Catégorie : Sciences Sociales

85,5 % des adultes martiniquais contaminés

SANTÉ PUBLIQUE / ENVIRONNEMENT

Les premiers résultats de l’étude Kannari 2 révèlent une diminution des concentrations de chlordécone dans le sang des populations antillaises.

Mais derrière cette amélioration statistique, la contamination demeure massive, particulièrement en Martinique.

Réunis le 27 octobre 2026, les responsables de la santé publique et les représentants de l’État ont annoncé de nouvelles mesures.

Une question persiste cependant : comment transformer les progrès de la connaissance scientifique en protection réelle des populations ?

Une amélioration qui ne doit pas masquer l’essentiel

En Martinique, 85,5 % des adultes présentent encore des traces détectables de chlordécone dans le sang. En Guadeloupe, cette proportion atteint 81,3 %. Ces chiffres, issus des premiers résultats de l’étude Kannari 2, publiés le 24 juin 2026 par Santé publique France, confirment l’ampleur d’une contamination environnementale qui continue de marquer durablement les deux territoires. L’enquête, réalisée en 2024 auprès d’environ 1 150 adultes en Martinique et 1 170 en Guadeloupe, succède à Kannari 1, menée en 2013. Elle permet pour la première fois depuis une décennie de mesurer l’évolution de l’imprégnation de la population par ce pesticide organochloré, utilisé dans les bananeraies antillaises entre 1972 et 1993.  Lire Plus

Habitation Assier : 4ᵉ jour de grève

—Communiqué —
La mobilisation se durcit face à un licenciement abusif
Les salariés de l’habitation ASSIER, située dans la commune du Lorrain observent aujourd’hui, leur quatrième jour consécutif de grève. L’ensemble du personnel mobilisé dénonce avec fermeté le licenciement arbitraire d’un de leurs collègues et exige sa réintégration immédiate.

À l’origine du conflit, la direction accuse le salarié d’impolitesse et d’injures. Des griefs formellement contestés et rejetés par l’ensemble des employés du site, qui témoignent unanimement du caractère infondé et disproportionné de cette sanction. Pour les grévistes, ce licenciement constitue une injustice inacceptable et une atteinte à la dignité de l’ensemble des travailleurs de l’habitation.

Malgré quatre jours de débrayage et les démarches entreprises par les représentants du personnel, aucun terrain d’entente n’a été trouvé et la direction reste sur sa position. Face à ce refus de dialogue et à l’absence de réintégration du salarié concerné, les travailleurs réaffirment leur détermination : la grève et la mobilisation se poursuivent.

Les salariés et leurs représentants réitèrent leurs revendications :
 La réintégration immédiate et sans condition de leur collègue licencié ;
 L’ouverture de négociations véritables avec la direction pour ramener un climat social apaisé au sein de l’habitation ASSIER.  Lire Plus

Africa Intelligence : Maîtriser ses outils et ses responsabilités

À Kampala, huit États d’Afrique de l’Est viennent d’adopter des stratégies communes sur l’intelligence artificielle, les biotechnologies et la transformation numérique.

Une ambition singulière se dessine : former les étudiants et donner au kiswahili toute sa place dans les technologies émergentes.

L’Ouganda engage parallèlement le retrait progressif de ses troupes de la mission africaine en Somalie, après près de vingt ans d’intervention. Au Ghana, un partenariat minier promet davantage de transformation locale, mais soulève des interrogations sur la propriété et le financement.

À Addis-Abeba, la CEDEAO rappelle les lenteurs de la libre circulation continentale.

Enfin, la Banque africaine de développement confirme sa capacité à mobiliser des capitaux internationaux. Cinq dossiers, une question : comment transformer les engagements africains en compétences, en capacités productives et en résultats vérifiables

I. BRIEF INTELLIGENCE

🇺🇬 OUGANDA — Kampala place l’intelligence artificielle et le kiswahili au cœur de l’intégration régionale

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Mort numérique : un héritage sans cadre juridique

— Par Jordy Bony (*) & Alexandre Veremme (*) —

Après la mort, les données restent. Le droit, lui, n’a pas encore suivi.

