La vie est la farce à mener par tous***
*
La vie est la farce à mener par tous
État des lieux au coin du feu…
La glace fond, la mer monte, avalant îles et côtes…
Tornades, ouragans, inondations font la une…
Les températures explosent !
Partout la forêt brûle !
La faute à la canicule ?
Plutôt celle des industriels et de la course effrénée au profit, à la croissance à tout prix et la surproduction du modèle économique capitaliste libéral.
La faute à ces gouvernants sourds aux avertissements éclairés des scientifiques parce que valets asservis avérés des précédents.
L’argent est le seul roi dont ils ne sont que les hommes de paille, tristes épouvantails !
Notre poumon est en feu, notre oxygène brûle et part en fumées toxiques, réchauffant un peu plus une atmosphère depuis longtemps déjà en surchauffe…
Responsables ?
Nous le sommes tous, hélas, pour n’avoir pas su empêcher, au besoin par la force, ces coupables d’agir et ce système de s’établir, responsables de cette passivité du laisser faire…
Maintenant, au propre comme au figuré, la canicule nous met le feu au cul !
Responsables également, tous ces rois et empereurs idiots qui, jadis, après avoir massacré nos forêts primaires humides et asséché nos marais sous prétexte d’urbanisation, les ont remplacées par des plantations de monoculture de pins à la résine tellement inflammable ! Lire Plus
— Par Gary Klang —
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en rêve votre philosophie (Shakespeare, Hamlet)
Je vais vous raconter une histoire qui semble tout droit sortie d’un roman de Stephen King ou d’Edgar Poe, et pourtant tout y est vrai. Elle met en scène le soussigné en compagnie de ses amis Georges Anglade et Gérard Aubourg, sauf qu’à l’époque
Georges était déjà mort et enterré. Certains vont en rire mais j’en prends le risque. Riez, riez, belles âmes ! Cela dit, je peux fort bien comprendre que lorsque Gérard et moi racontions ce qui nous arriva, les amis souriaient d’un air de dire que notre
place était à l’asile de fous de Pont Bedète. Mais tant pis, je prends le risque de passer pour cinglé, car je tiens à partager avec vous ce qui nous arriva par un bel après-midi d’été à Montréal.
Nous étions installés dans le café La Brûlerie, Gérard et moi, à une table où je faisais face à l’entrée, tandis que Gérard regardait le fond de la salle. Lire Plus
— Par Patrick Chamoiseau —
Sur des bases scientifiques autant que poétiques, la pensée écologique nous rappelle
(comme le font depuis longtemps les imaginaires animistes)
que tout est lié.
Elle embrasse l’ensemble de nos nécessités existentielles
et les dynamiques relationnelles qui les rendent possibles.
Elle ouvre ainsi la voie à une horizontale plénitude du vivant.
Sa quintessence est donc un imaginaire de la Relation :
relation de Tout à Tout, et de Tout au moindre détail.
Pourtant, quand on dit « écologie »,
l’entendement ordinaire se limite encore aux problèmes environnementaux ou climatiques.
Cette réduction explique sans doute, en partie,
la faible portée électorale des partis écologistes en France comme ailleurs.
Chez nous, en pays-Martinique, certains la définissent d’abord comme « décoloniale ».
Cette dimension si nécessaire soit-elle, devient étroite si elle constitue un horizon plutôt qu’un passage obligé.
Car l’écologie ne saurait être une fin en en soi mais un passage.
