Étiquette : Vie Chère

29 septembre : Grève générale pour une journée sous haute tension sociale

—- par Rodolf Étienne —

La journée du mardi 29 septembre 2026 pourrait être une journée particulièrement sensible en Martinique.

Deux dossiers, distincts mais étroitement liés dans leurs conséquences quotidiennes, vont se rencontrer : une mobilisation nationale de la fonction publique, élargie localement à l’ensemble des secteurs, et une nouvelle échéance financière pour un système de transports collectifs déjà profondément fragilisé.

En Martinique, les organisations syndicales ont annoncé samedi 26 septembre leur volonté de relayer la journée nationale de grève et de l’élargir à l’ensemble des secteurs. La mobilisation nationale concerne initialement les agents de la fonction publique : les préavis couvrent notamment les trois versants — État, territoriale et hospitalière — et portent principalement sur les rémunérations, la revalorisation du point d’indice, les conditions de travail et le pouvoir d’achat.

Une mobilisation nationale qui prend une dimension martiniquaise

Le mouvement du 29 septembre ne naît donc pas en Martinique. Au niveau national, plusieurs organisations syndicales contestent la politique salariale appliquée aux agents publics. La CFDT réclame notamment des mesures générales et immédiates sur les salaires, une revalorisation du point d’indice et son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA et le maintien intégral de la rémunération en cas de congé maladie ordinaire.  Lire Plus

Que produisons-nous vraiment de ce que nous mangeons ?

— Par Rodolf Étienne

Après la terre, les agriculteurs, viennent l’assiette et le consommateur.

C’est là que la question de la souveraineté alimentaire devient concrète.

La Martinique parle beaucoup d’autonomie, mais elle continue d’importer des volumes considérables de denrées qui pourraient, au moins pour partie, être produites localement.

L’enjeu, à ce stade, n’est pas de savoir si l’île peut devenir totalement autonome — elle ne le sera probablement jamais — mais de savoir sur quels produits elle peut réduire sensiblement sa dépendance dans les dix prochaines années.

Les chiffres donnent immédiatement la mesure du problème. En 2024, la Martinique a importé 17 341 tonnes de légumes et tubercules frais, soit 3 % de plus qu’en 2023. Parmi ces importations figuraient 4 369 tonnes de pommes de terre, 4 224 tonnes d’oignons, 2 185 tonnes de carottes et 1 562 tonnes de tomates. Les importations de fruits frais, secs et séchés atteignaient quant à elles 11 732 tonnes.

Ces volumes ne signifient pas que tous ces produits peuvent être remplacés intégralement par une production locale. Certaines cultures sont mal adaptées au climat, d’autres répondent à des habitudes de consommation ou à des calendriers saisonniers précis.  Lire Plus

Quid de la douleur sociale ?

— Par Rodolf Étienne

En cette rentrée de septembre 2026, les foyers sociaux se multiplient.

Transports paralysés, hôpital sous tension, enseignants mobilisés, agents territoriaux en préavis, difficultés financières du Service d’Incendie et de Secours, tensions au Comité Martiniquais du Tourisme, conflit à La Poste et retour annoncé du RPPRAC : il ne se constitue pas encore un mouvement, mais commence à se dessiner un paysage familier.

On ne se demande déjà plus quel secteur connaîtra le prochain préavis, la panique semble générale. On se demande plutôt si toutes ces douleurs, toutes ces colères, pour l’instant parallèles, resteront séparées ou finiront par trouver un point de rencontre. Dans cette hypothèse, un dénominateur commun apparaît : la vie chère et une date, le 19 octobre prochain.

Transport — quand la crise devient institutionnelle

La crise du transport constitue le phénomène le plus visible. Dans le Nord, le Centre puis le Sud, l’arrêt des réseaux urbains a profondément perturbé les déplacements quotidiens. Le TCSP et les transports scolaires permettent encore d’assurer une partie de la mobilité, mais l’essentiel du transport collectif ordinaire est affecté.  Lire Plus

Le paradoxe martiniquais ou l’île qui gaspillait ses deniers publics

– Par Rodolf Etienne

Certaines régions attirent les habitants, produisent, innovent, exportent et maintiennent un chômage relativement faible. D’autres accumulent vieillissement, pauvreté, dépendance, perte de population et faiblesse de l’investissement. 

