Catégorie : Sciences Sociales

« La Guyane a besoin de respirer »

— Par Mireille Jean-Gilles —

La Guyane a besoin de respirer, pas seulement avec de l’oxygène, comme voudraient le lui imposer ceux-là qui ne la considèrent qu’en tant que « poumon de la Terre », à savoir un bien « commun », qui serait par conséquent le Leur, le nouvel Eldorado, dernier joyau qui manque à la couronne d’Espagne, après avoir tout dévasté.

Et, « Respirer », c’est seulement pouvoir tracer sa propre voie
« Réveiller les Esprits de la Terre »
Le procès récurrent des Créoles guyanais
En 1986, si je me souviens…
Les « bons sauvages » et les autres…
Tutelle créole, Solidarités locales & Etat défaillant
2017, la Guyane entière : NOU BON Ké SA !
Férocité des institutions & Choc des cultures ravageurs pour les Autochtones
Les Guyanais et leurs rêves écartelés
Face à un mépris systémique
Mourir pour survivre ?
 Glissements de terrains »
« Réveiller les Esprits de la Terre »

1. Les baguettes du candidat Macron distribuées aux Amérindiens sur le Haut Maroni, en 2017, rappellent que depuis cinq siècles la Conquête n’en finit pas, et toujours avec les mêmes ficelles, le même mépris.  Lire Plus

Australie : Pourquoi les jeunes prennent-ils la parole ?

— Par Rodolf Etienne —

D’Adélaïde à Sydney, d’Antigua à Tahiti, l’automne 2026 voit se multiplier forums, conférences et sommets destinés aux jeunes.

Identité, appartenance, diversité, culture, leadership, avenir : partout, on leur demande leur avis, de parler.

L’Australie va plus loin en essayant d’inscrire cette parole dans ses mécanismes de décision publique.

Vue depuis la Martinique, où les 15-29 ans connaissent un taux de chômage de 33 % et où le départ reste une étape presque obligée de la formation et de l’insertion, une question : écouter les jeunes, certes oui. Mais qu’advient-il ensuite de cette parole, de ce qu’ils disent ?

Le 30 septembre 2026, à Adélaïde, l’Australian Migrant Resource Centre organisait son Youth Forum autour de trois verbes particulièrement révélateurs : « Belong. Connect. Lead. » — appartenir, se connecter, diriger.

Destiné aux 13-25 ans, notamment issus des différentes communautés culturelles de South Australia, le rendez-vous associait identité, culture, confiance en soi, participation communautaire et capacité à agir. Derrière la formule apparaît cette question centrale : comment montrer à une génération qu’elle appartient réellement à la communauté politique, sociale et culturelle dans laquelle elle vit et grandit ?  Lire Plus

Trop, c’est trop.

— Par Florent Grabin, président de l’association P.U.M.A —

La Martinique est-elle condamnée à subir les inconséquences politiques de certains de nos dirigeants ? Nous avons été estomaqués en écoutant la plénière du 24 septembre 2026 de la CTM, où, dans la réponse de l’exécutif faite à un élu sur le devenir du projet de l’aérodrome de Basse Pointe, nous avons constaté un certain agacement du débatteur.

Dire que ce projet est à l’arrêt du fait du propriétaire qui refuse toute médiation, et que la piste d’atterrissage est toujours présente relève du mensonge par omission. Plus grave : rajouter que c’est de cette zone que décollaient les aéronefs pour aller épandre sur notre territoire la Chlordécone est pitoyable. Lorsqu’on sait que ce pesticide était répandu à la main, sans aucune protection individuelle, il est clair que la population mérite tout notre respect.

Pourquoi ne pas avoir dit la vérité à l’Assemblée ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce projet ne date pas d’aujourd’hui. En effet, Monsieur le Député Maire Guy LORDINOT avait milité en 1986 pour que soit construit un aérodrome dans le Nord de la Martinique et que la Direction Départementale et de l’Equipement (DDE) avait proposé trois possibilités entre Basse Pointe et Sainte Marie.  Lire Plus

Anna de Noailles : L’ivresse d’être au monde

– par Rodolf Etienne

Poétesse célébrée dès 1901, admirée par Marcel Proust, Maurice Barrès ou Jean Cocteau, première femme commandeur de la Légion d’honneur, Anna de Noailles fut l’une des grandes célébrités littéraires de la Belle Époque.

