Catégorie : Sciences Sociales

Parutions en philosophie : mai 2026

📘 PENSÉES

Pensées
Nouvelle édition
Annotations par Norbert Sclippa

Simone de Beauvoir écrivait que Sade revendiquait la vérité de l’homme contre toutes les abstractions de la philosophie, et qu’il avait dépassé le sensualisme de son époque pour le transformer en une morale de l’authenticité.
De son côté, Maurice Heine voyait en son œuvre une œuvre philosophique, et « la plus formidable machine de guerre » que le matérialisme ait jamais construite en vue de l’a[…]

EAN : 9782336610627
09/04/2026
135 x 215 mm
Collection : Hors Collection
176 pages
19.00 €


📖 PHILOSOPHIE

Nietzsche et le problème Socrate
Une aporie philosophique
Christian Savés

Sa vie (lucide) durant, Nietzsche n’a cessé d’entretenir un rapport problématique au grand philosophe grec, à tel point qu’il relève effectivement d’une véritable aporie philosophique. Il se traduit, notamment, par un phénomène d’attraction/répulsion permanent, de fascination et de révulsion, qui fait qu’il ne parvient jamais à se défaire de l’emprise que Socrate exerce sur lui. La critique du soc[…]

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70 ans de la SIMAR : Habiter le temps, vivre ensemble

Ouverture des portes de la Villa Pacific le 06 mai

Depuis 70 ans, la Société Immobilière de la Martinique (SIMAR) ne se limite pas à construire et gérer des logements : elle participe activement à la transformation du territoire et accompagne des milliers de parcours de vie. À l’occasion de cet anniversaire emblématique, elle propose une saison exceptionnelle mêlant mémoire, partage et célébration.

Une ouverture symbolique : la Villa Pacific

Le 6 mai 2026, la SIMAR ouvre exceptionnellement les portes de la Villa Pacific, ancienne résidence de fonction de direction, pour une soirée de vernissage unique.

Au cœur de ce lieu chargé d’histoire, l’exposition immersive et interactive
« 70 ans, Habiter le Temps » invite les visiteurs à parcourir sept décennies d’évolution du logement social en Martinique.

Sur plus de 200 m², le parcours plonge le public dans une expérience vivante :

  • Explorer le passé et comprendre les transformations du territoire
  • Écouter, voir et ressentir les récits de vie liés à l’habitat
  • S’exprimer, interagir et laisser une trace personnelle

Pensée comme un véritable espace de mémoire vivante, cette exposition met en lumière l’impact concret du logement social dans la vie des Martiniquais, tout en ouvrant des perspectives vers l’avenir.

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Un premier Mai malgré tout !

 — RS n° 445 du lundi 4 mai 2026 —

En dépit d’une bien modeste préparation collective, la quasi-totalité des centrales syndicales se sont retrouvées au rendez-vous du 1er mai à la Maison des syndicats, puis avec un bon millier de manifestants dans les rues.

Cela témoigne de la force d’une tradition, jadis plus ou moins contrariée par des discours dilatoires entendus jusque dans les rangs syndicaux (tentation d’opposer le 1er mai au 22 mai, scepticisme face à une journée de lutte des travailleurs/ses dans un pays au fort taux de chômage, velléité de choisir sans concertation d’autres lieux qu’au départ de la maison des syndicats, allégation que le 1er mai était un moment de fête ouvrière et non de manifestations de rue et même, c’est arrivé, évocation de divergences avec telle ou telle organisation pour justifier des premiers mai séparés…!

Cette année donc un premier mai unitaire s’est imposé, …malgré tout ! La grande bourgeoisie, son État et ses médias les plus zélés n’ont pourtant pas lésiné sur les moyens pour liquider ou affaiblir cette journée prolétarienne internationale.

