— Par Rodolf Étienne
11 jours.
C’est probablement le chiffre le plus spectaculaire publié cette année sur les finances publiques en Martinique.
Mais il nous faut immédiatement préciser ce qu’il signifie.
Il ne s’agit pas de dire que la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) n’aurait plus que onze jours pour fonctionner, ni que la Martinique serait « en faillite ».
Le chiffre provient du pré-rapport 2026 de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), présenté le 9 juin dernier. Il concerne les comptes consolidés des collectivités territoriales de Martinique figurant dans l’annexe consacrée aux collectivités ultramarines. Ces données sont principalement établies à partir des comptes de gestion de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Et ce chiffre dit déjà quelque chose de suffisamment préoccupant pour qu’il n’est pas nécessité à l’exagération : à la fin de 2025, la trésorerie nette consolidée représente seulement onze jours de dépenses de fonctionnement, tandis qu’un an auparavant, elle en représentait environ 39.
De 39 à 11 jours d’avance de trésorerie
Ici, le mouvement est clairement brutal. Selon l’OFGL, la trésorerie nette s’établit en 2025 à 72 euros par habitant, soit une diminution de 74,1 % en un an. Lire Plus

Alors que le pouvoir d’achat des Guadeloupéens et des Martiniquais stagne, que le chômage ne cesse de progresser et que les problèmes économiques et sociaux s’aggravent, les exécutifs de Guadeloupe et Martinique et leurs oppositions respectives persistent dans les cancans et les invectives à propos de problèmes budgétaires, et ce alors que la Région Guadeloupe et la Collectivité de Martinique figurent parmi les plus endettées de France . Les hommes et femmes politiques de la Guadeloupe et de la Martinique ne sont pas conscients qu’ils sont dans la situation d’un alpiniste qui est sur une paroi très raide et qui ne sent pas que les prises sont en train de lâcher : ont-t-il bien pris la mesure de la crise à venir en 2017 du fait de la réduction des dotations de l’Etat et de la progression inéluctable des dépenses notamment sur le plan social ?
Malgré l’ingérence et la pression des dirigeants de l’Union Européenne, le peuple grec a décidé de prendre courageusement son destin en main et d’en finir avec les politiques d’austérité qui ont plongé le pays dans la misère et la récession. Dans les pays victimes de la Troïka, mais aussi dans de nombreux autres pays européens, cette victoire est perçue comme un formidable encouragement à lutter pour mettre un terme à des politiques profitables aux marchés financiers et désastreuses pour les populations.