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« Qui a tué mon père(?) » Une fausse question, un vrai spectacle!

— Par Roland Sabra —

Texte d’Édouard Louis, m.e.s. et jeu Stanislas Nordey.

Samedi 14 Septembre 2019 à 20 h Tropiques-Atrium.

« Qui a tué mon père(?) » est une fausse question. La liste des meurtriers est jetée sur scène, à la face d’un public de théâtre plutôt aisé, pris à partie, sommé de prendre position dans un épilogue d’une violence singulière en décalage avec les mœurs plus feutrées de l’assistance. Le théâtre n’est pas un lieu éthéré, préservé des laideurs matérielles du monde. Il y a dans cette adresse un condensé de toute la dialectique qui traverse de bout en bout le texte d’Édouard Louis admirablement mis en valeur par Stanislas Nordey. Le comédien metteur en scène, directeur de la Scène nationale de Strasbourg, donne à entendre comme haut-parleur, ce que la lecture du texte, qui s’inscrit dans la lignée de Marguerite Duras, Alec Baldwin, Simone de Beauvoir, Annie Ernaux ou Didier Eribon, les « parents de substitution » de l’auteur, noyait dans la polarité binaire qui le structure. L’écriture d’Edouard Louis se déploie à partir de son existence, celle d’un transfuge de classe.

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« Qui a tué mon père », d’après Edouard Louis, m.e.s. Stanislas Nordey

Samedi 14 Septembre 2019 à 20 h Tropiques-Atrium

Dans Qui a tué mon père, Édouard Louis décrypte les mécanismes de domination qui broient les êtres et leurs relations.

Stanislas Nordey met en scène et interprète la parole et le regard d’un fils sur son père, depuis les premiers souvenirs d’enfance jusqu’à sa « mort sociale ».

Qui sont les gens qu’on appelle « les classes populaires » et dont les femmes et hommes politiques ne cessent de parler comme étant des « fainéants » ou des « exclus » ? Avec ce texte, Édouard Louis s’engage dans ce qu’il nomme une « littérature de la confrontation ».

Édouard Louis est écrivain. Il a publié aux éditions du Seuil En finir avec Eddy Bellegueule en 2014 et Histoire de la violence en 2016 – roman dont des extraits ont été lus au TNS par Stanislas Nordey en février 2016 dans le cadre de L’autre saison. En 2013, il a dirigé l’ouvrage Pierre Bourdieu : l’insoumission en héritage, paru aux Presses universitaires de France – où il crée et dirige la collection « Des Mots ».

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Stanislas Nordey, un théâtre d’utilité démocratique

C’est la première création de Stanislas Nordey depuis qu’il a pris la direction du TNS. Avec la complicité active du dramaturge allemand Falk Richter. Je suis Fassbinder fera date.

Strasbourg (Bas-Rhin),envoyée spéciale.

C’était le spectacle que l’on attendait. Un spectacle manifeste. Un spectacle qui n’a pas froid aux yeux, qui prend l’actualité brûlante à bras-le-corps, la décortique, l’interroge, cherchant avec effervescence, avec entêtement, des ébauches de réponses à une multitude d’interrogations, d’incertitudes, de doutes. L’Europe, les réfugiés, Merkel, les attentats, Cologne, l’état d’urgence… Comment en est-on arrivé là ? C’est quand qu’on va où ? Pour sa première création au Théâtre national de Strasbourg, dont il est directeur depuis septembre 2014, Stanislas Nordey a travaillé avec Falk Richter, son « frère de théâtre », auteur, metteur en scène, artiste associé au TNS mais aussi à la Schaubühne de Berlin. Ensemble, ils ont imaginé Je suis Fassbinder, un théâtre qui parle d’aujourd’hui en temps réel, sans passer par la case répertoire et toquer à la porte des maîtres anciens pour évoquer notre présent.

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