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Illusions perdues aux Antilles

Quels sont les enseignements doctrinaux à tirer pour les intellectuels des Antilles -Guyane, de la nouvelle realpolitik mondiale, et de la fin programmée de l’idéologie tiers-mondiste ?
— Par Jean-Marie Nol —

Le retour en force de la realpolitik dans les relations internationales marque une rupture profonde avec les cadres idéologiques qui ont structuré une grande partie du débat politique dans la seconde moitié du XXe siècle. Alors dans ce contexte que signifie encore de faire état d’un quelconque projet de société pour la Guadeloupe et la Martinique qui pourrait se réduire à être une utopie vide de sens. Force est de souligner que nous sommes aujourd’hui confronté à une refondation doctrinale de la pensée aux Antilles -Guyane. Longtemps dominé par des lectures morales, idéologiques ou héritées des luttes de décolonisation, l’ordre mondial se recompose désormais autour d’un principe beaucoup plus brut : celui du rapport de force. Dans cette nouvelle configuration, les États ne se définissent plus prioritairement par leurs valeurs affichées, mais par leur capacité à peser économiquement, militairement et stratégiquement. La realpolitik, entendue comme la primauté des intérêts nationaux sur les considérations politiques et idéologiques, s’impose ainsi comme la grille de lecture dominante d’un monde redevenu conflictuel, hiérarchisé et structuré par des blocs de puissance .

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Antilles : le coût du pétrole

— Déclaration de la CGTM —

Le représentant de l’État et le président de l’Observatoire des Prix des Marges et des Revenus (OPMR) ont décidé de réunir mardi 21 avril 2026 à la préfecture les membres de cette instance pour « une conférence sur la thématique de l’impact que le conflit du Moyen Orient aura directement sur le prix des produits pétroliers et des conséquences du conflit sur le prix des carburants aux Antilles ». Par « conflit au moyen Orient », il faut comprendre « la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran ». Quant aux conséquences, c’est l’augmentation des prix du pétrole et des carburants avec ses répercussions sur l’économie mondiale.

Le président de l’OPMR, avec l’appui des représentants de la SARA et d’autres intervenants, ont tenté de justifier l’évolution des prix que nous connaissons et les augmentations à venir. De son côté, en préambule de son intervention, le Secrétaire général de la CGTM a cité l’extrait d’un article de Pierre Cosnard publié dans « Le Monde de l’économie » du 3 août 2016 :

« Jean-François Hénin, le président de la petite compagnie pétrolière Maurel & Prom, l’avoue humblement : l’évolution des cours du pétrole, retombés mardi 2 août à 39 dollars par baril aux Etats-Unis, le laisse désemparé.

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En santé, la course à l’efficacité creuse les inégalités

— Collectif (*) —

À force de vouloir optimiser les dépenses, les systèmes de santé risquent-ils d’oublier ceux qui en ont le plus besoin ? Une analyse menée sur plus de vingt ans dans les pays de l’OCDE bouscule une idée bien ancrée : et si l’équité n’était pas un frein, mais la condition même de la performance ?

La question des conflits possibles entre efficience et équité est une question très ancienne, mais l’évolution récente des systèmes de santé en donne une illustration renouvelée. En matière de santé, la recherche de l’efficience pourrait notamment conduire à négliger des segments importants de la population, les plus démunis, en matière d’accès aux soins et de traitement équitable de leurs problèmes de santé.

Les systèmes de santé doivent-ils favoriser l’efficacité ou l’équité ? Bien que la tension entre ces deux objectifs apparaisse évidente et qu’elle occupe les débats de façon continue, elle a été relativement peu étudiée empiriquement, notamment dans le domaine des politiques de santé. Notre étude récente vise à combler cette lacune.

Une observation qui s’étend sur vingt ans

À partir de séries temporelles couvrant la période 2004-2021 et portant sur 36 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), nous avons examiné, sans a priori, toutes les interrelations statistiques possibles entre efficience et équité dans les systèmes de santé.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie V

Cinquième partie
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Les États esclavagistes ont juré de reprendre Haïti
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« Le monde a proclamé la liberté, ces dernières années surtout; mais que représente cette liberté! Rien que l’esclavage et le suicide! Car le monde dit : Tu as des besoins, assouvis-les, tu possèdes les mêmes droits que les grands et les riches. Ne crains donc pas de les assouvir, accrois-les même; voilà ce qu’on enseigne maintenant. Telle est leur conception de la liberté. Et que résulte-t-il de ce droit à accroître les besoins? Chez les riches, la solitude et le suicide spirituel; chez les pauvres, l’envie et le meurtre, car on a conféré des droits, mais on n’a pas encore indiqué les moyens d’assouvir les besoins. »

