Étiquette : Robert Lodimus

Haïti : Pour comprendre le phénomène des gangs armés…

— Par Robert Lodimus —

« Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de « liberté », réelle et véritable. »

  (Lénine)

Tout va de travers dans ce pays que l’on appelait autrefois – et non par ironie – la Perle des Antilles. À cette époque-là – qui était aussi celle du Bicentenaire du président Dumarsais Estimé – les touristes venus des quatre coins de la planète déambulaient par dizaines dans les rues des villes accueillantes et longeaient sans inquiétude les sentiers des campagnes verdoyantes, noyées dans l’exubérance des forêts vierges. Ce temps béni et enchanteur n’existe plus dans cette presqu’île mourante de la Caraïbe. Aujourd’hui, la République d’Haïti incarne, symbolise aux yeux des étrangers une clocharde lépreuse qui attend sa dernière heure dans la honte grisailleuse, une pestiférée malchanceuse que même sa diaspora cherche volontairement à éviter par tous les moyens. 

En 2025, la population haïtienne était évaluée à 12 037 506 habitants. 75% du nombre se retranchaient dans les bas-fonds d’une misère au goût de fiel.

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Haïti : La mort du soleil au pays des aïeux…

— Par Robert Lodimus —

«  Le moyen ne peut être justifié que par la fin. Mais la fin a besoin aussi de justification. Du point de vue du marxisme, qui exprime les intérêts historiques du prolétariat, la fin est justifiée si elle mène à l’augmentation du pouvoir de l’homme sur la nature et à l’abolition du pouvoir de l’homme sur l’homme.»
(Léon Trotsky)

Nous avons abondamment expliqué, au cours de cette série, – dans laquelle nous utilisons le mot Carthage, qui représente une cité prospère de l’antiquité, comme métaphore –, que les puissances esclavagistes ne sont pas disposées à soutenir véritablement les efforts de développement et d’autodétermination des pays qu’elles maintiennent elles-mêmes sous la dépendance et la domination du « Capital ». Yalta, cette ville historique de Crimée où se rencontrèrent en février 1945 Franklin D. Roosevelt des États-Unis, Winston Churchill du Royaume uni, Joseph Staline de l’Union soviétique, symbolisent le lieu de la manifestation du cynisme des puissances impérialistes.

Les futurs vainqueurs de la seconde guerre mondiale séparèrent entre eux la terre, l’océan et l’espace, avant même la défaite officielle de l’Allemagne et la capitulation outrageante du Japon.

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La dissection du capitalisme chez Émile Zola et Robert Lodimus

— Par Robert Lodimus —

On doit comparer Émile Zola et Robert Lodimus principalement pour leur rôle de témoins engagés de leur époque et leur dénonciation virulente des injustices sociales. 

Présentation des auteurs

Au XIXe siècle, Émile Zola, chef de file du naturalisme, a consacré sa vie à disséquer les tares de la société industrielle française, culminant dans son célèbre engagement pour la justice avec « J’accuse ». À cette figure historique fait écho, à l’époque contemporaine, celle de Robert Lodimus. Écrivain et journaliste engagé, Lodimus s’inscrit dans cette même lignée d’intellectuels qui utilisent le verbe pour dénoncer les structures d’oppression, du capitalisme financier au néocolonialisme qui frappe Haïti.

Problématique :
Dans quelle mesure l’engagement littéraire de Robert Lodimus peut-il être considéré comme une forme de naturalisme moderne ? Comment ces deux auteurs, malgré des contextes séculaires différents, parviennent-ils à transformer le récit de la misère en un levier de transformation politique ?

Voici les points de rapprochement clés entre ces deux auteurs :

1. Littérature de Combat et Engagement Social

  • Émile Zola : 

Figure de proue du naturalisme, il a utilisé ses romans (comme Germinal) pour dépeindre la misère ouvrière et son célèbre « J’accuse » pour combattre l’injustice judiciaire de l’Affaire Dreyfus.