Sa poésie transforme le désir, le corps, la nature et jusqu’à l’angoisse de mourir en une formidable affirmation de l’existence. Derrière la mondaine apparaît surtout une femme qui, dans un univers littéraire profondément masculin, imposa sans s’excuser la puissance d’un « je » féminin.

« Toi, vis ; sois innombrable à force de désirs… » Ces mots résument presque tout son programme poétique : vivre davantage, éprouver davantage, embrasser le monde avant qu’il ne disparaisse.

Anna-Élisabeth Bibesco-Bassaraba de Brancovan naît à Paris le 15 novembre 1876 dans une famille aristocratique d’origines roumaine et grecque. Cette appartenance à plusieurs mondes accompagne toute son œuvre et contribue aussi à fabriquer autour d’elle une image d’étrangère, d’Orientale, de femme à la fois proche et décalée dans la haute société française.

La mort du père – une expérience fondatrice

Elle découvre tôt, notamment chez Victor Hugo et dans Les Contemplations, une langue capable de transformer le deuil en matière poétique.  Lire Plus

Misologie et Démagogie « démocratiques »

— Par Camille Loty Malebranche —

Misologie et Démagogie sont plus qu’une paire mais un continuum idéologique, une suite logique, un couple opératoire pour mener les foules et leur vendre du fantasme, à défaut de rêve, par des temps de cauchemar économique, de trouble de la sécurité publique et de quête de boucs émissaires dont la montée de l’extrême droite constitue un signe patent.

Tout l’encombrement médiatique orchestré par la publicité commerciale, le loisir inculte et les débats insipidement bas des politicards et spécialistes soudoyés du système, sont breloques de l’idéologie diluée dans le discours public pour mimer la démocratie. C’est en fait de la vulgaire et répressive misologie, c’est-à-dire manière adroite de contourner le logos fondé dans la raison critique et la vérité démontrée. Façon habile d’assouvir la haine de toute objectivation étiologique sérieuse des maux de la société en crise.

La démagogie, quant à elle, consiste à occuper toute la place dans la communication de masse par des clichés pseudo-éthiques d’une société sans autre morale que le profit, en divulguant des stéréotypes, des semblants d’arguments, pour priver d’espace toute réflexion rationnelle, toute discursivité qui pourrait interpeller l’intelligence et opérer la maïeutique politique collective.  Lire Plus

SignalConso, le site pour signaler les pratiques abusives

SignalConso est un service public gratuit de la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Les consommateurs peuvent signaler des problèmes rencontrés avec des entreprises sur la plateforme de signalements en ligne, disponible en français et en anglais.

En quelques clics, vous pouvez faire remonter un problème rencontré lors d’un achat ou d’un contrat.

SignalConso, pour quoi ?

Les objectifs de SignalConso sont les suivants :

  • proposer un espace de dialogue entre le consommateur et le professionnel ;

  • permettre au professionnel de trouver une solution à l’amiable ;

  • accompagner le consommateur dans ses démarches : lui préciser ses droits et l’orienter vers l’interlocuteur approprié (RéponseConso, centre de traitement des appels et courriers de la DGCCRF, association de consommateurs, médiateur de la consommation, justice, etc.) ;

  • permettre à la DGCCRF de repérer les signalements récurrents et ainsi de mieux cibler ses contrôles.

Pour le professionnel, c’est un espace permettant de gérer directement un problème avec des clients mécontents et limiter les avis négatifs sur internet.

À noter

Le dispositif de suivi des signalements a été renforcé.  Lire Plus

Imaginaire asymétrique du descendant d’esclavisé

  • Par Rodolf Étienne

Dans notre premier volet : Martinique : Identité ou delirium tremens ? — Madinin’Art, nous avions emprunté au delirium tremens l’image du sevrage : celle d’une Martinique qui désire davantage de maîtrise sur son destin mais dont les rapports à la France, à l’autonomie, à la responsabilité et à la dépendance demeurent traversés de mouvements contradictoires.