(Fiodor Dostoïevski)

Au moment où nous rédigeons cette série de réflexions philosophiques et politiques, le monde se prépare à vivre une nouvelle tragédie d’une ampleur imprévisible. Les frontières terrestres et maritimes se ferment les unes après les autres. Le mal qui répand la terreur aujourd’hui, après la peste de l’époque médiévale, la grippe espagnole de 1918 et l’Ébola, s’appelle « coronavirus (COVID-19) ».

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De la périphérie à l’intégration européenne

Vers une adhésion institutionnelle graduelle de la Guadeloupe à l’UE : passer des paroles aux actes, maintenant !

— Par jean-Marie Nol —

L’idée d’un rattachement institutionnel direct de la Guadeloupe à l’Union européenne, longtemps reléguée au rang de spéculation intellectuelle, s’impose progressivement comme une hypothèse crédible d’une nouvelle doctrine de décolonisation en lieu et place de la doctrine tiers mondiste désormais obsolète, pourtant toujours défendue par les autonomistes et indépendantistes des Antilles françaises, voire comme une alternative structurante dans le débat sur l’avenir institutionnel de l’archipel. Dès l’abord, un constat s’impose avec une évidence rarement contestée mais trop souvent éludée dans le débat public : la Guadeloupe vit, circule et échange d’abord avec l’Europe, et de manière très marginale avec son environnement caribéen immédiat. Les flux de voyageurs comme ceux de marchandises traduisent une réalité économique profonde qui dépasse les discours politiques. L’essentiel du trafic aérien de passagers relie l’archipel à l’Hexagone et, plus largement, au continent européen, faisant de cette relation un axe vital pour la mobilité des personnes, qu’il s’agisse de déplacements familiaux, professionnels, éducatifs ou touristiques. De la même manière, les flux commerciaux témoignent d’une dépendance structurelle aux importations en provenance de l’espace européen, tant pour les biens de consommation que pour les équipements, les produits industriels ou les intrants nécessaires à l’activité économique locale.

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Internet et la déspatialisation de la proximité…

— Par Camille Loty Malebranche —

Paradoxe du lointain proche et du proche lointain…

L’internet nous met en présence d’une autre catégorie de proximité par rapport à la proximité classique (géographique et physique) des êtres humains. Il s’agit de fait de la possibilité d’une multilocation virtuelle nous donnant pignon sur la planète et ses habitants au hasard des contacts.

Mon voisin de ville voire de palier que je ne rencontre qu’au hasard des côtoiements, tout en étant mon proche peut m’être lointain si jamais notre avoisinement se borne à de banales salutations indifférentes ou au silence. Ceux qui sont proches par l’espace immédiat, ne sont pas forcément des proches, c’est même un truisme que de le rappeler! Dans le même temps, mon abonné de blog qu’il soit allemand, algérien, russe, britannique… que je n’ai jamais perçu sur mon chemin physique, est mon proche auditeur ou interlocuteur par la communication des idées. Une proximité idéelle permise par un virtuel qui excède ses propres contours de virtualité à travers la vérité bien factuelle des contacts. Ainsi, le cyberespace fait naître un grand paradoxe où se chevauchent deux types de proximités, la proximité classique et la proximité électronique.

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L’égalité ne peut être partielle

— Par Jean Samblé —

Pendant plus d’un demi-siècle, une inégalité majeure est restée inscrite dans le droit français : les habitants des outre-mer ont été exclus des garanties de la Charte sociale européenne, pourtant appliquée en Hexagone. Derrière ce décalage juridique se jouait une réalité plus profonde, celle d’une citoyenneté sociale incomplète pour plusieurs millions de Français.

Depuis le 1er mai 2026, cette inégalité a été corrigée : la France a étendu la Charte aux territoires d’outre-mer, concernant près de 2,5 millions de personnes. Certaines collectivités devront toutefois encore se prononcer localement en raison de leurs compétences spécifiques.

