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Port-au-Prince sous l’emprise des gangs armés, population en détresse

— Par Jean Samblé —

La capitale haïtienne, Port-au-Prince, se retrouve plongée dans une crise humanitaire alarmante à la suite de nouvelles violences entre la police et les gangs armés. La situation, déjà précaire, s’est détériorée après l’attaque de plusieurs hôpitaux, menaçant sérieusement l’accès aux soins, et les pillages sur le port compromettent l’arrivée de nourriture dans certaines zones.

La ville est essentiellement en état de siège, selon Philippe Branchat, chef pour Haïti de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les habitants sont pris au piège, incapables de fuir les dangers qui les entourent, et de nombreux civils ont envahi des bâtiments publics en quête de refuge. La situation est d’autant plus critique que les gangs armés contrôlent la plupart de la capitale, rendant toute tentative de sortie impossible.

La violence s’étend au-delà de Port-au-Prince, avec des rapports faisant état de troubles à Artibonite et de blocages à Cap-Haïtien, accompagnés de pénuries de carburant dans le sud du pays. Le gouvernement haïtien a décrété l’état d’urgence dans le département de l’Ouest, comprenant Port-au-Prince, et a instauré un couvre-feu nocturne difficile à appliquer pour des forces de l’ordre déjà dépassées.

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Interactions entre conditions de travail et choix électoraux

— Par Jean Samblé —

La thèse du spillover, qui suggère que le travail influence les comportements civiques et les orientations électorales, est explorée par le chercheur, Thomas Coutrot,  dans « Le bras long du travail. Conditions de travail et comportements électoraux »,  document de travail n° 1-2024, IRES, 2024 et résumée dans un article du journal Le Monde daté du 08/03/24 . Bien que les évolutions du travail ne soient pas le seul facteur de la crise actuelle de la représentation politique, elles y contribuent certainement. L’analyse des liens entre les conditions de travail et les comportements électoraux met en lumière quatre dimensions clés : l’autonomie opérationnelle, la capacité d’expression au travail, la pénibilité physique, et le travail de nuit ou tôt le matin.

Les contraintes liées à la pénibilité physique et aux horaires atypiques ne semblent pas influencer l’abstention ou le vote populiste de gauche. Cependant, elles sont corrélées positivement avec le vote RN (Rassemblement National) et négativement avec le vote centriste, socialiste et écologiste. Ces contraintes semblent favoriser l’adhésion des salarié·es concerné·es à la vision sociale de l’extrême-droite, caractérisée par une conception sacrificielle du travail et un rejet de l’assistanat, symboliquement associé à l’immigration.

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