Catégorie : Sciences Sociales

Justice fiscale : 13 335 millionnaires échappent à l’impôt sur le revenu

Une note interne du ministère de l’Économie et des Finances vient raviver avec intensité le débat sur la contribution fiscale des plus grandes fortunes françaises. Les chiffres, transmis aux présidents de la commission des finances du Sénat et révélés par Le Monde, sont sans équivoque : en 2024, 18 525 foyers disposant d’un patrimoine immobilier taxable d’au moins 1,3 million d’euros n’ont acquitté aucun impôt sur le revenu.

Après retraitement des données — exclusion des contribuables décédés en cours d’année et de ceux qui ne sont pas résidents fiscaux en France — 13 335 ménages très fortunés demeurent dans cette situation. Autrement dit, plus de treize mille foyers appartenant aux 0,5 % les plus riches en patrimoine immobilier ne paient pas d’impôt sur le revenu.

Un chiffre qui tranche le débat politique

Ces révélations donnent un relief particulier aux déclarations faites en janvier par l’ancien ministre de l’Économie Eric Lombard. Celui-ci avait affirmé que « des milliers » de contribuables parmi les plus fortunés affichaient un revenu fiscal de référence nul, et échappaient ainsi à l’impôt sur le revenu.

Ses propos avaient immédiatement été contestés par Amélie de Montchalin, alors ministre chargée des Comptes publics, qui assurait qu’aucun document officiel ne corroborait l’existence de « dizaines de milliers » de cas similaires.

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Restaurer la mangrove, protéger le littoral : une matinée d’engagement citoyen

🌿 Samedi 21 février : Opération « Coup de pousse pour la mangrove » à Sable Blanc

🌊 Roots of the Sea – Rasin Lanmè

Une jeunesse martiniquaise engagée pour la mer et le littoral

Roots of the Sea – Rasin Lanmè est une Organisation Non Gouvernementale (association loi 1901 reconnue d’intérêt général) fondée en juillet 2020 en Martinique.

Créée par de jeunes Martiniquais profondément attachés à leur territoire, l’association est née d’un constat simple : les écosystèmes marins et côtiers de l’île subissent des pressions croissantes (pollution, artificialisation du littoral, dégradation des mangroves, changement climatique). Face à cette urgence écologique, Roots of the Sea agit pour promouvoir un engagement environnemental durable, ancré localement et accessible à tous.

L’association développe des actions concrètes de terrain tout en menant un important travail de sensibilisation et d’éducation à l’environnement.

🎯 Ses missions

  • Préserver et valoriser le patrimoine naturel et culturel martiniquais, en particulier les milieux marins et côtiers ;

  • Sensibiliser tous les publics (jeunes, familles, scolaires, entreprises) aux enjeux environnementaux ;

  • Concevoir et mettre en œuvre des projets de conservation, notamment en faveur des mangroves et des zones littorales ;

  • Organiser des opérations de nettoyage des plages, mangroves et fonds marins, accompagnées d’actions pédagogiques sur la réduction des déchets et la lutte contre la pollution.

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Forum environnemental sur la Martinique de demain.

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Il est de plus en plus documenté que le changement climatique touche toutes les régions du monde. Le moment est venu pour organiser le grand soir d’un forum environnemental, afin d’oser rêver grand ensemble !!!

Les calottes glaciaires polaires fondent et le niveau des océans monte. Certaines régions sont confrontées à des précipitations et des phénomènes extrêmes et de plus fréquents sur le plan météorologique, comme ce qui se passe actuellement en France continentale ; tandis que d’autres doivent faire face à des vagues de chaleur et à des sécheresses de plus en plus intenses. Afin de faire face à tous ces changements, sommes-nous prêts ?

Il semble que nous payons déjà lourdement les principales conséquences de nos fourberies. En effet, après avoir consulté différents membres de la société civile, il en ressort que nous devrions agir rapidement pour restructurer notre relation avec la Nature plutôt que de chercher à l’affronter : car c’est un combat que nous perdrions d’avance. Notre territoire connaitra un grand bouleversement qui nous obligera à tirer les leçons du passé, en cherchant à lier : environnement avec économie et santé.

