée pour sorcellerie par le Parlement de Paris, le 29 octobre 1390.

Elle fut brûlée vive le 19 août 1391.

Illustration : Sorcières cuisinant des enfants – tiré du Compedium maleficarum de Francesco Maria Guazzo, 1608

Biographie
Jeanne de Brigue est une paysanne de la région de Brie. Elle est connue pour ses dons de guérison et de voyance. Son procès a lieu à Paris et elle est incarcérée à la prison du Châtelet. Le 13 août 1391 elle est menée au marché aux pourceaux rue Saint-Honoré.

La chasse aux sorcières est la poursuite, la persécution et la condamnation systématique et en masse de personnes accusées de pratiquer la sorcellerie. Si la condamnation des pratiques de sorcellerie se rencontre à toutes les époques et dans toutes les civilisations, cette chasse aux sorcières du Moyen Âge tardif et surtout de la Renaissance est particulière par la croyance en un complot organisé de sorcières se réunissant en sabbat pour détruire la chrétienté en faisant un pacte avec le diable, et par la persécution et la traque massive de ces prétendues sorcières.  Lire Plus

Boubacar Joseph Ndiaye : « Refusez l’oubli… »

– par Rodolf Etienne

Il avait connu la guerre, traversé les violences du XXe siècle et servi dans l’armée française avant de consacrer l’essentiel de son existence à une autre bataille : celle de la mémoire.

Boubacar Joseph Ndiaye (1922-2009), conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée, au Sénégal, est devenu l’une des grandes figures de la transmission de l’histoire de la traite atlantique.

Son éloquence, son engagement et les débats suscités par son récit interrogent aujourd’hui encore notre manière d’écrire, de comprendre et de transmettre le passé.

Un homme face à l’océan

Il se tenait là, dans la cour de cette demeure aux murs ocre, face à des visiteurs venus de tous les continents. Sa silhouette mince, son visage marqué par les années, sa voix grave et ses gestes mesurés composaient une présence immédiatement reconnaissable.

Lorsqu’il évoquait les hommes, les femmes et les enfants déportés depuis les côtes africaines, Boubacar Joseph Ndiaye ne se contentait pas de raconter une histoire. Il entendait empêcher le silence de la recouvrir. 

Pendant des décennies, dans la Maison des Esclaves de Gorée, petite île située au large de Dakar, il développa un récit saisissant de la traite atlantique.  Lire Plus

L’éphéméride du 28 octobre

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est présentée à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte juridique français, exigeant la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes, rédigé le 5 septembre 1791, par l’écrivaine Olympe de Gouges sur le modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamée le 26 août 1789, et publié dans la brochure Les Droits de la femme, adressée à la reine1,2. Premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a été rédigée afin d’être présentée à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 pour y être adoptée.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue un pastiche critique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes, alors que les femmes ne disposaient pas du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux libertés professionnelles, aux droits de propriété, etc.  Lire Plus

Féminicides : La difficile vérité des chiffres

Féminicides | Droits des femmes | Violences fondées sur le genre

Du Cameroun à l’Afrique du Sud, du Kenya au Sénégal, les meurtres de femmes se succèdent et provoquent de nouvelles mobilisations.

Plusieurs pays africains connaissent une augmentation documentée des féminicides ou une concentration préoccupante d’affaires récentes.

Mais les statistiques demeurent fragmentaires et les qualifications judiciaires diffèrent.

Entre violences persistantes, dispositifs de protection insuffisants et difficultés de recensement, l’Afrique fait face à un problème de société dont l’ampleur reste imparfaitement mesurée. Réalité qui, à des degrés différents, concerne également l’Europe.

Une succession de meurtres qui interroge

Depuis la fin du mois de juillet 2026, plusieurs pays africains ont été confrontés à des meurtres de femmes suscitant l’inquiétude des associations de défense des droits humains. En Afrique centrale, le Cameroun enregistre une aggravation du nombre de féminicides recensés depuis plusieurs années. En Afrique australe, la découverte successive de corps de femmes dans une municipalité proche de Johannesburg a provoqué une intervention du président sud-africain. En Afrique de l’Est, plusieurs meurtres commis au Kenya ont ravivé les demandes de protection.  Lire Plus

Taïwan : Une île indispensable à l’IA mondiale

Géopolitique | Technologies | Économie mondiale

Au large des côtes chinoises, Taïwan concentre une part décisive de la fabrication des semi-conducteurs les plus avancés de la planète.