Cette avancée est saluée comme une « victoire historique » par des acteurs associatifs, même si elle a nécessité des années de mobilisation. Une réclamation liée notamment au scandale du chlordécone, rejetée pour irrecevabilité, a contribué à révéler cette « anomalie démocratique » et à accélérer la décision politique.

Historiquement, cette exclusion remonte à la rédaction du texte en 1961, limité aux territoires métropolitains, une disposition parfois qualifiée de « clause coloniale ». Son maintien s’explique en partie par un manque d’attention, mais aussi par les implications financières importantes qu’implique la mise à niveau des conditions de vie dans ces territoires.

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Réalité et Vérité, de la gestalt à la substance.

— Par Camille Loty Malebranche —

La réalité suppose l’idée d’un contour découpant l’espace par sa forme ou la présence d’une situation ostensible ponctuant le temps et l’espace; la réalité constitue la factualité du monde et des choses, cette dimension qui établit le statut de fait de quelque être ou chose, dimension où les êtres sont objectivement vérifiables. Le mot réalité est en fait la désignation de la factualité. Elle est un construit à partir de la perception, et dans le domaine social, la réalité est tout entière un produit de l’idéologie, en tant qu’elle tient de l’artificiel et n’existe que par l’homme.

La vérité, elle, se passe du regard de l’homme et existe en soi. Elle fait sentir la nature imperceptible inscrite dans la nature visible des êtres et du monde. Seul l’esprit sachant se libérer des formes et des bornes du concret avec les illusions sensibles, peut voguer sur l’océan insensible et inconnu de l’abstrait si grouillant de vie qu’est la vérité, y plonger afin de mieux pêcher les essences cachées dont recèlent ses eaux profondes, prolifiques, vivantes…

Au prime abord de la sémantique courante, réalité et vérité sont des termes interchangeables parce que référant à ce qui existe, se passe, dont l’événementialité est constatable, la factualité vérifiable.

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Départementalisation et émancipation

De la contradiction jaillit la lumière sur le débat de l’évolution statutaire de la Guadeloupe et Martinique.

— Par Jean-Marie Nol —

Il est des débats dont la vigueur éclaire davantage qu’elle ne divise, et l’histoire politique et sociale de la Guadeloupe et de la Martinique en offre une illustration particulièrement féconde lorsqu’on s’attache à comprendre le rôle de Aimé Césaire et des communistes dans la mise en œuvre de la départementalisation. Loin des caricatures rétrospectives qui tendent à juger ce moment fondateur à l’aune des impasses économiques contemporaines, il convient de replacer leur démarche dans le cadre intellectuel et historique qui l’a vu naître, celui d’un monde encore profondément marqué par les séquelles de l’ordre colonial et par l’urgence sociale qui en découlait. À cet égard, la célèbre intuition de Nicolas Boileau selon laquelle c’est au choc des idées que jaillit la lumière prend ici tout son sens : c’est précisément de la confrontation entre visions divergentes — assimilation, autonomie, indépendance — qu’émerge une lecture plus fine des choix opérés à l’époque.

Lorsque Césaire et les communistes portent la loi de départementalisation de 1946, leur priorité n’est pas de redessiner immédiatement les mécanismes économiques hérités du système colonial, mais de répondre à une urgence autrement plus tangible : la misère noire sociale, l’inégalité des droits et l’absence de protection pour les populations locales.

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Salaires : la fracture

En 2025, la rémunération des PDG dans le monde a augmenté 20 fois plus que celle des travailleurs

À l’heure où les économies mondiales affichent des performances contrastées, une tendance lourde se confirme avec une netteté croissante : l’écart entre les dirigeants des grandes entreprises et les travailleurs ne cesse de se creuser. Les données publiées conjointement par Oxfam et la Confédération syndicale internationale à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs dressent un constat sans ambiguïté : la dynamique actuelle de répartition des richesses favorise de manière disproportionnée les sommets de la hiérarchie économique.