Mais peut-être avions-nous commencé trop tard, parce qu’avant de demander ce que nous voulons devenir, une autre question s’impose : avec quoi imaginons-nous ce devenir ? Avec quelles images, quels héros, quels récits, quelles généalogies, quels modèles du beau, du vrai, du pouvoir, de l’autorité et de la réussite ? Et surtout nous devons nous demander : qui les a produits ?

C’est là que la pensée du psychologue allemand Carl Gustav Jung, fondateur de la psychologie analytique, devient éclairante. Pas pour diagnostiquer la Martinique, encore moins pour transformer le Martiniquais en malade collectif, mais parce que Carl Jung propose une mécanique de l’imaginaire autour du rêve, du complexe, de la projection, de l’ombre, de la persona, du rapport conflictuel entre le conscient et ce qui demeure hors de lui.  Lire Plus

Quand l’argent manque, la colère monte

Dette, rigueur et colère : le même maelstrom du piège de la fièvre sociale pour la France hexagonale et les Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Paris , Pointe à Pitre, Fort-de-France ce 29 septembre , à la suite de l’appel à la grève nationale lancé par plusieurs organisations syndicales. Revalorisation des salaires, des retraites ou encore amélioration du pouvoir d’achat et plus de moyens pour l’éducation…Tous revendiquent de bien meilleures conditions de vie et de travail. Nonobstant cet état de fait de grandes insatisfactions, il semble évident que la colère sociale ne disparaît pas parce que l’État n’a plus les moyens de l’acheter par la redistribution monétaire . Au contraire, l’absence de marges budgétaires peut rendre l’affrontement plus difficile à contenir, en Hexagone comme dans les outre-mer.

Ainsi la colère sans preuve d’argent disponible de l’État devrait inciter à la prudence , car la France hexagonale et les Antilles vont bientôt devoir faire face à l’impossible équation de la crise de la dette .

La France se rapproche d’un moment de vérité où l’équation politique, financière , économique et sociale semble de plus en plus difficile à résoudre.  Lire Plus

Retraites : quelles particularités pour les fonctionnaires de l’État ?

En 2025, le régime de retraite de la fonction publique de l’État a versé 65,1 milliards d’euros (Md€) de prestations à deux millions de pensionnés, soit un septième des dépenses de retraite en France et environ 15% des dépenses du budget de l’État. À quoi correspondent ces dépenses ? Le point avec la Cour des comptes.

La Cour des comptes a publié, le 22 septembre 2026, un rapport sur le régime de retraite des fonctionnaires de l’État. 

Les principaux paramètres alignés sur ceux du régime général

La Cour rappelle que, depuis 2003, la plupart des principaux paramètres du régime ont été progressivement alignés sur ceux du régime général : âge d’ouverture des droits, âge d’annulation de la décote, durée d’assurance requise pour une retraite à taux plein, taux de cotisation à la charge des salariés.
Toutefois, depuis 2019,
le taux de prélèvement relevé à 11,31% pour les salariés du secteur privé, est légèrement supérieur à celui appliqué aux fonctionnaires demeuré à 11,1%. La Cour préconise un alignement complet du taux (pour des raisons d’équité) qui apporterait 140 millions d’euros (M€) de ressources supplémentaires à l’État.  Lire Plus

Jounen pou nasyon Matinik

— RS n° 466 du lundi 28 septembre 2026 —

Construire la nation Martinique, ou mener la lutte de libération nationale? 

La « jounen pou nasyon matinik » (JPNM), organisée par la section martiniquaise du Front international de décolonisation et JPNM elle-même, a été, au beau milieu du grand marché de l’espace Laguerre de Petit-Bourg, l’occasion de deux débats (Regards pluriels sur la nation Martiniquaise et construire la nation Martinique). Le présent article vise à en prolonger certains aspects.