Écrit par The Conversation

En bref

  • Un vide juridique européen. Le RGPD exclut les données des personnes décédées et laisse chaque État légiférer. La France a ouvert la voie en 2016 avec la loi pour une République numérique, qui permet de fixer ses volontés numériques post-mortem. D’autres pays n’ont rien prévu, ce qui crée une inégalité entre citoyens européens.
  • Un héritage numérique partiellement transmissible. Cryptoactifs, NFT et noms de domaine entrent dans la succession, mais deviennent irrécupérables sans clé privée. Les achats sur Steam, Kindle ou Adobe ne sont que des licences personnelles, qui s’éteignent au décès.
  • IA et deadbots, des usages sans garde-fou.
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L’angoisse d’un déclassement annoncé

Pourquoi la classe moyenne est au bord de la crise de nerfs ?

— Par Jean-Marie Nol —

La classe moyenne française, dans l’Hexagone comme aux Antilles, traverse une période de profonde inquiétude qui pourrait bien se transformer en véritable crise de nerfs collective. Notre analyse qui se veut une nouvelle fois d’ordre prospective met en perspective les inquiétudes et surtout les fortes craintes de la classe moyenne hexagonale et antillaise, en intégrant la menace de l’intelligence artificielle, la dégradation accélérée du climat social et politique et les incertitudes économiques et surtout financières qui pèsent sur l’avenir. Longtemps considérée comme le socle de stabilité économique, sociale et démocratique du pays depuis les trente glorieuses dans l’hexagone et la départementalisation aux Antilles , elle se retrouve aujourd’hui prise en étau entre la perte de pouvoir d’achat, la montée de la violence, la pression fiscale, l’endettement public, la dégradation des services publics et la peur grandissante du déclassement. Elle travaille, cotise, paie ses impôts, rembourse ses emprunts, mais éprouve de plus en plus de difficultés à maintenir son niveau de vie et à garantir à ses enfants une trajectoire sociale meilleure que la sienne.  Lire Plus

Alerte 2027 : soutien autonome au candidat Mélenchon

— Communiqué de Alerte 2027 —

Vendredi 23 octobre 2026, attentat terroriste raciste dans les Yvelines, en France. Un mort, cinq blessés dont une fillette de 12 ans. Le meurtrier présumé est un homme blanc. Son objectif : venger les commerçants vandalisés lors de la manifestation du 17 octobre 2026, en tuant « des Noirs et des Arabes ». L’homme décédé s’appelait Pengo Bossio Wangi, il avait 26 ans. Il est mort parce qu’il était Noir. L’enfant grièvement blessée s’appelle Ramatou. Elle a reçu huit balles dans le corps parce qu’elle est Noire.

POURQUOI ALERTONS-NOUS LA POPULATION ?

« Les Noirs et les Arabes ». Quand le tueur présumé dit cela, il affirme qu’il existe une « bonne » couleur de peau (les Blancs) et une « mauvaise » couleur de peau (les Noirs et les Arabes). Mais ce n’est pas tout. Il affirme aussi que la « bonne » couleur est supérieure à la « mauvaise » couleur ; par conséquent la « bonne » couleur a tous les droits sur l’autre. Elle peut la mépriser et l’insulter à voix haute et à visage découvert, publiquement, officiellement, partout.  Lire Plus

Luc Reinette, Jean-Jacob Bicep et Raymond Gauthierot : Pour une Guadeloupe indépendante

– par Rodolf Etienne

L’appel du 24 octobre 2026 à la constitution d’un Conseil national de la Guadeloupe marque une nouvelle étape dans l’histoire du nationalisme guadeloupéen.

Parmi ses promoteurs figurent Luc Reinette, ancien dirigeant de la mouvance indépendantiste clandestine des années 1980, Jean-Jacob Bicep, ancien député européen, et Raymond Gauthierot, figure du syndicalisme nationaliste.