En 2025, les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales ont vu leur rémunération progresser de 11 % en termes réels, tandis que celle des salariés n’a augmenté que de 0,5 %. Ce déséquilibre, déjà significatif à court terme, devient encore plus frappant lorsqu’on l’observe sur plusieurs années : depuis 2019, les revenus des dirigeants ont fortement augmenté, alors que ceux des travailleurs ont reculé en valeur réelle. Autrement dit, la création de richesse ne bénéficie plus de manière proportionnée à celles et ceux qui y contribuent quotidiennement.

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Comprendre le « sodaliciocratisme » de Robert Lodimus

Le sodaliciocratisme est un terme idéologique, principalement associé à des écrits littéraires et politiques traitant du contexte haïtien, qui prône une forme de gestion de l’État fondée sur des principes progressistes, révolutionnaires et participatifs.

Ce terme semble spécifique à des contextes de critique politique et de théorie sociale (comme dans l’œuvre de Robert Lodimus) et ne doit pas être confondu avec le « Sodalitium Christianae Vitae », une organisation religieuse péruvienne dissoute par le Vatican 

Idéologie et Objectifs : 

Il est défini comme une idéologie visant la transformation de l’État en un moteur de changement sociétal, garantissant la sécurité publique et l’émancipation économique sur une base d’universalité.

Projet de Société : 

Il aspire à répondre aux aspirations de bonheur et de bien-être des individus, en cherchant à contrer les inégalités et l’iniquité qui minent les sociétés, notamment celles de la périphérie.

« Sodaliciocratie prolétarienne » : 

Dans le contexte de la réflexion sur la République d’Haïti, il est fait référence à une « sodaliciocratie prolétarienne » (et non impériale), visant à surmonter la corruption socioéconomique et les ambitions politiques qui ont, selon ce point de vue, affaibli les fondations républicaines.

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Pour saluer la mémoire de Michèle Voltaire Marcelin, poétesse, peintre, romancière et comédienne

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

L’annonce du décès de Michèle Voltaire Marcelin, poétesse, peintre, romancière et comédienne, a fait l’effet d’un tsunami : la sachant malade, ses amis, ses parents, ses proches s’y attendaient, tous habités par l’effroi, le cœur transi de chagrin… Mais lorsque la Grande Faucheuse frappe à la porte, nous voici mutiques, la parole en berne, nous voici claudiquant sur l’archipel des gestes désormais orphelins…

Michèle Voltaire Marcelin est décédée le 29 avril 2026 à New York où elle vivait depuis de nombreuses années. Je cherche encore mes mots, j’en trouve quelques-uns, fébriles et bègues, pour adresser mes condoléances émues à sa famille, à ses frères Frantz et Leslie, à son fils Leo Coltrane Marcelin et à son conjoint Jocelyn McCalla.

L’ŒUVRE DE MICHÈLE VOLTAIRE MARCELIN

L’œuvre littéraire de Michèle Voltaire Marcelin compte plusieurs titres, notamment « La Désenchantée » (roman, Éditions du Cidihca, 2005), « Lost and Found » (poésie, Éditions du Cidihca, 2009), « Amours et bagatelles » (Éditions du Cidihca, 2009), « Clair/Obscur | Depth/Glow » (Éditions du Cidihca, 2026). « Amours et bagatelles » a été traduit en espagnol aux éditions Alba à Cuba, en 2016, sous le titre « Amores y cosas sin importancia ».

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Ce qui change au 1er mai 2026

Le mois de mai 2026 marque une série de changements concrets qui touchent à la fois le budget des ménages, la vie étudiante et certaines démarches administratives. Voici une synthèse de ce qui évolue à partir du 1er mai.

Une hausse sensible du prix du gaz

Dès le 1er mai 2026, le prix repère de vente du gaz, publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), augmente nettement. La hausse moyenne est estimée à 15,4 %, soit environ 6,19 euros supplémentaires par mois pour un foyer type.

Cette augmentation concerne uniquement les consommateurs ayant souscrit une offre indexée sur ce tarif de référence. Ceux disposant d’un contrat à prix fixe ne sont pas directement impactés. Cette évolution s’explique notamment par la hausse des coûts d’approvisionnement sur les marchés internationaux, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient.