S’interroger sur la nation

Son titre, un peu provocant, met l’accent sur le problème posé, d’entrée de jeu, par la première et remarquable intervention de l’anthropologue (et militant !) Louis-Félix Ozier-Lafontaine : n’est-ce pas un piège de s’interroger encore aujourd’hui sur la nation, quand il s’agit en fait d’émanciper les hommes et les femmes du peuple qui la constituent ? Comment éviter qu’à la place de la nation en lutte pour sa libération, on se contente de faire « communauté insulaire » sans grand danger pour un colonialisme aussi retors et vicieux que le français ?   Lire Plus

Ce qui change en octobre 2026

Marie-Paule Désert : Kalinaga, de la tortue au palmier royal

— par Rodolf Étienne

Il y a déjà plus de treize ans, nous avions découvert Marie-Paule Désert, dite Kalinaga à l’occasion de son exposition Les Chemins de tresses, présentée en 2013 au Musée départemental d’Archéologie de Fort-de-France.

La palme y occupait une place centrale. Non pas simplement comme support, mais comme matière vivante, comme fragment de territoire, comme élément susceptible de porter une mémoire.

Treize ans plus tard, cette intuition demeure au cœur de son travail. Elle s’est même élargie, ramifiée, enrichie de nouvelles pratiques où se croisent création plastique, environnement, transmission, musique et patrimoine.

Chez Marie-Paule Désert, les frontières sont en effet peu étanches. La peinture rencontre le tressage ; le végétal devient support artistique ; la flûte des mornes rejoint le ti-bwa ; la calebasse et le chacha entrent dans un univers où l’objet n’est jamais complètement dissocié du geste qui permet de le produire.

Sa pratique semble ainsi partir d’un principe simple : créer avec ce que le territoire offre, mais aussi avec ce qu’il risque de perdre. La tortue marine occupe dans cette démarche une place singulière.  Lire Plus

L’heure de vérité de la crise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Flambée des prix de l’essence , Dette, budget de rigueur, méthode de gouvernance : l’heure de vérité de la crise qui vient sonne -t-elle aux Antilles , avec ce poison lent de l’inflation sur l’économie ?

Bien que le contexte international actuel maintienne une forte pression sur les cours mondiaux de l’énergie (notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des instabilités dans le détroit d’Ormuz), les prix des carburants dans les Antilles même si ils restent strictement réglementés par l’État risquent de connaître une sensible augmentation en octobre . La crainte d’un franchissement de seuil provient principalement de la situation en France métropolitaine, où le blocage de certaines routes maritimes internationales a poussé le prix moyen de certains carburants au-delà des 2,40 €/L dans certaines stations à la rentrée 2026. Toutefois, les autorités locales rappellent régulièrement que le mécanisme de calcul administré en Outre-mer permet de lisser et de contenir en partie ces chocs par rapport à l’Hexagone. Mais il n’en reste pas moins que le risque subsiste d’un impact négatif d’un choc pétrolier sur l’ensemble de l’économie des Antilles.  Lire Plus

Vers un “bilinguisme numérique”…

Apprendre à faire avec l’IA et apprendre à faire sans

— Par Daniel Andler —

Comme pour les technologies qui l’ont précédée, l’enjeu est d’apprendre à maîtriser l’IA tout en gardant la capacité de s’en passer.

Et si les élèves apprenaient avec l’intelligence artificielle, mais aussi sans aucun outil numérique ? Le « bilinguisme éducatif » propose deux modalités d’enseignement distinctes pour développer les compétences numériques tout en préservant l’autonomie de pensée.

En bref

  • L’IA dans l’éducation présente des bénéfices et des risques : aide personnalisée et accessibilité, mais aussi possible perte de compétences et affaiblissement du jugement critique.

  • Le « bilinguisme éducatif » propose, dès le collège, des enseignements avec et sans outils numériques, pour apprendre à utiliser l’IA tout en conservant la capacité de travailler sans elle.