Derrière cette proposition d’un gouvernement de transition vers une République indépendante se dessine une interrogation plus ancienne : comment transformer la revendication de souveraineté en projet politique partagé par la population guadeloupéenne ?

Le 24 octobre 2026, une déclaration qui convoque l’histoire

Le 24 octobre dernier, vingt-quatre personnalités annonçaient leur volonté de constituer un Conseil national de la Guadeloupe, conçu comme un gouvernement de transition chargé de préparer l’accession de l’archipel à la pleine souveraineté. Le choix du 24 octobre renvoie à l’année 1801. Ce jour-là, dans la Guadeloupe révolutionnaire, des officiers et militaires guadeloupéens, parmi lesquels Joseph Ignace, participent au renversement de l’autorité du contre-amiral Raymond de Lacrosse. Un Conseil provisoire de gouvernement est ensuite constitué, avant que l’expédition française de 1802 ne rétablisse l’autorité consulaire et l’esclavage dans la colonie.  Lire Plus

L’éphéméride du 2 novembre

Décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation le 2 novembre 1789

Le décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation est un décret pris le 2 novembre 17891, au cours de la Révolution française, par l’Assemblée constituante. Adopté par 568 voix contre 346 sur la proposition de Talleyrand, évêque d’Autun, il disposait que les biens du clergé de l’Église catholique devaient être mis à la disposition de la Nation pour rembourser les dettes de l’État. En contrepartie, celui-ci prenait à sa charge les frais de culte, payait un salaire à ses ministres (les prêtres, qui reçurent 1 200 livres par an, alors que ceux — la majorité — qui étaient réduits à la « portion congrue » n’en touchaient que 750), et pourvoyait à l’entretien des hôpitaux et au soulagement des pauvres. Cette décision fut à l’origine de multiples difficultés que rencontra la France révolutionnaire.

Le texte
« L’Assemblée nationale décrète :

1° Que tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation, à la charge de pourvoir, d’une manière convenable, aux frais du culte, à l’entretien de ses ministres, et au soulagement des pauvres, sous la surveillance et d’après les instructions des provinces ;

2° Que dans les dispositions à faire pour subvenir à l’entretien des ministres de la religion, il ne pourra être assuré à la dotation d’aucune cure moins de 1 200 livres par an, non compris le logement et les jardins en dépendant.  Lire Plus

Les Rothschild et l’Afrique : Des mines coloniales aux milliards de la finance contemporaine

AFRIQUE — ÉCONOMIE, HISTOIRE ET GÉOPOLITIQUE

De Cecil Rhodes aux restructurations de dettes souveraines, comment une dynastie bancaire européenne a traversé près de cent cinquante ans d’histoire économique africaine.

Les Rothschild ne possèdent pas l’Afrique. Mais leur histoire est intimement liée à celle de plusieurs de ses grandes transformations économiques.

Depuis les mines de diamants d’Afrique australe à la fin du XIXe siècle jusqu’aux opérations financières qui engagent aujourd’hui plusieurs milliards de dollars, cette famille européenne a participé, directement ou par l’intermédiaire de ses établissements bancaires, à des décisions majeures concernant les ressources, les entreprises et les finances publiques du continent. Derrière un nom devenu presque mythique se dessine une réalité plus intéressante que les légendes : celle d’une influence financière ancienne, progressivement transformée, et d’une interrogation toujours actuelle sur la souveraineté économique africaine.

Une dynastie européenne à la conquête des marchés mondiaux

L’histoire commence à Francfort, dans l’actuelle Allemagne, avec Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), fondateur d’une maison financière dont les cinq fils développent les activités dans plusieurs capitales européennes, notamment Londres, Paris, Vienne et Naples. Au XIXe siècle, cette organisation familiale internationale permet de financer des États, des infrastructures et de grandes entreprises.

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Norvège : À Jotunheimen, des secrets historiques menacés

– par Jarvis Dunham

Au cœur des montagnes norvégiennes, un tunnel creusé à la main dans une glace plurimillénaire offre un voyage saisissant dans le passé.