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La Chine, moteur de la décarbonation des économies du Sud

— Par Mary-Françoise Renard (*) —

De la coopération Sud-Sud aux obligations “pandas”, Pékin transforme la transition énergétique en levier d’influence géopolitique. Derrière les panneaux solaires et les batteries, c’est un projet de leadership mondial qui se dessine.

L’image d’une alliance entre grands pays du Sud global lors de la rencontre Xi Jinping, Vladimir Poutine et Narendra Modi pendant la réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin en septembre 2025, est un message aux pays du monde occidental : il existe une alternative au multilatéralisme. L’importante délégation chinoise à la COP 30 en novembre 2025, au Brésil, et l’organisation dans ce cadre, d’un évènement sur la coopération Sud-Sud relatif au climat, illustre l’un des principaux vecteurs de cette coopération. La Chine est devenue le premier investisseur mondial dans les énergies renouvelables.

Cette stratégie vise à servir l’ambition chinoise de devenir la première puissance économique mondiale en 2049. Elle doit notamment lui permettre de jouer un rôle majeur dans la définition des normes et des standards internationaux.

Une stratégie offensive pour concurrencer l’Occident

L’affaiblissement des économies occidentales lors de la crise financière de 2007 a été concomitante de la volonté des pays du Sud de monter en puissance dans la gouvernance mondiale.

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Parutions du 19 février 2026 : Etudes haïtiennes et caribéennes, Psychanalyse, Psychologie

📚Sciences humaines | Psychanalyse | Philosophie | Psychologie | Études caribéennes

🌍 ÉTUDES HAÏTIENNES & CARIBÉENNES

 Hymnologie et prédication en Haïti

Entre christianisation de la culture locale et diabolisation du vaudou

Henri Claude Telusma
Préface : Monesty Junior Fanfil
Collection : Documentation haïtienne

Présentation
L’hymnologie et la prédication chrétienne ont constitué en Haïti des moyens privilégiés de transmission de la foi et de construction d’une identité chrétienne collective. Grâce à la traduction des cantiques en créole et à l’intégration de rythmes locaux, les Églises ont su adapter leur message aux sensibilités populaires, tout en contribuant à une mise à distance du vaudou.

Caractéristiques

  • EAN : 9782336557854

  • Parution : 08/01/2026

  • Format : 135 x 215 mm

  • 224 pages

  • 23,00 €


Deux histoires franco-caraïbes

Isabeau et Isabelle de Roger de Beauvoir

Néarah de Guillaume Lejean

Présentation : Barbara T. Cooper
Collection : Autrement Mêmes

Présentation
Deux récits franco-caraïbes mettant en scène des luttes de pouvoir, des tentatives de dépossession et des manipulations idéologiques. Ces textes interrogent les logiques de domination et les tensions coloniales à travers des figures romanesques marquantes.

Caractéristiques

  • EAN : 9782336595566

  • Parution : 12/02/2026

  • Format : 135 x 215 mm

  • 184 pages

  • 18,00 €


Braves gens de la Martinique

Présentation : André Claverie
En collaboration avec Roger Little

Présentation
Ce recueil de nouvelles (1957) élargit l’univers de Féfé et Doudou, Martiniquaises (1936).

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Trimovies 2026 : Les lycéens invités à filmer les nouveaux gestes du tri !

Inscriptions sont ouvertes jusqu’au 3 mars.

5e édition de Trimovies : la Cacem mobilise les lycéens autour des nouveaux enjeux du tri

Le tri sélectif s’est progressivement imposé dans notre quotidien. Nous trions davantage que les générations précédentes, et les plus jeunes adoptent ces réflexes de plus en plus tôt. Pourtant, il reste essentiel de rappeler pourquoi ces gestes sont si importants et comment ils participent concrètement à la protection de notre environnement.

C’est dans cette dynamique que la Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique (Cacem) organise la 5e édition de Trimovies, un concours audiovisuel inter-lycées destiné à sensibiliser les jeunes au tri des déchets à travers la création vidéo.

