L’école doit revenir au centre de la société et du débat.

Les syndicats CGTM présents dans les premier et second degré de l’Education nationale

  • SGAFP-CGTM (agents de la CTM, collèges et lycées)
  • SOEM-CGTM (agents municipaux, école primaire)
  • SMPE-CGTM (enseignants)

Se sont réunis mercredi 13 mai 2020 afin d’analyser les conséquences de la crise sanitaire due au coronavirus et définir les conditions d’une reprise d’activité dans les établissements scolaires.

Ils rappellent que :

  • Le 12 mars 2020, Emmanuel Macron a déclaré que « Pour notre intérêt collectif, dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés. Pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus »,
  • Le 11 avril, le « nouvel ordre » est venu de Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, qui s’est ainsi exprimé : « On ne pourra pas rester très longtemps avec sept millions de salariés en chômage partiel et plus d’un million de parents en arrêt de travail indemnisé pour garder leurs enfants ».
  • Le 13 avril, Emmanuel Macron a décrété la reprise des activités scolaires à compter du 11 mai, alors même que le Conseil scientifique et l’INSERM préconisaient le maintien de la fermeture des établissements scolaires jusqu’au mois de septembre 2020.

Les syndicats CGTM rappellent que la mission des personnels s’exerce dans les établissements scolaires en encadrant les élèves. Dans l’Education, il est hors de question de cautionner la poursuite de l’usage massif ou généralisé de l’enseignement à distance qui accentue les inégalités, n’en déplaise au ministre Blanquer

Toutefois, ils constatent à ce jour :

  • Que le protocole sanitaire élaboré par le ministère de l’Education nationale n’est pas définitivement arrêté puisqu’il subit tous les jours des adaptions pour être conforme aux mesures barrières (port du masque par exemple)
  • Que tous les maires n’ont pas encore consulté le CHSCT sur les conditions de réouverture des écoles
  • Qu’aucun protocole sanitaire n’est encore élaboré par la CTM, et encore moins discuté avec les représentants des personnels ATTEE dans la perspective de sa mise en œuvre
  • Que les élus (CTM, maires) ont clairement exprimé leur quasi-impossibilité de mettre en œuvre le protocole conçu par le ministère, compte tenu de ses préconisations et contraintes.
  • L’embarras et les défaillances manifestes du recteur quant à la mise en œuvre de ce protocole. En attestent le report à une date inconnue du CEN initialement programmé le jeudi 7 mai 2020 et les déclarations contradictoires sur les ondes, le recteur se défaussant sur les chefs d’établissement et les commissions d’hygiène et sécurité des EPLE dont les capacités d’intervention sont diminuées depuis la réforme de la FP du 6 août 2019
  • Qu’à plusieurs reprises, les juges judiciaires ont statué en faveur des organisations syndicales ou de l’inspection du travail, (AMAZON, RENAULT, « Le Coursier de Lyon ») en reconnaissant un manque de protections et « un risque sérieux d’atteinte à l’intégrité physique des salariés »,

En conséquence, les syndicats CGTM (SOEM, SGAFP et SMPE) réaffirment qu’ils ne s’associeront à aucun appel à la reprise d’activité tant que les instances dirigeantes (rectorat, CTM, communes) n’auront pas harmonisé leurs procédures pour une reprise en toute sécurité, dans l’intérêt collectif de tous les usagers. Il est hors de question qu’élèves et personnels servent de « chair à canon » pour sauver les dividendes d’une minorité.

L’école doit revenir au centre de la société et du débat.

Willy DELOR (SGAFP-CGTM) José KANOR (SOEM-CGTM) Gabriel JEAN-MARIE (SMPE-CGTM)