Mais derrière cette prouesse scientifique et patrimoniale se dessine une réalité autrement inquiétante : les archives naturelles qui livrent aujourd’hui leurs secrets sont menacées de disparition par le réchauffement climatique.

Dans le massif du Jotunheimen, au sud de la Norvège, non loin du Galdhøpiggen, point culminant du pays à 2 469 mètres, les visiteurs peuvent pénétrer dans une véritable bibliothèque de glace. À environ 1 850 mètres d’altitude, le Klimapark 2469, parc consacré au climat et à l’histoire des montagnes, abrite un tunnel aménagé dans la masse glacée de Juvfonne. Creusé à la main sur une soixantaine de mètres, ce passage conduit à travers des couches de glace dont les plus anciennes remontent à 7 600 ans, selon des datations scientifiques publiées en 2017. Une traversée exceptionnelle de plusieurs millénaires d’histoire naturelle.

Conçu avec la participation du sculpteur norvégien Peder Istad, le tunnel possède des salles, des couloirs, des sculptures et des espaces pédagogiques où se rencontrent géologie, archéologie et mythologie nordique.

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Victor Anicet parti, la Martinique perd un Trésor…

— Par Christian Jean-Étienne, pour le Comité Devoir de Mémoire. —

Victor nous semblait éternel.
La nouvelle est tombée le lundi 26 octobre, comme un véritable coup de massue !
Victor nous laisse une œuvre considérable, imprégnée des héritages amérindiens et caribéens, chargée de l’histoire et de la mémoire de la Martinique.

Plasticien, céramiste, peintre, enseignant et figure majeure de l’art martiniquais, il n’avait de cesse de valoriser et de transmettre, à sa manière, l’histoire de la Martinique, celle du monde amérindien, de l’esclavage, du marronnage, de la colonisation et de la complexité de notre société martiniquaise.
Le Comité Devoir de Mémoire de Martinique perd un ami, un grand frère. Il partageait notre quête identitaire, et nous avions en commun cette volonté de sortir notre histoire de l’oubli et de lutter contre l’amnésie collective.
Chaque fois que nous l’avons sollicité pour participer à l’une de nos actions, il a accepté sans hésiter.
« Ouvrons la rue de la Liberté », en juillet 1998, à Fort-de-France. Pour célébrer le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, nous avons organisé un happening de rue, une nuit de veillée au cours de laquelle les artistes ont apporté leur contribution pour réclamer la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.
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Ellen Johnson Sirleaf : Voix de femmes, voix de paix au Libéria

AFRIQUE — PORTRAIT HISTORIQUE ET POLITIQUE 

À 88 ans, Ellen Johnson Sirleaf demeure l’une des grandes figures politiques de l’Afrique contemporaine.

Première femme élue démocratiquement à la tête d’un État africain, présidente du Libéria de 2006 à 2018 et prix Nobel de la paix en 2011, elle a conduit la reconstruction d’un pays dévasté par quatorze années de guerres civiles.

Mais son héritage, immense sur le plan symbolique, ne saurait être détaché des controverses sur la justice, la corruption et les promesses sociales inachevées. Son combat se poursuit désormais à travers la formation d’une nouvelle génération de dirigeantes africaines.

Le 29 octobre 2026, Ellen Johnson Sirleaf a célébré son 88ᵉ anniversaire. Quelques jours auparavant, le 12 octobre, elle rencontrait à Rome le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu, pour évoquer la sécurité alimentaire et l’émancipation économique des agricultrices africaines.

Une rencontre qui rappelle combien l’ancienne présidente du Libéria demeure engagée dans les grands débats du continent.

Une enfant de Monrovia dans un pays traversé par l’histoire

Ellen Johnson Sirleaf naît le 29 octobre 1938 à Monrovia, capitale du Libéria, sur la côte atlantique de l’Afrique de l’Ouest.