Le tri : un geste simple, un impact réel

Le tri des déchets consiste à séparer les déchets selon leur nature afin de permettre leur recyclage ou leur valorisation. L’objectif est de réduire au maximum la part des déchets ménagers résiduels, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent pas être recyclés et qui finissent enfouis ou incinérés.

Chaque geste de tri produit des effets concrets :

  • Éviter le gaspillage : un emballage correctement trié devient une matière première.

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Carême : Moïse à jeûné mais ni Jésus ni ses disciples…

Carême et pélagianisme : grâce, conversion et liberté humaine

Chaque année, le Carême ouvre pour les chrétiens un temps particulier : quarante jours de préparation à Pâques, marqués par la prière, le jeûne et le partage. En 2026, il débute le mercredi 18 février avec le rite des Cendres. Mais au-delà des pratiques visibles, le Carême soulève une question spirituelle essentielle : l’homme peut-il se sauver par ses propres efforts, ou dépend-il d’une grâce qui le dépasse ? Cette interrogation traverse l’histoire chrétienne et se cristallise notamment dans la controverse du pélagianisme.

Le Carême : un temps de conversion et de grâce

Dans l’Église catholique, le Carême commence le mercredi des Cendres, fixé au VIe siècle par le pape Grégoire Ier. Ce jour-là, les fidèles reçoivent sur le front une croix de cendres, issues des rameaux bénis l’année précédente. Deux paroles bibliques peuvent accompagner ce geste :
« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » ou
« Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ».

Ce rite ancien renvoie à la fragilité humaine et à la reconnaissance du péché.

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Jesse Jackson (1941-2026), pionnier de la justice raciale et conscience critique du Parti démocrate

Le 20 août 2024, dans l’arène démocrate réunie à Chicago, la foule se leva d’un même mouvement. Une standing ovation, longue, presque recueillie, saluait l’entrée de Jesse Jackson. Affaibli, la voix éteinte par la maladie de Parkinson diagnostiquée en 2017 puis par une paralysie supranucléaire progressive qui l’avait contraint à de longues hospitalisations, il ne pouvait plus haranguer les délégués comme autrefois. Assis dans son fauteuil roulant, il souriait, levait la main, recevait l’hommage. L’homme qui avait fait trembler les conventions démocrates de ses anaphores et de ses slogans flamboyants appartenait déjà à l’histoire vivante du parti.

Le révérend est mort le 17 février 2026, à 84 ans, « en paix, entouré par sa famille », selon un communiqué des siens et de la Rainbow PUSH Coalition. « Son engagement indéfectible en faveur de la justice, de l’égalité et des droits humains a contribué à façonner un mouvement mondial pour la liberté et la dignité », ont-ils souligné. Avec lui disparaît l’une des dernières grandes figures du mouvement des droits civiques, un homme qui aura traversé plus d’un demi-siècle de convulsions américaines, des lois de déségrégation à l’ère Obama, puis aux fractures ravivées du trumpisme.

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La classe moyenne antillaise en sursis ?

Chronique d’une mort à  petit feu, annoncée comme vraisemblable, de la classe moyenne antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le spectre du déclassement hante désormais une grande partie des sociétés occidentales, et la France hexagonale en offre l’illustration la plus commentée. Depuis plusieurs années, la classe moyenne y est décrite comme fragilisée, prise en étau entre une pression fiscale accrue, une stagnation des revenus intermédiaires et une hausse continue des dépenses contraintes. D’après le chroniqueur et écrivain Martial You dans son ouvrage – » Les dindons – Comment on vole les classes moyennes « –

Dindons :  » « le mot n’est pas plaisant, ni flatteur. Il est lucide. Il est rageur. Les classes moyennes sont-elles condamnées à la nostalgie d’une époque définitivement perdue ? Pas forcément , mais le risque est réel .

Depuis 1981 et l’élection de François Mitterrand, on vole les classes moyennes… parfois avec les meilleures intentions du monde !

Chaque décision a affaibli leur poids dans la société et leur pouvoir d’achat.

