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Iran : 30 prisonnières politiques demandent la fin des exécutions

Parmi les signataires de la tribune, figurent la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah et la fille de l’ancien président Hashemi Rafsandjani.

Trente prisonnières politiques en Iran, dont la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah ou la fille de l’ancien président Hashemi Rafsandjani, ont signé une tribune rendue publique dimanche demandant que cessent les exécutions de manifestants.

«Nous, prisonnières politiques et idéologiques du quartier des femmes de la prison d’Evin (Téhéran), demandons la fin des exécutions de manifestants et la fin des peines injustes infligées aux prisonniers en Iran», peut-on lire dans ce texte transmis à l’AFP.

«Quelles que soient nos croyances religieuses et politiques et nos origines», «nous avons toutes été condamnées, pour un total de 124 années de prison, à la suite de procédures injustes et non transparentes. Ce qui équivaut à plusieurs générations de vie humaine», ont-elles témoigné.

Parmi les signataires figurent la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, arrêtée en juin 2019 puis condamnée à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, et la défenseuse des droits des femmes germano-iranienne Nahid Taghavi, condamnée à 10 ans d’incarcération en 2021 pour des motifs similaires.

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« Femme, Vie, Liberté »

Un collectif d’écrivains et d’intellectuels, parmi lesquels Belinda Cannone, Mona Ozouf, Michelle Perrot et Sorour Kasmaï, apporte son soutien à la révolte des femmes en Iran, et demandent aux pays européens de maintenir les sanctions internationales.

Depuis la révolution islamique de 1979, les femmes iraniennes ont été l’objet de la haine d’un régime autoritaire, théocratique et patriarcal qui a essayé par tous les moyens de réduire leurs droits civiques et humains, afin de mieux les refouler à la marge de la société. L’obligation du port du voile islamique constitua le vecteur principal de la politique discriminatoire mise en place dès la prise de pouvoir des ayatollahs en Iran.

Déclaré bien public, le corps des femmes fut d’emblée nationalisé par le nouveau pouvoir. Soumises à des règles très strictes conditionnant leur présence en public, les femmes, bien que voilées, sont devenues l’objet de tous les regards et de toutes les convoitises. Le modèle, la forme, la couleur ou encore la longueur de leur tenue (foulard, manteau, tchador, pantalon, bas, chaussettes) enflammèrent les esprits et provoquèrent de nombreux débats au sein de la société fortement masculinisée de l’Iran postrévolutionnaire.

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Entendre les voix d’une révolution féministe en Iran

Nous publions cet appel d’universitaires féministes du monde entier lancé sous la forme d’une pétition.

— Par Collectif —

Le 16 septembre, Mahsa (Zhina) Amini, femme kurdo-iranienne de 22 ans, a été brutalement assassinée par la police des mœurs de la République islamique d’Iran. Elle a été frappée à plusieurs reprises à la tête après son arrestation pour port de hijab soi-disant “incorrect”. Il s’agit de l’un des nombreux autres meurtres d’État commis de manière systématique et délibérée par le régime d’apartheid sexiste de l’Iran. Depuis ce meurtre d’État, des personnes ont manifesté dans de nombreuses villes d’Iran.

Cette révolte nationale dénonce non seulement contre le meurtre brutal de Mahsa, mais aussi l’essence même du régime islamique. Les revendications sont majeures et claires : en finir avec un régime théocratique dont la violence multiforme contre les corps marginalisés se trouve son expression dans la mort de Mahsa. Face à la terreur et à la répression, nous assistons en Iran à une révolution féministe enflammée par la rage que suscite le meurtre de Mahsa (Zhina) Amini. Inspirés par le mouvement kurde, les manifestants scandent “femmes, vie, liberté”.

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« Le Client » d’Asghar Farhadi

— Par Selim Lander —

On connaît Asghar Farhadi, le plus célèbre des cinéastes iraniens (À propos d’Elie, Une séparation), spécialiste des drames intimes qui se nouent autour d’un couple. Ici, par suite d’un quiproquo, l’épouse est victime chez elle d’une agression. Disons-le tout de suite, si Le Client n’est pas le meilleur Farhadi, il se laisse voir néanmoins à cause de la direction d’acteurs, toujours parfaite (Shahab Hosseini a reçu le prix d’interprétation masculine à Cannes en 2016), et de tout ce qui entoure l’intrigue principale, tout ce que nous découvrons sur la vie d’un couple d’intellectuels dans un pays soumis au régime des mollahs. Lui est professeur de lycée, l’occasion de nous rappeler que, dans ce pays, il y a des livres interdits. Tous deux comédiens, ils jouent dans La Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, l’occasion de nous rappeler, cette fois, que les censeurs du ministère de la Culture et de la Guidance islamique (sic – cf. le film No Land’s Song d’Ayat Najafi[i]) peuvent couper comme ils veulent dans les textes du répertoire.

