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Balisaille : parler la poésie

Mai.Poésie / Festival d’un genre majeur 26-28 mai 2022 au Saint-Esprit

 Liminaire

Aimé CÉSAIRE : ce nom seul suffirait à faire de la Martinique une terre de poésie. Le rayonnement planétaire, la puissance du verbe, la magnificence des images de l’auteur du « Cahier d’un retour au pays natal », en font l’un des plus grands poètes du vingtième siècle. Cependant, paradoxalement, pendant que le roman, le théâtre, voire le conte ou le slam tiennent le haut du pavé, la poésie y paraît délaissée.

MONCHOACHI, en dépit de la force tellurique de sa poésie, n’est pas connu au-delà de certains cercles d’initié.e.s, et n’en demande pas davantage puisque volontairement il s’est retiré sur les hauteurs du Vauclin, d’où il ne serait sorti pour se montrer en public que deux fois en dix ans.

S’il ne s’agit nullement de dire que, comme l’auteur de « Lémistè », la poésie se fait rare au pays de Césaire, il est néanmoins évident que d’un point de vue strictement institutionnel celle-ci a encore à faire sa place dans le paysage culturel de l’île.

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« Départ » de Stéphane Martelly. José Exélis met en scène Jann Beaudry.

— Par Selim Lander —

Tropiques-Atrium-Scène Nationale contribue de plusieurs manières à la création théâtrale. Une fois par trimestre, ou à peu près, le metteur en scène José Exélis présente l’ébauche d’un spectacle qui sera appelé ou non à devenir une production à part entière. Mise en lecture, mise en espace ou davantage comme dans le cas de Départ, qui, en dehors du fait que Jann Beaudry lit une partie de son texte, lequel texte n’est que la fin de la pièce de Stéphane Martelly, apparaît déjà très abouti.

Disons tout de suite que nous fûmes constamment sous le charme de l’interprète déjà citée, J. Beaudry, qui démontre ici qu’elle est une comédienne complète, capable de montrer aussi bien la colère que la séduction, capable également de nous émouvoir en faisant sonner quelques notes sur un piano ou, dans un tout autre genre, de camper une chanteuse de music-hall accrochée à son micro dans une pose quelque peu équivoque. Dans une simple robe blanche qui pourrait être une chemise de nuit, jouant de sa longue chevelure blonde et bouclée, elle se livre devant nous à la comédie de la mort.

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« Les Jeux du dissemblable. Folie, marge et féminin en littérature haïtienne contemporaine »

 Un livre majeur et de grande érudition de Stéphane Martelly

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— Par Robert Berrouët-Oriol —

Stéphane Martelly, –poète, peintre et chercheure postdoctorale en recherche-création à l’Université Concordia–, a fait paraître, le 30 novembre 2016 à la Librairie Gallimard de Montréal, « Les jeux du dissemblable. Folie, marge et féminin en littérature haïtienne contemporaine » (Éditions Nota bene). Ce livre est issu de sa thèse de doctorat soutenue en mai 2014 à l’Université de Montréal.

Déjà connue à l’échelle internationale pour avoir publié le livre qui, selon mon analyse, est la plus exhaustive et méthodique étude de l’œuvre du poète Magloire Saint-Aude –« Le sujet opaque – Une lecture de l’oeuvre poétique de Magloire-Saint-Aude », Paris : L’Harmattan, 2001–, Stéphane Martelly offre aujourd’hui à tous ceux qui s’intéressent à la littérature haïtienne contemporaine un livre majeur et de grande érudition, une référence analytique fort bien documentée qui fera date dans la réception critique de cette littérature.

Le livre « Les jeux du dissemblable. Folie, marge et féminin en littérature haïtienne contemporaine » se déploie sur 379 pages dans une langue de grande clarté argumentative.

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« Wopso » et « Départs » : les audaces maîtrisées de José Exélis

— Par Roland Sabra —

José Exélis est un homme d’aventure. Aventure littéraire et théâtrale il va de soi. José Exélis aime les femmes. La féminité très exactement. Il manifeste un profond respect et une sourde admiration pour le genre féminin, dont il pense à juste titre qu’il est capable d’ intelligence et de subtilité bien supérieures à celles des hommes, et bien évidemment tout cela perle dans son travail de metteur en scène. Dans « Les enfants de la mer », pièce éponyme de sa compagnie, c’est peu dire qu »il aime les femmes, elles sont sept sur scène, à nous donner une leçon de courage, de ténacité, d’entraide et d’espoir au coeur sombre des dictatures dans une forme théâtrale de déconstruction des genres. Quand il se confronte à l’Othello de Shakespeare il cristallise la haine et l’envie sur le seul Iago pour en faire le parangon des humaines passions et nous tient en haleine en convoquant sur scène, sur les épaules d’un seul, la troupe entière du Théâtre du Globe.

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