Rien ne leur a été épargné : réduction du temps de travail, dévalorisation des diplômes, éloignement des grands centres-villes, abonnements multiples (téléphone, internet, voiture…) qui grèvent le budget, piège des réseaux sociaux qui radicalisent les opinions…

Au fil du temps, les classes moyennes, qui avaient forgé la France des Trente Glorieuses, sont devenues les DINDONS de l’Histoire.»

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Notre américanité, de Placoly à Bad Bunny

— RS n° 434 lundi 16 février 2026 —

« J’ai sauvé mon pays, j’ai vengé l’Amérique ! ».

Jean-Jacques Dessalines.

Vincent Placoly s’était fait surnommer « l’Américain », tant il soulignait et revendiquait avec opiniâtreté notre « américanité ». Il y avait, dans ce souci de singularisation, un double clin d’œil, à la fois ironique et interpellateur.

D’abord à l’égard de l’arrogance du vorace géant étasunien, désireux de s’approprier non seulement les terres, mais jusqu’au nom dont avait été affublée l’immensité continentale, par des conquistadors égarés, dans des mers inconnues de leur civilisation. Une façon assurément d’exclure les autres du partage des richesses espérées du Nord canadien jusqu’au détroit de Magellan au sud.

En revanche, même souci toutefois fraternel, à l’égard de congénères militants africanistes, pouvant minorer la part « américaine » de notre identité composite, pourtant chargée d’une richesse dont le champ clairsemé est toujours en cours de défrichage. Mais, au fond, de quelle Amérique parlons-nous, au-delà de la donnée géographique, situant le Mexique « latin » au nord du continent ?

Et voici que la star d’origine portoricaine, Benito Antonio Martinez Ocasio, dit Bad Bunny, vient de façon magistrale, aux yeux de centaines de millions de téléspectateurs·trices, d’infliger un cinglant camouflet au fasciste de MAGA, avec un spectacle dont le message central était une limpide réplique : « l’Amérique c’est nous, pas seulement vous ».

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Démocratie sans boussole : quand les partis ne rassemblent plus

— Par Vincent Tiberj (*) —

D’un côté, des partis toujours présents dans les institutions ; de l’autre, une part croissante de citoyens qui ne s’en sentent plus proches : l’écart se creuse entre représentation politique et société. 

Jamais les partis politiques français n’ont semblé aussi fragiles. Entre montée des “sans-parti”, vote par défaut et rejet massif des formations existantes, le lien entre citoyens et organisations partisanes s’effrite – au risque de déstabiliser durablement notre modèle démocratique.

Nous vivons une étrange période politique. La coalition qui gouverne n’est pas celle qui est sortie victorieuse des élections de 2024. Les débats continuent à s’organiser autour des figures et partis politiques comme si de rien n’était. La perspective de la présidentielle est dans les têtes et elle est préparée activement dans les cercles partisans. Pourtant, les niveaux de défiance n’ont jamais été aussi forts en France et la classe politique est devenue un des sujets majeurs de préoccupations des répondants aux sondages. La “grande démission civique” aboutit à ce que de plus en plus de citoyens se détournent des urnes et des partis pour faire politique autrement.

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Michel Portal, la liberté pour seule partition

— Par Sarha Fauré —

Le clarinettiste, saxophoniste, bandonéoniste et compositeur Michel Portal est mort le 12 février 2026 à Paris, à l’âge de 90 ans. Avec lui disparaît l’une des figures les plus singulières et les plus libres de la musique européenne des soixante dernières années : un soliste international formé au classique, pionnier du free jazz, compagnon des avant-gardes contemporaines et compositeur célébré pour le cinéma.

Une enfance basque, entre fêtes et rigueur

Né le 27 novembre 1935 à Bayonne, dans les quartiers populaires du Saint-Esprit, Michel Portal grandit dans un univers mêlant artisanat, petites échoppes, synagogue, école Jules-Ferry et gare. Il aimait rappeler, non sans malice, que l’on disait en traversant l’Adour : « Je vais à Bayonne », comme si son quartier en était à la lisière — image d’un destin toujours un peu à côté des cadres établis.