Ðés lors,
comment accéder d’emblée
(avec une poétique)
à la focale qui traverse,
qui dépasse et englobe toutes les étroitesses de nos petis combats :
une Politique de la Relation ? Lire Plus
Je vais au gré du vent
— Par Jean Bernard Bayard —
La Sensibilité
La sensibilité n’est pas cette faculté acquise
Elle est innée ou devient une perfide hantise
C’est ainsi que s’explique toutes nos bétises
Elle nous sert si souvent de génial pare-brise
_____
La sensibilité définit notre profonde humanité
Que l’hypocrisie civilisatrice a si bien atrophiée
Et donne libre cours à toutes sortes de vanités
Qui nous infligent une perte de notre générosité
_____
La sensibilité est l’amour envers notre prochain
Où l’altruisme règne comme un grand souverain
Dont la moralité et l’intégrité deviennent le destin
De toutes ces nations dirigées de dignes humains
_____
La sensibilité n’est point avilissante ou humiliante
Elle est très respectueuse et aussi encourageante
Ne dévalorise jamais elle est surtout bienveillante
De toutes les vertus de l’espèce la plus importante
Jean-Bernard Bayard
Logique
L’avenir de notre honorable passé dépend de notre travail présent
Comment louer le beau geste de nos ancètres tout en les humiliant
Saint-Domingue révolte glorifiée devient Haïti pays déshumanisant
Comment espérer de toutes nos magouilles un futur resplendissant
_____
Un passé simple peut nous offrir aussi bien un beau futur antérieur
Un passé composé n’offrira point un conditionnel présent supérieur
Cependant un present composé de bonnes intentions de l’intérieur
Projette alors un plus que parfait collectif à tout le monde extérieur
_____
Si nous avons un passé conditionnel peut-on espérer une évolution
Quelque soit le mode subjonctif ne sera-t-il pas de la subordination
Que ce soit bien le participle présent ou passé de toutes nos actions
Il est impératif d’être autonome, et souverain de notre chère nation
Jean-Bernard Bayard
Conscientisation
Sommes-nous une espèce morale intègre et sage
Nous disons être raisonnable et non pas sauvage
Du berceau de la civilisation à notre présent âge
L’extermination est notre seules curieux partage
_____
Sommes-nous une espèce cupide avide et cruelle
Nous disons être paisible et surtout pas criminelle
De tous temps la violence nous a été traditionnelle
La corruption est notre déviance constitutionnelle
_____
Sommes-nous la race magouilleuse et machiavélique
Nous disons être équitable et alors pas démagogique
Notre histoire démontre bien une mentalité satanique
La vérité est-elle réelle ou une propagande mystique
Jean-Bernard Bayard Lire Plus
– par Rodolf Etienne
Edouard Glissant, Eugène Mona, Valérie Kristofic.
Le 21 septembre 1928 naît Édouard Glissant. Le 21 septembre 1991 disparaît Eugène Mona. Et le 21 septembre 2024 Fabienne Valérie Kristofic, autrice martiniquaise de littérature jeunesse s’éteint.
Il est des dates qui, sans l’avoir cherché, finissent par dessiner une géographie de la mémoire. Trois générations, trois univers, trois engagements, trois manières de dire le pays.
Le 21 septembre en est une pour la Martinique.
Chez Édouard Glissant, la Martinique devient pensée du monde. Né le 21 septembre 1928, l’écrivain, poète et philosophe élargit l’expérience antillaise jusqu’à en faire une réflexion sur la Relation, les langues, les mémoires, l’archipel et les identités qui ne se ferment pas sur elles-mêmes. L’œuvre d’Edouard Glissant interroge la façon dont nous entrons en relation avec les autres.
Chez Eugène Mona, cette même interrogation passe par le corps, la voix, le tambour et la flûte. Le chanteur martiniquais meurt le 21 septembre 1991, à 48 ans. Son œuvre plonge dans la langue créole, l’oralité, les mornes, les héritages africains, européens et indiens. Mona n’écrit pas un traité de l’identité martiniquaise : il la fait entendre. Lire Plus
Dans nos politiques culturelles, il nous faut consolider une poétique des Traces.Nos monuments demeurent comme des douleurs.
Ils témoignent de douleurs.
Ils conservent des douleurs.
Ce sont le plus souvent des édifices produits par la trajectoire coloniale : forts, églises, chapelles, moulins, cachots, Grand-cases des maîtres, bâtiments d’exploitation de l’activité esclavagiste sucrière, structures d’implantation militaire… Les statues et les plaques de marbre célèbrent découvreurs et conquistadores, gouverneurs et grands administrateurs. En Guyane, comme aux Antilles, ces édifices ne suscitent pas d’écho affectif particulier ; s’ils témoignent des colons européens, ils ne témoignent pas des autres populations (Amérindiennes, esclaves africains, immigrants hindous, syro-libanais, chinois…) qui, précipitées sur ces terres coloniales, ont dû trouver moyen, d’abord de survivre, puis de vivre ensemble, jusqu’à produire une entité culturelle et identitaire originale.
