Catégorie : Sciences Sociales

Antilles françaises : l’avertissement vénézuélien

Le droit international est mort : alors quels enseignements tirer pour les Antilles françaises du retour de la politique du Big Stick des USA dans la caraïbe et notamment au Venezuela ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’intervention militaire américaine au Venezuela, annoncée comme une « attaque de grande envergure » ayant conduit à l’enlèvement du président Nicolas Maduro ainsi que de son épouse, marque un tournant brutal et sans ambiguïté dans la géopolitique régionale. Elle signe le retour assumé de la diplomatie de la force dans la Caraïbe, renouant avec une tradition interventionniste ancienne des États-Unis, théorisée au début du XXe siècle par Theodore Roosevelt sous le nom de politique du Big Stick autrement dit du « gros bâton » . Derrière les discours officiels invoquant la lutte contre le narcotrafic, la défense des droits humains ou la restauration de la démocratie, se dessine une réalité plus crue : celle du rapport de force, de la captation des ressources stratégiques et de la sécurisation des zones d’influence dans un monde redevenu ouvertement impérial, et surtout contrer l’influence chinoise dans la zone de l’Amérique du Sud .

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Après l’agression des forces armées des USA au Venezuela A bas l’impérialisme !

Au cours de la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les bombardements au Venezuela perpétrés par l’armée américaine de Trump et l’enlèvement du président Maduro et de sa femme constituent des actes de piraterie internationale.

Le prétexte ? Maduro serait à la tête d’un puissant réseau de drogue ! Ce qui n’est absolument pas prouvé.

Les vraies raisons : mettre au pas un régime, ami de Cuba, qui ne se soumet pas aux diktats de l’impérialisme nord américain. Et surtout tenter d’avoir la main sur les immenses réserves de pétrole vénézuélien, les plus grandes du monde. Voila les vraies raisons de cette intervention militaire américaine sur terre après avoir bombardé plusieurs bateaux qui transportaient soi-disant de la drogue. Ce qui n’est pas prouvé. Plus d’une centaine de personnes ont été tuées lors de ces bombardements.

L’impérialisme américain instaure sa dictature dans le monde entier. L’Amérique latine et les Caraïbes sont l’arrière cour des USA depuis plus d’un siècle. D’autres pays sont menacés comme la Colombie, le Mexique.

On en revient à la vieille doctrine impérialiste de Monroe : ‘l’Amérique aux américains »

La direction de la bourgeoisie mondiale est aux Etats-Unis.

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L’enlèvement de Nicolas Maduro

La crise actuelle du Venezuela s’inscrit dans une longue dégradation de la démocratie et de l’État de droit, dont Nicolás Maduro porte une responsabilité centrale. Désigné successeur d’Hugo Chávez, il n’a jamais bénéficié d’une légitimité populaire pleine et entière. Son accession au pouvoir s’est faite à l’issue d’élections extrêmement serrées, organisées dans un contexte de déséquilibre manifeste : institutions électorales majoritairement inféodées au pouvoir, usage massif des ressources de l’État à des fins partisanes, accès inégal aux médias et climat de pression politique permanente sur l’opposition. Les scrutins ultérieurs n’ont fait qu’aggraver ces soupçons, notamment lorsque des résultats ont été proclamés sans publication complète des procès-verbaux, vidant l’acte électoral de sa crédibilité démocratique.

À cette fragilité politique s’ajoute un bilan humain et institutionnel alarmant. Les enquêtes menées par les Nations unies font état de violations graves et systématiques des droits de l’Homme, commises dans le cadre d’une répression politique organisée. Selon ces rapports, ces exactions ne relèvent pas de dérives isolées, mais d’une politique d’État, impliquant directement les plus hauts responsables civils et militaires. Arrestations arbitraires, violences lors des manifestations, persécutions ciblées contre les opposants : autant de pratiques qui ont contribué à priver Nicolás Maduro de toute légitimité morale et démocratique aux yeux d’une grande partie de la communauté internationale.

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La mort de Francis Hallé défenseur des arbres et de la forêt

Le botaniste français Francis Hallé est mort le 31 décembre 2025 à Montpellier, à l’âge de 87 ans. Spécialiste reconnu des forêts tropicales humides et ardent défenseur des forêts primaires, il a consacré plus de soixante années à l’étude du monde végétal et à la transmission de ses connaissances auprès du public.