Son père, Sylvain Portal, l’initie très tôt à la musique. À 9 ans, il apprend le bandonéon, instrument qu’il ne quittera jamais tout à fait. Il étudie ensuite la clarinette à l’école nationale de musique de la ville.

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Entre Dépendance et Transition

Quel est le véritable impact de l’économie sur l’équilibre du fonctionnement de la société antillaise ?

—Par Jean-Marie Nol —

L’économie n’est pas une abstraction réservée aux spécialistes ; elle constitue la trame invisible qui structure la vie quotidienne des Guadeloupéens et Martiniquais . Derrière chaque emploi, chaque commerce, chaque décision publique, chaque projet familial, se déploie un ensemble d’échanges, de productions et de consommations qui forment l’ossature de la société antillaise . Comprendre l’économie, ce n’est pas seulement manier des chiffres ou des indicateurs ; c’est saisir la manière dont une communauté organise l’usage de ses ressources rares pour répondre à ses besoins essentiels et construire son avenir collectif. En Guadeloupe, cette réalité prend une dimension particulière, tant l’économie influence directement le fonctionnement social, les équilibres territoriaux et la cohésion culturelle même du corps social.

L’économie encadre d’abord nos choix individuels. Le niveau des salaires, le coût de la vie, l’inflation, les taux d’intérêt ou encore la fiscalité déterminent les décisions en matière de consommation, d’épargne, d’investissement ou de formation. Lorsqu’un ménage guadeloupéen arbitre entre l’achat d’un bien, le financement d’un logement ou le départ d’un enfant pour des études en Hexagone, il agit dans un cadre façonné par des paramètres économiques globaux.

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« Les Nouveaux Esclavagistes », de Barbie Latza Nadeau

Dans Les Nouveaux Esclavagistes, Barbie Latza Nadeau signe une enquête internationale d’une ampleur rare sur l’un des trafics les plus lucratifs et les plus méconnus de notre époque : la traite des êtres humains. Loin d’être un phénomène marginal, ce commerce clandestin constitue aujourd’hui une véritable industrie mondialisée, générant des profits colossaux et faisant une nouvelle victime toutes les trente secondes.

L’ouvrage montre que la traite des êtres humains constitue aujourd’hui une véritable économie mondialisée, générant environ 150 milliards de dollars par an. Ce chiffre vertigineux révèle une réalité glaçante : derrière chaque bénéfice se trouve une vie exploitée.

Une enquête internationale au long cours

Journaliste d’investigation installée en Italie, Barbie Latza Nadeau s’est d’abord intéressée aux migrations en Méditerranée. En embarquant sur des navires humanitaires venus secourir des embarcations de fortune, elle observe un phénomène récurrent : la présence massive de jeunes femmes nigérianes. En creusant, elle découvre l’ampleur des réseaux de traite sexuelle opérant entre l’Afrique et l’Europe, souvent en lien avec des organisations criminelles structurées.

Mais son livre élargit considérablement le champ. Des côtes libyennes aux États-Unis, de l’Ukraine à la Thaïlande, elle cartographie un système tentaculaire et intercontinental.

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La modélisation de la corruption au ministère de l’Éducation d’Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Publié en Haïti dans le journal Le National daté du 11 février 2026, notre article « La « refondation » du système éducatif haïtien a-t-elle vraiment eu lieu en janvier 2026 ? » consigne la conclusion suivante : « En définitive, le système éducatif haïtien demeure captif entre ses 1804 « réformes » –tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation–, et l’affabulation illusionniste de sa « refondation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes d’une année à l’autre… Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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La Saint-Valentin : d’un mythe antique à une fête, commerciale et mondiale, de l’amour

Chaque 14 février, des millions de couples célèbrent la Saint-Valentin à travers le monde. Roses rouges, chocolats, cartes illustrées et déclarations enflammées rythment cette journée devenue emblématique de l’amour romantique. Pourtant, derrière les clichés et le succès commercial, l’histoire de la Saint-Valentin demeure complexe, mêlant traditions antiques, légendes chrétiennes, poésie médiévale et stratégies marketing modernes.