Derrière la réussite de Nvidia, la puissance industrielle de TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) et les ambitions technologiques de Pékin se dessine une nouvelle géographie du pouvoir mondial.

Une géographie dans laquelle la maîtrise de quelques nanomètres de silicium pourrait peser autant que celle du pétrole au XXe siècle.

Une île au centre du monde numérique

Il existe, dans l’économie contemporaine, un paradoxe saisissant. Les États-Unis dominent une grande partie de l’industrie mondiale de l’intelligence artificielle, la Chine cherche à s’affirmer comme une puissance technologique autonome, l’Europe possède certaines des machines les plus sophistiquées de la planète. Pourtant, une partie essentielle de cette puissance repose sur une île d’Asie orientale, Taïwan, dont la population dépasse à peine 23 millions d’habitants. Cette position exceptionnelle tient à une entreprise : Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC). Fondée en 1987 par Morris Chang, elle s’est progressivement imposée comme la principale fonderie indépendante de semi-conducteurs au monde.  Lire Plus

XVIIe Colloque international des études créoles

Du 26 au 30 octobre 2026, la Martinique accueille le XVIIe Colloque international des études créoles, consacré aux « Usages sociaux et économiques des créoles ». Organisée par le Comité international des études créoles (CIEC), en collaboration avec l’Université des Antilles, cette rencontre réunit des chercheurs, linguistes, enseignants et acteurs culturels venus de la Caraïbe, de l’océan Indien, d’Europe et d’Amérique du Nord. Placée sous le signe de l’hommage au linguiste martiniquais Jean Bernabé (1942-2017), elle entend dépasser la seule question de la préservation des langues créoles pour interroger leur place effective dans la société, l’économie, l’enseignement, les institutions et les technologies contemporaines.

Des langues vivantes confrontées aux mutations du monde

Quelle place les langues créoles occupent-elles réellement dans les sociétés qui les ont vues naître ? Cette interrogation traverse la dix-septième édition du Colloque international des études créoles, organisée du lundi 26 au vendredi 30 octobre 2026 sur plusieurs sites universitaires de Martinique. Après une précédente édition consacrée aux rapports entre mondes créoles, langues et développement aux Seychelles, archipel de l’océan Indien, les rencontres martiniquaises déplacent la réflexion vers les usages sociaux et économiques des créoles.  Lire Plus

Rodolphe Solbiac : La CARICOM et la bataille des savoirs

  • par Rodolf Etienne

À l’heure où la Martinique vient d’intégrer officiellement la Communauté des Caraïbes (CARICOM), les travaux de l’universitaire martiniquais Rodolphe Solbiac prennent une résonance particulière.

Depuis plusieurs années, ce spécialiste des littératures anglophones et des études postcoloniales explore une question fondamentale : comment les sociétés issues de l’esclavage et de la colonisation peuvent-elles transformer leur présent en reconstruisant les savoirs qui permettent de comprendre leur histoire ? Une réflexion qui rejoint directement les orientations de la CARICOM en matière de justice réparatrice.

Un universitaire martiniquais au cœur de la pensée caribéenne

Rodolphe Solbiac est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’Université des Antilles, sur le campus de Schœlcher. Ses travaux s’inscrivent dans le domaine des études postcoloniales, des Cultural Studies et des littératures de la Caraïbe anglophone. Ils interrogent notamment la mémoire historique, les constructions identitaires, les formes de domination héritées de la colonisation et les possibilités de transformation des sociétés contemporaines. Son parcours scientifique présente une particularité importante. Plutôt que d’étudier séparément les œuvres littéraires, les évolutions politiques et les transformations sociales, il cherche à comprendre les relations qui les unissent.  Lire Plus

Afrique : De Kampala à Libreville, les institutions africaines se transforment

En Ouganda, le gouvernement annonce des restrictions budgétaires pour répondre aux tensions sur le shilling, tandis que la Banque centrale renforce ses dispositifs de finance climatique.

Entre l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est, une importante acquisition bancaire illustre les possibilités d’intégration financière.

À Libreville, l’Union africaine (UA) ouvre une séquence consacrée à l’intelligence artificielle et à la souveraineté numérique. Au Zimbabwe, le débat sur les sanctions internationales rappelle les difficultés persistantes du financement du développement.

Cinq dossiers, une interrogation commune : comment transformer les ambitions africaines en capacités économiques réellement maîtrisées ?