Le repas à 1 euro généralisé à tous les étudiants

À partir du 4 mai 2026, une mesure très attendue entre en vigueur : le repas à 1 euro dans les restaurants universitaires est étendu à tous les étudiants, sans condition de ressources.

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Parutions : nouveautés d’avril 2026 – Histoire,Littérature & Sciences Humaines

🔗 Esclavage et colonisation

Infortunes de mulâtres

Quatre récits du XIXe siècle
Présenté par Barbara T. Cooper, en collaboration avec Roger Little

Ce volume regroupe quatre œuvres du XIXe siècle mettant en scène des personnages qualifiés de « mulâtres », terme racialiste et dépréciateur courant à l’époque. Si chaque auteur – Édouard Corbière, « S. », Victor Charlier et Pauline Drouard – porte un éclairage particulier sur la condition des métis dans les colonies et sur la complexité des enjeux identitaires, sociaux et juridiques da[…]

  • EAN : 9782336604831
  • Parution : 26/03/2026
  • Format : 135 x 215 mm
  • Collection : Autrement Mêmes
  • Pages : 156
  • Prix : 17.00 €

Fragments de cultures

De la déculturation à la résilience dans les littératures insulaires
Christine Lara

Pourquoi et comment les sociétés insulaires du Pacifique et des Antilles ont-elles vu leur culture bouleversée ? Ce livre plonge au cœur des littératures insulaires pour décrypter les mécanismes de la déculturation et de l’acculturation, du choc colonial à la résilience contemporaine.
À travers l’analyse d’œuvres majeures, l’autrice met en lumière la perte, la résistance et la renaissance des […]

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Évolution des institutions de la Guadeloupe et Martinique : que penser et surtout que faire ?

— Par Jean-Marie Nol —

En l’état actuel du débat entre partisans du maintien du droit commun et chantres du changement statutaire : alors aujourd’hui que penser de l’état des lieux et surtout que faire à l’avenir ?

À l’heure où ressurgissent avec insistance les débats sur une éventuelle évolution statutaire de la Guadeloupe et de la Martinique, il est frappant de constater que ces interrogations se construisent souvent sur un diagnostic incomplet, voire biaisé, du modèle issu de la départementalisation. Car avant de proclamer l’essoufflement d’un cadre institutionnel, encore faut-il en mesurer rigoureusement les effets sur le temps long. Or l’état des lieux du modèle économique hérité de 1946 impose une évidence trop souvent reléguée au second plan : la départementalisation constitue, au regard de la situation initiale, un levier de transformation historique dont les résultats relèvent moins de l’échec que d’un rattrapage spectaculaire, certes inachevé, mais profondément structurant, et qui révèle l’aboutissement positif de la mission des anciennes générations.

Il faut d’abord rappeler d’où partaient ces territoires. Au sortir de la période coloniale, la Guadeloupe, comme la Martinique, se trouvait dans une situation de sous-développement extrême, marquée par une misère sanitaire, éducative et sociale d’une intensité aujourd’hui difficile à imaginer.

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L’intimité mentale, ce terreau inviolable de la conscience humaine.

— Par Camille Loty Malebranche —

Si l’intimité corporelle est violable et souvent prise d’assaut par des manants à l’heure où les mufles de certains gouvernements eux-mêmes, encouragent l’irrespect de leurs gouvernés, il est heureusement un lieu qui demeure le tabernacle inaccessible de la suprématie humaine car caché au plus profond de lui, c’est son intimité mentale en tant qu’elle est l’espace de la formation et de l’évolution de la vision du monde de chaque individu selon ses propres engrammes déterminant sa sensibilité pensante et agissante et son cheminement dans la pensée et l’action.

C’est donc le terreau discret et secret du rapport à soi et au monde dont on ne peut constater une bonne part des contours qu’après leur manifestation comportementale

L’intimité mentale est donc le coryphée qui gouverne l’homme puisqu’elle détermine tous les aspects fondamentaux de la conscience dont elle est le creuset par les sensibilités souvent changeantes à tout le moins évolutives, parfois spontanées en idéation, sous-tendant les motivations de l’agir. L’autre, le plus proche d’un homme peut la partager, la pressentir en partie par la proximité, mais onques nul ne peut la sonder, c’est pourquoi même des proches parents et des époux se trompent parfois crûment sur leurs bien-aimés.