Des racines antiques controversées

Certains font remonter la Saint-Valentin aux Lupercales, fête romaine célébrée du 13 au 15 février en l’honneur de Lupercus, dieu de la fécondité. Lors de ces rituels, des prêtres parcouraient la ville en frappant les femmes avec des lanières de cuir censées favoriser leur fertilité. Ces célébrations, marquées par une forte dimension sexuelle et carnavalesque, visaient à encourager la reproduction et symbolisaient le renouveau du printemps.

Toutefois, aucun texte antique n’associe directement le 14 février à l’amour romantique. Si l’Église a su  christianiser bien des fêtes païennes, le lien direct entre les Lupercales et la fête des amoureux reste historiquement fragile.

Les figures de saint Valentin : entre histoire et légende

Plusieurs martyrs chrétiens nommés Valentin sont célébrés le 14 février.

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Municipales 2026 : l’enjeu caché de l’économie communale

La myopie antillaise face aux enjeux économiques et financiers de l’élection municipale.

— Par Jean-Marie Nol —

À l’approche des élections municipales de mars 2026, la Guadeloupe et la Martinique se préparent, une fois encore, à une séquence politique intense, rythmée par les promesses, les invectives et les professions de foi de candidats assurés d’être les seuls à pouvoir résoudre l’ensemble des difficultés quotidiennes de la population. Le hic , c’est que la fête est finie , et que nous sommes à l’aube de la rigueur voire de l’austérité. Thierry Breton

l’ex-commissaire européen estime que tous les avantages sociaux obtenus en France ont été payés par la dette. Par exemple, la France s’est «payé» la retraite à 60 ans, ou encore la 5e semaine de congés payés, grâce à l’endettement public. Comme à chaque scrutin local, le discours dominant repose sur une idée profondément ancrée : celle selon laquelle le pouvoir d’agir sur la société, l’économie, la sécurité et même l’avenir du territoire serait presque exclusivement concentré entre les mains des élus municipaux. Tout cela est démenti par les faits. Cette croyance, largement partagée, relève pourtant d’une illusion persistante, voire d’une forme de forfaiture intellectuelle, tant elle occulte la complexité réelle des mécanismes économiques et sociaux à l’œuvre, ainsi que la responsabilité collective des citoyens eux-mêmes.

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Napoléon Bonaparte : L’empereur fossoyeur qui assassina Toussaint Louverture…

… en 1803 au Château de Joux, dans le massif du Jura…

— Par Robert Lodimus —

Durant les dernières semaines de sa vie, Napoléon Bonaparte pensait de temps en temps à Hannibal Barca. Il relisait ou écoutait des récits tragiques sur la chute de Carthage. Peut-être, l’empereur voulait-il que la fin de son exil à l’île Sainte-Hélène ressemblât à celle du grand héros de la cité carthaginoise. Comme vous le savez, Hannibal se suicida, dans le but de priver ses ennemis, les Romains, du plaisir de le tourner en dérision. De le ridiculiser. De l’humilier. L’arme du suicide est souvent utilisée par les grands chefs militaires pour disparaître dans la dignité, pour mourir de manière honorable, après une cuisante défaite sur le champ de bataille. Les samouraïs s’éventraient avec leur sabre ou leur poignard : c’est ce que l’on appelle « faire son hara-kiri ». Adolf Hitler ne termina pas son existence comme Benito Mussolini. Il se tira lui-même une balle dans la tête. Alors que pour Benito Mussolini, la honte l’accompagna aux barrières des ténèbres. Son cadavre, comme celui de sa compagne, Clara Petacci, fut profané par les partisans le 28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra, en Italie.

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« La désoccidentalisation des savoirs », un livre de Thomas Brisson

Décentrer l’Occident sans renoncer à l’universel

Dans Désoccidentaliser les savoirs, Thomas Brisson propose une analyse nuancée et ambitieuse des circulations intellectuelles entre l’Occident et les sociétés dites du « Sud ». Plutôt que d’opposer frontalement savoirs occidentaux et savoirs non occidentaux, il interroge les conditions dans lesquelles les sciences humaines et sociales se sont diffusées à l’échelle mondiale, transformées au contact d’autres contextes, et parfois retournées contre l’hégémonie dont elles étaient issues.