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Ce qui change en novembre 2620

Argent

Une nouvelle taxe pour les colis importés à partir du 1er novembre

Une redevance européenne pour frais de traitement entre en vigueur au 1er novembre 2026. Elle est applicable à l’ensemble des colis entrant dans (…)   Lire la suite >

Comment bénéficier de la retraite de réversion ?

Après le décès de votre époux ou de votre épouse, vous pouvez percevoir, sous certaines conditions, une partie de sa retraite. C’est le (…)   Lire la suite >

C’est le moment de corriger votre déclaration de revenus

Vous pensez avoir fait une erreur sur votre déclaration 2026 de revenus, ou bien avoir oublié de déclarer une somme ? Vous avez la possibilité (…)   Lire la suite >

Quelles sont les mentions désormais obligatoires dans les nouveaux contrats de bail ?

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Octobre de nos malheurs!

—Par Robert Lodimus —

« Ce qui est terrible, ce n’est pas de souffrir ni de mourir, mais de mourir en vain. »

(Jean-Paul Sartre)

****

Pour les combattants de la Liberté, octobre, outre le symbolisme de la Révolution des bolcheviks qu’il renferme, demeure un mois de martyrologie. Le 9 octobre 2026, les masses populaires anti-impérialistes ont salué la mémoire de l’illustrissime Ernesto Che Guevara. Depuis 59 ans, elles ne se sont jamais lassées d’accomplir cet acte majestueux de commémoration honorable à l’endroit de ce Héros légendaire qui caressait un « Rêve de Justice sociale » incomparable, qui avait élaboré un « Projet politique » d’une audace rationnelle, au moyen duquel – très certainement – les pauvres de l’humanité seraient parvenus à refaire leur visage entaillé et amoché par le « mal vivre » systématisé. Le capitalisme n’a-t-il pas institutionnalisé la « pauvreté » à l’Ouest et la « misère » à l’Est ? À l’instar du Charpentier de Nazareth, Ernesto Guevara est mort pour la Rédemption sociale, économique et politique des peuples dépouillés de leurs droits, des êtres humains bestialisés, enfermés çà et là dans les enclos des puissances dominatrices : de pauvres hères qui regardent leur avenir à travers des prismes de désillusions et d’abattements.  Lire Plus

Sainte-Luce : Les visages de pierre de Montravail

  • par Rodolf Etienne

Sur les hauteurs de Sainte-Luce, dans le sud de la Martinique, des visages gravés dans la roche volcanique témoignent d’une histoire antérieure de plusieurs siècles à la colonisation européenne.

Étudié depuis 1970, le site précolombien de Montravail demeure aussi précieux que mystérieux.

Entre découvertes archéologiques, interrogations sur les croyances amérindiennes et nouveau projet d’aménagement engagé en 2026, ce patrimoine exceptionnel revient au centre de l’attention.

Des visages surgis de la pierre

À quelques kilomètres des plages de Sainte-Luce, sur les hauteurs verdoyantes de la commune, la forêt de Montravail abrite l’un des témoignages les plus remarquables de la présence amérindienne en Martinique. Ici, bien avant l’arrivée des Européens dans l’archipel antillais, des hommes ont choisi de laisser sur la pierre la trace de représentations dont le sens nous échappe encore largement. Des yeux ronds, des bouches schématiques, des silhouettes de visages, quelques signes difficiles à interpréter : autant de marques inscrites dans la roche volcanique et parvenues jusqu’à nous à travers les siècles. Ces gravures, appelées pétroglyphes, appartiennent à une forme d’expression artistique et symbolique attestée dans de nombreuses régions du monde.  Lire Plus

Le corps en métaphysique spirituelle…

— Par Camille Loty Malebranche —

La portée métaphysique du corps tient de sa vocation de devenir temple de Dieu et demeure sacrée de l’homme prenant conscience qu’il est esprit et fils de Dieu. L’unique signification supérieure du corps est de s’élever par la consécration spirituelle de la foi, à la stature d’habitat divin, seul lieu possible où Dieu habite avec l’esprit incarné qu’est l’homme.