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Un 1er mai d’alerte mondiale contre le fascisme, pour l’émancipation !

— RS n° 444 lundi 27 avril 2026 —

La bourgeoisie, ses politicienNEs et ses journalistes de service ne chôment pas. La fureur qui les anime contre le 1er mai, qu’ils veulent banaliser, folkloriser, voire abolir, est sans répit. Rarement, l’humanité a eu un tel besoin des valeurs qui ont fait naître et vivre la journée internationale de lutte des travailleurs/ses, malgré les coups, les répressions, les manœuvres mystificatrices, le sang innocent versé. Les cinq pendus à Chicago en 1886, les neuf tués de Fourmies (nord de la France) en 1891, la terrible répression à Paris en 1906, les trente-trois communistes abattus à Berlin lors du « Blutmai » en 1929, les mobilisations du 1er mai 1945 en Algérie qui augurent l’immonde bain de sang colonial de Sétif, pour ne prendre que quelques exemples des 1er mai réprimés, nous imposent de confronter les idéaux des martyrs d’hier avec les dures réalités d’aujourd’hui. Un mouvement prolétarien en expansion réclamait sa part dans les richesses qu’il créait, comme un acompte en attendant l’avènement des jours heureux.

Aujourd’hui, sous les bombardements en Iran, au Liban, à Gaza, en Ukraine, au milieu des cris des suppliciéEs du Soudan, du Congo, nous avons le cœur meurtri par le spectacle horrible des gangs semant la désolation en Haïti où des parents vendent leurs enfants pour éviter qu’ils ne meurent de faim, et où le seul aéroport international est contrôlé par…les USA.

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Autonomie de l’article 74 : vers une impossibilité matérielle ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où la question de l’évolution statutaire de la Guadeloupe et de la Martinique revient avec insistance dans le débat public, une réalité s’impose avec une acuité croissante : le contexte économique mondial, national , et local rend aujourd’hui toute transformation institutionnelle non seulement incertaine, mais potentiellement dangereuse.

Les problèmes économiques ne sont pas derrière nous, ils sont devant nous. Et force est de constater que  l’évolution à risque de la situation économique ne permet aucunement d’envisager un changement statutaire .

Loin d’être un simple débat juridique ou idéologique et politique, la question statutaire se heurte à un mur bien plus déterminant, celui de la confiance et de la solidité économique, deux piliers aujourd’hui profondément fragilisés.

Car dans toute société moderne, la confiance constitue un capital invisible mais essentiel. Elle conditionne à la fois l’adhésion démocratique et le bon fonctionnement de l’économie. Or, aux Antilles françaises, cette confiance est en train de se fissurer dangereusement. Défiance envers les responsables politiques, scepticisme face aux institutions, doute sur la capacité collective à piloter un changement de cap : tous les signaux convergent vers une crise profonde du lien entre gouvernants et gouvernés.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie IV

Quatrième partie, IL FAUT SAUVER CARTHAGE, Robert Lodimus

« La plus grande de toutes les injustices, parce qu’elle les comprend toutes, c’est l’esclavage. L’esclavage est l’asservissement de toutes les facultés d’un homme au profit d’un autre. L’esclave ne développe son intelligence que dans l’intérêt du maître. Ce n’est pas pour l’éclairer, c’est pour le rendre plus utile qu’on lui permet quelques exercices de la pensée. L’esclave n’a pas la liberté de ses mouvements ; on l’attache à la terre, on le vend avec elle ou on l’enchaîne à la personne du maître. L’esclave n’a pas d’affection, il n’a pas de famille, il n’a point de femme, il n’a point d’enfant : il a une femelle et des petits. Son activité ne lui appartient pas, car le produit de son travail est à un autre. Mais pour que rien ne manque à l’esclavage, il faut aller plus loin, il faut abolir dans l’esclave le sentiment inné de la liberté ; il faut éteindre en lui toute idée de droit ; car tant que cette idée subsiste, l’esclavage est mal assuré, et à un pouvoir illégitime et odieux peut tout d’un coup répondre le droit terrible de l’insurrection, cette raison dernière des opprimés contre les abus de la force. 