L’ouvrage s’ouvre sur une série de questions provocantes : peut-on comprendre le capitalisme indien contemporain avec les catégories de Max Weber ? Analyser le suicide au Japon à partir des concepts forgés par Durkheim pour la France du XIXe siècle ? Appliquer sans précaution l’historiographie occidentale moderne à des mondes – arabe ou chinois – dotés de traditions historiques pluriséculaires ? Ces interrogations ne visent pas à disqualifier les sciences sociales européennes, mais à mettre en lumière leur inscription historique et culturelle. Elles soulignent le décalage possible entre des concepts élaborés dans un contexte précis et leur usage dans d’autres univers sociaux.

Pour autant, « désoccidentaliser » ne signifie pas rejeter en bloc les savoirs nés en Europe.

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Le monument et les traces

Visite d’échanges et de réflexion patrimoniale avec le Parc Naturel de la Martinique.

— Par Patrick Chamoiseau —

Le Château Dubuc est un haut lieu mémoriel de notre fondation collective. Nos ancêtres partagés y ont mené durant des siècles une lutte antagoniste et solidaire. Cette habitation sucrière fut l’une des plus puissantes de la côte atlantique. On y produisit du sucre, du tafia, de l’indigo ; on y exploita des terres défrichées au prix de la “désapparition” de nos ancêtres Kalinago ; on y fit travailler des centaines d’Africains, puis leurs descendants, réduits en esclavage et aux aliénations. Les archives attestent de pratiques de contrebande et d’un commerce négrier clandestin qui reliait cet endroit aux réseaux atlantiques. La prospérité du site fut brève, sa chute rapide au XVIIIᵉ siècle — mais son empreinte demeure.

Ici, comme partout ailleurs chez nous, la notion de patrimoine est problématique. La mémoire coloniale y a laissé des vestiges qui constituent un monument visible (bâtiments d’exploitation, canaux, citerne, moulin, cachot, débarcadère…), relevant d’une structure de domination totalitaire. Les mémoires amérindiennes, africaines et créoles, y ont laissé des traces qui tissent de nouvelles alchimies patrimoniales.

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Vie chère en Martinique : des causes structurelles au cœur des écarts de prix

Saisie par le gouvernement au début de l’année 2025 dans un contexte de tensions sociales liées à la vie chère, l’Autorité de la concurrence a rendu, le 10 février, un avis très attendu sur les prix et les marges dans la grande distribution alimentaire en Martinique. Le constat demeure sévère : les produits alimentaires y sont en moyenne 40 % plus chers que dans l’Hexagone, un écart qui tend à se creuser depuis plus d’une décennie.

Selon l’Autorité, cette situation ne peut être réduite à la seule question des marges des distributeurs. Elle met en avant des causes multiples et profondément structurelles. L’économie martiniquaise repose en grande partie sur les importations, notamment depuis la métropole, d’où proviennent environ 80 % des produits alimentaires. À cette dépendance s’ajoutent l’étroitesse du marché local, la concentration des acteurs à chaque étape de la chaîne logistique, ainsi que le poids de la fiscalité spécifique (TVA et octroi de mer).

Lire aussi : Hayot, leader martiniquais de la grande distribution devenu le nom de la vie chère en outre-mer

Les « frais d’approche » – c’est-à-dire l’ensemble des coûts liés à l’acheminement des marchandises, du port de départ jusqu’aux rayons des magasins – jouent un rôle déterminant.

