Étiquette : inégalités

Estimation avancée du taux de pauvreté et des indicateurs d’inégalités

En 2018, les inégalités et le taux de pauvreté augmenteraient

— Par Flore Cornuet, Michaël Sicsic (division Études sociales, Insee) —

Selon la méthode d’estimation avancée basée sur la microsimulation, les inégalités de niveau de vie augmenteraient en 2018 : l’indice de Gini augmenterait de 0,005 pour s’établir à 0,294 et le ratio entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20 % de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20 % les plus modestes augmenterait de 0,1 pour s’établir à 4,4. Le rapport interdécile serait quasi stable à 3,5. La hausse des inégalités serait surtout liée à la forte augmentation des revenus des capitaux mobiliers désormais soumis au prélèvement forfaitaire unique, concentrés chez les plus aisés.

Le taux de pauvreté augmenterait de 0,6 point en 2018, pour atteindre 14,7 % de la population. Cette hausse s’expliquerait en partie par la diminution des allocations logement dans le parc HLM en 2018, les niveaux de vie n’intégrant pas la baisse de loyer équivalente. En neutralisant l’effet de la baisse des allocations logement dans le parc social, cette hausse serait plus modérée (+ 0,2 point).

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G7: les inégalités se réduisent dans le monde… sauf dans les pays riches

Le G7 qui débute samedi à Biarritz est placé sous le signe de la lutte contre les inégalités. Depuis les années 1980, les inégalités de richesse se sont fortement accrues dans les pays riches.

«Un G7 contre les inégalités». C’est sous cet intitulé que l’Élysée présente le sommet réunissant les sept pays les plus riches du bloc occidental, qui se tient à Biarritz du 24 au 26 août. À cette occasion, la société de conseil McKinsey publie un rapport sur l’évolution des inégalités dans le monde. En voici les principaux enseignements.
● Le monde est moins inégalitaire grâce aux pays en développement

L’étude de McKinsey montre que la croissance économique des pays en développement a rendu le monde globalement moins inégalitaire. Entre 2000 et 2014, la part de la richesse mondiale captée par les pays les plus riches est passée de 80% à 71%. Dans le même temps, celle des pays «intermédiaires» comme l’Inde ou le Mexique est passée de 14% à 22%. Sur la même période, la part de la richesse mondiale captée par les pays les plus pauvres est, elle, restée stable, passant de 6% à 7%.

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Riches, pauvres et classes moyennes : comment se situer ?

Quels sont les seuils de pauvreté, de richesse et le niveau de vie des classes moyennes en France ? Les toutes dernières données publiées par l’Observatoire des inégalités permettent de mieux se situer.

À partir de quel niveau de revenu est-on riche ou pauvre, appartient-on aux classes « populaires », « moyennes » ou « aisées » ? Cette question, pourtant centrale, est très souvent laissée dans le vague. Pour fixer des seuils, nous considérons comme appartenant aux classes moyennes les personnes situées au-dessus des 30 % les plus pauvres et en dessous des 20 % les plus riches. Nous avons choisi un seuil de pauvreté se situant à la moitié du revenu disponible médian (après impôts et prestations sociales) et un seuil de richesse au double de ce revenu [1].

Si on utilise les définitions précédentes, le seuil de pauvreté vaut 769 euros mensuels (données 2015) pour une personne seule [2], 1 491 euros pour un couple sans enfant et 1 963 euros pour un couple avec deux enfants. Les catégories populaires – c’est-à-dire les 30 % les plus modestes, à ne pas confondre avec les personnes pauvres comme on le fait parfois – rassemblent tous ceux qui touchent moins de 1 245 euros par mois pour une personne, 2 435 euros pour un couple sans enfant et 3 253 euros pour un couple avec deux enfants.

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Plafonnement de l’ISF: l’État remboursent plus d’un milliard aux ultra-riches

— Selon AFP —
super_richesLe plafonnement de l’ISF imposé l’année dernière par le Conseil constitutionnel représente un coût toujours plus grand pour les finances publiques. Les ultra-riches ont touché en moyenne un chèque de plus de 260 000 euros de la part des contribuables…

1,077 milliard d’euros ont été reversés par les finances publiques aux plus riches, un chiffre en hausse de 19% sur un an. La concentration des richesses toujours accrue couplée à la décision malheureuse du conseil constitutionnel en 2015 de plafonner l’ISF en sont la cause. Ce sont les 3590 foyers français disposant d’une fortune supérieure à 10 millions d’euros qui ont profité de ce plafonnement, puisqu’ils en ont capté 87,7% du bénéfice, et se sont fait rembourser par l’Etat 944 millions d’euros sur les impôts de 2015…

Un mécanisme pervers

L’ISF est payé par les foyers possédant plus d’1,3 millions d’euros de fortune personnelle. Il est calculé par tranches, en pourcentage (de 0,5 à 1,5 %) du patrimoine accumulé. Par exemple un ultra-riche possédant 10 millions d’euros de patrimoine devra payer 98.000 euros d’ISF par an.
Sauf que ce montant ne peut pas dépasser, additionné aux autres impôts, 75 % du revenu annuel (déclaré) du foyer.