  • Cette double approche permettrait de comparer les effets des deux modalités sur les mêmes élèves, tout en préservant les savoirs fondamentaux, les échanges en classe et l’autonomie face aux technologies.

Sommaire

  • Quels bénéfices pour les apprenants ?

  • Les dangers inhérents au principe même de l’intervention de l’IA dans l’éducation

  • Le risque de la perte de sens critique

  • Du côté des enseignants

  • Laisser l’enseignant décider : une réponse majoritaire, mais qui présente des limites

  • Vers un “bilinguisme numérique” : apprendre à faire avec l’IA et apprendre à faire sans

  • L’IA dans l’éducation : bonne ou mauvaise chose ?

  Lire Plus

Martinique – Cuba : Trente ans de coopération médicale

— Par Rodolf Etienne —

Lorsque quinze médecins cubains débarquent à l’aéroport Aimé-Césaire le 26 juin 2020, en pleine crise du Covid-19, une grande partie de la Martinique découvre presque simultanément que Cuba pourrait être un partenaire médical de l’île.

L’image est forte : des médecins venus de La Havane pour renforcer un système hospitalier martiniquais confronté à des spécialités en tension.

Pourtant, cette arrivée très médiatisée n’est pas le commencement d’une relation sanitaire entre les deux îles. Elle en constitue plutôt l’un des épisodes les plus visibles. Car entre la Martinique et Cuba, la santé se conjugue déjà depuis près de trente ans.

Le premier fil conduit au Lamentin et à Santiago de Cuba. Les deux villes sont officiellement jumelées depuis 1996, dans une coopération qui touche la culture, l’éducation, la jeunesse, le sport, le développement local mais également la santé.

Cette relation territoriale va rapidement prendre une dimension hospitalière : Daniel Riam, alors responsable hospitalier martiniquais, sera notamment à l’origine d’une coopération entre l’hôpital du Lamentin et l’hôpital provincial de Santiago de Cuba qui fonctionnera de 1997 à 2007.  Lire Plus

Les archives féministes historiques d’Andrée Michel

— par Rodolf Étienne

Il arrive que les archives racontent davantage qu’une vie. Elles révèlent une époque, les combats qui l’ont traversée et, parfois, tout ce qu’une société a mis du temps à reconnaître.

Andrée Michel (1920 – 2022) fut l’une des pionnières françaises de la sociologie féministe.

Le fonds Andrée Michel, conservé aux Archives nationales présente sur 52,8 mètres linéaires et 215 articles, couvrant une période allant de 1886 à 2018 : correspondances, carnets, enquêtes, photographies, dossiers scientifiques et documents militants. Ce sont ainsi les traces d’une existence passée à interroger la domination des femmes, mais aussi la guerre, le colonialisme et les mécanismes du pouvoir.

Entrée au CNRS en 1951, Andrée Michel travaille très tôt sur les rapports entre famille, travail, immigration et condition féminine, à une époque où les sciences sociales françaises accordent encore peu de place à ces questions.

Chez elle, la recherche n’est cependant jamais séparée de l’engagement. À partir des années 1970, elle participe directement au mouvement féministe et fonde en 1974 un groupe consacré aux femmes et à la sociologie.

Ses archives permettent ainsi de suivre une grande partie des transformations intellectuelles et politiques de la seconde moitié du XXe siècle : revendication du droit à la contraception et à l’avortement, dénonciation du sexisme, réflexion sur la division sexuelle du travail, mais également engagement anticolonialiste et critique des logiques militaires.  Lire Plus

L’éphéméride du 29 septembre

Massacre de Babi Yar les 29 et 30 septembre 1941

Le massacre de Babi Yar est le plus grand massacre de la Shoah ukrainienne par balles mené par les Einsatzgruppen en URSS : 33 771 Juifs furent assassinés par les nazis et leurs collaborateurs locaux, principalement le 201e bataillon Schutzmannschaft, les 29 et 30 septembre 1941 aux abords du ravin de Babi Yar.

