— RS n° 459 lundi 10 août 2026 —
Un arbitre africain, de renommée mondiale, se voit interdit de coupe du monde pour l’unique raison de son origine somalienne.
Une virulente sénatrice du Paraguay déverse sa bile raciste contre Mbappé.
Un ex-premier ministre d’Espagne conteste la nationalité de joueurs français pour la seule raison de leur ascendance africaine.
Des dizaines de milliers de HaïtienNEs se cachent pour échapper à une expulsion des États-Unis par le raciste en chef qui les traite de «mangeurs de chats », tout comme il traite tel ou tel pays de « pays de merde » parce qu’il n’est pas peuplé de Blancs.
L’équipe nationale de Football d’Haïti a été contrainte d’enlever de son maillot officiel toute référence aux Grenadiers, ces vaillants combattants de la liberté haïtienne pour la simple raison que ces nègres avaient eu l’outrecuidance de vaincre l’armée blanche de Napoléon, la plus puissante au monde de l’époque.
Tel éluE de France de 2026, déclenche la rage raciste des politicienNEs du RN et de leurs relais médiatiques en raison de la même tare : Yo pa blan ! Sé nèg !, et ne sont pas restés à la place subalterne désignée par le système.
L’étrangeté, c’est que cela ne suffit pas à certainEs demeuréEs. La tunique des héritiers de Pétain et d’Hitler ne les dérange pas. En réalité, pour combattre cette hideur morbide, il est important de comprendre que derrière elle, se trouve un système qui la nourrit de façon calculée, consciente, froide : le capitalisme !
Pourquoi ce système instrumentalise-t-il l’arriération idéologique de l’ignorance raciste ? Parce que le poison du racisme et du suprémacisme engendre la division des oppriméEs et des exploitéEs et les détourne de la lutte contre leur véritable ennemi.
Le racisme n’est pas seulement un élément constitutif du fascisme. C’est un écran de fumée qui le dissimule, donc le protège. Le Martiniquais qui exprime sa xénophobie contre l’Haïtien, le Dominicain, le Saint-Lucien, le Dominiquais, se trompe de colère. Il est comme ceux des Dominicains soutenant la politique raciste de leurs dirigeants contre la communauté d’ascendance haïtienne en République Dominicaine.
Pendant ce temps, les Profiteurs ricanent et exploitent en silence, à l’abri des regards naïfs occupés ailleurs.
Pourquoi les politiques, journalistes, et autres agitateurs de l’extrême droite ont-ils « découvert » le soi-disant antisémitisme de Mélenchon ? Ce dernier occupe la scène politique française depuis plus d’une trentaine d’années, et les pourfendeurs d’aujourd’hui n’auraient rien vu ? Balivernes ! En réalité, le crime du tribun c’est la dénonciation vigoureuse qu’il fait du génocide qui continue à Gaza et en Cisjordanie ! Les racistes de tout poil trouvent tolérable ce crime contre l’humanité lorsqu’il frappe non pas des Blancs mais des PalestinienNEs !
Au vingt-et-unième siècle, aux yeux des suprémacistes du genre Trump, Netanyahou, RN et autres prédateurs, il y a toujours des races supérieures et des races inférieures, des origines nobles et d’autres basses, des Humains et des «animaux humains ». La très arrangeante conséquence de cette négation de l’unicité de l’espèce humaine, étant que les deux catégories en question ne sauraient bénéficier des mêmes droits, ni du même traitement.
Nous n’avons « que haine pour ces hommes de haine » comme disait Césaire. N’oublions pas qu’à la racine, il y a toutes les variantes d’oppression s’appuyant sur la division des oppriméEs pour faire durer leur système en crise terminale.
Pour citer encore le poète : « au bout du capitalisme, il y a Hitler ! » Les vaincre tous les deux, est une œuvre de salubrité publique !
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Le forum social mondial de Cotonou réprimé, s’est finalement tenu
Mardi 4 août, la marche d’ouverture du 17ème Forum social mondial à Cotonou au Bénin (ex-Dahomey), soutenu par la CGLTE-OA (Convergence Globale des luttes pour la Terre et l’Eau – Afrique de l’Ouest), a été interdite par les autorités et donc annulée. Partie du Sénégal avec des représentations paysannes, agroécologistes, populaires et féministes etc., la caravane qui a été acclamée dans une douzaine de pays du Sahel et de la côte Ouest, se voit contrainte de regagner Lomé. Cinq autocars ont été détournés après avoir pourtant passé la frontière.