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L’inconnu de Mer frappée : Chapitre XVII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVII

LA LETTRE

« Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle. »

        (Napoléon Bonaparte)

     L’odeur parfumée qui provenait de la cuisine pénétrait ma gorge angoissée, et la sensation que je ressentais au cou s’apparentait au symptôme du globus pharyngé. C’est le stress qui avait involontairement contracté les muscles du haut de mon corps. Cela arrivait plutôt dans des situations d’anxiété et d’incertitude où les individus cherchaient à refouler des émotions fortes, après l’annonce d’une mauvaise nouvelle. Le craquement du parquet sous les sandales d’Elvira réveillait le silence oppressant, et mes yeux s’ouvraient sur les ombres projetées par les faibles lumières des bougies, qui formaient des formes étranges sur les murs du salon spacieux. Elvira, la cuisinière de Me Ludovic, une paysanne d’une posture assurée et d’une présence imposante et respectable, malgré son âge légèrement avancé, avait déjà dressé la table pour le souper. Me Ludovic se redressa lentement du fauteuil berçant qui, avec le temps, avait fini par épouser la forme de son seul et unique occupant. C’est dans cette position de détente optimale, le corps à demi-allongé, qu’il s’abandonnait aux caresses spirituelles du silence rempli de souvenirs, comme une cathédrale de nostalgie monumentale.

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Napoléon Bonaparte : L’empereur fossoyeur qui assassina Toussaint Louverture…

… en 1803 au Château de Joux, dans le massif du Jura…

— Par Robert Lodimus —

Durant les dernières semaines de sa vie, Napoléon Bonaparte pensait de temps en temps à Hannibal Barca. Il relisait ou écoutait des récits tragiques sur la chute de Carthage. Peut-être, l’empereur voulait-il que la fin de son exil à l’île Sainte-Hélène ressemblât à celle du grand héros de la cité carthaginoise. Comme vous le savez, Hannibal se suicida, dans le but de priver ses ennemis, les Romains, du plaisir de le tourner en dérision. De le ridiculiser. De l’humilier. L’arme du suicide est souvent utilisée par les grands chefs militaires pour disparaître dans la dignité, pour mourir de manière honorable, après une cuisante défaite sur le champ de bataille. Les samouraïs s’éventraient avec leur sabre ou leur poignard : c’est ce que l’on appelle « faire son hara-kiri ». Adolf Hitler ne termina pas son existence comme Benito Mussolini. Il se tira lui-même une balle dans la tête. Alors que pour Benito Mussolini, la honte l’accompagna aux barrières des ténèbres. Son cadavre, comme celui de sa compagne, Clara Petacci, fut profané par les partisans le 28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra, en Italie.

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Critique Littéraire : Analyse du chapitre XVI de l’inconnu de Mer Frappée de Robert Lodimus

Le chapitre XVI de L’inconnu de Mer Frappée de Robert Lodimus, intitulé « LA CHASSE AU COMMUNISME », propose une critique acerbe des idéologies politiques et de l’instrumentalisation de la démocratie. Lodimus analyse comment la démocratie est détournée pour justifier la mauvaise gouvernance et la « chasse aux sorcières » idéologiques, agissant comme un « nirvana ante mortem » ou un opium pour les dominés. 

Points clés de l’analyse :

  • Critique de la démocratie : L’auteur dénonce une démocratie profanée, qui masque la tromperie consciente et la mauvaise gouvernance.

  • Logique de domination : Le chapitre souligne que le concept de démocratie est utilisé par les dominants pour maintenir les dominés dans la résilience : une sorte d’opium.

  • Idéologie et Conflits : Lodimus questionne pourquoi le partage équitable des ressources (communisme) engendre autant de haine et de conflits, faisant écho à Goethe.

  • Liberté naturelle vs Droits acquis : Il oppose la liberté innée aux droits naturels souvent bafoués par les structures politiques actuelles. 

Le chapitre XVI s’inscrit dans une réflexion plus large de l’œuvre sur les injustices, la « chasse » idéologique et l’appel à une prise de conscience pour une véritable révolution sociale et économique, notamment dans le contexte haïtien. 