« Le Père et Moi, nous viendrons à celui qui croit, demeurerons avec lui et prendrons avec lui, le repas du soir ». Jésus annonce par cette dernière assertion comme en d’autres où il présente le corps comme temple et habitat, que Dieu demeure dans le corps sanctifié de l’homme spirituel qui sait s’élever par la grâce divine à la dignité de sa nature d’esprit. Le repas du soir renvoie aux derniers moments terrestres du chrétien, ce que le langage organique et confus de la langue appelle maladroitement et abusivement la mort. Car il n’y a pas de mort de l’esprit au moment de quitter un corps dévitalisé par l’abandon de l’âme. L’âme qui, faut-il le rappeler – sans être en soi une conscience, et loin d’être l’esprit auquel des théologiens et religions l’assimilent si souvent – constitue cette hypostase d’énergie impondérable qui anime le corps par les fonctions vitales déterminant la vie et la conscience somatiques, de sorte que, une fois en allée, elle ne laisse le corps que comme dépouille mortelle.  Lire Plus

Lycéens réprimés : la violence, symptôme d’une démocratie qui refuse le rapport de forces

— Par Denis Merklen (* ) —

En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par WE DEMAIN.

  • Les mobilisations lycéennes de l’automne 2026 illustrent une escalade des tensions entre manifestants et forces de l’ordre, avec des milliers d’interpellations et plusieurs adolescents grièvement blessés.
  • Grèves, blocages et occupations font partie des moyens d’action des mouvements sociaux. Leur remise en cause fragilise, selon les auteurs, la capacité des citoyens à peser sur les décisions politiques.
  • L’affaiblissement des contre-pouvoirs, les échecs répétés des mobilisations et la réponse essentiellement policière du gouvernement risquent d’alimenter une spirale de violences et de défiance démocratique.

Sommaire

La mobilisation des jeunes lycéens et des étudiants n’est ni la première ni la seule à s’associer à des formes violentes de conflit.  Lire Plus

L’éphéméride du 1er novembre

La « Toussaint rouge » marque le début de la guerre de libération algérienne dite « Guerre d’Algérie» le 1er novembre 1954.

La Toussaint rouge, parfois appelée Toussaint sanglante, est le nom donné en France à la journée du 1er novembre 1954, durant laquelle le Front de libération nationale (FLN) manifeste pour la première fois son existence en commettant une série d’attentats en plusieurs endroits du territoire algérien, à l’époque sous administration française. Cette journée est rétrospectivement considérée comme le début de la guerre d’Algérie (1954-1962) et elle est devenue une fête nationale en Algérie.

La formule se réfère à la Toussaint (littéralement : fête de tous les saints), dont la date est le 1er novembre, à laquelle une signification funèbre est souvent attribuée par confusion avec le jour des morts (2 novembre).

L’Algérie du statut de 1947
En 1954, le territoire de l’Algérie est considéré comme partie intégrante de la République française (et non pas une partie de l’Union française). La population de l’Algérie est divisée en deux catégories principales : les citoyens appartenant au premier collège électoral (dits « Français d’Algérie », « Européens », « pieds-noirs ») ; les citoyens appartenant au deuxième collège (dits « musulmans » ; « indigènes » jusqu’en 1947), les deux collèges d’un million d’Européens d’une part et de huit millions d’Algériens d’autre part élisent le même nombre de représentants.  Lire Plus

Lennox Honychurch : Redonner aux Kalinagos leur place dans l’histoire

– par Rodolf Etienne

Historien, anthropologue, archéologue et écrivain dominiquais, Lennox Honychurch consacre depuis plus d’un demi-siècle son travail à la connaissance et à la transmission de l’histoire caribéenne.

De la résistance des peuples kalinagos aux communautés marronnes, de la restauration des fortifications coloniales à la sauvegarde des traditions populaires, cet intellectuel a contribué à renouveler le regard porté sur les Petites Antilles.