D’autres massacres eurent lieu au ravin de Babi Yar dans les mois suivants, faisant entre 100 000 et 150 000 morts (Juifs, prisonniers de guerre soviétiques, communistes, Tziganes, Ukrainiens et otages civils) jusqu’à la mise en place en 1942 du camp de concentration de Syrets.

Babi Yar (« ravin des bonnes femmes  ; en russe : Бабий Яр ; en ukrainien : Бабин Яр, Babyn Yar ; en polonais : Babi Jar) est un lieu-dit de la ville de Kiev (Ukraine) entre les quartiers de Louk’ianivka (Лук’янівка) et de Syrets’ (Сирець).

Un contexte particulier : la conquête nazie de l’Union soviétique
Arrivée de la Wehrmacht en Ukraine

Le 22 juin 1941, plus de trois millions de soldats allemands envahissent le territoire soviétique.  Lire Plus

Appel à rejoindre, la mobilisation du mardi 29 septembre !

— Communiqué du Syndicat CGTM des Retraités –—

Manifestons et dénonçons les projets budgétaires du gouvernement Lecornu. Cure d’austérité pour les retraités et des milliards d’euros pour les nantis !

Parmi les mesures scélérates : La désindexation des pensions, c’est un braquage de 6 milliards, enlevé à la mesure de compensation de l’inflation.

Le gel des pensions qui suivra, une décision tout aussi odieuse. La suppression de l’abattement fiscal de 10%, ce qui alourdira l’impôt sur le revenu de nombreux foyers modestes. La Hausse de la CSG : ce qui aura pour conséquence, d’augmenter la contribution des pensions, de ce budget anti-pauvres. La réduction de la durée maximale de versement des indemnités journalières, en cas d’affection longue durée. La fin du cumul entre l’AAH et l’ASS, cette suppression d’aide c’est 600 euros de moins, volés aux adultes handicapés.

En face, nous constatons l’ampleur des aides publiques aux entreprises

Un pognon de dingue (dixit Macron) en aides publiques aux riches : 211 milliards par an.

Des profits et dividendes records pour le CAC 40, en 2024 une année record à 133 milliards €.  Lire Plus

Caricom, Sainte-Lucie, Saint-Martin : Une nouvelle cartographie du ciel

– par Rodolf Etienne

À Sainte-Lucie comme à Saint-Martin, le ciel change.

Les compagnies américaines renforcent leurs positions, les plateformes aéroportuaires se modernisent et les transporteurs régionaux tentent de reconstruire les liaisons entre les îles.

Dans le même temps, la CARICOM dispose depuis 2020 d’un accord visant à créer un véritable marché unique du transport aérien. Le paradoxe est saisissant : la Caraïbe n’a jamais été aussi accessible depuis Miami, New York, Atlanta ou Orlando, mais elle reste encore difficile à parcourir de l’intérieur. Et cette recomposition intervient justement au moment où Washington replace officiellement l’hémisphère occidental au cœur de sa stratégie.

Sainte-Lucie – deux aéroports, deux logiques

Sainte-Lucie donne une première clé de lecture. Depuis Hewanorra, American Airlines dessert Miami et Charlotte ; Delta, Atlanta ; JetBlue, New York et Boston ; United, Newark. Air Canada, WestJet et British Airways maintiennent les grands axes internationaux. Mais, autour de George F. L. Charles, une autre carte se dessine : Caribbean Airlines, LIAT 20, Winair, interCaribbean, Sunrise Airways ou Air Adelphi travaillent les liaisons régionales. L’île dispose donc de deux portes : Hewanorra vers les grands marchés extérieurs, George F.  Lire Plus

29 septembre : Grève générale pour une journée sous haute tension sociale

—- par Rodolf Étienne —

La journée du mardi 29 septembre 2026 pourrait être une journée particulièrement sensible en Martinique.

Deux dossiers, distincts mais étroitement liés dans leurs conséquences quotidiennes, vont se rencontrer : une mobilisation nationale de la fonction publique, élargie localement à l’ensemble des secteurs, et une nouvelle échéance financière pour un système de transports collectifs déjà profondément fragilisé.

