Catégorie : Sciences Sociales

La barbarie, cette sauvagerie culturalisée des civilisations.

— Par Camille Loty Malebranche —

La sauvagerie est l’état naturel de toute espèce vivante prise dans son environnement. Elle est la face immédiate, primaire, primitive des espèces, y compris l’homme! La barbarie est un cran de la sauvagerie dépassant les déterminations purement naturelles par l’intervention culturelle.

La sauvagerie est le stade cru des pulsions et réactions se manifestant au premier degré sans recul ni jugement pour assouvir les instincts qui, à l’échelle de l’humain, sont censés être dépassés par la culture à travers ses institutions civilisatrices telles l’éducation, la religion, la politique. La sauvagerie est le niveau réflexe que la culture, stade réfléchi des actions humaines socialisées, se doit de dépasser, d’humaniser. Et, pourtant, dans le cours des choses, la barbarie, cette sauvagerie seconde, secondaire car moulée dans les us et coutumes culturels, voit constamment le jour comme une sorte d’aberration mentale et comportementale des rapports humains individuels, collectifs, institutionnels et internationaux à travers les choix d’action de la société humaine dite civilisée.

C’est dans la construction de la culture, la manière des humains de se structurer socialement en instituant leur vision et représentation dites culturelles que la barbarie surgit!<p>  Lire Plus

Aux noms des femmes : La Martinique épée levée !

L’épée est levée, non pour déclarer une guerre aux hommes... Pour trancher dans l’oubli

— par Rodolf ETIENNE

Elles sont ici vingt-cinq noms dans une histoire beaucoup plus vaste : celle des femmes de Martinique qui ont arraché leur place à l’invisibilité, pris la parole, occupé le pouvoir, transformé nos représentations ou porté le nom du pays bien au-delà de ses rivages.

L’histoire de la Martinique a longtemps eu cette étrange manière de conjuguer la femme au quotidien et l’homme à la postérité.

La femme tenait la famille, le marché, le commerce informel, l’éducation, la transmission, parfois l’habitation, souvent les comptes domestiques, fréquemment la survie elle-même. Mais quand venait le temps de graver les noms dans la pierre, l’histoire redevenait étrangement masculine.

Césaire, Fanon, Glissant, Aliker, Lagrosillière, Gratiant : Ils sont immenses !

Mais pendant ce temps-là, Paulette Nardal pensait déjà le monde noir !

Suzanne Césaire bouleversait la pensée antillaise !

Jane Léro organisait les femmes ! D’autres préparaient leurs batailles !

Alors : pour une fois, faisons exactement l’inverse ! Aux noms des femmes : La Martinique épée levée !<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 5 septembre

Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne le 5 septembre 1791.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte juridique français, exigeant la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes, rédigé le 5 septembre 1791, par l’écrivaine Olympe de Gouges sur le modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamée le 26 août 1789, et publié dans la brochure Les Droits de la femme, adressée à la reine1,2. Premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a été rédigée afin d’être présentée à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 pour y être adoptée.

La déclaration sur plaque de marbre.
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue une réplique critique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes, alors que les femmes ne disposaient pas du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux libertés professionnelles, aux droits de propriété, etc.<p>  Lire Plus

Zones franches : transformer notre géographie en force économique

— Par Sandra Casanova (*)

Le débat qui s’ouvre en Martinique sur les zones franches est légitime et nécessaire. Face aux fragilités structurelles de notre économie, à l’étroitesse de notre marché intérieur, au coût des importations et à l’urgence de créer des activités et des emplois, aucune piste sérieuse ne doit être écartée. Ce débat appelle d’abord une clarification. Toutes les zones franches ne répondent ni aux mêmes objectifs, ni aux mêmes règles, ni aux mêmes réalités économiques. Et cette distinction en commande une autre, plus large : voulons- nous seulement améliorer les conditions dans lesquelles fonctionne notre économie actuelle, ou voulons-nous également transformer la place de la Martinique dans son environnement économique régional et international ?

De l’insularité subie à la géographie choisie

Depuis des décennies, nous décrivons à juste titre les handicaps auxquels notre territoire est confronté : éloignement de la France continentale, étroitesse du marché intérieur, dépendance aux importations, coûts de transport et d’approvisionnement. Ces réalités demeurent, mais elles ne peuvent constituer notre seul horizon. Si notre marché intérieur est étroit, notre marché potentiel ne s’arrête pas aux frontières de la Martinique.<p>  Lire Plus

Autonomie politique vs autonomie économique ?

