La défaite du pouvoir est possible ! Imposons la et poursuivons la lutte !

Le journal « Révolution socialiste », du G.R.S., nous parvient aussi en version texte maintenant. Voici le n° 210 du 19 juillet 2021

La montée en puissance de la protestation populaire aux mesures Macron, par sa rapidité et son extension, prend racine dans une indignation et une colère profondes. On doit se souvenir d’une phrase prémonitoire prononcée par le prince lui même. Il disait en fin 2020, qu’il pourrait être amené à ne pas pouvoir se présenter en 2022, du fait de mesures extrêmes qu’il pourrait être amené à prendre en 2021. Nous y sommes ! La simultanéité des mobilisations dans tous les territoires est d’autant plus symptomatique qu’on ne peut pas parler de coordination. La nécessité de celle-ci n’en est pas moins évidente. La précipitation vers les vaccins dont la presse nous rabat les oreilles, relève plus de calculs utilitaires que de conviction réelle dans le bien-fondé d’une vaccination qui est devenue plus suspecte par le fait même du chef d’orchestre et de ses méthodes. Beaucoup se vaccinent et manifestent !
Toutes sortes d’idéologies se croisent dans la mobilisation en cours de construction. Le  cri de “liberté” qui semble fédérer contre la “dictature sanitaire” recouvre le meilleur comme le plus douteux.
Face à la frénésie macronienne de contrôle social, nous réclamons la liberté. Nous savons bien en revanche, qu’une politique sanitaire mettant au premier plan l’intérêt commun, exige des contraintes dont la légitimité viendrait de leur acceptation par la société gérant elle-même, une stratégie efficace et juste. De même si les besoins de la lutte supposent la coordination entre les territoires dont nous parlions, elle ne supprime pas la dimension anti coloniale du combat. Car il y a du mépris dans la manière dont les ordres arrivent de Paris et sont plaqués sur nos réalités sans que le monde politique occupant majoritairement les charges, ne rue dans les brancards.
Comme toujours, nous affirmons la nécessité de naviguer entre deux écueils : l’ignorance chauvine des exigences de la lutte commune d’un côté, l’alignement assimilationiste paresseux de l’autre.
La mobilisation syndicale  et populaire en Guadeloupe et en Martinique où la branche syndicale se met en branle autour de la grève illimitée intersyndicale de mercredi 21, devrait servir d’aiguillon pour le mouvement ouvrier de France pour qu’il ne laisse pas le terrain libre à l’extrême droite fascisante qui grenouille à l’affût dans la mobilisation. C’est la seule façon de faire que la colère actuelle débouche sur une lutte plus générale pour la santé, pour la retraite, pour l’école, l’emploi, les salaires qui sont avec les revendications écologiste et féministe, les enjeux les plus urgents de la période.

 

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DÉCLARATION DE R.ÈSP.É

(Mouvement politique et social pour l’émancipation)

Covid : La santé n’est pas une marchandise, ni une justification aux manipulations diverses ! Vive la résistance des peuples !
  La colère qui jette dans la rue un grand nombre de Martiniquais.es, de Réunionnais.es, de Guadeloupéen.nes, de Guyanais.es, de Français.es, était prévisible. C’est le fruit de la gestion calamiteuse et cynique de la crise sanitaire par un gouvernement aux ordres des puissants. Aux années de soumission de la santé  aux lois de la profitation capitaliste, (avec comme conséquence la dégradation du service public, les suppressions de lits, le frein à l’embauche et à la formation des personnels, les 48 années de numerus clausus décimant les professions médicales, le manque de moyens pour prévenir, soigner et utiliser d’autres alternatives), se sont ajoutés les mensonges éhontés, les incohérences évidentes, les revirements en tous genres et les décisions prises sans véritable concertation.
  Au delà des désaccords entre scientifiques, l’arrogance du système, la virulence du matraquage médiatique, la collusion des autorités avec le lobby des industries pharmaceutiques (baptisé Big Pharma) assoiffées de profits, le refus d’autres voies de soin, ont exacerbé une méfiance sans précédent sur tout : les masques, les tests, les vaccins, les soins. La parole officielle a perdu tout crédit.
En période de crise, plus encore qu’en période ordinaire, un choix clair s’impose non pas entre la santé et la liberté mais bien entre la santé de toutes et tous et l’appât  de l’enrichissement d’une poignée de capitalistes.
  Le gouvernement se révèle incapable de convaincre la population de la nature et de l’efficacité des vaccins existants, incapable d’en produire un seul ( conséquence macabre des restrictions pour la recherche sanitaire) et encore plus d’en fournir à certaines populations du monde qui en ont un criant besoin. La méfiance atteint son paroxysme dans nos pays déjà si scandaleusement trompés, méprisés, niés dans le crime du chlordécone.
  Pour masquer cet échec patent, Macron et les siens se sont lancés dans une fuite en avant avec des mesures extrêmes et se livrent à la menace, au chantage. La clique gouvernementale n’a aucune démarche d’écoute, de dialogue, d’accompagnement de ces salarié.e.s  qui jusqu’a ce jour ont pris le plus de risques pour soigner, aider, former, suivre la population et en particulier les plus vulnérables.
Il appartient au monde du travail dans sa globalité, autour du secteur de la santé et du social, de prendre la tête de la protestation et de la résistance. Ce monde du travail a la capacité de bloquer la machine à pressurer, de fédérer sous sa direction vacciné.e.s et non vacciné.e.s, pro et anti vaccins, d’interpeller avec la vigueur nécessaire les élu.e.s notoirement débordé.e.s, d’imposer aux autorités une autre politique qui donne sa place et les moyens nécessaires aux soins, à la prévention, à l’information sur tous les moyens de lutte contre le Covid et contre les autres pathologies qui minent le peuple. C’est lui qui peut conduire la lutte pour mettre à la raison Big Pharma et la cellule occulte (le fameux conseil militaire de santé) qui, derrière le palais présidentiel scandaleusement omnipotent, décide de la vie de la population.
 
Faire capoter le plan irresponsable du pouvoir basé sur le passage en force, est l’urgence première. Imposer la mise à plat de tous les aspects du problème et une autre politique sanitaire est le prolongement indispensable de ce combat. Nos vies valent mieux que leurs profits et que leur rage d’infantiliser la population dans les colonies encore plus qu’en France.
Vive la résistance des peuples !