Ouganda — Des restrictions budgétaires face aux tensions monétaires

Le gouvernement ougandais a annoncé une réduction de certaines dépenses administratives. Selon le secrétaire au Trésor, Ramathan Ggoobi, les administrations doivent notamment diminuer de moitié certains décaissements consacrés au carburant, aux déplacements et aux ateliers. Une réduction de près de 3 000 milliards de shillings ougandais (670 millions de dollars) des dépenses opérationnelles prévues pour le deuxième trimestre de l’exercice budgétaire 2026-2027 est annoncée. Cette décision intervient dans un contexte de pressions sur la monnaie nationale face au dollar et vise à accompagner le resserrement monétaire par une maîtrise accrue des dépenses publiques. 

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Beatriz Nascimento : Quand les quilombos réécrivent l’histoire

  • Par Rodolf Étienne

Historienne, poétesse, enseignante et militante afro-brésilienne, Beatriz Nascimento (1942-1995) a élaboré une pensée originale de la liberté, du territoire et de la mémoire noire.

La publication, pour la première fois en français, d’une anthologie de ses écrits, Pour une féminothèque de l’Atlantique noir, organisée par Mame-Fatou Niang aux éditions Anacaona, constitue un événement intellectuel singulier.

L’œuvre de Beatriz Nascimento nous conduit du Brésil des quilombos (aussi appelé mocambos, communauté organisée au Brésil par des esclaves marrons (fugitifs) ou des réfugiés d’origine africaine cherchant à échapper à l’esclavage) aux mémoires du marronnage caribéen, tout en invitant à reconsidérer la place des femmes dans l’écriture de l’histoire.

Une absente qui nous oblige à réécrire notre bibliothèque

Il existe des œuvres dont la découverte tardive ne révèle pas seulement une injustice faite à leur auteur. Elle met aussi en lumière les limites du savoir que nous pensions posséder. Beatriz Nascimento appartient à cette catégorie d’intellectuelles dont l’absence a longtemps appauvri notre compréhension de l’histoire.

Comment expliquer qu’une historienne ayant consacré plus de vingt années à explorer les résistances noires, les communautés autonomes, la mémoire de l’esclavage et la condition des femmes afrodescendantes soit demeurée si peu connue dans l’espace francophone ?

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L’éphéméride du 26 octobre

Fusillade d’O.K. Corral le 26 octobre 1881

La fusillade d’O.K. Corral est un affrontement qui s’est déroulé le mercredi 26 octobre 1881 dans la ville de Tombstone en Arizona aux États-Unis.

Bien que seulement trois hommes aient été tués durant le combat, il est généralement considéré comme la plus célèbre fusillade dans l’histoire de la Conquête de l’Ouest, grâce à des films comme Règlements de comptes à OK Corral. Il vit s’affronter les frères Wyatt Earp, Morgan Earp, Virgil Earp, associés de Doc Holliday contre Frank McLaury, Tom McLaury, Billy Claiborne, Ike Clanton et Billy Clanton. Ike Clanton et Billy Claiborne s’enfuirent du combat, sains et saufs. Morgan Earp, Virgil Earp et Doc Holliday furent blessés. Les deux frères McLaury et Billy Clanton furent tués. Ils ont été enterrés dans le cimetière de Tombstone : Boothill

Analyse
La cause directe du conflit qui conduisit à la fusillade fut l’arrestation de deux cow-boys par Virgil Earp, agissant en sa qualité de Marshall fédéral, pour un vol de diligence. Un autre cow-boy sous l’emprise de la boisson proféra des menaces contre les Earp, ce qui les mit en garde.  Lire Plus

Vie chère : Déjà l’heure des premiers comptes ?

Vie Chère | Economie

GBH, Christophe Girardier, marges arrière, concentration économique et transparence : six mois après les auditions parlementaires, les conclusions sont connues, mais les questions essentielles demeurent.

Entre résultats officiels et nouvelles mobilisations, la Martinique cherche toujours les moyens d’une baisse durable du coût de la vie.

Deux ans après la signature du protocole de lutte contre la vie chère du 16 octobre 2024, la Martinique se retrouve confrontée à une interrogation devenue presque permanente : pourquoi les efforts annoncés pour réduire les prix alimentaires peinent-ils à transformer durablement la vie quotidienne des ménages ? La reprise des mobilisations à partir du 19 octobre 2026, à l’appel notamment du RPPRAC, témoigne de la persistance du conflit social. Elle intervient pourtant après plusieurs avancées institutionnelles : une enquête parlementaire, un avis approfondi de l’Autorité de la concurrence, une étude de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) et cinq bilans officiels du protocole.