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Inégalités : selon Oxfam, 62 personnes possèdent autant que la moitié de la planète

— Par Emmanuel Tellier —
inegalites_monde-2A quelques jours de l’ouverture du forum économique mondial de Davos, Oxfam, l’ONG britannique, publie son enquête annuelle sur la répartition des richesses dans le monde. Des chiffres qui signent une effrayante accélération des inégalités.

Année aprés année, les militants britanniques d’Oxfam perfectionnent cet art dont ils sont déjà les pratiquants les plus émérites dans le milieu des Organisations non gouvernementales : appuyer là où ça fait mal avec un sens de la formule qui claque – et du timing – à nul autre pareil. Rituellement, les communicants d’Oxfam (1) profitent du « World Economic Forum », le grand raout ultracapitaliste hivernal de Davos pour publier leur enquête annuelle sur la répartition (façon de parler) des richesses dans le monde. Sans surprise, les chiffres du rapport 2016 ont tout pour marquer les esprits.

Notable nouveauté : la vice-présidente d’Oxfam, Winnie Byanyima, ne se contentera pas cette fois d’un passage express par Davos pour secouer les consciences à coup de prises de parole intempestives. Non, cette année, elle sera présente en Suisse (du 20 au 23 janvier) en qualité de « coprésidente » de l’événement économique, donc très officiellement invitée à partager les observations de son organisation.

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La concentration des richesses nuit à la croissance, et c’est le FMI qui le dit

—  Par Pierric Marissal —

fmi_logoPlus les riches s’enrichissent, plus faible est la croissance. Moins il y a de syndiqués, plus le revenu des 1% les plus riches augmente. Et la flexibilisation du travail accroît les inégalités. A contre-pied total de sa politique, des économistes du FMI publient une étude appelant à la redistribution des richesses.

Selon leur calcul, si les 20 % les plus riches augmentent leur fortune de 1 %, le PIB global lui baisse de 0,08%. “Cela semble suggérer que les bénéfices ne retombent pas” sur les plus pauvres, écrit le FMI qu’on peut croire gêné aux entournures. Car depuis 1714, et la fable des abeilles de Bernard Mandeville, tous les économistes libéraux assurent que l’enrichissement des plus riches bénéficie in fine à tous, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l’investissement profitant ainsi à l’activité économique générale et à l’emploi dans le reste de la société. C’est la « théorie du ruissellement » brandie depuis 3 siècles par tous les détracteurs de la redistribution et de la régulation économique.
A l’inverse, une hausse similaire des revenus des 20% les plus pauvres doperait la croissance de près de 0,4 point explique ainsi l’étude.

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La France est l’un des pays développés où les inégalités se sont le plus creusées avec la crise

— Par Isabelle de Foucaud —
inegalites_riches_pauvresLa France affiche la cinquième hausse la plus importante des inégalités en termes de revenus marchands parmi les 36 pays de l’OCDE pendant la crise.
LE SCAN ÉCO – La montée des emplois précaires, qui a fait pression sur les salaires, a aggravé les écarts entre les ménages les plus aisés et les plus pauvres entre 2007 et 2011, selon un rapport de l’OCDE publié ce jeudi. Les femmes sont particulièrement vulnérables.

Qui a le plus souffert de la crise en France? Entre 2007 et 2011, les inégalités ont augmenté plus nettement dans l’Hexagone que dans les autres pays de l’OCDE, d’après le rapport «Tous concernés, Pourquoi moins d’inégalité bénéficie à tous» publié par l’organisation ce jeudi. Le coefficient de Gini* de la France, qui mesure les écarts de patrimoine et de revenus entre les individus, est passé de 0,293 à 0,309 sur cette période. «Il s’agit d’une rupture importante par rapport à la tendance de long terme, puisque depuis les années 1980, les inégalités étaient relativement stables en France, alors qu’elles étaient en augmentation dans un certain nombre de pays, comme l’Allemagne ou les États-Unis», constatent les auteurs.