La trajectoire de ces peuples-là s’est faite silencieuse. Non répertoriée par la Chronique coloniale, elle s’est déployée dans ses arts, ses résistances, ses héroïsmes, sans stèles, sans statues, sans monuments, sans documents. Seule la parole des Anciens, qui circule dessous l’écriture – la mémoire orale – en témoigne.
Salut raciste,— Par Rodolf Étienne
Avant que Bob Marley, le reggae et les dreadlocks ne donnent au rastafarisme une visibilité mondiale, un formidable réseau d’idées circule déjà entre la Jamaïque, Trinidad, les Antilles françaises, Paris, Harlem et l’Afrique.
Garveyisme, panafricanisme, internationalisme noir, éthiopianisme, affirmation d’une identité noire et interrogation sur l’héritage africain traversent ces espaces.
Et la Martinique se trouve beaucoup moins éloignée de cette histoire qu’on pourrait le croire.
Bob Marley n’est pas à l’origine du rastafarisme. Lorsqu’il naît en Jamaïque en 1945, le mouvement possède déjà une histoire d’une quinzaine d’années. Le moment symbolique déterminant intervient le 2 novembre 1930, lors du couronnement à Addis-Abeba de Ras Tafari Makonnen sous le nom d’Haïlé Sélassié Ier, empereur d’Éthiopie.
Plusieurs prédicateurs jamaïcains interprètent alors l’événement dans une perspective biblique et afrocentrée. Parmi eux, Leonard Howell, Joseph Hibbert, Archibald Dunkley et Robert Hinds. Howell, qui avait séjourné aux États-Unis et fréquenté les milieux influencés par le garveyisme, devient l’une des principales figures de la première génération rastafari.
Marcus Garvey lui-même n’est pas rastafari. Mais sa pensée exerce une influence considérable sur les fondateurs du mouvement. Lire Plus
Décès d’Alexis Leger, dit Saint-John Perse, le 20 septembre 1975
» S’en aller ! S’en aller! Parole de vivant ! »
Alexis Leger, dit Saint-John Perse, né le 31 mai 1887 à Pointe-à-Pitre et mort le 20 septembre 1975 à Hyères, est un poète, écrivain et diplomate français, lauréat du prix Nobel de littérature en 1960.
En marge des mouvements littéraires de son époque, sa poésie, en versets, est réputée pour son hermétisme, mais aussi pour sa force d’évocation. Il reçoit le prix Nobel de littérature « pour l’envolée altière et la richesse imaginative de sa création poétique, qui donne un reflet visionnaire de l’heure présente ».