Né à Seine-Port, en région parisienne, dans une famille de sept enfants, Francis Hallé grandit dans un environnement propice à l’observation de la nature. Son père, ingénieur agronome, et sa mère, issue d’une famille d’artistes et passionnée de plantes, contribuent à éveiller très tôt son intérêt pour le végétal. Il entreprend des études de biologie à la Sorbonne, obtient un doctorat en botanique et complète sa formation à l’université d’Abidjan.

À partir de 1960, il s’installe en Côte d’Ivoire, où il séjourne jusqu’en 1968. C’est là qu’il découvre pour la première fois une forêt tropicale primaire, expérience fondatrice de son parcours scientifique. Ses recherches le conduisent ensuite dans d’autres régions tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Insulinde, notamment au Congo, au Zaïre et en Indonésie. Il s’attache à étudier les forêts dans leur état le moins modifié par l’activité humaine, considérant qu’elles concentrent l’essentiel de la biodiversité terrestre.

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Guadeloupe et Martinique : La montée en puissance d’une classe moyenne

En 2026 , la surprenante résilience matérielle de la classe moyenne des Antilles à la crise ne doit pas être masquée par des considérations politiques et idéologiques.

— Par Jean-Marie Nol —

La montée en puissance de la classe moyenne en Guadeloupe et en Martinique depuis plusieurs décennies ne relève plus aujourd’hui d’un simple ressenti sociologique ni d’une construction intellectuelle défensive face aux crises contemporaines. Elle s’observe de manière concrète, mesurable et quotidienne dans les pratiques de consommation, les choix patrimoniaux et les comportements économiques des ménages. En dépit d’un discours dominant insistant sur l’inflation, la vie chère et l’essoufflement supposé du modèle départemental, les faits traduisent une réalité bien plus complexe et souvent dérangeante pour ceux qui ont fait de la dénonciation permanente du système un levier idéologique. Loin d’un effondrement social, la Guadeloupe et la Martinique donnent à voir l’existence d’un pouvoir d’achat réel, concentré mais suffisamment diffus pour structurer durablement la société antillaise autour d’une classe moyenne désormais centrale.

La consommation de champagne constitue à cet égard un indicateur emblématique. En 2025, plus de trois millions de bouteilles ont été importées sur les deux territoires, soit près de cinq bouteilles par habitant, plaçant la Guadeloupe et la Martinique en tête du palmarès mondial de la consommation proportionnelle de ce vin effervescent d’exception.

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Enquête « Consommation et budget » dans la commune du Lorrain

La Commune du Lorrain (Martinique) informe la population de la réalisation de l’enquête statistique « Consommation et budget », également appelée Enquête Budget de famille, menée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Cette enquête, obligatoire et reconnue d’intérêt général, se déroulera du 1er janvier au 31 décembre auprès d’un échantillon de logements tirés au hasard dans la commune.

Elle a pour objectif de mieux connaître les habitudes de consommation et les budgets des ménages : dépenses liées au logement, aux transports, à l’alimentation, à l’habillement, ainsi qu’aux achats de biens et services. Les résultats permettront de comparer les modes de consommation selon le revenu, l’âge ou le territoire et contribueront notamment au calcul de l’indice des prix à la consommation.

Les ménages concernés recevront un courrier de l’Insee. Un enquêteur habilité, tenu au secret professionnel et muni d’une carte officielle, prendra ensuite contact afin de fixer un rendez-vous.
L’enquête comprend deux entretiens en face-à-face et une période durant laquelle les participants devront noter leurs dépenses pendant une semaine, soit sur un carnet, soit via une application mobile.

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ATOM 2026 : une nouvelle opportunité pour les talents ultramarins

Fondé en 1996 par les principaux acteurs de la filière de la fiction audiovisuelle, le Conservatoire Européen d’Écriture Audiovisuelle (CEEA) est aujourd’hui reconnu comme le pionnier de la formation professionnelle dédiée à l’écriture de scénario en France. Centre de formation spécialisé, placé sous la tutelle du ministère de la Culture, le CEEA a pour mission de former des scénaristes capables de concevoir, développer et structurer des œuvres audiovisuelles destinées au cinéma, à la télévision, à l’animation ou aux nouveaux formats numériques.