En Martinique, les organisations syndicales ont annoncé samedi 26 septembre leur volonté de relayer la journée nationale de grève et de l’élargir à l’ensemble des secteurs. La mobilisation nationale concerne initialement les agents de la fonction publique : les préavis couvrent notamment les trois versants — État, territoriale et hospitalière — et portent principalement sur les rémunérations, la revalorisation du point d’indice, les conditions de travail et le pouvoir d’achat.

Une mobilisation nationale qui prend une dimension martiniquaise

Le mouvement du 29 septembre ne naît donc pas en Martinique. Au niveau national, plusieurs organisations syndicales contestent la politique salariale appliquée aux agents publics. La CFDT réclame notamment des mesures générales et immédiates sur les salaires, une revalorisation du point d’indice et son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA et le maintien intégral de la rémunération en cas de congé maladie ordinaire.  Lire Plus

Antilles : surveiller les signaux faibles

Oui assurément , la crise budgétaire et financière était évitable en Martinique , avec le recours à la veille et à l’analyse prospective !

— Par Jean-Marie Nol —

L’image que l’on dépeint fréquemment de l’homme politique est celle, un peu poussiéreuse, de l’élu qui endort ses auditoires par des explications idéologiques soporifiques que les citoyens doivent mémoriser sans trop savoir pourquoi ni comment faute de transparence . L’explication officielle de la dérive financière de la CTM fait état d’un déséquilibre structurel et non de mauvais choix de gestion. Mais force est de souligner que cette explication est un peu trop courte et à la limite de la caricature ,car fort éloignée des réalités de l’ensemble des régions et collectivités d’outre-mer, où la Martinique fait seule exception quant à la dégradation accélérée des paramètres budgétaires et financiers. La véritable question qui se pose aujourd’hui aux Antilles n’est plus seulement celle de la gestion du passé et du présent en solitaire d’une certaine collectivité , mais celle de la capacité collective à anticiper un avenir devenu beaucoup plus incertain. Dans un environnement marqué par le ralentissement de la croissance, l’endettement public, les tensions sociales, la fragilisation des finances publiques et la transformation rapide des modèles économiques, gouverner ne peut plus consister à mettre en avant un déséquilibre structurel et encore moins à réagir après coup aux crises lorsqu’elles surviennent.  Lire Plus

Kösem Sultan : La dame de Topkapi ou la conquête du sultanat

– par Rodolf Etienne

Kösem Sultan, la dame de Topkapi, entre dans l’histoire presque sans passé.

On ignore son nom, son lieu de naissance, les circonstances exactes qui l’ont conduite au palais impérial.

La dame de Topkapi se trouve pourtant historiquement au coeur même du pouvoir ottoman.

Compagne d’Ahmed Ier, mère de deux sultans, grand-mère d’un troisième, elle traverse près d’un demi-siècle de crises dynastiques et transforme la position traditionnellement réservée aux femmes du palais en véritable instrument politique.

Son histoire est celle d’une formidable ascension, mais aussi celle d’une femme qui conquiert le pouvoir sans jamais pouvoir sortir du système qui l’a d’abord enfermée.

Une femme surgie presque de nulle part

Le commencement de sa vie appartient davantage à l’incertitude qu’à l’histoire. Les sources ottomanes ne permettent pas d’établir précisément sa famille, son lieu de naissance ni les circonstances de son arrivée au palais. Elle aurait été d’origine chrétienne orthodoxe ; différentes traditions lui attribuent des origines grecques ou balkaniques. Les noms Mahpeyker et Kösem apparaissent ensuite dans les sources ottomanes. C’est donc avec prudence qu’il faut accueillir les biographies qui lui donnent une enfance très précisément documentée.  Lire Plus

Santé – Urgences : Au CHUM, plus de 11 139 passages en trois mois

– par Rodolf Étienne 

Depuis plusieurs mois, la question des urgences hospitalières revient avec insistance en Martinique.

Fermeture nocturne des admissions à l’hôpital Louis-Domergue de Trinité, difficultés de recrutement des médecins urgentistes, tensions sur les effectifs, organisation exceptionnelle du CHU de Martinique : les signes de la fragilisation du dispositif sont désormais mesurables.