— Par Jean-Marie Nol —

En Guadeloupe comme en Martinique, le débat institutionnel est peut-être en train de rencontrer sa contradiction la plus redoutable : comment réclamer davantage de pouvoir politique lorsque la puissance publique et les collectivités locales peinent déjà à exercer efficacement les compétences dont elles disposent dans le cadre du droit commun de l’article 73 de la constitution ?

La question est politiquement sensible, mais elle devient incontournable car la décrédibilisation de la classe politique est déjà actée dans les faits . Alors que faire pour construire un véritable plan de développement économique quinquennal, et surtout que penser du processus d’évolution statutaire au vu de l’échec actuel de l’action publique ?

Il faut surtout comprendre que la crise actuelle de l’action publique n’est pas seulement une crise de gestion. Elle est devenue une crise de légitimité. Lorsque les dysfonctionnements quotidiens s’accumulent, le raisonnement du citoyen devient simple : si les institutions actuelles ne parviennent pas à régler les problèmes essentiels, pourquoi leur confier davantage de responsabilités ? C’est précisément ici que le débat sur l’évolution institutionnelle peut rencontrer une contradiction majeure.<p>  Lire Plus

L’esclave mental, un déchu volontaire de l’humanité…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’esclave mental se manifeste par sa servilité inconsciente où il croit exhiber quelque grandeur avec zèle et arrogance! Il porte la livrée mais se croit couronné de gloire parce qu’il est adopté en chose, réifié par des dominateurs qu’il perçoit supérieurs et dispensateurs d’ascension et de hauteur. C’est un chosifié si aliéné si ténébreux qu’il jubile de ce que sa livrée est sertie des médailles de sa servitude de bon esclave que lui octroient ses utilisateurs.

Dans un monde de hiérarchisation individuelle et de clivages sociaux paroxystiques, les esclaves mentaux sont légion et leur sujétion s’exerce par leur misérabilisme qui foisonne partout où l’interaction sociale rend incontournable leur côtoiement! Et, croyez-moi, il faut s’aimer fort et de manière ostensible pour dissuader la masse patibulaire de ces assujettis haineux d’eux-mêmes, qui voudraient ravaler tous aux bas-fonds où ils pataugent et règnent dans la platitude et l’infrahumanité, zélateurs serviles, insolents et agressifs d’un ordre immonde de domination oligarchique contre l’humanité.

Quand vous faites le bien, le beau, le juste, croyez en vous-même et soyez dédaigneux du méchant qui vous désavoue, au point que la puissance de votre dédain envers toutes les racailles de la servitude, anéantisse les esclaves agressifs qui cherchent à désarçonner votre liberté et votre souveraineté mentale qu’ils n’ont pas.<p>  Lire Plus

Espionnage : comment l’IA transforme le renseignement mondial ?

De l’affaire Snowden aux réseaux privés de renseignement, des hackers nord-coréens aux agents d’intelligence artificielle capables de coopérer, une révolution silencieuse redéfinit les rapports de puissance

  • Par Rodolf ETIENNE

Vous ne verrez plus jamais James Bond de la même manière !

Milan, NSA, pétrole iranien, hackers nord-coréens, réseaux privés de renseignement et essaims d’agents artificiels, le pouvoir ne réside plus seulement dans la capacité de collecter des données. Il réside désormais dans celle de les comprendre, de les croiser et, de plus en plus, d’agir automatiquement à partir d’elles.

Il y avait autrefois quelque chose de presque rassurant dans l’image de l’espion.

Un homme ou une femme, une fausse identité, un rendez-vous discret, un micro dissimulé, quelques photographies, un dossier rangé dans un coffre.

Le renseignement avait ses hommes, ses méthodes, ses frontières et ses secrets.

Cette représentation appartient peut-être déjà au passé. De Washington à Milan, de Pékin à Pyongyang, les affaires apparues ces dernières années dessinent progressivement un autre monde. Les services d’État demeurent, les agents humains n’ont évidemment pas disparu, mais entre eux se sont installés d’immenses réservoirs de données, des sociétés privées de renseignement, des pirates informatiques, des infrastructures dispersées dans plusieurs pays et, désormais, des intelligences artificielles capables d’exécuter elles-mêmes une partie des opérations.<p>  Lire Plus

Le mois du matromoine avec l’UFM

Et si nous portions un autre regard sur notre histoire ?