Biographie
Jeunesse et débuts diplomatiques
Fils d’Édouard Pierre Amédée Leger, avocat-avoué en Guadeloupe à partir de 1873, et de Marie Pauline Françoise Renée Dormoy, fille d’une famille de planteurs guadeloupéens3, Alexis Leger naît au no 54 rue Achille-René-Boisneuf à Pointe-à-Pitre. Il y passe son enfance, ainsi qu’à l’îlet Feuille où il découvre la nature, et surtout dans les deux importantes demeures familiales que sont « La Joséphine » — une caféière sur les hauteurs de Saint-Claude au sud de Basse Terre — et « Le Bois-Debout » — une exploitation de canne à sucre à Capesterre — qui marqueront son imaginaire. Lire Plus
— par Gary Klang —
La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée, totémisée, pétrifiée
et folklorisée à l’épreuve des sciences du langage
— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
De nos jours, l’intellectuel haïtien aurait-il peur du débat d’idées ? Aurait-il choisi le fictif repos du guerrier ou la complaisante amnésie sélective pour se conformer aux ludiques rituels du baboukèt ? Existe-t-il un « déficit épistémologique » dans le champ intellectuel haïtien autrefois habité par d’âpres débats d’idées ? À l’aune de l’intellection du refus de l’esprit analytique/critique dans le champ intellectuel haïtien, le présent article démontre que le silence contrit et faussement oecuménique de nombreux intellectuels face à l’insignifiance multifacette de l’Akademi kreyòl ayisyen (AKA) entre 2014 et 2026 n’est pas la traduction d’un simple échec institutionnel mais l’expression contemporaine d’un relatif « déficit épistémologique » qui génère l’aveuglement consenti et le nanisme de l’esprit critique face à l’absence de la politique linguistique de l’État conforme à la Constitution de 1987. En référence à la pensée analytique de Hanna Arendt (la « démission du jugement ») et de Pierre Bourdieu (la « reproduction et la conservation des idées générant le statu quo »), le présent article prend acte que de nombreux intellectuels haïtiens ont renoncé à exercer une vigilance critique envers les différents appareils d’État et envers une micro- institution –l’Akademi kreyòl ayisyen–, lourdement défaillante et dont l’insignifiance et l’échec multifacette sont de notoriété publique. Lire Plus
La Journée du livre haïtien de Montréal est désormais un patrimoine littéraire majeur en Amérique du Nord
—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
Trois générations de lecteurs à Montréal. Ils se sont donné rendez-vous à l’entame de « leur » Journée du livre haïtien ce samedi matin 22 août 2026 : les Boucard, jeunes migrants arrivés de Jacmel dans les années 1960 et venus se mettre à l’abri du massacre de Thiotte sous François Duvalier. Ce massacre s’inscrit dans le cadre des tueries du 26 avril 1963 considérées comme l’un des épisodes les plus meurtriers de la dictature de François Duvalier et visant des opposants présumés, des militaires et leurs familles. La seconde génération des Boucard, trois enfants, nés au Québec et biberonnés au petit-lait de « Gouverneurs de la rosée » et de « Mon pays que voici ». La troisième génération des Boucard, petits-enfants eux-aussi nés à Montréal et assidus aux cours de culture et de langue créole du Centre N A Rive. Chez les Boucard de Jacmel comme chez les Boucard de Montréal, les livres, la lecture, c’est à la fois un plaisir et un liant, c’est également une histoire, une cordée de mémoires, celles de la transmission, d’une génération à l’autre, d’une île (Haïti) à l’autre (Montréal)…
Trois générations de Boucard, lecteurs fervents et assidus de l’annuelle Journée du livre haïtien du Centre N A Rive. Lire Plus
— Par Patrick Chamoiseau —

17/09/26
Sur l’octroi de mer
La problématique de l’octroi de mer est assez simple.
C’est un outil fiscal.
Il n’a, en lui-même, aucune vertu particulière.
Tout dépend du projet politique, économique, social, culturel et écologique auquel il se trouve adossé.
Mis au service d’un système d’hyper-consommation importée, d’assistanat, de dépendance et de déresponsabilisation, il conforte ce système et devient aliénant.
Mis au service d’un Faire-pays — produire davantage, assainir nos consommations, réduire nos dépendances, protéger le vivant et nous projeter dans la Caraïbe, les Amériques et le reste du monde… — il peut devenir un vecteur d’émancipation.
L’octroi de mer ne vaut donc ni par son maintien, ni par son aménagement, ni par sa suppression.
Il vaut par la vision politique qui l’ordonne et par le devenir collectif qu’il conforte.
p. c. Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Dans la famille Jean-Louis-de Rivel, qui demander ?
Il arrive que l’histoire disperse les membres d’une même famille au point de nous empêcher d’y voir clair !
Henri Jean-Louis est généralement présenté comme juriste, écrivain, militant panafricaniste et pancaribéen. Son fils, Victor Jean-Louis Baghio’o, apparaît dans l’histoire littéraire comme romancier et ingénieur du son. Sa fille Cécile Jean-Louis, devenue Moune de Rivel, appartient quant à elle à l’histoire de la chanson créole. Leur mère, Fernande de Virel, reste beaucoup moins connue alors qu’elle fut compositrice, violoniste, pianiste et pédagogue.