Pourtant, lorsqu’on cherche à mesurer précisément cette tension, notamment à travers le nombre de passages et les durées d’attente, les données disponibles restent étonnamment parcellaires.

Le chiffre le plus précis communiqué récemment par le CHU de Martinique concerne les urgences de Pierre-Zobda-Quitman. Entre le 20 avril et le 20 juillet 2026, l’établissement hospitalier indique avoir enregistré 11 139 passages, soit environ 121 passages par jour en moyenne. Ce chiffre a été rendu public à l’occasion du bilan du dispositif numérique FollowMe (https://followme-urgences.fr/), mis en place afin de permettre aux patients et aux accompagnants de suivre les différentes étapes de leur parcours aux urgences. Ce volume est loin d’être négligeable.

À titre de comparaison, Pierre-Zobda-Quitman avait enregistré 42 444 passages sur l’ensemble de l’année 2024, soit environ 116 passages par jour.

  Lire Plus

De Camille Darsières à Serge Letchimy : d’une faute à l’autre, d’une crise à l’autre

— Les Contrechroniques d’Yves-LéopoldMonthieux —

En quarante ans de décentralisation – d’apprentissage de l’autonomie –, la gouvernance régionale a trop souvent substitué l’incantation idéologique au sens de l’anticipation. Du mythe du « dépeuplement » au naufrage de la collectivité, retour sur une trajectoire budgétaire où l’imprévoyance locale s’érige en provocateur de l’État régalien auprès duquel, néanmoins, il cherche systématiquement son salut. Le silence des médias et des intellectuels étant acquis, les perdants sont réputés avoir eu raison de toujours se tromper. Une façon de les inviter à persévérer.

LA FAUSSE PANNE DÉMOGRAPHIQUE : ANATOMIE D’UNE MYSTIFICATION

À en croire le récit convenu façonné par les sachants et les faiseurs d’opinion, le BUMIDOM aurait véritablement dépouillé la Martinique de ses « forces vives », portant la responsabilité exclusive du non-développement de la collectivité. Cette assertion constitue pourtant l’une des plus grandes escroqueries intellectuelles et politiques de notre histoire récente. Elle a permis aux gouvernants locaux de se couler dans une posture d’opposition systématique aux mesures gouvernementales des années 1960 et 1970, érigeant le BUMIDOM en videur de « forces vives » et le Service militaire adapté (SMA) en « armée d’occupation coloniale ».  Lire Plus

Le mythe transforme l’ethnie, le groupe ou la nation en race…

— Par Camille Loty Malebranche —

Le verbe créateur de l’identité du groupe s’érige en mythe dès qu’il s’impose en vision sacrée qui sacralise l’ethnie, la peau, la nation, le groupe… Tout ce qui substantialise la condition, les contingences pour essentialiser des collectivités humaines afin de leur conférer des privilèges logiquement indus à cause de leur origine, de leur clan, de leur couleur, en en excluant tous les autres, est constitution d’une race. Ainsi, toute discrimination – terme à ne pas confondre avec la différenciation par les vraies valeurs spirituelles, morales, intellectuelles et les justes combats menés selon ces valeurs – est du racisme.

Le verbe créateur d’identité de groupes humains n’est pas toujours sacré. Parfois, il n’est que rassembleur! Il dévie en mythe quand il devient agressivement sacré et menaçant pour l’altérité. Sacré (parfois littéralement religieux), liant la naissance et l’existence de la société au suprahumain au cosmique voire au supracosmique et au divin via un naturalisme sacral, le verbe créateur d’identité, risque des déviations sur la route des excès parce que frontière diabolique pouvant dériver en pathogénies discriminatoires. En effet, c’est de la sacralisation verbale que naît la fiction de la race, des faux mérites et toutes les imbécillités de ceux qui distillent leur être identitaire dans une vision où ils se voudraient supérieurs à tous les autres qui ne sont de leur « nature raciale et sociale ».  Lire Plus