« Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire

Samedi 5 octobre 2019 à 19h au Théâtre Aimé Césaire.

Dans le cadre du Festival Le Mois Kréyol #2, la Cie Moun San Mélé présentera sa version théâtrale du Discours sur le Colonialisme d’Aimé Césaire.
Troupe Moun San Mélé dirigé par Mariann Mathéus
Mise en scène de Mariann Mathéus
Avec Mariann Mathéus, Patrick Karl, Ahmed Barry, et Jean-Emmanuel Fatna

Le Discours sur le colonialisme est un essai anticolonialiste d’Aimé Césaire publié pour la première fois par Réclame, maison d’édition liée au Parti communiste français, le 7 juin 1950, avec une préface de Jacques Duclos.

Perspectives
Aimé Césaire, dans cette édition, a choisi de mettre en exergue, cette phrase du dirigeant communiste : « Le colonialisme, cette honte du xxe siècle ». Il s’oppose aux actions violentes et criminelles commises dans les colonies, l’exploitation des peuples et le pillage des ressources.

Dans une perspective communiste, Césaire critique la position de la classe bourgeoise qu’il qualifie de décadente, car ne connaissant plus de limites dans le mal qu’elle commet au travers du système économique capitaliste. Il estime également que la colonisation, loin d’une « œuvre civilisatrice », a au contraire décivilisé les colonisateurs : « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser les colonisateurs, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral »1.

La spécialiste de philosophie africaine Séverine Kodjo-Grandvaux explique que Césaire l’a poussée à s’intéresser à ce champ d’études, et aussi que Césaire critique fortement dans son Discours l’ouvrage colonialiste et évangélisateur La Philosophie bantoue de Placide Tempels2. Frantz Fanon met en épigraphe de son premier livre, Peau noire, masques blancs, publié en 1952, une citation du Discours sur le colonialisme.

Aimé Césaire prend également à partie Octave Mannoni et l’approche ethno-psychiatrique de son ouvrage Psychlogie de la colonisation, mise en parallèle de l’insurrection malgache de 1947, Pierre Gourou et son approche de la géographie économique appliquée dans Les Pays tropicaux, ou encore Yves Florenne, journaliste du Monde3. À l’inverse, il met à l’honneur Leo Frobenius4.

Dans une forme de spectacle épuré, les deux comédiens donnent à entendre, pour l’un, la parole d’Aimé Césaire, pour l’autre, les différents points de vue des figures convoquées par l’auteur dans ce texte.La musique originale se révèle au fur et à mesure en résonance, réminiscence ou contrepoint pour accompagner la pensée d’Aimé Césaire.