Tag Archive for Cahier d’un retour au pays natal

Retours sur le Cahier.

— Par Dégé —

Le Théâtre de poche Du Flamboyant*, à la fois chaleureux et inconfortable pour le public, offre souvent une programmation intéressante. Disons-le nettement la proposition du Cahier d’un retour au Pays natal joué et mis en scène par Colette Césaire, célébrant ainsi l’hommage anniversaire au poète-guide, surprend et renouvelle les offres antérieures.

 En effet, par préjugé identitaire, on imagine instinctivement la voix de la révolte, virile, magnifiquement…martiale. Qu’elle soit douce, voire suave, c’est-à-dire « féminine », est impensable, impensée, improbable du moins tant qu’on n’a pas entendu Colette Césaire.

Ce défi, elle l’a longuement muri. Elle a une maîtrise impressionnante de ce texte immense dont nous connaissons tous par coeur de courts passages. Seule sur scène, elle murmure presque ce qui est habituellement une révolte trop hurlée. Et par contraste se détache dans toute sa force le cri césairien. La beauté nue de ce poème. Son verbe, son arme miraculeuse. Comme si le premier plan d’un tableau devenait secondaire, mettant en relief la grandeur du décor, l’essentiel.

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Cahier d’un retour au pays natal

Mardi 4 avril 2017 à 20h. Tropiques-Atrium

Coproduction : Cie La Charge du Rhinocéros, Théâtre en Liberté & Cie Falinga

Avec ce texte-phare de la littérature, Césaire pose pour les générations à venir les ferments d’une nouvelle fraternité, en affirmant l’égale dignité de tous les humains et de toutes les cultures. C’est un texte fondamental symbolisant la fierté et la dignité retrouvée des peuples noirs.
Et la poésie comme arme des opprimés.
Sur la grève, sur la scène, un homme hirsute, échoué, rescapé d’on ne sait quelle errance, exclu, oublié de toutes les histoires. Il émerge d’un tas de vêtements au bout du petit matin…
Etienne Minoungou s’empare du Cahier d’un retour au pays natal, il le porte dans ses veines, habite ce texte exigeant et bouleversant, creusant les entrailles de sa négritude. La langue éblouissante du nègre-carrefour est là. Une langue qui démande à être dite autant qu’à être entendue.
« Minoungou, magnétique, nous touche » – Le Canard Enchaîné
Mise en scène : Daniel Scahaise
Assistant à la mise en scène : François Ebouelé
Avec : Étienne Minoungou
© crédit photo : Adrian Zapico
Scolaire le 4 à 9h 30

Aimé Césaire Écrivain, homme politique, à la fois poète, dramaturge, essayiste, il est l’un des fondateurs avec Senghor et Damas du mouvement littéraire de la Négritude.

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Debout dans les cordages : le rap au service du « Cahier »

cahier_d_un_retour— Par Dominique Daeschler —

Dans le cadre des 14èmes pérégrinations poétiques dans le Jura qui allient balades et lectures dans un voyage entre les langues, une version rap du « Cahier d’un retour au pays natal » a été donnée à la Maison du Peuple de St Claude.
Marc Nammour (la Canaille) accompagné de Serge Teyssot Gay (ont on se souvient des riffs ravageurs dans Noir désir) à la guitare et de Cyril Bilbeaud à la batterie, a empoigné crânement une lecture rap du texte césairien. Le décor est réduit au fond de scène en parpaings et à la sobriété de « pendards » noirs boosté par des effets lumière où domine le rouge. La musique, omniprésente ponctue, joue de l’envolée lyrique et de l’attente. Immobile, dans la dignité de la verticalité devant son pupitre ou en fond de scène bras en croix avec des effets démultipliés à la Velickovic, Marc Nammour rappe le Cahier et le texte césairien résiste : les fins de phrase sont happées, les sonorités de la langue gommées pour conserver le rythme.

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