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“Salauds de pauvres”

salauds_de_pauvresColuche avait popularisé l’expression dans les années 1980, pour mieux la dénoncer. Les Français la reprennent en cette année 2014 mais plus pour rigoler. Voilà ce que révèle la dernière édition d’une étude que le Credoc publie depuis trente-cinq ans.

L’ expression « Salauds de pauvres » n’a pas été inventée par Coluche. Jean Gabin la prononce en 1956, dans le film La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara (d’après un roman de Marcel Aymé). Dans cette scène, il ne s’adressait pas à des « prolos », ou des « clodos », mais à un couple de bistrotiers. Le créateur des Restos du cœur a repris l’interjection au début des années 1980 et l’a rendue célèbre. En endossant le rôle d’un nanti qui égrène des poncifs à propos des « sans-le-sou », c’est-à-dire des fainéants qui méritent ce qui leur arrive, il en a fait un cri de révolte. Historiquement et par rapport à de nombreux pays d’Europe, l’opinion publique française s’est toujours montrée plutôt compréhensive par rapport aux personnes vivant en situation de pauvreté. L’enquête « Conditions de vie et aspirations » du CREDOC, qui suit les inflexions du corps social chaque année depuis 35 ans, montre que depuis 2008, l’opinion porte un regard plus sévère sur les chômeurs ou les bénéficiaires de minima sociaux.

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Pourquoi y a-t-il 2,2 milliards de pauvres dans le monde ?

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L’ONU s’inquiète de l’accroissement des inégalités alors que les 85 humains les plus aisés concentrent autant de richesses que les 3,5 milliards les plus pauvres.

Crises financières, catastrophes naturelles et politiques publiques inefficaces risquent de faire croître la pauvreté dans le monde alors que plus de 2,2 milliards d’hommes et de femmes, soit près d’un tier de l’humanité, sont déjà concernés ou sont en passe de l’être.

C’est ce dont s’alarme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans son rapport 2014 rendu public jeudi 24 juillet, citant notamment le prix des denrées alimentaires et les conflits violents comme autres sources aggravantes de la pauvreté.

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Les très hauts revenus ne connaissent pas la crise

— Par Kevin Boucaud —

richessesLe dernier rapport de l’INSEE sur les revenus et le patrimoine des ménages français révèle que les inégalités continuent d’augmenter, la crise semblant être passée pour les plus hauts revenus.

La crise ne touche pas forcément tous les Français. C’est en tout cas ce que révèle la dernière étude (voir le document en PDF ci-dessous) sur les revenus et le patrimoine des ménages de l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) qui porte sur l’année 2011. L’Institut montre que malgré la crise, les plus hauts revenus continuent de croître fortement (après une année de recul en 2009) ce qui a évidemment pour conséquence d’accentuer les inégalités. Cette progression est autant due à une augmentation soutenue des plus hauts salaires que des revenus du patrimoine.

Les 6 10 000 personnes les plus riches (1 % de la population), qui ont gagné plus de 93 000 euros en 2011, ont vu leur revenu croître de 7,1 % depuis 2004. En comparaison, le revenu médian – c’est-à-dire, qui sépare la population en deux parties égales – a progressé de moins de 2 % sur la même période, passant de 18 100 euros à 19 500.

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Les 67 personnes les plus riches possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres

augmentation_inegalitesLes 67 personnes les plus fortunées de la planète possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Les inégalités se sont à nouveau aggravées, estime mercredi l’ONG Oxfam, qui exhorte le FMI et la Banque mondiale à agir.

“Les inégalités extrêmes se sont aggravées”, constate l’organisation de lutte contre la pauvreté dans un communiqué. C’est que l’année dernière, le club des ultra-riches possédant autant que les 3,5 milliards d’humains les plus pauvres comptait 85 membres. Il n’en faut plus que 67. L’ONG Oxfam interpelle le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui tiennent leur assemblée générale cette semaine à Washington. “Le président de la Banque Jim Yong Kim et la directrice générale du FMI Christine Lagarde ont abondamment parlé des dangers posés par l’explosion des inégalités. Cette semaine, nous devons voir des actions concrètes pour appuyer cette rhétorique”, a plaidé Raymond Offenheiser, président d’Oxfam America.

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Êtes-vous riche, pauvre ou appartenez-vous à la classe moyenne?