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L’inconnu de Mer frappée : Chapitre XVI

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVI

LA CHASSE AU COMMUNISME

« Pourquoi faut-il que ce qui fait la félicité de l’homme devient la source de son malheur », écrit Goethe dans « Les Souffrances du jeune Werther »? S’organiser pour vivre ensemble, accepter les idées progressistes qui exhortent à partager équitablement ce que la nature met gratuitement à notre disposition ne devrait pas causer tant de chagrins et soulever tant d’inimitiés et d’aversions parmi les créatures pensantes. La seule source de bien-être pour les êtres humains est de réapprendre à vivre ensemble. Si l’humanité se porte mal, si les rivières, les étangs, les fleuves, l’océan sont devenus rouges de violence et de sang, c’est bien parce que le monde se divise en deux : les forts et les faibles, les dominants et les dominés. Les forts, les dominants, déclarent la guerre, tuent, pillent, dépouillent et esclavagent. Les faibles, les dominés, abdiquent, se soumettent, abandonnent, fuient ou crèvent dans les mornes et les vallées. En clair, cela s’appelle l’injustice sociale, l’inégalité économique. Il s’agit d’un système de « vautourisation » globalisé érigé par les pays colonialistes, et qui continue de dérégler, de désarticuler le mode de vie originelle des terriens vulnérables.

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J’ai le devoir d’écrire; nous avons la responsabilité d’agir…

— Par Robert Lodimus —

« La vie de l’homme dépend de sa volonté; sans volonté,
elle serait abandonnée au hasard ».

(Confucius) 

Il serait bon de rappeler que tous les peuples du monde sont tributaires des mêmes souffrances. Des mêmes manquements. Des mêmes abus. Des mêmes privations… À des degrés divers, peut-être… Néanmoins, ils sont coulés dans la même moule de frustrations… C’est dans le puits de cette vérité, qui a la force d’un postulat, que les philosophes allemands, Karl Marx, le père du  «calcul de la plus-value » et Friedrich Engels ont extrait le souffle puissant de mise en garde universelle : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous… »

Loin de nous l’idée de faire l’apologie du « communisme » avec son moteur calant, dans ce monde où son véritable adversaire, le « capitalisme » est déjà installé sur son lit de déclin. Joseph Eugene Stiglitz, – Lauréat du prix Nobel d’économie en 2001, constate que « la gauche et la droite sont déboussolées. »

En effet, toutes les analyses de type macroéconomique montrent clairement l’échec de ces deux courants idéologiques qui se sont affrontés à coups de hache durant plusieurs décennies.

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L’inconnu de Mer Frappée : Chapitre XV, dix-septième extrait

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XV

L’ADIEU

« Le combat n’a pas cessé, car il y a encore des combattants. Il ne pourra réellement prendre fin qu’avec la victoire du Bien sur le Mal. »

(Robert Lodimus)

Je me souviens toujours des paroles de Montaigne que j’ai déjà rapportées dans un chapitre précédent et que je paraphrase ici: « Dieu a donné aux humains accès aux connaissances pour les tourmenter. » La connaissance détient pour chacun de nous le fardeau de la preuve. Elle accuse. Elle culpabilise. Elle représente le ministère public au tribunal de l’histoire par devant lequel nous sommes appelés à répondre de tous nos actes : bravoure, héroïsme, grandeur d’âme, lâcheté, indignité, cruauté, cynisme… L’histoire nous acquittera, comme elle l’aura fait pour Fidel Castro; ou nous sanctionnera, comme Benito Mussolini, Adolphe Hitler et même, dans un certain sens, Joseph Staline… En situation de connaissance de cause, l’immobilisme, le résignationnisme, l’indifférence, l’insouciance… deviennent inexcusables. Punissables. La Cour a le pouvoir de condamner un individu pour « non assistance à une personne en danger », et cela, sans qu’il soit reconnu et déclaré l’auteur du crime.