Le matrimoine fait référence à l’héritage culturel, artistique et historique légué par les femmes qui nous ont précédées. Cet héritage est trop souvent rendu invisible, parfois effacé de la mémoire, mais il reste fondamental pour notre héritage collectif.

Ce mot, cependant, n’est pas nouveau. Il puise ses racines dans le latin *mater*, signifiant « mère », et est déjà apparu au Moyen Âge pour désigner la propriété et les droits transmis par la ligne maternelle, reflétant l’héritage hérité du père. Peu à peu, le terme s’est estompé au profit d’une notion plus englobante du patrimoine, reléguant dans l’ombre ceux qui avaient activement façonné notre histoire culturelle.

Ces dernières années, le mot *matrimoine* a été ravivé et a retrouvé sa pleine signification. Elle offre une reconnaissance bien méritée aux créatrices, artistes, auteurs, scientifiques, penseurs, militantes et artisanes – toutes ces femmes qui ont marqué leur époque et dont les œuvres et la vie doivent être transmises aux générations futures.

Le Mois du matrimoine des femmes invite chacun à découvrir, redécouvrir et faire vivre cet héritage.<p>  Lire Plus

Antilles : l’économie au bord du basculement

Comment la vie chère, la crise économique et la robotisation vont se conjuguer pour un prochain choc social aux Antilles avec des destructions d’emplois en masse ?

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe et la Martinique pourraient être confrontées dans les toutes prochaines années à une combinaison économique , financière, et technologique particulièrement dangereuse : la vie chère, le ralentissement de l’activité et l’accélération de la robotisation. Jusqu’ici, les débats ont surtout porté en Guadeloupe et Martinique sur le pouvoir d’achat et le prix des produits. Mais le problème pourrait bientôt changer de nature : après avoir attaqué le portefeuille des ménages, la crise risque d’atteindre directement l’emploi.La véritable menace qui se profile pour la Guadeloupe et la Martinique n’est peut-être pas seulement celle de la vie chère, du ralentissement économique ou de la crise des finances publiques françaises. Elle réside dans la conjugaison de ces phénomènes avec une transformation silencieuse du travail : l’automatisation accélérée des services et des commerces. Lorsque les entreprises voient leurs charges augmenter, que le pouvoir d’achat des ménages s’érode et que la consommation ralentit, la réduction des coûts devient une priorité.<p>  Lire Plus

Sunrise Airways poursuit son développement depuis Cap-Haïtien

Sunrise Airways : dans le ciel fracturé d’Haïti, une compagnie refuse de disparaître

— Par Rodolf Etienne —

Dans un pays où les routes sont devenues dangereuses et les aéroports vulnérables, faire décoller un avion relève désormais autant de l’acte économique que de la résistance nationale.

Alors que Port-au-Prince demeure isolée par la violence et que plusieurs transporteurs internationaux ont déserté le pays, Sunrise Airways, la compagnie aérienne haïtienne, ne se contente plus d’assurer quelques liaisons de survie : elle tente de construire un véritable réseau reliant Haïti, sa diaspora et le reste de la Caraïbe.

Il existe des entreprises dont l’activité dépasse progressivement leur fonction première. Sunrise Airways appartient aujourd’hui à cette catégorie.

Créée en 2010 par l’entrepreneur et pilote haïtien Philippe Bayard, la compagnie est devenue l’un des derniers instruments permettant à Haïti de maintenir une continuité aérienne avec son territoire, sa diaspora et son environnement régional.

Sa devise : Connecting people, not just places – relier des personnes et pas seulement des destinations – prend, dans le contexte haïtien, une portée singulière. Lorsqu’une route terrestre peut signifier racket, enlèvement ou affrontement armé, un vol intérieur ne constitue plus un simple service commercial.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 3 septembre

Entrée en vigueur de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes le 3 septembre 1981.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (en anglais Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women, CEDAW) a été adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations unies. Elle est entrée en vigueur le 3 septembre 1981 après avoir été ratifiée par 20 pays.

Les États-Unis l’ont signée en 1980 mais ne l’ont toujours pas ratifiée. Les États qui n’avaient pas signé le traité lors de son entrée en vigueur y adhèrent aujourd’hui, sans le signer. Le dernier État en date à l’avoir fait est le Qatar, le 29 avril 2009. De nombreux pays l’ont signé en émettant toutefois des réserves, de nature à fortement en affaiblir la portée. Aujourd’hui, les seuls membres de l’ONU à n’avoir pas adhéré à la convention sont le Vatican, l’Iran, la Somalie, le Soudan et les îles Tonga.