L’enseignement du CEEA repose sur une pédagogie exigeante et professionnalisante, assurée exclusivement par des auteurs, scénaristes, réalisateurs et producteurs en activité. Cette approche permet aux apprenants d’acquérir des compétences solides et directement opérationnelles, tout en étant confrontés aux réalités concrètes du secteur audiovisuel. Le Conservatoire œuvre ainsi activement au renouvellement des forces créatives, en veillant à ce que les récits produits reflètent la diversité des expériences, des cultures et des imaginaires de la société contemporaine.

Dans cette logique d’ouverture et de diversification des profils, le CEEA s’est associé, en 2022, à la productrice France Zobda (Eloa Prod) pour créer le dispositif ATOM – Auteurs Talents d’Outre-Mer.

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L’esprit et l’enchantement de la vie.

— Par Camille Loty Malebranche —

Comment vivre dans l’enchantement au sein d’un monde de platitude et de sécheresse pragmatique où l’agressivité morne de l’immédiat dit réalité, bloque tout accès aux plus simples charmes naturels de la vie et détériore la qualité des rapports humains? Sans être une désincarnation fictive, expatriation fantasque de l’imaginaire, la transcendance spirituelle seule peut y contribuer. Et parlant d’expatriation, nous ne pouvons oublier les apatridies forcées de l’individu dans un contexte de séquestration multiple des espaces de l’homme par l’idéologie, car l’État, soi disant propriété commune des fils de la nation, est converti en sceptre terrifiant entre les mains des magnats voraces de la finance, de l’industrie et du commerce contre l’individu cloîtré par les structures débilitantes du pouvoir qui annihilent ses droits citoyens.

Le culturel, cet espace immatériel et impondérable – subverti par le marchandage médiatique, freiné par les ayant droit de la diffusion de masse, accoutré par le kitsch pour le populisme médiatique – est, hélas, ravi aux peuples auxquels on ne présente que les productions le plus souvent banales mais fortement commercialisables pour les foules ignares que téléguident les organes de presse mainstream.

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128 journalistes et professionnels des médias tués en 2025

La FIJ publie la liste définitive

[Translate to French:]

Cent vingt-huit journalistes et professionnel·le·s des médias, dont 10 femmes, ont perdu la vie en 2025, selon la liste définitive des journalistes tué·e·s publiée le 31 décembre par la Fédération internationale des journalistes (FIJ). La liste recense également neuf décès accidentels. La FIJ déplore une nouvelle année meurtrière pour les journalistes, tout en dénonçant l’incapacité persistante des autorités à protéger les professionnel·le·s des médias et en appelant à une action immédiate et décisive pour mettre fin au cycle de violence et d’impunité en 2026.

La liste mise à jour recense 17 cas supplémentaires confirmés après le 10 décembre, soulignant une année particulièrement meurtrière pour le journalisme et la persistance de l’impunité. La Fédération avait publié une liste préliminaire le 9 décembre, faisant état de 111 meurtres, dont un décès accidentel.

La liste du 31 décembre tient compte des décès supplémentaires survenus en Palestine, en Tanzanie, au Pérou et au Guatemala, ainsi que des décès accidentels de sept professionnel·le·s des médias au Nigeria, d’un au Burundi et d’un en Iran, et d’autres meurtres qui ont été portés à l’attention de la Fédération.

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Les voeux de Madinin’Art pour 2026

— Par M’A —

Au choix :

L’équipe de Madinin’Art tient à vous remercier pour la confiance que vous lui accordez et vous souhaite bonheur et réussite dans tous vos projets.

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Notre volonté d’améliorer sans cesse Madinin’Art est le moteur qui nous fait avancer vers l’avenir avec sérénité. Toute l’équipe de Madinin’Art vous remercie de votre confiance et vous présente ses meilleurs vœux de Santé et de réussite pour l’année ….

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Relever des défis, braver des obstacles et aller de l’avant pour atteindre les plus hauts sommets afin de construire ensemble un avenir serein dans la réalisation de nos projets commun sur le long terme.Que notre collaboration perdure en cette Nouvelle Année !

