La Martinique au bord du précipice !

Pierre Alex Marie-Anne

À force d’évoquer sans cesse de façon obsessionnelle l’époque de l’esclavage et de ses turpitudes, les manipulateurs professionnels, pour la plupart blanchis sous le harnais, sont parvenus à leurs fins: réécrire l’histoire ,à leur convenance ,en se servant de l’immaturité et de la naïveté de jeunes écervelés. Ceux-ci reprennent ,à coup de masse hyper-médiatisés et sans doute de bonne foi, la dénégation du rôle central du grand abolitionniste que fût SCHŒLCHER au plan national , parallèlement à celui des esclaves dans les colonies ,contre les idées et les féodalités esclavagistes.

Le but poursuivi est évident: dresser les communautés qui composent la Martinique les unes contre les autres afin de rendre au final toute cohabitation impossible ; l’étendard RVN qui leur sert de signe de ralliement ne dit pas autre chose : il exalte exclusivement une dominante raciale ,à l’exact opposé de ce qui constitue notre identité plurielle et composite.

Ce fait d’actualité n’est donc pas à prendre à la légère , il y va de la cohésion et de la survie de notre petite communauté; largement répercuté par ailleurs au plan national il est de nature à faire fuir les visiteurs et les investisseurs potentiels tout en accélérant l’évasion de nos cerveaux vers des cieux plus cléments . Il doit inciter les uns et les autres à se poser de sérieuses questions : la première ,”à qui profite le crime ?”poser la question c’est y répondre: à ceux qui veulent détacher la Martinique de la France. La seconde ,est-ce bien ce que nous voulons?dans le cas contraire ,il est plus que temps de réagir en nous livrant chacun pour notre compte à une introspection : à commencer par les médias , jouent-ils vraiment leur rôle d’information objective de la Population ou ne servent-ils le plus souvent que de faire-valoir pour tous les extrémismes.?

Les acteurs sociaux et associatifs ne sont pas non plus indemnes de questionnement : chez certains syndicats radicalisés, les intérêts corporatistes ne prennent-ils pas hélas le pas sur l’intérêt général ? Les associations de leur côté ne sont-elles pas trop souvent oublieuses de leur véritable objet social pour faire en sous-mains de la politique bassement politicienne ? Le cas de l’ASSAUPAMAR est à cet égard enblématique : ce mouvement écologique jouit des faveurs médiatiques lui assurant une grande notoriété auprès de la Population, justement préoccupée par la sauvegarde de son environnement naturel; malheureusement on doit déplorer que ses dirigeants n’aient jamais su faire la différence entre la véritable action de défense de la nature et de l’environnement et le militantisme à visée purement politicienne.

Ils sont systématiquement contre toute iniatiative ,dans quelque domaine que ce soit (logement équipements structurants , agriculture, Tourisme) ,de nature à faire avancer la Martinique.

Leur credo c’est l’immobilisme , le refus de tout changement comme si le monde pouvait , pour leur satisfaction personnelle ,s’arrêter de tourner.

Par contre ,on chercherait en vain les initiatives concrètes qu’ils ont prises pour la lutte contre les dépôts sauvages , contre la prolifération des cimetières de VHU, pour la propreté des plages et des rivages ,contre les nuisances sonores ,pour le règlement du problème de l’eau ou encore pour la vulgarisation auprès du grand public, (pourquoi pas un Institut ou un Centre d’interprétation ?) des connaissances scientifiques ayant trait à la nature.

La classe politique quant à elle devrait battre sa coulpe et faire son mea culpa car elle porte indéniablement une lourde responsabilité dans la situation actuelle : par son inaction et sa division chroniques elle est à l’origine de la perte de confiance de nos compatriotes en l’avenir, cause première de toutes les dérives populistes et démagogiques auxquelles nous assistons; elle n’a pas èté en effet à la hauteur des responsabiltés ,qui sont les siennes, notamment dans le domaine du transport et de la gestion de l’eau.

Une sorte de léthargie sournoise et mortifère s’est emparée des esprits de nos concitoyens depuis l’avènement de la Collectivité territoriale de Martinique qui ne remplit pas les espoirs que ses concepteurs avaient mis en elle ; son rôle qui devrait être d’impulsion et de mobilisation des énergies de la société est quasi-nul.

Tous s’accordent désormais ,en privé comme en public ,pour dénoncer le fonctionnement autocratique ,opaque et stérilisant du Président de l’Exécutif de la CTM mais que font-ils pour y remédier? ; ils doivent impérativement mettre enfin leurs actes en conformité avec leurs déclarations.

Une opportunité s’offre à eux : le prochain renouvellement en mars 2021 de l’Institution.

Ils ne doivent pas la laisser passer et proposer les réformes qui s’imposent ,en tenant compte des desiderata de la Population exprimés lors de la consultation réferendaire de janvier 2010.

celle-ci n’a en effet jamais voté pour l’instauration d’un pouvoir personnel antidémocratique mais pour la fusion des deux collectivités préexistantes, sur la base du droit commun de l’article 73 de la Constitution. Elle a donc été en définitive abusée et il est temps de lui rendre justice; Il ne s’agit pas seulement de changer les hommes mais aussi de corriger les travers de l’instance locale.

Cela peut être réalisé sans grande difficulté et délais rédhibitoires en alignant le mode de gouvernance de la Collectivité Territoriale de Martinique sur celui de la Guyane ( une loi ordinaire y suffit). Finie la dualité de Présidence entre Exécutif et Assemblée qui est la source de tous les problèmes ! de plus, le remplacement du Conseil Executif par une Commission Permanente permettrait à l’opposition de jouer pleinement son rôle de contrôle et de proposition.

Les citoyens doivent se mobiliser pour exiger des élus qu’ils fassent prévaloir en l’occurrence l’intérêt général sur leurs intérêts partisans.ou égocentriques.

Il appartiendra aux médias pour leur part ,dont la responsabilité dans cette conjoncture est capitale, d’accompagner l’opînion publique dans cette quête d’un fonctionnement institutionnel plus équilibré , garant d’un avenir serein dans le maintien de la paix sociale.

C’est seulement à ce prix que la course à l’abîme dans laquelle notre territoire est engagé pourra être stoppée et notre Population retrouver l’espoir de lendemains qui chantent.

Pierre Alex MARIE-ANNE

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