La publication prochaine en français de son ouvrage consacré aux Kalinagos offre une nouvelle occasion de découvrir son œuvre.

Né le 27 décembre 1952 à Portsmouth, dans le nord de la Dominique, État indépendant des Petites Antilles situé entre la Guadeloupe et la Martinique, Lennox Edward Honychurch s’est imposé comme une référence majeure de l’histoire régionale. Diplômé en anthropologie de l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, où il a obtenu un doctorat consacré aux échanges culturels entre populations autochtones et sociétés issues de la colonisation, il développe une démarche associant recherches d’archives, enquêtes de terrain, archéologie et traditions orales. Dès 1975, il publie The Dominica Story, une histoire générale de son île devenue un ouvrage de référence.  Lire Plus

Cérémonie pour Victor Anicet

— Par Patrick Chamoiseau —

Argiles

Ce qui persiste, qui ne cède pas
Bouches de terre sans parole
Tessons de peuples
Dieux sans autels

Anicet
La bonne mémoire c’est vrai
est un lit de mémoires

Mains de terre d’où monte l’infime d’une présence. Signe de rien, mais qui concentre à fond l’insigne de plusieurs mondes

Adornos
Pierres à trois pointes
Rire salvateur de la chauve-souris dans le désastre du passage

Obscures puissances

C’est dire l’éclat des premiers gestes dans l’absence (t’obéissant soudain) devenue créatrice

(Ici, c’est le feu
qui escorte les mondes abolis)

(les cendres font la naissance)

Je vois l’étrange vaisseau des trays
leurs cargaisons d’époques, ces continents soudain achalandés, toutes ces formes, toutes ces forces, ces matières, et ce bleu à nul autre pareil
ensemble
sans ensemble
dans la secousse d’une longue vision  Lire Plus

Cuba à l’ONU : Le front contre l’embargo se fissure

Pour la 34e fois depuis 1992, l’Assemblée générale des Nations unies demande la levée de l’embargo américain contre Cuba.

Mais le scrutin du 28 octobre 2026 révèle un recul spectaculaire du soutien diplomatique à La Havane, y compris dans la Caraïbe.

Une victoire politique en demi-teinte, alors que la population cubaine affronte une crise économique et énergétique majeure.

Cuba a remporté le vote, mais perdu du terrain. Réunie à New York le mercredi 28 octobre 2026, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté une nouvelle résolution demandant aux États-Unis de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé à l’île depuis les années 1960. Le texte a recueilli 130 voix favorables, 17 voix contre et 25 abstentions. Vingt et un États membres n’ont pas participé au scrutin. La résolution a donc été adoptée à une large majorité, mais son soutien s’est sensiblement affaibli par rapport à 2025, où elle avait recueilli 165 voix pour, 7 contre et 12 abstentions. La perte de 35 suffrages favorables constitue le principal enseignement de cette réunion diplomatique.  Lire Plus

Les vraies urgences martiniquaises

— Par Jean-Pierre Maurice —
À l’heure où les élus martiniquais préparent avec l’État une étrange autonomie, un nombre croissant de Martiniquais constatent de graves difficultés dans leur vie quotidienne : prix des denrées alimentaires hors de contrôle, transports défaillants, accès aux soins compliqué, chômage élevé et services publics sous tension…

Les vraies urgences sont oubliées
Pire : alors que la population subit de plein fouet la vie chère, l’incertitude économique et les difficultés de toutes sortes, l’énergie politique se concentre sur un projet d’autonomie dont les contours restent flous et les bénéfices incertains. Beaucoup de Martiniquais se sentent obligés de « se débrouiller » face à des problèmes concrets que les responsables peinent à résoudre.
On dénombre ainsi de multiples alertes sociales et économiques non traitées avec l’urgence nécessaire. En cause, un sentiment de déconnexion entre les préoccupations des habitants et les priorités de certains décideurs.

