— Par Gary Klang —
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en rêve votre philosophie (Shakespeare, Hamlet)
Je vais vous raconter une histoire qui semble tout droit sortie d’un roman de Stephen King ou d’Edgar Poe, et pourtant tout y est vrai. Elle met en scène le soussigné en compagnie de ses amis Georges Anglade et Gérard Aubourg, sauf qu’à l’époque
Georges était déjà mort et enterré. Certains vont en rire mais j’en prends le risque. Riez, riez, belles âmes ! Cela dit, je peux fort bien comprendre que lorsque Gérard et moi racontions ce qui nous arriva, les amis souriaient d’un air de dire que notre
place était à l’asile de fous de Pont Bedète. Mais tant pis, je prends le risque de passer pour cinglé, car je tiens à partager avec vous ce qui nous arriva par un bel après-midi d’été à Montréal.
Nous étions installés dans le café La Brûlerie, Gérard et moi, à une table où je faisais face à l’entrée, tandis que Gérard regardait le fond de la salle. Nous devisions de choses et d’autres quand soudain qui vois-je entrer dans le café ? Georges Anglade !
Je n’ai rien dit à Gérard, croyant rêver, mais continuai à suivre du coin de l’œil celui que je prenais pour Georges. Il passa près de nous et se dirigea vers le fond. Gérard ne fit pas attention à lui car ce dernier lui donnait dos et ce n’est qu’à son retour
qu’Il le reconnut : Mais c’est Georges Anglade ! c’est Georges Anglade ! s’écria-t-il. Arrivé à notre hauteur, celui-ci s’arrêta et s’adressa à Aubourg après que celui-ci lui eut demandé s’il c’était bien lui. Je n’entendis pas sa réponse, contrairement à
Gérard. Puis notre visiteur partit sans m’adresser la parole. Ce qui me frappa, c’est qu’il semblait couvert de poussière et avait l’air de flotter. Gérard me dit qu’il lui avait confirmé qu’il était bien Georges et ajouta qu’avant de venir me rencontrer,
il se trouvait à un autre café et avait eu l’impression de voir passer Georges, sans trop y croire et pensant à un sosie. Mais après l’expérience de la Brûlerie, le doute n’était plus permis, malgré l’invraisemblance de la situation. Bien entendu, je ne puis
fournir aucune explication, mais je le répète : tout ce que je dis est vrai.
Voilà donc l’histoire que je tenais à raconter, au risque de passer pour un échappé d’un asile d’aliénés.