L'Observatoire des inégalités a publié de nouveaux seuils pour définir les catégories riche, aisée, moyenne, populaire et pauvre.

riches_pauvresQui est pauvre en France? A partir de quel montant de revenu appartient on à la classe moyenne? Où se situe la limite des riches? Telles sont les questions auxquelles l’Observatoire des inégalités a tenté de répondre en analysant des données de l’Insee publiées en 2011. Son objectif était de délimiter des frontières de niveaux de vie entre les ménages pour faire apparaître cinq couches sociales différentes: les riches, les classes aisées, moyennes, populaires et les pauvres. Repertoriés dans un tableau publié début avril, ces chiffres correspondent aux déclarations d’impôts auxquelles l’insitut des statistiques a retiré les impôts directs payés et les prestations reçues.

«On ne cesse de parler des classes aisées, moyennes ou populaires, mais où sont les limites entre ces catégories?, s’interroge Louis Maurin, directeur de l’Observatoire, contacté par Le Figaro.

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Face à la crise, Keynes ne suffira pas, le retour à Marx est nécessaire

—Par Rémy HERRERA, chercheur au CNRS, Centre d’économie de l’université de La Sorbonne-Paris-I.—

keynes_&_marxDepuis plus de trente ans, un courant de pensée domine en économie : c’est l’idéologie scientifique « néoclassique », qui croit à un « équilibre général des marchés » et entretient des liaisons très étroites avec le néolibéralisme. Pourtant, le fait est – incroyable, mais vrai ! – qu’il n’existe pas, à l’intérieur du courant dominant, de théorie de la crise. En clair, l’idéologie du capitalisme non seulement ne prend pas la crise pour objet d’étude, mais encore n’est pas en mesure d’expliquer la crise du capitalisme réellement existant. Les rares économistes orthodoxes qui s’y intéressent l’analysent d’ailleurs à partir de facteurs toujours extérieurs aux marchés, venant perturber les mécanismes de correction automatique par les prix : syndicats « archaïques », interventions de l’État, « bugs » informatiques, fraudes de traders isolés… Mais pour eux, la concentration de la propriété privée et la logique de maximisation du profit individuel ne sont pas des problèmes.

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Inégalités : 1% des plus riches détiennent près de la moitié des richesses mondiales

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Des logements destinés aux classes moyennes les plus aisées sont érigés face aux communautés vivant dans la précarité des bidonvilles de Lucknow, en Inde. Photo : Tom Pietrasik/Oxfam

Documents à télécharger : Le rapport “En finir avec les inégalités extrêmes” – –

Les inégalités économiques se sont amplifiés rapidement dans la plupart des pays depuis le début de la crise, a dénoncé ce lundi l’ONG Oxfam dans un rapport publié à la veille de l’ouverture du Forum économique mondial de Davos, le rendez-vous planétaire des capitalistes.

Ainsi, près de la moitié des richesses mondiales (46%) sont aujourd’hui détenues par 1% de la population, selon le rapport de l’ONG Oxfam intitulé En finir avec les inégalités extrêmes (à consulter ci-dessous), qui rappelle que les 85 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population. La richesse de ces 1% s’élève à 110 trillions de dollars soit 65 fois la richesse totale de la moitié la moins riche de la population mondiale…

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Après la Marche pour l’égalité, en finir avec l’affichage cosmétique !

Quelle représentation républicaine pour la diversité en france ?
—Par Fatima Yadani, Maya Akkari, Mehdi Thomas Allal,—
marche_egaliteTrente ans jour pour jour après la Marche pour l’égalité et contre le racisme, nous nous retrouvons toujours confrontés au même principe de discrimination dans le champ politique. Cette question, qui revient à chaque échéance électorale, nous ramène au difficile principe de réalité appliqué par les partis politiques, à leur incapacité à diversifier et rajeunir leur personnel et leurs candidats… Renforcer la République, c’est aussi faire en sorte que les élus représentent tous les citoyens dans toutes les composantes sociologiques de la société française. En ne considérant la diversité que comme une variable d’ajustement, permettant de foncer un peu les listes particulièrement en bas de celles-ci, les partis politiques reproduisent et perpétuent des inégalités inacceptables. À l’heure où il existe une défiance des quartiers populaires à l’égard des élites, où les extrémismes et communautarismes de tout poil ne cessent de grandir, la diversification du champ politique permettrait d’envoyer des signaux positifs à la population et non celui envoyé depuis de nombreuses années d’une caste repliée sur elle-même et qui ne se renouvelle qu’entre elle.