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Service public, délégation de service public, entreprise privée

— Par Max Dorléans (GRS) —

Ces jours derniers, avec des mouvements sociaux qui ont affecté des pans considérables de la population la plus en difficulté, la question de la délégation du service public dans de multiples activités (transport, eau…), est revenue sur le tapis. De la part de certain/es disant tout le bien qu’ils/elles en pensaient, et d’autres au contraire, la contestant et déclarant qu’il fallait laisser en règle générale, la main au secteur privé considéré plus performant.

Et c’est sur cette question que le 13 avril dernier, Daniel Ajoup interviewé sur RCI par P.Diser, a fait le panégyrique de la délégation de service public (DSP) dans le transport terrestre de passagers, un secteur d’activité qu’il connaît bien en qualité d’ex-directeur marketing…à Sud Transport opérant dans la circonscription du Sud.

Non aux illusions !

Pourtant, à regarder de près les choses, le moins qu’on puisse dire, c’est que tout ce qui a été mis en place dans le transport (terrestre ou maritime) depuis des années par la CTM (ou autre collectivité) pour satisfaire le besoin de mobilité de la population, n’a pas apporté la satisfaction attendue par la population.

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Temps et chronométrie: la ruse du cyclique dans la linéarité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le temps cyclique est de caractère festif ou à tout le moins remémoratif en tant qu’il fait se répéter mémoriellement les faits par l’artifice de la date ou période pérenne, immuable pour les cérémonies commémoratives. Il tient son origine dans la cyclicité des phénomènes naturels tels le cycle du jour et de la nuit, le cycle des saisons… Le temps linéaire – temps d’évolution, d’âge vers l’imparable eschaton – marque, quant à lui, la croissance de l’homme et apporte la maturité qui fait de l’enfant un adulte. C’est le temps qui permet d’orchestrer le pouvoir d’orientation par chaque conscience humaine dans la durée, le temps qui héberge la perception et la projection organisée de la ligne finie de la temporalité; le temps effectif et vécu où l’homme choisit l’action à mener ou la réaction à adopter. C’est là, la dualité du rapport immédiat de l’homme au temps.

La chronométrie se divise dans la réalité factuelle de l’homme comme relevant soit du macro soit du micro.

Macrochronométrie

La macrochronométrie est institutionnelle ou humaine. Institutionnelle, elle est stative quand elle sert à séparer par importance événementielle les périodes de l’histoire, elle porte également sur les projections en prospective, la futurologie scientifique pour les besoins d’administration à moyen et long termes des structures institutionnelles.

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Antilles : le paradoxe d’un modèle décrié

Les acquis positifs du droit commun de la départementalisation sont à prendre beaucoup plus en considération dans le cadre du débat institutionnel actuel .

— Par Jean-Marie Nol —

En Guadeloupe comme en Martinique, le débat sur l’avenir institutionnel et statutaire s’intensifie à mesure que s’accumulent les crises économiques, sociales et politiques, donnant du grain à moudre aux partisans d’une autonomie accrue qui décrivent volontiers le modèle départemental comme épuisé, inefficace et générateur de dépendance. Et dans ce concert de critiques du modèle départemental, que pouvons nous penser des propos schizophréniques de Christianne Tobira, ancienne ministre de la justice, tenus dans le journal France Guyane à l’occasion des 80 ans de la départementalisation, et je cite à dessein madame Taubira « Le département c’est une absurdité, un artifice »

Pourtant, à rebours de ce récit dominant chez les partisans de l’autonomie et de l’indépendance, une observation rigoureuse des dynamiques sociales et économiques à l’œuvre révèle une réalité bien plus nuancée, voire paradoxale : loin d’avoir produit un effondrement, la départementalisation a permis l’élévation rapide du niveau de vie et l’émergence progressive d’une classe moyenne solide, structurée et résiliente, dont l’existence même constitue aujourd’hui l’un des héritages les plus tangibles et les plus sous-estimés de ce cadre institutionnel.

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