Pourtant, réunis, leurs itinéraires dessinent quelque chose de beaucoup plus vaste : l’histoire d’une famille créole qui, pendant près d’un siècle, fait circuler entre les Antilles, l’Europe, l’Afrique et les Amériques des idées, des textes, des musiques et une certaine conception de la dignité noire. Charles W. Scheel lui-même invite à considérer ensemble Henri Jean-Louis, Fernande, Victor et Moune dans ce qu’il appelle le « losange » de l’Atlantique noir.
Au commencement, Henri Jean-Louis et Fernande de Virel
Henri Jean-Louis naît à Sainte-Anne en Guadeloupe en 1874. Lire Plus
Chapitre V (Suite)
Magouilles, mensonges et dilatoires
C’est un faux débat de société de conditionner un « processus démocratique » à la durée d’un « règne politique ». Ainsi, Cuba serait une « dictature » parce que les frères Castro qui ont risqué leur vie pour libérer leur peuple sont au pouvoir depuis le 1er janvier1959. Et qu’en fait-on des réalisations tangibles, des progrès concrets de la « Révolution » depuis toutes ces décennies : éducation, santé, logement, eau potable, sécurité publique, transport… ? N’était-ce l’embargo des États-Unis décrété contre le pays de José Marti, de Camillo Cienfuegos, de Celia Sanchez, de Vilma Espin, de Haydée Santamaria, à quel carrefour de développement durable serait parvenu le peuple cubain à l’heure actuelle ? Lisez donc, ou relisez « Les Saints vont en enfer » de Gilbert Cesbron, et dites-nous si la démocratie, pour vous, s’apparente aux cas des travailleurs, des ouvriers, des journaliers qui se détruisent par millions dans les usines de sous-traitance nord-américaines ou ailleurs ?
« Les saints vont en enfer » – vous le savez peut-être déjà – est le célèbre livre de l’écrivain, romancier et dramaturge français Gilbert Cesbron publié en 1952, qui plonge au cœur du mouvement des prêtres-ouvriers en France durant les Trente Glorieuses. Lire Plus
Entretien : Rodolf Étienne / Pierre-Roland Bain, KEPKAA
À Montréal, le Mois du Créole s’apprête à franchir un cap symbolique.
Pour ouvrir cette année l’édition anniversaire du Festival créole de Montréal, deux grandes voix martiniquaises seront à l’honneur : Jocelyne Béroard et Tony Chasseur, réunis le 3 octobre au Monument-National de Montréal pour un spectacle associant zouk, biguine, kreyòl jazz et rythmes caribéens.
Du 3 au 30 octobre 2026, le KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisation — organise la 25e édition du Mois du Créole à Montréal, autour de la transmission, du dialogue, de la solidarité et de la diversité culturelle.
« Le festival, lancé à Montréal en octobre 2002, s’est progressivement imposé comme un rendez-vous incontournable de mise en relation des différents espaces créolophones. »
C’est l’un des fils rouges de cet entretien avec Pierre-Roland Bain, président du KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisationà l’occasion de cette 25e édition.
Rodolf Etienne : Dans le vif du sujet, et depuis votre position, vingt-cinq éditions après les débuts du Mois du Créole, où en est la langue créole ? Lire Plus
– Par Rodolf Étienne
« L’homme a peur de son rêve au moment de le satisfaire… »
L’Appel. Les Indes. Édouard Glissant. Ed. Du Seuil, 1956.
Précision indispensable : le delirium tremens est une urgence médicale liée au sevrage alcoolique sévère. Il n’est nullement utilisé ici comme qualification médicale de la société martiniquaise, mais exclusivement – abusivement – comme image littéraire et politique du sevrage et de la dépendance.
Entre désir d’émancipation et besoin de protection, revendication identitaire et dépendance économique, créolité assumée et attachement au cadre français, la Martinique semble parfois hésiter au seuil de sa propre transformation.