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RCM – « No Land’s Song » : les joies de la guidance islamique

— Par Selim Lander —

no_land-s_songSi d’aucuns continuent à penser que l’islam est une religion comme les autres, on ne peut que leur conseiller, pour s’ouvrir les yeux, d’aller au cinéma. Ils verront – nouveaux saint Thomas – que l’islam est une religion … comme celle des chrétiens du Moyen Âge qui dressaient des bûchers ou ceux de la Renaissance qui s’étripaient entre papistes et réformés. Or nous sommes bien en 2016, pas au Moyen Âge ou à la Renaissance. Aujourd’hui il n’y a guère que les juifs intégristes pour se comporter de manière aussi aberrante, envers leurs femmes en particulier, que les régimes islamistes… Mais les juifs intégristes n’ont pas le pouvoir en Israël : ils ne font régner la terreur qu’au sein d’une communauté restreinte dont les réfractaires peuvent toujours s’échapper. L’islam, lui, est solidement installé dans des royaumes ou des républiques islamistes, ce qui signifie que tous les citoyens des pays en question doivent se plier à des règles moyenâgeuses. Le cinéma[1], comme le roman[2] d’ailleurs, ont suffisamment documenté ces régimes de terreur pour qu’on ne puisse plus, sauf mauvaise foi, continuer à professer qu’il y a de bons et de mauvais musulmans.

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Iran : pour défendre les femmes, les hommes se travestissent

 

Par Yann Soudé

Sur les réseaux sociaux, une campagne pour promouvoir la parité vient d’être lancée. Elle alimente le débat autour de la place de la femme dans la société.

Jugé coupable de violences conjugales, Saman Rasoulpour parade dans les rues de Marivan, au nord-ouest de l’Iran, déguisé… en femme. Surprenante, la décision du juge du 15 avril dernier est également humiliante. Les associations féministes ne tardent pas à s’indigner, et quelques jours plus tard, une centaine d’activistes locales manifestent. Elles sont vite rejointes par leurs homologues masculins, mais, à défaut de s’emparer de la rue, ces derniers témoignent leur soutien sur les réseaux sociaux. Une page intitulée« Kurd Men For Equality«  est créée sur Facebook et fait rapidement le buzz. Aujourd’hui, elle compte plus de 12 000 « like ». L’idée ? Se travestir pour promouvoir la parité entre les deux sexes. Avec un credo : « Être une femme n’est pas un prétexte pour punir ou humilier quelqu’un. »

« Il est important de se rassembler pour condamner cette stupidité, cette brutalité et cette inhumanité vis-à-vis des femmes.

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Iran : l’avocate Nasrin Sotoudeh est sortie de prison

 Condamnée à six ans d’emprisonnement pour avoir défendu les droits de l’homme en Iran, le Prix Sakharov 2012 a obtenu une libération provisoire.

Deux ans. Il aura fallu plus de deux ans de combat acharné à l’illustre avocate iranienne Nasrin Sotoudeh pour que les autorités iraniennes daignent lui accorder une libération, provisoire, de prison. « L’avocate emprisonnée Nasrin Sotoudeh a été autorisée à quitter la prison (d’Evin) pour trois jours après le versement d’une caution de 300 millions de toumans iraniens (180 000 euros, NDLR), a révélé jeudi le site iranien d’opposition Kaleme. Une nouvelle confirmée par le quotidien britannique The Guardian, qui, citant l’époux de la prisonnière politique, affirme que la permission de sortie de trois jours de l’avocate iranienne pourrait être prolongée.

Très vite, des photographies de la lauréate du prix Sakharov 2012 enlaçant son jeune fils se propagent sur Facebook, réseau social prisé par la jeunesse iranienne pour s’informer en temps réel, malgré la censure gouvernementale. C’est que celle qui est devenue l’icône de la démocratie en Iran a mené pendant vingt-huit mois un véritable combat à mort contre Téhéran.

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