Cinédiles Caribbean VOD : une plateforme pour voir des films de notre région

— par Évelyne Chaville —

Le mercredi 8 juillet dernier, l’Association pour le Développement du Cinéma d’Art et d’essai en Guadeloupe (APCAG) inaugurait Cinédiles Caribbean VOD. Cette nouvelle plateforme propose de visionner des films de la Caraïbe et de la Guyane française. Une cinquantaine de films sont déjà disponibles.

Depuis un mois, une première sélection de 50 films (courts-métrages, longs-métrages et documentaires) de la Caraïbe et de la Guyane françaises, classés dans plusieurs catégories, sont disponibles sur Cinédiles Caribbean VOD pour le plus grand plaisir des cinéphiles. Prochainement, des films venus de la Caraïbe anglophone en version originale (VO) et en version originale sous-titrée (VOST) seront intégrés à cette nouvelle plateforme cinématographique. Notons que certains films en français sont déjà sous-titrés en anglais.

Véritable outil de promotion du cinéma caribéen sur le Net, Cinédiles Caribbean VOD est accessible du monde entier. Les tarifs de location pour une durée de 48h varient entre 1 euro et 5 euros mais certains films sont gratuits à la demande des réalisateurs.

Un début timide

Ce projet, qui a pu voir le jour grâce à la collaboration des réalisateurs et des sociétés de production, est soutenu financièrement par le Conseil Régional de la Guadeloupe et la Direction des Affaires Culturelles (DAC). La plateforme de vidéos à la demande précède la création d’une cinémathèque dont les travaux de préparation ont commencé en 2016.

Une dizaine de jours après le lancement de Cinédiles Caribbean VOD, Marie-Claude Pernelle, la présidente de l’Association pour le Développement du Cinéma d’Art et d’essai en Guadeloupe, nous déclarait que la fréquentation était « timide avec deux à trois inscrits par jour mais en fait notre campagne via les réseaux n’a pas encore bien commencé, nous préparons des petits sujets par film. Nous ne sommes pas pressés, le projet s’inscrit dans la durée et de nombreux films sont à venir. Nous les entrons au fur et à mesure des signatures des contrats ».

Créée en 2008, l’APCAG s’est fixé quatre grands objectifs : diversifier l’offre cinématographique avec les membres du Réseau Cinédiles ; faire la promotion de la production locale ; coordonner les actions pour le Réseau Cinédiles et valoriser le patrimoine audiovisuel et cinématographique.

Protéger notre passé

Depuis plus d’une dizaine d’années, ses membres ont donc décidé de collecter les films des réalisateurs guadeloupéens, martiniquais, guyanais, plus largement caribéens dans le but de créer un fond DVD et éviter que ce patrimoine audiovisuel ne disparaisse, comme cela s’est déjà produit.

« II est urgent de sauvegarder les images, les films et les témoignages de notre passé pour valoriser notre culture, notre identité et les faire entrer dans la modernité. Après avoir été référencés et collectés, il faut que tout un chacun puisse les voir et découvrir toute la richesse de notre production locale. Ceci ne peut se faire qu’en développant notre industrie cinématographique par d’autres canaux de distribution avec un retour sur investissement pour nos réalisateurs et producteurs. La plupart des films réalisés n’ont pas eu les moyens financiers de faire une promotion nationale. Créer une plateforme VOD (vidéo à la demande) dédiée à notre production va nous aider à les mettre en lumière et à faire découvrir la richesse de nos productions », explique l’APCAG.

Bientôt un « Festival de la Mémoire »

Par ailleurs, l’association a pris part à plusieurs actions dans la région caribéenne. Citons en 2015, l’élaboration – à travers un projet ACP avec Trinidad & Tobago et la République Dominicaine et Cuba – d’une base de données en 3 langues (anglais, français, espagnol) référençant les productions de films majeurs de la zone Caraïbe dénommée la Caribbean film Data Base http://cfdb.online/ ; cette même année, l’organisation, en partenariat avec l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale, d’un atelier scénario sur un an incluant 15 participants de tous les pays de l’OECO dont la Guadeloupe et la Martinique.

En novembre prochain, l’ACPAG prévoit de lancer la première édition du Festival de la Mémoire afin de permettre au public de redécouvrir les images d’antan de l’archipel guadeloupéen ainsi que les personnes qui ont eu un réel impact sur son développement.

Source : Kariculture, 4 août 2020 Ciné Kariculture