La présidente du CEDAW est actuellement Dalia Leinartė.

Cette convention est adoptée dans la lignée de l’année internationale des femmes de 1975.<p>  Lire Plus

Renaissance Africaine : Quand la nouvelle conquête du continent est énergétique

Enjeu crucial : l’Afrique nouvelle devra-t-elle encore exporter ses nombreuses richesses pour ensuite importer les produits, technologies et services fabriqués avec elles ?

— Par Rodolf Étienne —

Au moment où l’Europe redécouvre brutalement sa vulnérabilité énergétique et recherche de nouveaux fournisseurs, l’Afrique, elle, redevient l’objet de toutes les attentions.

Pétrole namibien, gaz tanzanien et mozambicain, cobalt congolais, cuivre, manganèse, uranium, solaire, hydroélectricité : le continent africain possède une part considérable des ressources nécessaires au monde d’aujourd’hui comme à celui de demain.

Il suffit parfois d’une simple crise pour que les cartes que l’on croyait connaître changent brutalement de couleur ou, plus simplement, de mains.

Ainsi, pendant plusieurs années, l’Europe a parlé de sortie des hydrocarbures, de neutralité carbone, d’électrification et d’économie post-pétrolière. Puis sont venues les guerres, les tensions commerciales, la rupture avec une large partie du gaz russe, les inquiétudes autour du Moyen-Orient et des routes maritimes.

Le vocabulaire a changé, change encore et changera certainement avec les années. On reparle de sécurité énergétique, de stocks, de raffineries, de gaz. Et, surtout, dans ce contexte nouveau, tous les regards se tournent directement vers l’Afrique.<p>  Lire Plus

Elections présidenteilles françaises ( V) ; Programmes et dynamiques

— RS n° 462 du lundi 31 août 2026 —

Notre précédent article visait à évaluer la proposition programmatique de Jean-Luc Mélenchon concernant l’indépendance de la Kanaky. Du fait de l’alliance conçue sur cette base avec le mouvement national kanak, ce pas en avant dans le sens de l’autodétermination du peuple kanak entre dans une dynamique positive. Toutefois, si celle-ci ouvre bien la voie à une échappée émancipatrice, elle ne débouche pas fatalement sur une certitude de victoire. Il en est d’ailleurs ainsi du reste.

En dépit des cris d’orfraie amplifiés par les médias asservis, le programme de LFI (La France insoumise) ne revêt pas un caractère à proprement parler révolutionnaire. Son anticapitalisme n’est pas la planification du renversement pur et simple du capitalisme que nous considérons, nous, comme la condition d’une survie digne de l’humanité. Mais le programme auquel LFI accorde une importance cardinale, ouvre la perspective d’une rupture claire avec toutes les orientations social-démocrates ou social-libérales d’accompagnement et d’aménagement du capitalisme.

Jean-Luc Mélenchon affirme sans ambiguïté que la seule façon de barrer la route au fascisme des temps modernes, c’est d’affronter le système au nom de l’intérêt collectif humain.<p>  Lire Plus

Et si l’on pouvait produire de l’eau potable à partir de l’air ?

 — Par Ando Ny Aina Randriantsoa —

Face aux sécheresses et au stress hydrique, une technologie encore méconnue pourrait compléter les ressources traditionnelles : récupérer l’humidité présente dans l’air pour la transformer en eau potable. Testés notamment à Madagascar, des générateurs atmosphériques peuvent produire plusieurs dizaines de litres par jour, à condition que le climat soit suffisamment chaud et humide.

En bref

  • Les générateurs d’eau atmosphérique récupèrent l’humidité de l’air par condensation afin de produire une eau qui peut ensuite être filtrée et rendue potable.

  • La technologie fonctionne surtout dans les climats chauds et humides, idéalement au-dessus de 20 °C et avec une humidité relative supérieure à 40 %.

  • Des essais menés à Antananarivo, à Madagascar, ont permis de produire jusqu’à 23 litres d’eau potable par jour avec un même appareil.

  • La principale limite reste la consommation électrique : les expériences présentées nécessitent environ 0,8 à 0,9 kWh pour produire un litre d’eau, ce qui plaide notamment pour un couplage avec le solaire photovoltaïque.