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L’avenir de la démocratie ne se joue plus seulement à l’intérieur des États-nations

—Par Catherine Colliot-Thélène, ProfesseurE de philosophie à l’Université de Rennes-I.—

etats_nations-2Les historiens du futur qui se pencheront sur les premières décennies du XXIe siècle, y verront-ils un chapitre nouveau de l’histoire des progrès de la démocratie ? Cela n’a aujourd’hui rien d’évident. Certes, cet événement fascinant que l’on a nommé le « printemps arabe » a montré que le temps des révolutions démocratiques n’était pas définitivement révolu. Des régimes autoritaires et corrompus ont été balayés par des insurrections populaires. Entre l’insurrection et l’institution de régimes démocratiques, le chemin n’est cependant pas direct, l’exemple de la Révolution française l’atteste, qui nous incite à ne pas désespérer de l’issue de ces récentes révolutions.

La pérennité des institutions démocratiques elles-mêmes n’est jamais définitivement assurée, comme l’histoire du XXe siècle l’a suffisamment prouvé. L’inquiétude monte aujourd’hui en Europe quant à l’avenir de la démocratie. À la différence des années vingt du siècle dernier, le noyau de ce que la théorie politique nomme de ce terme, à savoir les procédures de constitution et de contrôle des pouvoirs politiques (libertés d’expression et d’association, élection des représentants du « peuple souverain » par le suffrage universel, séparation des pouvoirs) n’est pas sérieusement contesté.

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Osons la décroissance du temps de travail et des revenus les plus riches !

—Par Geneviève Azam, Conseil scientifique d’Attac, et Thierry Brulavoine, Mouvement des objecteurs de croissance.—

decroissancePour « sauver le régime des retraites par répartition », rapports, projections, déclarations, décisions se suivent en démantelant le principe de ce régime. Mais un non-dit perdure : comment penser la protection sociale en général et les retraites en particulier dans un contexte radicalement modifié par rapport à celui de l’après-guerre ? Rappelons qu’en mettant en place d’audacieux instruments de protection sociale, le Conseil national de la Résistance avait su préconiser une rupture politique visant à prévenir tout retour de la barbarie, aboutissant à un contrat social fondé sur la redistribution des fruits de la croissance économique.

Or, depuis soixante ans, la globalisation capitaliste a mis en concurrence les sociétés du monde entier, la production de richesse nécessite la captation toujours plus importante de ressources naturelles et la crise écologique délimite désormais l’impossibilité de poursuivre une croissance globale infinie sans mettre en péril les écosystèmes et la paix entre les peuples. « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! 

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Les femmes ne doivent pas battre en retraite

Appel Les orientations de la réforme annoncée ne feront que creuser les inégalités femmes-hommes.
Par un collectif de militantes pour les droits de l’homme, militantes féministes, syndicalistes, universitaires et artistes

femmes_discussionLa réforme des retraites de 2013 sera-t-elle aussi préjudiciable aux femmes que l’ont été les précédentes ? Ce sera le cas si les options aujourd’hui privilégiées par le Président, le Premier ministre et la Commission pour l’avenir des retraites sont adoptées par le Parlement.

Nous refusons les propositions qui visent à retarder le départ à la retraite et à diminuer le montant des pensions, à l’instar de l’allongement de la durée de cotisation ou de la désindexation des pensions sur l’inflation. Ces orientations, dans la continuité des réformes menées ces vingt dernières années, ne feront que creuser les inégalités femmes-hommes.

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Même plafonné, le quotient familial reste un privilège pour les plus riches

 Par Christiane Marty, membre du conseil scientifique d’Attac —

 Inégalitaire, ce dispositif doit être supprimé et remplacé, à enveloppe constante, par un forfait égal pour chaque enfant.

famille_richeLe gouvernement a tranché entre deux pistes envisagées pour la «réforme » de politique familiale. Il renonce heureusement à moduler les allocations familiales en fonction du revenu, ce qui préserve le principe d’universalité de ces prestations, et il annonce une modification du quotient familial. Ce dispositif, qui prend en compte les enfants dans le calcul de l’impôt sur le revenu, est largement reconnu comme inégalitaire.

Du fait du système de part et demi-part attribuées au titre des enfants, il aboutit en effet à des réductions d’impôt par enfant qui augmentent plus que proportionnellement avec le revenu des parents. Ainsi l’avantage fiscal lié au quotient familial est très concentré au bénéfice des foyers disposant des revenus les plus élevés : en 2009, les 10 % de foyers qui ont les plus hauts revenus se sont partagé 46% du total de la réduction d’impôt liée au quotient familial (soit 6,4 milliards d’euros).

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