— RS n° 431 lundi 26 janvier 2026 —
Deux initiatives législatives en France méritent que l’on sonne l’alerte en organisant la riposte nécessaire.
La première vise à transformer en délit toute critique de l’État génocidaire sioniste. Ainsi, écrire cette simple phrase serait assimilé à de l’antisémitisme. Les chantres de l’extrême droite dont le parti a été porté sur les fonts baptismaux par des hitlériens notoires, des antisémites patentés, jubilent de voir la droite dite républicaine, leur emboîter le pas, voire les devancer, en faisant de la solidarité légitime avec le peuple palestinien, un délit punissable par la loi.
L’autre tentative consiste à faire adopter une loi scélérate blanchissant par avance les homicides policiers qui d’ailleurs se multiplient. La police et la gendarmerie bénéficieraient, comme le veut le syndicat d’extrême droite Alliance, d’une présomption de légitime défense lorsqu’elles feraient usage de leurs armes à feu, dès lors que les conditions légales seraient réunies. On voit en ce moment même ce que donnerait cette loi en France, avec l’exemple des USA. La ville de Minneapolis développe un remarquable mouvement de solidarité avec les immigré·e·s pourchassé·e·s par la police fédérale envoyée par Trump. Celle-ci dégaine et tire sur des citoyen·ne·s pacifiques mais déterminé·e·s. En deux semaines, cette police a fait deux victimes américaines. Par deux fois, le sieur Trump déclare que c’est de la légitime défense.
En France, main dans la main, droite et extrême droite concoctent une loi permettant d’absoudre préventivement les policiers meurtriers. La mobilisation contre ces propositions de loi, non encore écartées, n’est pas une option mais une urgence.
Où va le monde et coment réagir ?
C’est ce thème qui à notre invitation, a rassemblé, ce samedi 24 au TOM (Téat Otonom Mawon), un public nombreux et divers (militant·e·s chevronné·e·s, syndicalistes et quelques étudiant·e·s très motivé·e·s, malgré leur discrétion dans un débat nourri et sérieux.
Chacun a mesuré l’importance des enjeux, l’urgence des situations sur une planète au bord du gouffre et la nécessité du débat. Ce n’est donc qu’un début.
Nous voyons bien comment les regards généralisants sont nécessaires pour mieux comprendre les conflits plus localisés. Une conviction forte a été martelée : nous sommes un petit pays, mais notre voix peut porter surtout si les démocrates, les progressistes, les révolutionnaires conjuguent leurs efforts en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane pour peser sur les situations.
La question Bernard Hayot (3)
La question du positionnement face au lobby béké traverse toute notre histoire. Impossible de réfléchir aux inégalités qui déchirent notre société ou à l’héritage colonial qui nous plombe, sans buter sur cette question. Au-delà des actions symboliques (…ou des actions sur les symboles !), visant à résoudre les graves problèmes de l’heure (vie chère, chômage, délabrement social, dépendance alimentaire, économie extravertie…), il faut une remise en cause de la domination de la caste.
La lutte sur le terrain syndical pour les salaires et pour l’emploi, est la façon la plus élémentaire d’attaquer les inégalités et la misère sociale. Aux revendications traditionnelles en la matière, nous proposons d’ajouter celle du contrôle ouvrier sur la production et la distribution, et celle de la centrale publique d’achat.
L’efficacité d’une centrale publique d’achat dépend de sa capacité à conquérir le monopole dans les domaines vitaux pour la population. Les moyens politiques, institutionnels sont à ce niveau indispensables. Nous éviterons donc de semer l’illusion de pouvoir tenir tête aux mastodontes aux mille connexions et aux complicités établies de longue date, par la seule vertu de la pseudo « concurrence libre et non faussée ». La centrale publique d’achat est un instrument de combat contre la toute-puissance des lobbies dominants. Le contrôle ouvrier est le complément garantissant son efficacité. Les modalités de ce contrôle, sa combinaison avec une forme appropriée d’exercice de la vigilance citoyenne, sont affaire d’imagination des acteurs sociaux, d’étude concrète du terrain et de rapports de forces.
Déjà, en considérant l’atout stratégique que constitue l’éparpillement géographique du groupe tentaculaire, on aura compris que les escarmouches dispersées dans l’espace comme dans le temps, ont toute chance de se solder par l’échec et le découragement. Non moins importante, en dépit de rares et fugaces fausses notes, est la collusion provocatrice entre le Capital et la puissance publique, affichée au plus sommet de l’État.
La frégate qui plane sur l’immensité disséminée de son vivier, n’aura guère de souci à se faire, tant que les victimes de l’exploitation et de la vie chère ne tireront les conséquences adéquates de ces réalités, et bien d’autres encore.
Ce qui est certain, c’est que cette démarche permettra de sortir de la coexistence sans fin de revendications immédiates limitées et de discours maximalistes purement verbaux. Il est temps d’oser penser et d’oser mettre en œuvre. des mesures à la hauteur des urgences sociales que chacun reconnaît sans toujours agir en conséquence.
La mort brutale de Samuel Tavernier laisse un vide
À l’âge de 68 ans, le maire du François est décédé brutalement pendant la cérémonie de vœux adressée au personnel municipal, le samedi 24 dans la soirée. La nouvelle nous a choqué·e·s comme pour beaucoup d’autres.
Nous l’avons fréquenté pendant l’expérience de « Nou Pep La ». Nous avons suivi ses démarches politiques ultérieures, sa conquête de la commune du François. Nous avons collaboré avec lui, à plusieurs reprises, dans la bataille du chlordécone qui lui tenait beaucoup à cœur. Récemment, c’est autour de la question de la Palestine que nous l’avons rencontré. Débordant d’activité pour le bien public, il affichait sans trop d’ostentation des convictions anticolonialistes. Nous garderons le souvenir d’un militant affable et d’une grande simplicité. Que les siens, sa famille, ses camarades trouvent ici l’expression de notre solidarité émue et compatissante.