L’accès à l’eau potable est un enjeu primordial dans le monde. Le continent européen fait actuellement face à des vagues de chaleur intense avec des intervalles de plus en plus réduits, qui provoquent l’assèchement des rivières et des sources d’eau douce de façon alarmante.<p>  Lire Plus

Comment construire plus sans aggraver la crise climatique ?

— Par Ignat Kulkov & René Rohrbeck —

Les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation énergétique européenne.

L’Europe manque de logements, tandis que les prix, les loyers et les coûts de construction s’envolent. Mais bâtir davantage ne suffira pas : le secteur du bâtiment pèse lourd dans les consommations d’énergie et les émissions de CO₂. Une étude explore quatre scénarios possibles à l’horizon 2040 pour tenter de réconcilier logement abordable et décarbonation

En bref

  • Les prix de l’immobilier ont augmenté de 60 % en quinze ans en Europe, tandis que les loyers ont progressé de 30 % et les permis de construire ont reculé de 20 %.
  • L’Union européenne aurait besoin d’environ 2,25 millions de logements supplémentaires, alors que le secteur du bâtiment représente près de 40 % de la consommation énergétique européenne.
  • Une étude dessine quatre scénarios pour 2040 : construction industrialisée dominée par de grands groupes, économie circulaire, intervention publique renforcée ou révolution énergétique fondée sur les réseaux intelligents.
  • Dans tous les scénarios, trois leviers apparaissent incontournables : rénover massivement le parc existant, mieux mesurer ses performances et développer de nouvelles compétences dans la construction industrialisée et bas carbone.
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À la veille de la rentrée, plus de 2 300 enfants restent sans solution d’hébergement

Le constat dressé par l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) est alarmant. Selon leur huitième baromètre consacré aux enfants sans domicile, au moins 2 355 enfants se sont retrouvés sans solution d’hébergement après avoir sollicité le 115, dans la nuit du 18 au 19 août 2026.

Parmi eux, 514 sont âgés de moins de trois ans, dont 173 ont moins d’un an. Ces enfants risquent ainsi de commencer l’année scolaire dans des conditions marquées par l’instabilité, l’errance et l’absence de logement.

Le phénomène est loin de se résorber. En un an, le nombre d’enfants concernés a progressé de 9 %. Depuis 2022, l’augmentation atteint 42 %. Pour l’UNICEF France et la FAS, cette évolution traduit une dégradation continue de la situation du logement et de l’hébergement d’urgence.

Des chiffres qui ne reflètent qu’une partie de la réalité

Le nombre de 2 355 enfants doit par ailleurs être considéré comme un minimum. Le baromètre repose sur les demandes adressées au 115 et ne recense donc pas les familles qui ne parviennent pas à joindre le service ou qui ont renoncé à appeler.<p>  Lire Plus

Ce qui change en septembre 2026

L’épargne antillaise doit financer les Antilles

10 milliards d’euros d’«épargne paresseuse» aux Antilles : il est plus que temps de mettre cette manne financière au service de notre économie

— Par Jean-Marie Nol —

C’est une nouvelle plutôt mauvaise pour cette rentrée. Les antillais sont de moins en moins riches par rapport à leurs compatriotes de l’hexagone et qui eux mêmes sont plus pauvres que leurs voisins européens . Dans les années 2000, le PIB français par habitant était au-dessus de 15% de la moyenne européenne mais depuis 2022, il est largement en dessous. La problématique du développement économique se pose donc de façon aiguë et les freins doivent donc être à présent pris en compte notamment sur la thématique de l’épargne. En effet, l’épargne accumulée aux Antilles doit enfin financer l’économie locale et cesser de financer l’ailleurs.
La Guadeloupe et la Martinique disposent d’un paradoxe économique qui ne peut plus être ignoré : elles possèdent une épargne importante, mais celle-ci contribue encore trop peu au financement de leur propre développement. Près de 10 milliards d’euros d’épargne des ménages antillais seraient ainsi déposés dans les banques les assurances et la bourse, tandis qu’une part significative de cette épargne est investie en dehors des territoires.<p>  Lire Plus

« Peut-on construire l’autonomie dans la défiance? »

— Collectif —
Le débat sur l’évolution institutionnelle de la Martinique est de nouveau devant nous. Il est légitime. Il est même nécessaire. Mais quelque chose nous trouble dans la manière dont nous le conduisons. Nous parlons beaucoup des pouvoirs que nous voudrions exercer demain. Beaucoup moins de la confiance que les Martiniquais accordent aujourd’hui à ceux qui exercent le pouvoir.