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Davos : La source des malheurs de l’humanité

— Par Robert Lodimus —-

Pour baisser les flots d’angoisse qui montent dans notre coeur comme les vagues de l’océan, nous avons repris l’habitude de revisiter les grands philosophes des courants de l’épicurisme et du stoïcisme. Les chrétiens, en des moments de sombreur  spirituelle, lisent la Bible. Les musulmans, le Coran. Les judaïstes, la Torah. Les bouddhistes, le Dhammapada : quand ils ne se retrempent pas dans les citations fortifiantes du confucianisme. Lorsque l’âme humaine est plongée dans la tourmente, il lui faut une cure de « Sagesse » pour ne pas basculer dans l’opacité de la démence mortifère. 

Toutes ces mauvaises nouvelles qui arrivent des quatre coins de la planète engloutissent notre capacité de résilience et détruisent petit à petit nos cellules de résistance. Tous les matins, nous nous réveillons avec des pensées pessimistes, sceptiques, qui sont devenues de plus en plus difficiles à chasser de notre mémoire torturée. Nous souffrons de figurer parmi les témoins impuissants de si grandes « injustices ». Que l’auteur anonyme de ces vers qui lui furent inspirés par le comportement répréhensible du « ministre plénipotentiaire » de Louis XIII nous absolve de  l’usage décontextualisé que nous faisons de l’esprit de son œuvre !

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La France doit restituer les 30 milliards volés à Haïti

Les Français doivent restituer les 30 milliards d’euros qu’ils ont volés au peuple haïtien…!

— Par Robert Lodimus —

« Il y a deux manières de conquérir et d’asservir une Nation : l’une est par l’épée; l’autre par la dette. »

(John Quincy Adams, 6e président des Etats-Unis)

Tout ce que les populations du Sud ont hérité de l’Occident, c’est la religion et son illusionnisme. La prédication de l’Évangile a permis aux colons européens de commettre des crimes abominables en Amérique et en Afrique au nom de leur « Dieu ». Les Indiens, les Noirs et les Arabes ont grandement pâti de la cruauté de l’esclavage. Le 15e siècle, avec la fameuse expédition colombienne, a ouvert davantage la voie à la « déshumanisation de l’être » par des activités de travail dévalorisantes qui ont fait l’objet d’études et de dénonciation dans les travaux et les essais de plusieurs sociologues et philosophes progressistes, notamment Karl Marx, Friedrich Nietzsche…

L’individu, parvenu au stade de l’état déshumanisant dans lequel les systèmes féodal, capitaliste, impérialiste, néolibéral l’ont précipité et maintenu contre son gré, n’est presque plus capable de réfléchir lucidement et d’organiser son avenir.

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L’inconnu de Mer Frappée : Suite du chapitre XIV

— Par Robert Lodimus —

Suite du chapitre XIV

Le Maître et le disciple

J’ai senti les mains d’une colère rageuse sur la gorge du docte duquel, depuis un laps de temps, je suis devenu l’allocutaire enfiévré, dans cette zone pauvreteuse, tristement délabrée de Carénage et de Sans raison, qui porte le nom de Mer Frappée. C’est la première fois que je voyais le personnage, ordinairement calme, tout à fait confiant et sûr de lui-même, dans un état pareil. Ses nerfs semblaient se dilater à la frontière de l’éclatement. Ils étaient gonflés comme des ballons remplis d’hélium. Je ne lui ai pas demandé davantage d’explications. Des nuages d’épouvante assombrissaient encore le ciel de la république insultée et choquée, comme le père de Rodrigue Le Cid. Nous étions le 10 juin 1967. Deux jours après l’exécution spectaculaire et révoltante des « dix-neuf officiers duvaliéristes » à Fort Dimanche. Le « président à vie » venait de gifler pour la énième fois le peuple haïtien. Trois ans après l’assassinat en public de Marcel Numa (21 ans) et de Louis Drouin (32 ans), la perpétration du massacre des Jérémiens, le malade psychopathologique avait récidivé dans l’affaire macabre et scandaleuse des militaires fanatiques, accusés d’ourdir un complot, de tramer une conspiration pour l’évincer du pouvoir et l’assassiner avec sa famille.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre XIV