Lautonomie vraiment ?
Avant de s’engager dans une autonomie risquée, ne serait-il pas plus juste et plus opportun que les élus et l’État assurent déjà le règlement des problèmes concrets qui handicapent quotidiennement la population martiniquaise, et que les solutions proposées répondent vraiment aux besoins des habitants ?  Lire Plus

Hommage à Victor Anicet.

Hommage à Victor Anicet.

— Par Myrna Nérovique —

Très cher professeur,
En tout honneur,
Je me souviendrai toujours de vous,
Er, je sais, que vous vous souviendrez toujours de nous :
Vos tendres élèves,
Dont vous êtes les sèves.
Et, toujours, je me revois encore, face à mon merveilleux pupître,
Vous voir déclamer toute l’histoire de l’art, dans un nouveau chapître.
Et, fière, dans mon univers,
Mon cœur, s’étiole, à présent, dans des vers amers.
Très cher professeur,
Ici, n’était point votre heur,
Et, dans cette poésie prosodique,
J’aimerais vous déclarer mon éloge mirifique.
Toujours, je me souviendrai de la base de mon histoire,
Toujours, mon tracé pictural, engoinfrera cette mémoire.
D’un enfant, dont l’art s’initie depuis jeune fille,
En s’armant de courage, face à cette vie d’intime vaudeville.
Vous m’avez amplement aidée,
Dans cette vie fortement perturbée.
Et, je tiens à vous faire mes adieux,
Il est vrai, que je ne puis faire mieux.
Et, je tiens à votre rendre cet honneur,
De tout mon être et de tout mon cœur.
Cet hommage, à vous, professeur,
Qui fit de moi, un être meilleur.  Lire Plus

L’éphéméride du 30 octobre

Nat Turner, esclave noir insurgé à l’origine de la plus importante rébellion d’esclaves de l’Histoire des États-Unis, est capturé et arrêté dans le comté de Southampton le 30 octobre 1831.

Nathaniel dit Nat Turner, né probablement le 2 octobre 1800 et mort pendu le 11 novembre 1831, est un esclave et un prédicateur afro-américain. En 1831, il conduit une révolte dans le comté de Southampton en Virginie. Cette insurrection sanglante d’esclaves entraîne une répression, légale et illégale, encore plus sanglante, et déclenche dans les États du Sud, la promulgation de nouvelles dispositions durcissant encore plus les Codes de l’esclavage (Slave codes (en)). Dans les années 1960, Nat Turner devient une icône du mouvement du Black Power.

Biographie
Jeunesse et formation
Nat Turner naît dans le comté de Southampton dans l’État de Virginie où il restera toute sa vie. Il doit son nom au propriétaire de sa mère, Benjamin Turner qui est probablement son père. Benjamin Turner ou l’un de ses fils légitimes lui apprendra à lire, écrire et compter, tandis que sa mère Nancy lui transmet la fierté de ses origines africaines et la haine de l’esclavage.  Lire Plus

L’éphéméride du 29 octobre

Jeanne de Brigue, dite La Cordelière, fut la première personne jugée pour sorcellerie par le Parlement de Paris, le 29 octobre 1390.

Elle fut brûlée vive le 19 août 1391.

Illustration : Sorcières cuisinant des enfants – tiré du Compedium maleficarum de Francesco Maria Guazzo, 1608

Biographie
Jeanne de Brigue est une paysanne de la région de Brie. Elle est connue pour ses dons de guérison et de voyance. Son procès a lieu à Paris et elle est incarcérée à la prison du Châtelet. Le 13 août 1391 elle est menée au marché aux pourceaux rue Saint-Honoré.

La chasse aux sorcières est la poursuite, la persécution et la condamnation systématique et en masse de personnes accusées de pratiquer la sorcellerie. Si la condamnation des pratiques de sorcellerie se rencontre à toutes les époques et dans toutes les civilisations, cette chasse aux sorcières du Moyen Âge tardif et surtout de la Renaissance est particulière par la croyance en un complot organisé de sorcières se réunissant en sabbat pour détruire la chrétienté en faisant un pacte avec le diable, et par la persécution et la traque massive de ces prétendues sorcières.  Lire Plus