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Municipales : l’angle mort économique

Les véritables raisons de s’inquiéter pour les guadeloupéens et Martiniquais de l’avenir qui s’annonce périlleux ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les Guadeloupéens s’apprêtent à choisir leurs édiles locaux dans un climat politique qui, paradoxalement, laisse de côté une question pourtant centrale : celle de l’avenir économique et financier de la France et de ses conséquences directes sur la Guadeloupe. La campagne électorale, officiellement ouverte début mars, se focalise sur des enjeux de proximité, des promesses de gestion communale et des rivalités de personnes, sans jamais réellement interroger la future trajectoire globale du pays auquel la Guadeloupe est institutionnellement, financièrement et socialement arrimée. Or, pour un territoire ultramarin largement dépendant des subventions publiques, des transferts publics et sociaux , de la solidarité nationale et des choix budgétaires de l’État, l’évolution de la situation française devrait constituer une préoccupation majeure, tant pour la classe politique locale que pour les électeurs. À l’aune de ces élections municipales , les Guadeloupéens s’apprêtent à choisir leurs édiles locaux dans un contexte qui ne peut plus être analysé uniquement à l’aune des problématiques communales.

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Et si des bactéries électriques faisaient baisser la facture de l’eau ?

— Grégory Bataillou (*) —

En France, le coût du traitement de l’eau (ou « assainissement collectif ») représente 40 % de son prix de vente. Un ménage paie en moyenne 260 euros par an juste pour l’assainissement… dont plus de 35 euros directement imputable à la consommation d’énergie des stations d’épuration. Au vu de la volatilité du prix de l’énergie, de nouvelles solutions émergent pour réduire drastiquement la consommation énergétique des stations de traitement. Des solutions qui utilisent des bactéries électriques !

Les technologies d’épuration des eaux usées sont connues de longue date et très matures. Leur principe est relativement simple : il s’agit de soustraire (ou mieux, d’éliminer) les polluants de l’eau, du plus gros au plus petit. Dans ces étapes, celle dite d’aération est une étape clef… mais c’est également la principale consommatrice d’énergie !

Traitement de l’eau – comment ça marche ?

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Rôle des élus politiques et souveraineté Populaire

—Tribune du CNCP —
L’échéance des élections municipales de mars 2026 approche. Des candidats de tout acabit appellent à se faire élire, affirmant leur ferme intention de résoudre tous les problèmes quotidiens rencontrés par la population. Dans tous les cas, les prétendant aux mandats assurent être les seuls capables de porter les meilleures réponses à tous les graves problèmes du pays.

Le soubassement idéologique de cette propagande est que les élus politiques seraient les seuls capables d’assumer le Pouvoir d’agir sur la société, son économie, sa sécurité et même sur son futur. Bien entendu, cela relève de la forfaiture. Suffrage après suffrage, les électeurs s’en rendent bien compte. C’est l’une des explications du caractère structurel de l’augmentation du taux d’abstention. Mais, malgré tout, la conviction, très largement exprimée par les «citoyens», selon laquelle «Les élus ne font rien pour nous» manifeste la croyance, profondément ancrée dans l’opinion générale, que c’est exclusivement à ceux-ci d’exercer le Pouvoir.

Dans cet article, nous examinerons la question suivante : la démocratie dite représentative, garantit-elle l’expression de la souveraineté du Peuple ?

Un rapide rappel de l’histoire de la démocratie représentative nous semble nécessaire à la compréhension de la problématique.

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Des chiffres occultés qui nous concernent

— RS n° 433 lundi 9 février 2026 —

L’attention se concentre souvent sur le « budget de l’outremer ». Et lorsque les baisses de celui-ci sont modérées par l’intervention des parlementaires coloniaux, beaucoup s’imaginent que le problème des moyens est plus ou moins résolu. Mais devant l’aggravation des difficultés du quotidien, on cherche les responsables. En réalité, on les trouve derrière des chiffres trop souvent ignorés parce qu’on ne les entend nulle part dans les grands médias.

Les municipalités voient leurs dotations diminuées. L’agriculture est sacrifiée. Pour les sargasses, l’argent manque et l’État organise la énième « concertation ». La culture est en souffrance. Le sport, si utile à l’épanouissement et la cohésion, est à la portion congrue.

Tout cela, nous dit-on, parce que la France n’a pas d’argent, est endettée, etc. C’est le prétexte donné par le pouvoir pour « justifier » que le budget des sports a diminué en deux ans de 31%, l’agriculture, dans la même période, de 14%, l’aide au développement, cette maigre compensation au pillage de l’Afrique, a diminué de 40% en deux ans.

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