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XIV

Le Maître et le disciple

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« Mon champ, dit Goethe, c’est le temps » Voilà bien la parole absurde. Qu’est-ce en effet que l’homme absurde? Celui qui, sans le nier, ne fait rien pour l’éternel. Non que la nostalgie lui soit étrangère. Mais il lui préfère son courage et son raisonnement. Le premier lui apprend à vivre sans appel et à se suffire de ce qu’il a, le second l’instruit de ses limites. Assuré de sa liberté à terme, de sa révolte sans avenir et de sa conscience périssable, il poursuit son aventure dans le temps de sa vie… »

(Albert Camus, Le mythe de Sisyphe)

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J’ai poussé la petite barrière en bois rustique, recouverte de plaques de tôle métallique d’une épaisseur moyenne. En un rien de temps, pourrais-je dire, j’étais devenu un habitué de cet endroit calme et accueillant, qui stimulait ma plasticité cérébrale, ravivait la flamme de mon esprit perturbé, et ramonait les muscles de mon corps affaibli, déconforté, asthénisé. Le chien de garde, Nicky, avec sa queue en faucille légèrement recourbée sur son dos, est venu, comme à l’ordinaire, se frotter contre mes jambes légèrement pliées.

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Voyage féérique au Macoutistan, le « pays » du grand poète et romancier Gary Klang…

—  Par Robert Lodimus —
     Le 27 février 2025, les parents, les collègues et les lecteurs de Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, alias Frankétienne, l’ont accompagné à sa dernière demeure avec une profonde tristesse. L’enfant de « Ravine-Sèche » allait célébrer sa quatre-vingt-neuvième année d’existence le 12 avril prochain, dans une capitale en lambeaux, méconnaissable, pariatisée, livrée pieds et mains liés, – comme le Fils de l’Homme à Hérode Antipas –, aux lycanthropes d’Hadès et de Perséphone, le dieu et la déesse des enfers. Franck Étienne a traversé, – pour reprendre le jargon utilisé dans le vaudouisme –, sans avoir accompli son rêve : obtenir le prix Nobel de littérature. Peut-être, entrera-t-il dans l’histoire à l’instar de l’écrivain suédois nobélisé à titre posthume en 1931, Erik Axel Karlfeldt, – quoique celui-ci l’eût refusé de son vivant en 1918 –,  pour son ouvrage Cor d’Automne (Höstorn), paru pour la première fois en 1927. Car, dans bien des cas, la mort n’est pas arrivée à gommer l’opiniâtreté des « obsessions subjuguantes ». Et puis, « mieux vaut tard que trop tard !»

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Bonne année, malgré tout!

— Par Robert Lodimus —

« Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l’homme, ce n’est pas la mort, mais la crainte de la mort. »

(Épictète)

« Le bonheur parfait n’est pas de ce monde », disait la vieille chanson. Nous croyons entendre celui que, dans le quartier de notre enfance, nous appelions affectueusement « boss Léon », et qui ne ratait jamais une journée sans se l’offrir. Sa voix tremolo emportait les paroles geignardes, soutenues par une mélodie entraînante, qui voyageaient bien loin avec le vent du Nordé : « Le bonheur parfait n’est pas de ce monde. Chacun a ses peines, chacun a ses douleurs… » Des années plus tard, le regretté Joe Jack en avait composé la version instrumentale. « Boss Léon », probablement décédé, était un modeste mécanicien-réparateur de machine à coudre. Cette activité professionnelle lui assurait son unique gagne-pain. Il nous confiait souvent que la dernière fois qu’il avait travaillé, ce fut sous le gouvernement de Dumarsais Estimé. Le cinquantenaire possédait aussi l’intelligence de fabriquer les pièces qu’il n’arrivait pas à dénicher sur le marché local.

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Élections en Haïti en 2026

« Il y a peu à choisir entre des pommes pourries. »  (William Shakespeare)

— Par Robert Lodimus —

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer. »

(Voltaire) 

Le docteur Jean Price Mars, de son époque, parlait déjà de crise de pensée dans la société haïtienne. Nos « intellectuels », en ces instants tristes et sombres, ne devraient-ils pas prendre le temps, ou se redonner le plaisir de revisiter le « Discours sur la méthode » de René Descartes ? On ne construit pas l’avenir d’une Nation sans disposer d’une boussole d’idées rationnelles et d’un laboratoire de réflexions méthodiques. Haïti dérive à tous les niveaux. Socio-économiquement misérable, elle l’est tout aussi – si ce n’est davantage – sur le plan de l’ « intelligence créative ». Le 7 février 1986, le pays s’est libéré des Molochs duvaliéristes, mais pour se replonger bien vite dans la mare d’une incompétence anarchisante et d’une irresponsabilité détruisante. 