Le paradoxe est saisissant. Jamais, au cours de ces dernières années, les mécanismes économiques de la distribution alimentaire martiniquaise n’auront fait l’objet d’autant d’investigations publiques. Pourtant, la connaissance de la formation des prix, des marges réalisées à chaque étape et de leur répartition entre les sociétés d’un même groupe demeure incomplète.  Lire Plus

L’éphéméride du 24 octobre

Lettre de démission du PCF d’Aimé Césaire à Maurice Thorez le 24 octobre 1956

Quelques mois après le percutant rapport Khrouchtchev qui révéla les crimes de Staline, Aimé Césaire a adressé cette lettre de démission à Maurice Thorez alors secrétaire général du Parti communiste Français. « Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. »
{{Aimé Césaire, Député de la Martinique, à Maurice Thorez, Secrétaire Général du Parti Communiste Français.}}

Maurice Thorez,

Il me serait facile d’articuler tant à l’égard du Parti Communiste Français qu’à l’égard du Communisme International tel qu’il est patronné par l’Union Soviétique, une longue liste de griefs ou de désaccords. _ La moisson a été particulièrement riche ces derniers temps et les révélations de Khrouchtchev sur Staline sont telles qu’elles ont plongé, ou du moins, je l’espère, tous ceux qui ont, à quelque degré que ce soit, participé à l’action communiste dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte.  Lire Plus

Le tourisme 2026–2027 à l’épreuve des réalités économiques

Économie | Tourisme

Croisières, transport aérien, hôtellerie, nouveaux marchés et retombées locales : la Martinique aborde une saison touristique décisive.

Entre ambitions de croissance et fragilités structurelles, une question s’impose : accueillir davantage de visiteurs suffit-il encore à développer l’économie du territoire ?

À quelques semaines de l’ouverture de la haute saison touristique, la Martinique se trouve dans une situation singulière. Les perspectives commerciales annoncées depuis le début de l’année 2026 laissent entrevoir de nouvelles possibilités de développement. Les compagnies de croisière programment davantage d’escales, les transporteurs aériens renforcent certaines dessertes et la fréquentation hôtelière retrouve une dynamique positive. Pourtant, derrière ces indicateurs encourageants, les professionnels expriment des inquiétudes croissantes sur le niveau des réservations, le coût des transports, les difficultés économiques et les tensions sociales.

Les annulations des escales du Coral Princess, le 20 octobre, puis du Carnival Miracle, attendue le 23 octobre, donnent brutalement corps à ces incertitudes. Deux paquebots, près de 5 000 passagers annoncés au total, et autant d’occasions manquées pour les taxis, les commerces, les restaurateurs et les prestataires d’excursions. Ces annulations ne permettent pas, à elles seules, de préjuger du résultat de la saison.  Lire Plus

L’éphéméride du 22 octobre

La panique bancaire américaine de 1907 débute le 22 octobre

La Panique bancaire américaine de 1907, aussi nommée Panique des banquiers, est une crise financière qui eut lieu aux États-Unis lorsque le marché boursier s’effondra brusquement, perdant près de 50 % de la valeur maximale atteinte l’année précédente. Cette panique se produisit au milieu d’une période de récession, marquée par d’innombrables retraits de fonds des banques de détail et d’investissement. La panique de 1907 se propagea à tout le pays, de nombreuses banques et entreprises étant acculées à la faillite. Parmi les premières causes de la crise, on peut citer le retrait de liquidités des banques de New York, la perte de confiance des dépositaires et l’absence d’un fonds de garantie des dépôts.
Illustration : Theodore Roosevelt lance deux ours nommés Interstate Commerce Commission et Federal Courts sur Wall Street. Puck Magazine, 8 mai 1907
La crise éclata en octobre après une tentative ratée de corner sur les actions de la compagnie United Copper. Les banques qui avaient prêté de l’argent pour réaliser le corner furent victimes de retraits massifs, qui se propagèrent aux établissements affiliés, causant en l’espace d’une semaine la chute de la société fiduciaire Knickerbocker Trust Company, troisième établissement en importance de ce genre à New York.  Lire Plus

Sandra Blacodon : « La réussite n’est pas un sommet réservé »

– Entretien réalisé par Rodolf Étienne

De l’engagement territorial en Martinique à l’écriture, Sandra Blacodon explore dans son premier ouvrage, Je suis née pour réussir – Un voyage vers la lumière, les chemins de la reconstruction personnelle.