La Martinique n’est pas, chiffres en main, le « dernier de la classe » républicaine. Mais son cas est peut-être plus dérangeant encore. Possédant davantage d’atouts que plusieurs autres régions ou territoires, elle se voit tout de même largement dépassé.

La France, dans son large ensemble, n’avance pas à la même vitesse.

Il faut tout d’abord faire taire une idée simple. Non, la région française économiquement la plus mal en point n’est pas systématiquement la Martinique. La Guyane affiche un chômage de 19,3 % au premier trimestre 2026. La Réunion est à 19 %, la Guadeloupe à 15,2 %, contre 13,5 % en Martinique. Sur la pauvreté, les dernières données régionales comparables placent également la Guyane, La Réunion et la Guadeloupe derrière la Martinique. Mais cette lecture brute aurait le désavantage de masquer quelque chose de bien plus grave. La Martinique n’est peut-être pas le territoire français le plus pauvre. Mais, elle pourrait être l’un de ceux qui gaspillent le plus spectaculairement son potentiel.  Lire Plus

Une plainte historique contre la grande distribution en Martinique

Un combat citoyen contre la vie chère

— Par Jan Samblé —

Le combat contre la vie chère en Martinique a franchi un tournant décisif avec le dépôt d’une plainte historique contre la grande distribution, déposée le 14 janvier 2025 devant le tribunal judiciaire de Fort-de-France. L’initiative, portée par quatre lanceurs d’alerte, dénonce des pratiques anticoncurrentielles et un abus de position dominante, qui impactent directement les prix des produits dans les territoires ultramarins. Ce recours inédit, qualifié de citoyen, est désormais ouvert à tous ceux qui se sentent victimes de la cherté de la vie dans la région, une démarche qui pourrait avoir un poids décisif sur les suites judiciaires de l’affaire.

Une plainte ouverte à tous les citoyens
L’avocat des lanceurs d’alerte, Me Renaud Portejoie, a annoncé que cette plainte ne se limiterait pas aux initiateurs, mais serait accessible à tous les citoyens. Chaque Martiniquais peut désormais s’associer à cette action collective en remplissant un formulaire disponible sur la plateforme contrelaviechere.fr. Ce geste simple et gratuit pourrait influer sur le déroulement de la procédure judiciaire et donner plus de force à la revendication de transparence sur les pratiques des acteurs économiques locaux, notamment dans les secteurs clés de la grande distribution et de l’automobile.  Lire Plus

Proposition de loi urgente pour lutter contre la vie chère dans les Outre-mer

— Par Jean Samblé —

Le groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale a soumis une proposition de loi destinée à mettre en œuvre des mesures d’urgence face à la vie chère et à réguler la concentration des acteurs économiques dans les territoires ultramarins. Cette proposition sera examinée en séance lors de la niche parlementaire prévue le 12 décembre.

La proposition de loi portée par le groupe Socialistes et apparentés vise à répondre à une problématique sociale et économique majeure dans les territoires ultramarins : la « vie chère ». Ce phénomène, qui perdure depuis des décennies, se manifeste par des prix de consommation, notamment dans les secteurs de l’alimentation, du logement et des services, qui sont largement supérieurs à ceux pratiqués en métropole. Les habitants de ces territoires, en particulier ceux de la Martinique, expriment leur colère face à cette situation, exacerbée par des mobilisations citoyennes récentes, souvent marquées par des violences inédites.

Contexte et Diagnostic

Depuis plus de deux mois, la Martinique connaît une mobilisation citoyenne intense, illustrant un profond malaise face à une cherté de la vie devenue insoutenable.  Lire Plus