Mercredi 5 août au matin, on apprend que le Forum social mondial est interdit, que l’université où sont prévus la plupart des ateliers serait fermée. De plus, des personnes auraient été expulsées. Enfin les autorités annoncent explicitement aux organisateurs que le fait de venir pour le FSM est passible d’expulsion. Tout se fait dans la confusion la plus complète depuis plusieurs jours, avec des informations contradictoires transmises au Secrétariat Technique d’Organisation.
On n’ignore pas que, comme les précédents pays candidats à l’accueil du Forum, l’État béninois subit les pressions impérialistes, visant à entraver ou empêcher la tenue de cet espace d’auto-organisation et de solidarité pour des militantEs africainNEs des droits humains, des mouvements sociaux revendicatifs, des associations culturelles. Autant d’orientations en totale contradiction avec les dérives antidémocratiques, l’autoritarisme, la militarisation, les politiques antisociales, dictées par les Dominants. Cependant, durant toute la journée de ce mercredi, les participantEs ont tout de même pu tenir des ateliers dans des lieux improvisés, des bars, des hôtels, des espaces alternatifs divers.
Jeudi 6 août, après ces journées d’incertitude, le gouvernement change de cap et annonce que le Forum Social Mondial est officiellement autorisé. Ainsi, à la suite de Bamako (2006), Nairobi (2007), Dakar (2011), Tunis (2013 et 2015), et à la grande satisfaction populaire, c’est Cotonou 2026 !
Ainsi en dépit des difficultés survenues, le Forum social mondial s’est tenu avec ses « villages » (espaces de débats, de témoignages, de mobilisation citoyenne internationale), même si l’on doit regretter l’absence des intrépides caravanierEs ! Il s’est achevé ce samedi 8 août avec une marche dans le campus universitaire, ouverte par une banderole à l’effigie de Thomas Sankara, président de la République du Burkina Faso et figure de l’anti-impérialisme africain, assassiné en 1987.
Ce succès du très riche Forum de quatre jours, montre que l’Afrique s’organise de sorte que les peuples continuent de défendre et d’élargir l’accès équitable aux ressources vitales menacées par l’insatiabilité du capital (eau, terres, sous-sol, semences, forêts, faune, etc.), ainsi qu’à des structures administratives et politiques privilégiant clairement de pareils objectifs.
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Message du G.R.S. : Hommage à Raymonde Courbain
La première génération du GRS a reçu comme un coup de massue la nouvelle de la brutale disparition de Raymonde.
Sa présence aux côtés de notre camarade et frère Christian, nous a permis d’apprécier sa sensibilité lucide, sa joie de vivre, son attention à autrui, son engagement humaniste.
Un terrible hasard a fait que deux d’entre nous se sont trouvés avec elle en Guadeloupe le jour même du décès de Christian.
Grâce à Jean-Michel, notre camarade et poète bien-aimé, nous avons suivi ses routes en Guadeloupe, en Kanaky, en France.
Que Adama, Faly et Patrick, et tous les parents et amiEs de Raymonde sachent que nous sommes à leurs côtés dans cette épreuve.
Raymonde reste et restera dans notre souvenir et dans nos cœurs.
Pour le Groupe Révolution Socialiste :
Max Dorléans, Gilbert Pago, Philippe Pierre-Charles, Renée Ravoteur, Félix Relautte, Max Rustal, Marcel Sellaye, Jacqueline Tally.
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Pour une eau moins coûteuse, de qualité, et durable
Dlolinô repart à la bataille
À l’appel du KOLEKTIF DLOLINÔ, ce vendredi 7 août, durant plus de deux heures, et venues principalement de Case-Pilote, Saint-Pierre, Carbet et Bellefontaine, près d’une centaine de personnes (très majoritairement des femmes), se sont réunies au marché du bourg de Case-Pilote bondé, et entouré d’usagerEs. Une réconfortante surprise pour les organisateurs et les organisatrices en cette période de vacances.
Avec un regret tout de même : la désertion de la représentation électorale de la région, à l’exception d’une élue de la ville de Saint-Pierre, soutien actif de cette lutte !
DLOLINÔ prépare la nouvelle mobilisation citoyenne de septembre/octobre, faisant suite au rejet par l’Assemblée communautaire validant l’avis négatif de la Commission Eau et Assainissement (présidée par PAMPHILE) concernant les 11 points de revendication du KOLEKTIF. À ce propos, l’élue pierrotine exprime sa déception quant au vote de son collègue du conseil municipal.
Le succès de cette première réunion montre que les élus de CAP NORD et de la direction de la multinationale SAUR se sont trompés sur l’intensité pour les couches populaires, de leur soif d’accès à une eau de qualité, moins couteuse et durable.
La ville de Saint-Pierre sera prochainement la nouvelle étape d’accueil de la tournée mobilisatrice de DLOLINÔ.
À SUIVRE
Marcel Sellaye