La question est pourtant moins simple qu’elle n’en a l’air. Depuis plusieurs générations, le discours collectif porte simultanément une volonté de différenciation et une demande d’égalité, un désir d’autonomie et un besoin de protection, une critique de la dépendance et une inquiétude profonde devant les conséquences de sa disparition. En clair, le Martiniquais affirme vouloir davantage décider ici-même en Martinique mais continue à attendre énormément de Paris. Il dénonce une économie dépendante, mais une part essentielle de son niveau de vie repose sur des mécanismes de redistribution, des dépenses publiques, des prestations sociales, des rémunérations et des investissements qui s’inscrivent dans l’ensemble français et européen. Lire Plus

Les recherches contemporaines consacrées aux femmes artistes la présentent comme la première sculptrice native des Antilles françaises reconnue.
Et pourtant, lorsqu’on évoque aujourd’hui les grandes figures intellectuelles et artistiques martiniquaises du XXe siècle, son nom vient rarement parmi les premiers.
Marie-Thérèse Julien Lung-Fou, sculptrice, dessinatrice, poétesse, conteuse, autrice pour la jeunesse, animatrice culturelle, éditrice d’une revue, défenseuse du créole et du patrimoine antillais, appartient à une catégorie surprenante du patrimoine commun, celles des femmes martiniquaises dont le nom semble avoir glissé lentement hors defs limites de la mémoire collective.
Née aux Trois-Îlets en 1909
Marie-Thérèse Julien Lung-Fou grandit dans un environnement marqué par la poterie et les artisans. Née aux Trois-Ilets, en 1909, sa propre histoire familiale porte déjà plusieurs des mondes qu’elle cherchera plus tard à réunir : héritages chinois, afro-caribéens et européens.
Après une scolarité au Pensionnat colonial de Fort-de-France, elle franchit en 1934 une étape considérable pour une jeune Martiniquaise de cette époque : elle intègre l’École nationale des beaux-arts de Paris. 1934 : Il faut s’arrêter sur cette date. La Martinique est encore une colonie. Lire Plus
Magouilles, mensonges et dilatoires
« Les vices de l’esprit peuvent se corriger ; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer.»
(Voltaire)
Les élections générales du 25 octobre 2015 en Haïti, comme nous l’avons souligné au chapitre précédent, n’ont pas échappé aux étampes des « magouilles traditionnelles ». Elles ont marqué le début d’une crise politique majeure et d’une instabilité institutionnelle prolongée dont le pays subit encore les répercussions profondes. Conçu à l’origine pour élire un nouveau président, renouveler le Parlement et choisir les magistrats municipaux, ce triple scrutin s’est rapidement transformé en une « impasse démocratique » majeure.
Le premier tour des élections, combiné aux législatives et aux municipales, s’est tenu dans un climat de forte tension. Plus de 50 prétendants briguaient la succession de l’arsouille et l’aigrefin sortant, le chef dévoyé du PHTK. Seul environ un quart des électeurs inscrits s’est déplacé aux urnes. Bien que la journée du vote ait été globalement épargnée par de grandes violences, le dépouillement a été entaché d’accusations graves de bourrage d’urnes et d’irrégularités généralisées. Lire Plus
— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Poète
Lorsque vide est ma tête
où j’ai fait place nette
de toutes ces sornettes
qui peuplent l’internet,
elle s’emplit de mots
qui sont comme un écho,
une vision d’esthète
de ce que la planète
compte alors de plus beau…
Et je me fais poète
pour payer mon écot,
dans un moment de fête
partager ce cadeau
que m’aura fait la vie
d’entrouvrir le rideau
sur un bout d’infini…
La poésie
De joie ou de souffrance
elle est toujours un cri !
L’expression d’une transe
même quand on l’écrit…
Pure sorcellerie !
“Dérèglement des sens”,
c’est ce que nous a dit
Rimbaud, poète maudit…
Chercher la vérité
et le sens de la vie
au-delà d’apparences,
tutoyer la folie…
Quand tout le monde dort,
interroger la nuit.
Apprivoiser la mort
et s’en faire une amie :
ne pas mourir d’ennui !