Nous sommes de plus en plus loin des époques mémorables qui ont donné le mouvement insurrectionnel baptisé « Les Cinq Glorieuses de Janvier 1946 », qui a renversé le lescotisme proétatsunien.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre XIII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XIII

LA VILLE HÉRÉTIQUE

« Tant que l’État existe, pas de liberté; quand régnera la liberté, il n’y aura plus d’État. Le peuple n’a pas besoin de liberté, car la liberté est une des formes de la dictature bourgeoise. »

(Lénine)

Le mois de septembre n’épargnait pas la ville de son humeur habituellement revêche, grincheuse, acariâtre et ombrageuse. Il porte le fardeau d’une saison de tristesse, de désillusion et d’horreur dans un pays qui, portant, est construit avec le matériau de la bravoure, de l’héroïsme, du sang et de l’honneur. Il pleuvait presque tous les jours. Les nuages se liquéfiaient sous la chaleur et ils se déversaient avec rage sur le paysage ordinairement sec et poussiéreux. Des bourrasques de vent accompagnaient les averses. Les éclairs et les coups de tonnerre écorchaient les flancs du firmament torturé. Mer Frappée était devenue totalement impraticable pour les riverains et les visiteurs coutumiers. Les mottes de terre élevées autour des bassins de sel s’étaient transformées en une pâte de boue gluante. Le soleil refusait de répondre à « l’appel au secours » de la population qui craignait un débordement des rivières rassasiées.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre XII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XII

LE MIRAGE

« L’homme est une prison où l’âme heureusement reste libre. »

(Victor Hugo)

Nyx avait achevé d’enlever le voile opaque qui recouvrait la terre, et les anges des ténèbres repartaient déjà vers leurs lieux de repos diurne, en attendant le moment de revenir, afin de perpétuer le cycle mystérieux de la séparation naturelle des deux astres opposés, selon la volonté du Créateur. Le jour, le contraire de la nuit, éclos de l’aube fraîche, commençait lui-même à dresser tranquillement sa tente. Le paysage à moitié engourdi, fondait déjà sous les rayons de la couronne d’Hélios qui s’apprêtait à traverser le ciel des Caraïbes, comme il le fait depuis 4,6 milliards d’années, sur son char de feu tiré par les quatre chevaux : Piroïs, Phlégon, Éoos et Aéthôn. Le jour arrivait dans la tristesse et la nuit se retirait dans l’angoisse. Derrière le soleil brûlant qui se pointait peureusement tous les matins, se dissimulaient les souffrances éreintées et révoltées d’une population à bout de souffle, captive d’une cruauté caligulienne. Pour avoir incendié la terre, Phaéton, le fils du Soleil, fut foudroyé par Zeus.

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La valse des escrocs

— Par Robert Lodimus —

«  La souffrance chagrine a entrepris de ramoner les cheminées de ma colère. J’ai toujours pensé que les flammes de ma révolte s’élèveront une nuit jusqu’au faîtage du monde. Et que La fumée du combat des « oppressés » contre les « oppresseurs » finira par grisailler tous les « palais » qui brillent d’or et de blancheur dans la rudesse vespérale de l’injustice sociale. La « tunique de Nessus » a causé trop de malheurs au milieu de mon peuple. »

(Robert Lodimus, extrait de L’inconnu de Mer Frappée)

Le vendredi 3 mars 2017, les Haïtiens apprenaient avec surprise la mort de l’ex-président René Préval des suites d’un accident cardiovasculaire. Il avait dirigé la République durant dix ans. Sans interruption de ses deux  mandats obtenus dans l’intervalle de cinq ans. C’est sous le deuxième gouvernement de René Préval que l’État vénézuélien incluait Haïti sur la liste des pays bénéficiaires du programme PetroCaribe. L’accord a été signé en 2008, avant la catastrophe sismique qui a détruit la ville de Port-au-Prince et ses banlieues le 12 janvier 2010.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre XI