Or les deux questions peuvent-elles réellement être séparées ? Il ne s’agit pas ici de se prononcer pour ou contre l’autonomie. Cette alternative, posée ainsi, risque même de nous enfermer dans un débat ancien : d’un côté ceux qui seraient supposés porter l’émancipation de la Martinique, de l’autre ceux qui seraient soupçonnés de vouloir préserver le statu quo.

La question qui nous intéresse est différente : peut-on accroître durablement le pouvoir d’institutions lorsque s’affaiblit la confiance que les citoyens leur accordent ? Nous n’avons pas de réponse toute faite à cette question. Mais nous croyons que nous aurions tort de ne pas la poser.

Ce que l’on ne voit pas

Pierre Rosanvallon a récemment consacré un livre à ce qu’il appelle les institutions invisibles.<p>  Lire Plus

Automobile- ASAM – De Bernard Levalois à Simon Jean-Joseph : la fin d’un rêve?

— Par Rodolf Étienne —

En Martinique, le sport automobile ne se résume ni au bruit d’un moteur ni au prestige d’un palmarès. Il est fait de routes fermées à l’aube, de garages transformés en ateliers de haute précision, de copilotes penchés sur leurs notes, de commissaires, de mécaniciens, de familles et de foules massées dans les mornes.

2026 : le silence après le grondement
Le fait est plus grave qu’une annulation de calendrier. La huitième édition du Martinique Rallye Tour, prévue en juillet 2026, n’a pas eu lieu. Quelques semaines auparavant, la course de côte du Marin avait déjà été annulée. Pour le MRT, les données rendues publiques donnent la mesure du problème : un budget proche de 450 000 euros, environ 70 000 euros pour le seul transport maritime des véhicules invités et un besoin estimé à 350 bénévoles, alors que l’édition précédente n’avait pu en mobiliser qu’environ 200. L’organisateur Willy Nallamoutou-Sancho a préféré renoncer plutôt que prétendre garantir un événement dont les conditions financières et sécuritaires n’étaient plus réunies. Le choix est responsable. Le diagnostic, lui, est alarmant.<p>  Lire Plus

Quand « L’écho d’avant » entre en prison…

— Par Emmanuel de Reynal —

Il y a quelques jours, je suis entré au centre pénitentiaire de Ducos avec un livre sous le bras. Pas tout à fait n’importe lequel puisqu’il s’agissait du mien, »L’écho d’avant » (éditions L’Harmattan). J’y étais invité par l’association Lire pour en Sortir, par l’entremise de mon amie Cécile, qui y est engagée depuis plusieurs années.

Je connaissais l’association de nom, mais assez peu son action. Créée autour d’une idée aussi simple que forte — faire de la lecture et de l’écriture des instruments de réinsertion —, elle organise dans les établissements pénitentiaires des programmes de lecture, des rencontres avec des auteurs et des ateliers d’écriture. Ce jour-là, une dizaine de détenus volontaires m’attendaient. Tous avaient lu L’écho d’avant. J’avoue que je ne savais pas très bien à quoi m’attendre. La rencontre a commencé autour du livre. Très vite, les questions sont venues. Sur les personnages, sur la mémoire, sur l’enfance, sur ce que nous perdons en grandissant. Certaines remarques étaient précises, d’autres plus personnelles.

Toutes témoignaient d’une lecture attentive. Mais ce qui m’a surtout frappé, c’est la curiosité.<p>  Lire Plus

France des régions – Paradoxe en Martinique ou l’île qui gaspillait ses deniers publics

La France, dans son large ensemble, n’avance pas à la même vitesse.

– Par Rodolf Etienne

Certaines régions attirent les habitants, produisent, innovent, exportent et maintiennent un chômage relativement faible. 

D’autres accumulent vieillissement, pauvreté, dépendance, perte de population et faiblesse de l’investissement. 

La Martinique n’est pas, chiffres en main, le « dernier de la classe » républicaine.

Mais son cas est peut-être plus dérangeant encore.

Possédant davantage d’atouts que plusieurs autres régions ou territoires, elle se voit tout de même largement dépassé.

La France, dans son large ensemble, n’avance pas à la même vitesse.