Confrontée à la maladie, aux discriminations et aux bouleversements de l’existence, l’ancienne responsable territoriale défend une conception de la réussite fondée sur la liberté, la dignité et la transmission.

Entretien avec une femme qui entend désormais donner une nouvelle forme à ses engagements. Pendant vingt-deux ans, Sandra Blacodon a consacré une grande partie de son activité professionnelle au développement territorial, à la prévention de la délinquance et à l’accompagnement des personnes en Martinique, particulièrement dans la commune de Ducos. Une expérience qui a nourri sa connaissance des réalités sociales et sa conviction que les trajectoires individuelles ne sont jamais définitivement écrites.

Aujourd’hui installée à Paris, elle publie aux Éditions de l’Onde son premier ouvrage, Je suis née pour réussir – Un voyage vers la lumière. Un livre né d’une période de souffrance, mais construit autour d’une interrogation plus universelle : comment retrouver sa capacité d’agir lorsque les épreuves semblent avoir réduit le champ des possibles ?  Lire Plus

Afrique : Produire sa richesse, protéger ses peuples

L’Afrique aborde une semaine particulièrement révélatrice de ses ambitions et de ses contradictions.

À Kampala, en Uganda, une rencontre continentale sur le droit d’auteur entend renforcer les revenus des créateurs africains.

En Guinée, les projets de transformation minière se heurtent à une question décisive : comment industrialiser sans disposer d’une énergie suffisante et abordable ? Dans les Grands Lacs, l’épidémie d’Ebola continue de progresser, tandis que l’assassinat d’un opposant rwandais réfugié en Ouganda soulève de graves interrogations sur la protection des personnes en exil. En Afrique australe, le Mozambique et l’Afrique du Sud commémorent le quarantième anniversaire de la disparition de Samora Machel, figure majeure des luttes de libération.

Cinq développements qui interrogent la capacité du continent à construire sa souveraineté économique, sanitaire, politique et culturelle.

🇺🇬 OUGANDA — Kampala accueille une rencontre continentale pour transformer la création africaine en véritable puissance économique

Culture | Propriété intellectuelle | Économie créative | Intégration africaine

Rencontre programmée du 19 au 21 octobre 2026.

L’Ouganda accueille à partir de ce lundi un rendez-vous important pour l’avenir des industries culturelles africaines.  Lire Plus

L’éphéméride du 19 octobre

À Grenade, Maurice Bishop, chef du Gouvernement révolutionnaire populaire, est tué par la faction radicale de son parti. Un conseil militaire prend le pouvoir le 19 octobre 1983.

Maurice Rupert Bishop, né le 29 mai 1944 à Aruba et mort le 19 octobre 1983 à la Grenade, est un homme politique et révolutionnaire grenadin, Premier ministre de l’île entre 1979 et 1983.

Jeunesse et formation en Angleterre
Maurice Rupert Bishop est né le 29 mai 1944 à Aruba, alors colonie néerlandaise. Ses parents, Rupert et Elment Bishop, venaient de Grenade, où son père ne gagnait que 5 pence britanniques par jour. À la fin de 1930, pour améliorer sa situation financière, il déménage à Aruba pour travailler dans l’industrie du pétrole. En 1950, la famille revient à Grenade où son père ouvre un petit commerce à Saint-Georges. Il suit des études dans des écoles méthodistes puis catholiques de Grenade. Il obtient ensuite une bourse du gouvernement pour étudier dans un des établissements catholique les plus prestigieux de l’île où il devient président du club des élèves et rédacteur du journal de l’école.  Lire Plus

L’éphéméride du 17 octobre

Révolte noire aux JO de Mexico le 17 octobre 1968

Tommie Smith et John Carlos aux JO de Mexico le 17 octobre 1968 (DR)Le 17 octobre 1968, pendant les Jeux Olympiques de Mexico (12-27 octobre), les athlètes américains Tommie Smith et John Carlos, champions du 200 mètres, montent sur le podium à la 1ère et à la 3ème place.

Au moment où retentit l’hymne américain et s’élève la bannière étoilée, ils baissent ostensiblement la tête et lèvent leur poing ganté de noir.

Par ce geste qui signera la fin de leur carrière, ils affichent leur soutien au mouvement antiségrégationniste américain des Black Panthers.