Patrick Mathelié-Guinlet Lire Plus
— Par Daniel M. Berté —
Divini zozio ?
Aimé Césaire té di
afos i gadé-yo, an pyébwa i divini
Mwen sé zozio man lé vini
afos gadé-yo épi lanvi
Si man té pé èt an zozio
kiles man té ka’y chwézi ?
Yonn ki ni gro-gran kri
oben an tou piti ?
Sa ka rilévé défi
ek afronté lelmi ?
Yonn ka volé isi
oben jik lenfini ?
Tala ki ni plim gri
ek ki rayi lapli ?
Sila ki évité pri
adan an piej lagli ?
Malfini ki ka souri
lé Jili ka fè kokinri épi Anri ?
Sisi ki ka sanfui
jik Sentlisi lè’y wè fizi ?
Kayali ki ka di
ki titiri sé kochonni ?
Grigri ki ka dòmi
an lépini Sentmari ?
Pewdri ki ka kouri
an lari Sentespri ?
Pipiri ki ka pini
sa ki touché yich-li ?
Bengali ki ka ri
douvan an mango mi ?
Koulibri ki pati
pou étenn lensandi ?
Anpil bòn volonté man ni
pou kon zozio man sa pati
pou alé fè an bel wondi
Jis an tet-mòn Fonsendini
Men jiskisi man ka santi
man pa ka’y rivé réyisi
Zozio sa red a divini
sa pa fasil pies mé zanmi
Si dé bel zel man té ni
man té ka’y pé pati
Fè tousa man anvi
volé lwen dan lanati Lire Plus
— Par Jean-Bernard Bayard —L’Indifférence
L’indifférence est-elle une forme de dépression
Ou serait-elle plutôt une méprisable aberration
Quand tout un peuple semble renier leur nation
N’acceptant pas la responsabilité de leur action
_____
L’indifférence représente-t-elle une infecte lâcheté
Ou pourrait-elle être une nature de gens dénaturés
Quand toute la racaille hypocrite se fait dévalorisé
N’acceptant aucun blame de sa sale malhonnêteté
_____
L’indifférence est pour moi une capitulation de droits
Ou encore de désavouer tous les conceptes de la loi
Quand toute une population déçue perd toutes voies
N’acceptant qu’une défaite absolue abdiquant leur foi
Jean-Bernard Bayard
L’Humain
L’humain est d’une espèce paradoxale
C’est une créature plutôt contradictoire
La race humaine est vraiment illogique
Une entité complètement controversée
_____
L’humain est surtout incompréhensible
C’est une créature bien trop contrariée
La race humaine est surtout irrationelle
Une entité qui agit en tant qu’opposée
_____
Il se protège et en même temps se tue
Il se nourrit et sans raison il s’affame
Il soigne et du coup il se rend malade
Il aime sans pouvoir s’arrêter de haïr
Jean-Bernard Bayard
Lettre Ouverte aux Politiciens Haïtiens
Chers Concitoyens:
Si je m’adresse à vous aujourd’hui, la situation doit-être bien plus que précaire. Lire Plus
Corrompu et mafieux,
le Fonds national de l’éducation d’Haïti
est-il le principal partenaire financier
des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ?
—Par Robert Berrouët-Oriol (*)—
audit des états financiers / Synonymes : audit financier, vérification financière, vérification des états financiers, révision des comptes, contrôle des comptes. « Audit portant sur des états financiers et effectué en vue d’exprimer une opinion quant à la fidélité de l’image que ces états donnent de la situation financière et des résultats selon le référentiel comptable identifié ». (Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, Ordre des comptables professionnels agréés du Québec (CPA) et Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française)
Depuis Montréal et à grand renfort de publicité sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ont annoncé la tenue, le mardi 25 août 2026, du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti ». Et par courriel acheminé le 23 août 2026 à un nombre indéterminé de personnes, les JIDH2026 précisent que « Ce mardi 25 août 2026 Montréal accueillera une rencontre stratégique consacrée au renforcement des systèmes d’éducation et de santé en Haïti ». Lire Plus