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XI

L’ENGAGEMENT

« Qui n’est pas capable d’être pauvre n’est pas capable d’être libre… »

(Victor Hugo)

À cause de la canicule, j’ai eu l’impression que la route qui conduisait à Mer Frappée était devenue plus longue. C’est vrai qu’il fallait marcher beaucoup, traverser toute une partie de la ville pour s’engager finalement sur les sentiers poussiéreux ou boueux qui reliaient l’endroit à Carénage comme un cordon ombilical. Lorsque le soleil montait haut dans le ciel, lorsqu’aucun souffle ne sortait de la poitrine de la nature pour se transformer en une brise douce et caressante qui rafraîchit et libère le paysage de son état torpide, les piétons suaient de toute leur eau. La douche de sueur que j’étais en train de prendre en marchant hâtivement collait la chemise légère de couleur gris pâle sur mon corps stressé comme un bout de métal emprisonné par une force magnétique. De temps à autre, je sortais le mouchoir de tissu que j’enfonçais dans la poche arrière gauche de mon pantalon et je me tamponnais le visage. J’ai continué à longer le littoral, sans m’offrir quelques minutes de repos sous les rares arbres qui bordaient le trajet.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre X

— Par Robert Lodimus —

Chapitre X

L’ENDOCTRINEMENT

Le jeune homme que j’ai croisé tout à fait par hasard à Mer Frappée m’a complètement bouleversé avec les paroles tourmentantes qu’il a enfoncées dans ma tête comme les clous qui ont transpercé les mains du « Fils de l’Homme ». L’inconnu m’a permis de comprendre qu’il existe deux forces attractives qui retiennent ce pays dans les liens sauvages de la soumission aveugle, qui maintiennent encore ses habitants dans un état moutonnier : la religion et le carnaval. La prière et le tambour ont provoqué la glaciation des penchants, la congélation des velléités révolutionnaires des Haïtiens. Quelqu’un m’a déjà dit qu’Haïti serait assez confortable dans le rôle de « la cigale » de Jean de La Fontaine. J’ai rétorqué non, pour une raison majeure: la paresse, l’oisiveté, ce n’est pas la maladie virale dont souffre ce peuple. Au contraire… Que dirait-on du paysan, même avec son statut fragile de métayage, qui sarcle, arrose, ensemence, de l’aube du matin à l’Angélus du soir, sans en tirer une part importante de son travail ? La pauvre montagnarde qui transporte sur sa tête des paniers de légumes et de fruits et qui parcourt des dizaines de kilomètres à pied pour arriver au marché du village afin d’amasser tout juste quelques sous qui lui permettent d’acheter du savon de lessive, de l’huile, du pain, du sucre, du sel… ?

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Non aux scrutins des impérialistes! Oui à la Révolution des prolétaires!

— Par Robert Lodimus —

En un mot, c’est le peuple qui choisit ses bourreaux. Il leur confie lui-même, sans en prendre conscience, la tâche de le dépersonnaliser. De le « désosser » comme un poisson de mer ou d’eau douce. De le ruiner. Et finalement, de l’anéantir.

Les scrutins électoraux, tels qu’ils sont organisés par les États impérialistes, servent plutôt les intérêts des mandataires qui sont inféodés à une mafia politique locale et étrangère. Quels avantages en tirent les mandants qui légitiment bêtement le pouvoir de ces gouvernants serviles? Combien de fois n’avons-nous pas entendu la même rengaine : « plus on vote, plus on s’appauvrit ? » Autre constat tout aussi manifeste: rares sont les individus qui quittent la vie politique active comme ils y sont arrivés, c’est-a-dire, les poches vides… Avant la fin de leur mandat, ces « politicards » prédateurs – pour la plupart, des pouilleux, des misérables, des brigands, des citadins ou paysans sans scrupule – ont réussi à amasser illicitement des richesses considérables pour eux-mêmes et pour leurs proches. Ils se sont servis de leur mandat, de leur haute fonction et des privilèges y afférents, afin de mettre leurs descendants à l’abri des manquements et des privations pour des dizaines voire des centaines d’années.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre : IX

