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« Seulaumonde »: puissance et incandescence d’un texte et d’un comédien

— Par Roland Sabra —

Entre père-trop-peu et mère-trop un inventaire pour l’au-delà. À père défaillant, mère envahissante. L’ordre de cet énoncé ne vaut pas causalité univoque… «Seulaumonde» est né d’une rencontre entre l’auteur Damien Dutrait et le comédien, metteur en scène Nelson-Rafaell Madel. Une écriture issue de l’enfance de l’un dans laquelle l’autre se connaît. Au féminin elle s’appelle Izanami au Japon, Hel dans la mythologie nordique. Au masculin il se nomme Yama pour les hindouistes, Yanluowang en Chine bouddhiste, Mictlantecuhtli chez les Aztèques. Plus communément, plus prosaïquement on dira «La Faucheuse». Le souffle de sa lame a balayé «Seulaumonde» dans les turbulences d’un vol à trois sous de Paris à Barcelone. Il a eu peur. Il ne voulait pas mourir: il venait juste d’apprendre à nager! Il le dit à cet Autre aux trois visages le père, la mère et cet amour de derrière la porte. Il survivra à ce voyage. Mais la faucheuse est une conne, elle reviendra subrepticement, délestant la une des journaux d’un accident d’avion, pour une précoce rupture d’anévrisme. Plus conne tu meurs! «Seulaumonde» colle à son signifiant.

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«  Seulaumonde » : l’urgence de vivre

Mercredi 10 &  jeudi 11 avril 2019 à 19h 30 au T.A.C

— Par Christian Antourel —

C’est donc à travers trois personnages conçus comme autant d’extensions de lui-même, que Nelson-Rafaell Madel dans ce seul en scène, réussit ce défi de ne parler que d’une voix. Ainsi « Seulaumonde » est l’illustration parfaite de cette poétique d’une esthétique de l’impossible où traquer le vivant pour parler de la mort à moins que ce ne soit l’inverse est une performance qui nous saisit à bras le corps et à l’esprit.

La peur de la mort le perturbe lui qui déjà mort cherche l’inaccessible dialogue avec la Veuve incontournable, afin qu’elle lui permette de manifester ses émotions, ses questionnements, ses besoins, ses craintes et ses anxiétés. Comme si déjouant systématiquement les sortilèges de la mort, il ne se laissait pas capturer vivant, feintait son adversaire, imposait des masques changeants et des expressions passagères d’un portraitiste . Or les trois autoportraits du comédien révèlent la même faculté de ne pas se ressembler, de se montrer tour à tour méditatifs, fiers et révoltés, désespérés sans jamais donner le dernier mot «  mourir n’est rien » chantait Brel, mais partir ?

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« Seulaumonde » de Damien Dutrait, m.e.s. de Nelson-Rafaell Madel

10 & 11 avril 2019 à 19h 30 au T.A.C.

Théâtre des 2 saisons et Collectif La Palmera
Avec Nelson-Rafaell Madel
Remerciements à Emmanuelle Ramu, Nicolas Delarbre, Nicolas Cloche, Pascale Renard, Selin Dündar, Jean-Michel Unger, Alvie Bitémo

La pièce
Un comédien, 3 personnages
Seulaumonde est seul, et en plus, il est mort… Il attend, puis, se met à parler. À la mort d’abord, qui rode tout autour de lui ; à son père et à sa mère ensuite… Et, enfin, à son amour, resté « derrière la porte ».
Seulaumonde ne veut pas partir, il a 20 ans, il s’accroche à ses souvenirs, à sa courte vie, à ses projets avortés. Le bras de fer s’engage entre lui et la faucheuse…
Seulaumonde est un monologue pour un comédien et trois personnages. C’est un monologue en forme de dialogue. Il attend, se souvient, raconte, regrette, pleure, rit, s’emporte, se tait.
Seulaumonde est un cri de vie, de résistance à la fatalité et à l’absurde de l’existence.
Au début le texte se déroule sans but, comme si l’éternité s’ouvrait devant lui. Mais l’urgence du départ imminent et les émotions prennent le dessus.

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