Étiquette : Dessalines

1986-2026 : 40 années de crise politique et de déchéance socioéconomique en Haïti

— Par Robert Lodimus —

7 février 1986. Les États-Unis embarquent Jean-Claude Duvalier et sa famille dans un avion qui atterrit en France. Mettant ainsi fin à 29 ans de gouverne politique infernale, marquée par un lourd bilan en termes d’assassinats ciblés, de massacres et de disparitions forcées.

Le soleil se levait timidement sur un pays moribond, impotent, qui commençait, enfin, à gazouiller le mot « LIBERTÉ ». François Duvalier avait réussi à enlever aux Haïtiens tous leurs droits citoyens. Il rédigea et appliqua lui-même une constitution qui bannissait le mécanisme de l’alternance de la présidence. La constitution de 1964 qu’il imposa à la population craintive faisait de lui le nouvel empereur d’Haïti, avec le droit de nommer son successeur. Lorsque le dictateur, miné par la maladie, est décédé en 1971, c’était pour ainsi dire: « Le roi est mort…Vive le roi! »

Jean-Claude Duvalier, à l’âge de 19 ans, s’est retrouvé sans expérience politique, à moitié débile, à la tête du pays de Dessalines. Aidé de quelques criminels (Luc Désir, Albert Pierre alias Ti Boule, Luckner Cambronne…) qui étaient déjà à la solde de son père, il a dirigé les Haïtiens lui aussi d’une main de fer.

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Terrasse en Pawol : Jacques 1er de Faubert Bolivar

Un théâtre baroque

Par Selim Lander

Mise en bouche du dernier texte de Faubert Bolivar dans la salle de la Véranda à Tropiques-Atrium. Six comédiens, trois musiciens, pour une pièce ambitieuse dont la seule lecture (après coupures !) dure plus de deux heures. L’histoire est celle de Jacques Dessalines, libérateur d’Haïti, qui sera assassiné peu après avoir été reconnu empereur. Sorti du peuple, brut de décoffrage en quelque sorte, il fait tache au milieu de l’establishment de couleur. Jalousie, rivalité, intrigues, mulâtres contre bourgeoisie noire, général Pétion contre général Christophe. Sans compter que Célimène, la fille de Dessalines, est amoureuse d’un officier de Pétion, ce même Pétion auquel, dans le but de neutraliser un rival dangereux, l’empereur a justement promis Célimène. Le reste est histoire. Dessalines, tout héros qu’il soit, finira assassiné.

L’intérêt principal de la pièce de Bolivar n’est évidemment pas dans ce rappel historique en tant que tel mais dans sa théâtralisation. Les trois protagonistes principaux – les trois personnages masculins déjà cités – se différencient d’abord par leur manière particulière de s’exprimer, Dessalines n’hésitant pas à inventer quand un mot français lui fait défaut.

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José Exélis donne chair au « Jacques 1er » de Faubert Bolivar

— Par Roland Sabra —

Un rituel est en gestation. José Exélis accueil son public dans le hall. Un musicien l’accompagne. Le metteur en scène cadre la lecture puis entraîne son auditoire dans le méandre des couloirs de la bâtisse. Sur le chemin un fil conducteur parsemé de feuilles mortes et de bougies mène vers la salle attenante à la terrasse ou doit se dérouler la lecture mise en espace. Dans la semi-pénombre sur fauteuils et tabourets, six personnages, deux femmes et quatre hommes attendent immobiles, figés en un temps d’un autre temps. Devant les musiciens en fond de scène et face aux autres comédiens, trône, imposante, une momie, le haut du corps et le visage couverts d’une longue écharpe, blanche et sang. A la fermeture des portes, le voile sera défait, comme un retour vers le passé pour tenter d’éclairer le chemin d’un présent qui bégaie dans la souffrance et la douleur.
 Faubert Bolivar nous conte les premières années de l’indépendance d’Haïti proclamée le 1er janvier 1804 par le Gouverneur général à vie Dessalines. Ce n’est que le 6 octobre 1804 qu’il se fera nommé Empereurr, pour brûler la politesse à son rival Napoléon Bonaparte couronné, lui ,le 2 décembre de la même année.

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