L’Australien Peter Norman, sur la deuxième marche du podium, manifeste son soutien avec un badge du mouvement de protestation des droits civiques. Exclu des Jeux suivants, il sera porté en terre par ses deux amis afro-américains à sa mort en 2006.  Lire Plus

Cyparis ou comment survivre à la montagne Pelée ?

— Par Rodolf Étienne

Le 8 mai 1902, Saint-Pierre disparaît sous une nuée ardente.
Parmi les rares habitants qui échappent à la catastrophe figure un homme enfermé dans un cachot : Louis-Auguste Cyparis.
Sauvé par les murs de sa prison, il devient bientôt une célébrité internationale. Son histoire, pourtant, ne se résume ni à un miracle ni à une curiosité volcanologique.
Elle raconte aussi la condition d’un Martiniquais noir dans la société coloniale, le commerce des corps meurtris et la fabrication d’une légende dont l’homme véritable finit par s’effacer.

Saint-Pierre, 8 mai 1902 – la ville qui disparaît

Au matin du 8 mai 1902, jour de l’Ascension, Saint-Pierre est encore l’une des principales villes de la Martinique. Ancienne capitale économique de l’île, la cité possède ses maisons de commerce, ses établissements religieux, son théâtre, ses quartiers populaires et un port actif. Depuis plusieurs semaines, la montagne Pelée manifeste une activité inquiétante. Des émissions de cendres, des explosions et des phénomènes volcaniques préoccupent une partie de la population. Le 5 mai, une coulée de boue a déjà provoqué une catastrophe à l’usine Guérin, près de Saint-Pierre.

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De l’entre deux guerres à la départementalisation, une traversée paradoxale du siècle – Gilbert Jean Énal

  • Par Rodolf Etienne

Pendant près de quatre décennies, un maire a présidé la destinée de Sainte-Luce, dans le sud de la Martinique.

Jean Énal (1926–1965), parfois identifié dans les sources sous les prénoms de Gilbert Jean Énal dirigea la commune du 4 août 1926 jusqu’en mars 1965.

Avec ses trente-neuf années à la tête de la municipalité, Gilbert Jean Enal détient le record de longévité parmi les maires de Sainte-Luce.

De l’entre-deux-guerres à la départementalisation, de l’administration coloniale à la modernisation des communes martiniquaises, retour sur un édilité dont la longévité politique mérite de retrouver sa place dans la mémoire collective. 

Un maire au cœur des grandes transformations du XXe siècle

En août 1926, soit un tout petit peu plus d’une centaine d’années, lorsque Gilbert Jean Énal accède à la mairie, la Martinique est encore une colonie française. Les communes rurales vivent largement de l’agriculture, tandis que les activités commerciales et les infrastructures se concentrent dans les bourgs et les principaux centres urbains. Trente-neuf ans plus tard, lorsque son mandat s’achève, la Martinique est devenue un département français depuis 1946. L’administration, les institutions publiques et les attentes des populations ont profondément évolué.  Lire Plus

Le pape François nous livre trente années de confidences spirituelles

— Par Rodolf Étienne

Le Vatican vient d’annoncer une publication qui devrait susciter l’intérêt bien au-delà du monde catholique.

Le 24 novembre 2026 paraîtra le Journal spirituel du pape François, un ouvrage composé de notes personnelles rédigées par Jorge Mario Bergoglio entre le 20 décembre 1992 et le 18 août 2024.

Annoncée officiellement le 5 octobre par la Librairie éditrice du Vatican, cette publication posthume sera proposée simultanément dans 94 pays et cinq langues, dont le français, chez Albin Michel. Elle a été confiée au cardinal argentin Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi et proche collaborateur de François.

Trente-deux années de réflexion intérieure

Ces écrits traversent plusieurs périodes déterminantes de l’existence de Bergoglio : son parcours dans l’Église argentine, sa nomination comme archevêque de Buenos Aires, son élévation au cardinalat et son élection au pontificat le 13 mars 2013. François, premier pape originaire d’Amérique latine, a dirigé l’Église catholique jusqu’à sa mort, le 21 avril 2025, à l’âge de 88 ans. Le livre présente une particularité importante : il ne s’agit pas d’une nouvelle encyclique, ni d’un texte doctrinal destiné à orienter les catholiques, mais d’un ensemble d’écrits personnels, sélectionnés, présentés et commentés par un collaborateur du défunt pontife.   Lire Plus