— Par Robert Lodimus —

Chapitre IX

L’ACCIDENT

« S’il ne te faut, ma sœur chérie,
Qu’un baiser d’une lèvre amie
Et qu’une larme de mes yeux,
Je te les donnerai sans peine ;
De nos amours qu’il te souvienne,
Si tu remontes dans les cieux.
Je ne chante ni l’espérance,
Ni la gloire, ni le bonheur,
Hélas ! pas même la souffrance.
La bouche garde le silence
Pour écouter parler le cœur. »

(Alfred de Musset, La nuit de mai)

Ce vendredi matin, Gonaïves s’est réveillée avec la fièvre de la danse. Depuis 1 mois environ, des affiches publicitaires placardées aux endroits les plus passants annonçaient l’arrivée d’un orchestre de la capitale, le Jazz des Jeunes, un excellent groupe musical fondé en 1942 par trois adolescents du pays. Il s’agit des frères Ferdinand et René Dor, et Pierre Richer. Initialement nommé « Trio des Jeunes », le groupe est devenu par la suite la célèbre industrie de production de chansons populaires que l’on a connue durant les grands jours de gloire de la culture nationale. Le moment de l’alacrité avait enfin franchi le seuil auroral.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre VIII (suite)

— Par Robert Lodimus —

Chapitre VIII

LE DÉCÈS

Un après-midi du mois de mai où le soleil flamboyait sur la ville qui s’amalgamait dans les rires d’une pléiade de gamins frivoles qui revenaient de l’école, une dizaine de militaires dépêchés expressément de la capitale sont arrivés à bride abattue à la caserne Toussaint-Louverture et ont procédé à l’arrestation spectaculaire du capitaine Coriace. Menottes aux poignets, l’officier, sans offrir de résistance, avait suivi les « troupiers » commandés par l’adjudant-major, Ménélas Flavius, jusqu’aux véhicules de l’armée qui attendaient aux abords du trottoir, en face de l’hôtel Moïse, pour reprendre la route en sens inverse. Lorsque le cortège a tourné devant le lycée Fabre Geffrard pour traverser les entrailles bidonvillisées de Descahos, la petite foule qui assistait au déroulement de la scène inopinée, tout à fait imprévisible, a applaudi chaudement. L’État major des Forces armées d’Haïti aurait retrouvé le nom du capitaine coriace sur une liste d’officiers supérieurs et subalternes qui allaient participer à un complot pour assassiner le président François Duvalier. Un soi-disant complice, le lieutenant Léonce Aurélien, sous la menace des tortures à Fort-Dimanche, avait vendu la mèche au commandant de la garnison criminelle.

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Robert Lodimus vu par l’IA

— Par Robert Lodimus avec l’I.A. —

Robert Lodimus est un auteur, essayiste et romancier qui vit et enseigne à Montréal, au Québec. Il est également connu pour ses commentaires et ses analyses politiques, notamment sur la situation en Haïti, qu’il publie régulièrement sur des plateformes comme Madinin-Art

Ses publications et activités récentes

  • En octobre 2025, il a publié un article dans Madinin-Art commentant la situation politique et sociale en Haïti, anticipant une catastrophe politique imminente.

  • Toujours en octobre 2025, un extrait de son roman L’inconnu de Mer frappée a été partagé sur la page Facebook de Rezo Nòdwès.

  • Il a publié en juillet 2025 un article intitulé « Jovenel Moïse, a-t-il été assassiné ou exécuté… ».

  • Il est l’auteur de plusieurs romans et essais, parmi lesquels figurent Le Grand Combat contre le CapitalIl faut sauver CarthageLes Tigres sont encore lâchés …

  • Il a aussi mené des entretiens, comme celui avec Mᵉ Théodore Achille, sur les événements qui ont conduit au renversement de Jean-Claude Duvalier en 1986. 

Robert Lodimus a écrit plusieurs livres, dont des romans et des essais.

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