Étiquette : peinture martiniquaise

Maryvonne Joseph : Sable Peinture-Mémoire et transmission

par Rodolf Etienne

À 82 ans, Maryvonne Joseph poursuit une aventure artistique entamée de manière singulière. L’artiste transforme les sables de Martinique en paysages, scènes de vie et fragments de mémoire.

Près de 200 nuances naturelles composent aujourd’hui une palette qui ne ressemble à aucune autre. Du 6 au 13 octobre 2026, une exposition lui est consacrée au Centre culturel de Rivière-Salée. L’occasion de regarder autrement une œuvre située à la frontière de la peinture, de l’artisanat d’art et du patrimoine.

Il faudrait imaginer que tout commence par un simple geste : prendre une poignée de sable en main et y voir autre chose qu’une matière déposée par la mer, le vent ou l’érosion. Y voir une couleur, puis une autre, puis encore une autre et ainsi de suite, jusqu’à constituer une palette de près de 200 nuances naturelles. Depuis plus de cinquante ans, Maryvonne Joseph fait précisément cela. Elle recueille, choisit, ordonne et travaille les sables de Martinique pour les faire entrer dans l’espace, le cadre du tableau. La Ville de Rivière-Salée, sa ville, la présente aujourd’hui comme une « figure emblématique de l’artisanat d’art martiniquais ».  Lire Plus

Honoré Gaston Chosrova : La Martinique populaire

  • par Rodolf Etienne

Une toile dans une maison, un visage reconnu dans une exposition, une scène de rivière, une femme portant des poissons, une yole, un joueur de dominos. Honoré Gaston Chosrova appartient à cette catégorie de peintre restitueur de mémoire.

Originaire de Rivière-Pilote, Honoré Chosrova a consacré son œuvre à représenter la Martinique populaire, quotidienne, vécue. Pas celle des cartes postale, – quoique ! Une Martinique partout habitée, de gestes, d’habitudes, de femmes, de conversations, de loisirs, de métiers, de paysages et de mémoires ordinaires.

Chez Honoré Chosrova, le « peuple » n’est pas un décor, mais sujet même de la peinture.

Une œuvre comme Détente à la rivière, datée de 1993, montre combien son travail s’inscrit dans une volonté de mémoire de la vie martiniquaise. Le tableau plonge dans un univers de rivière, de femmes, de chemins, de conversations et de gestes familiers. Il y a là quelque chose de précieux qui nous est rendue. La peinture de Chosrova ne cherche pas d’abord à expliquer la Martinique. Elle cherche d’abord à la reconnaître, pour donner une dignité picturale à chacune des scènes que l’on pourrait croire trop ordinaires – trop ci ou trop ça – pour entrer dans l’histoire de l’art.  Lire Plus