Il faut tout d’abord faire taire une idée simple. Non, la région française économiquement la plus mal en point n’est pas systématiquement la Martinique. La Guyane affiche un chômage de 19,3 % au premier trimestre 2026. La Réunion est à 19 %, la Guadeloupe à 15,2 %, contre 13,5 % en Martinique.

Sur la pauvreté, les dernières données régionales comparables placent également la Guyane, La Réunion et la Guadeloupe derrière la Martinique. Mais cette lecture brute aurait le désavantage de masquer quelque chose de bien plus grave.<p>  Lire Plus

Sargasses : le début de la fin pour une population suffocante déjà intoxiquée

—Par Solen’ Manussala Imajaghan, vice-président de l’ASMa (Association Sargasses Martinique) —
Les sargasses qui s’échouent sur les côtes martiniquaises ne sont pas un mythe, même si certains ne se sentent pas concernés parce qu’ils ne perçoivent qu’un léger désagrément après avoir inhalé les gaz toxiques comme le H²S ou encore n’ont jamais vu ces algues brunes.

Mais c’est bien toute la Martinique qui est impactée par ces sargasses même à des degrés différents, sachant qu’une faible exposition sur le long terme est aussi dangereuse sinon plus qu’une forte exposition sur une journée.

Ce n’est pas parce que nous vivons à 8 000 km, que nous ne les voyons pas ou encore que nous ne percevons pas les gaz liés à leur décomposition qu’elles n’existent pas.

Voilà plus de 15 ans que nous vivons, ou devrais-je dire que nous sommes obligés de vivre avec elles, et plus le temps passe, plus la quantité et les périodes d’échouements augmentent et les faibles moyens déployés pour y faire face stagnent ou diminuent quand on fait le ratio quantité et moyens de 2010 à 2026.<p>  Lire Plus

Le modèle de la départementalisation en question

Les fondamentaux économiques et financiers de la France ne sont pas bons, alors quelles sont les conséquences prévisibles pour la Guadeloupe et la Martinique ?
— Par Jean-Marie Nol —

Les fondamentaux de l’économie française ne sont pas tous au vert en raison d’un cumul de déséquilibres structurels profonds, notamment des finances publiques fragilisées par un déficit persistant et une dette record de plus de 3550 milliards d’euros . L’État dépense plus qu’il ne gagne chaque année, ce qui crée un déficit public (établi autour de 5,1 % du PIB).L’addition de ces déficits année après année fait grimper la dette publique au-dessus de 115 % du PIB, un niveau élevé par rapport aux autres pays européens.Le coût de la dette (les intérêts à rembourser) augmente fortement, ce qui pèse lourdement sur le budget de l’État.Une croissance économique faible qui reste molle (autour de 0,7% voire même 0,5 %).La consommation des ménages stagne malgré une inflation plus basse, car les Français privilégient l’épargne par prudence. La France souffre d’une désindustrialisation historique qui fragilise sa balance commerciale sur les biens, même si certains secteurs de pointe (aéronautique, nucléaire) s’en sortent mieux.Le<p>  Lire Plus

Le Parti Communiste Cubain et la Révolution

— RS n° 461 du lundi 24 août 2026 —

             Dans un communiqué célébrant le centième anniversaire de la naissance de Fidel Castro, Jean-Pierre Étilé, au nom du PKLS écrit : « nous partageons la fierté du peuple cubain d’avoir pu faire une révolution conduite par le parti communiste… ». 

            Il nous semble important d’apporter quelques précisions sur le PCC et la révolution cubaine, non par simple souci historique, mais parce que cette expérience permet de réfléchir, de façon utile pour nous-mêmes, sur la complexité des processus révolutionnaires, et donc sur les efforts nécessaires afin de les mener à bien. 

             Il existe une conception linéaire, officielle, orthodoxe, de la révolution en tradition soviétique. Dans cette vulgate, le parti communiste, avant-garde naturelle du prolétariat, conduit la révolution. C’est son devoir et en quelque sorte un droit qui lui serait reconnu par « l’Histoire ». En fait, la vie est toujours plus riche et plus complexe que les schémas de ce type. Même le parti Bolchevik, une manière de modèle en matière de révolution, s’il a conduit la révolution, c’est aussi parfois en se laissant conduire par elle, ce qui ne fut jamais sans contradictions, déchirements, rectifications et nouvelles erreurs.<p>  Lire Plus