Étiquette : diaspora noire

Mémoire : Les réseaux panafricains en Martinique

— Par Rodolf Étienne

Avant que Bob Marley, le reggae et les dreadlocks ne donnent au rastafarisme une visibilité mondiale, un formidable réseau d’idées circule déjà entre la Jamaïque, Trinidad, les Antilles françaises, Paris, Harlem et l’Afrique.

Garveyisme, panafricanisme, internationalisme noir, éthiopianisme, affirmation d’une identité noire et interrogation sur l’héritage africain traversent ces espaces.

Et la Martinique se trouve beaucoup moins éloignée de cette histoire qu’on pourrait le croire.

Bob Marley n’est pas à l’origine du rastafarisme. Lorsqu’il naît en Jamaïque en 1945, le mouvement possède déjà une histoire d’une quinzaine d’années. Le moment symbolique déterminant intervient le 2 novembre 1930, lors du couronnement à Addis-Abeba de Ras Tafari Makonnen sous le nom d’Haïlé Sélassié Ier, empereur d’Éthiopie.

Plusieurs prédicateurs jamaïcains interprètent alors l’événement dans une perspective biblique et afrocentrée. Parmi eux, Leonard Howell, Joseph Hibbert, Archibald Dunkley et Robert Hinds. Howell, qui avait séjourné aux États-Unis et fréquenté les milieux influencés par le garveyisme, devient l’une des principales figures de la première génération rastafari.

Marcus Garvey lui-même n’est pas rastafari. Mais sa pensée exerce une influence considérable sur les fondateurs du mouvement.  Lire Plus

Mémoire : Quand Paulette Nardal rencontre Marcus Garvey

par Rodolf Etienne

Octobre 1928 , Marcus Garvey, l’une des figures les plus puissantes et controversées du mouvement noir international, vient de prendre la parole devant un public parisien.

Quelques jours plus tard, une jeune Martiniquaise installée à Clamart lui écrit en anglais. Elle s’appelle Paulette Nardal. Le reste appartient à l’histoire.

La lettre, aujourd’hui conservée aux Archives de Martinique, révèle beaucoup plus qu’une rencontre occasionnelle : elle place directement Paulette Nardal au cœur des réseaux qui relient alors la Caraïbe, les États-Unis, l’Afrique et l’Europe. Quelques années avant qu’Aimé Césaire, Léopold Sédar-Senghor et Léon-Gontran Damas ne donnent son nom à la Négritude, une autre histoire noire transatlantique était déjà en train de s’écrire.

1928 – Marcus Garvey arrive dans un Paris sous surveillance

Marcus Garvey n’est alors plus un inconnu. Né en Jamaïque en 1887, fondateur de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA), il a développé depuis les années 1910 un mouvement international reposant sur la fierté noire, l’autonomie économique des populations noires, la construction d’institutions propres et l’affirmation d’une destinée africaine commune.

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