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Plantes médicinales : entre savoirs traditionnels et validation scientifique

— Par François Chassagne (*) —

À la croisée de l’ethnobotanique et de la pharmacologie, l’ethnopharmacologie étudie et valide des remèdes traditionnels aux quatre coins du monde. –

Publié le 30 déc. 2025 par The Conversation

De l’aspirine au quinquina, de nombreuses plantes ont façonné la médecine moderne. Mais entre usages ancestraux, risques méconnus et science contemporaine, l’ethnopharmacologie cherche aujourd’hui à démêler le vrai du faux – et à protéger un patrimoine encore largement inexploré.

Saviez-vous que près d’une plante sur dix dans le monde était utilisée à des fins médicinales ? Certaines ont même donné naissance à des médicaments que nous connaissons tous : l’aspirine, dérivé du saule (Salix alba L.), ou la morphine, isolée du pavot à opium (Papaver somniferum L.). Au fil des siècles, les remèdes traditionnels, consignés dans des textes comme ceux de la médecine traditionnelle chinoise ou ayurvédique, ou transmis oralement, ont permis de soulager une multitude de maux.

Ainsi, en Chine, les tiges de l’éphédra (Ephedra sinica Stapf), contenant de l’éphédrine (un puissant décongestionnant), étaient employées contre le rhume, la toux et l’asthme il y a déjà 5 000 ans.

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Des municipalités écologistes pour préparer demain (4)

— RS n° 427 lundi 29 décembre 2025 —

Les propositions citées dans les deux précédents numéros visent à répondre aux urgences et à préparer demain. Poursuivons dans la même optique en complétant l’indispensable volet écologique.

Cet aspect est certes déjà présent, étroitement mêlé au social, dans la question du transport public, d’une médecine prise en charge par la Sécu (dans des maisons communales de santé), dans le choix de création de structures publiques ou semi publiques pour la politique de transition énergétique, de l’eau, de l’agriculture paysanne (en lien avec l’alimentation des cantines scolaires). Dans tous ces domaines, la ville en étant un centre d’impulsion réaliste, doit chercher à avoir un effet d’entraînement sur les communautés de communes, mais aussi sur la CTM.

Toute édilité conséquente cherchera à combiner les échelles, allant du local à l’intercommunal et au territorial. Ces combats, il faudra d’ailleurs les mener en cherchant des alliés dans les autres colonies comme en France même.

Les problèmes écologiques affectant déjà notre présent et menaçant gravement notre futur, appellent des réponses jusque sur le plan international. Il faut agir local et aussi…agir global.

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À propos du retour programmé de la « soup joumou »

Imposture à géométrie variable, fraude identitaire et arnaque populiste : 
retour programmé de la « soup joumou » dans la gastronomie du Jour de l’An 2026
 — Par Robert Berrouët-Oriol (*)
 
MISE EN CONTEXTE  Au seuil du Nouvel an 2026, la « soup joumou » –emprisonnée dans les filets d’une verbeuse et récidiviste imposture à géométrie variable–, est de retour sur le registre préfabriqué de la fraude identitaire et de l’arnaque populiste. Ce délicieux mets de la gastronomie haïtienne est une fois de plus convoqué pour entonner le cocorico d’un discours affabulatoire selon lequel la « soup joumou » serait parée des vertus curatives de « soupe de l’identité nationale » et de « soupe de l’Indépendance »… Dans tous les articles que nous avons consacrés à cette arnaque affabulatoire et à ses manipulations politiques, nous avons démontré que le statut de « soupe de l’identité nationale » et de « soupe de l’Indépendance » ne repose sur aucune étude historique et scientifique connue et consultable. Nous avons également démontré que le cartel policito-mafieux du PHTK néo-duvaliériste a spécialement  missionné sa porte-parole auprès de l’UNESCO, l’ambassadrice Dominique Dupuy, dans le but de faire figurer la « soup joumou », en décembre 2021, sur la « Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO ».

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Ce qui change en janvier 2026

Finances, logement, transports, prestations sociales, etc. on fait le point sur les nouveautés qui interviennent au mois de janvier.

Transports

Plusieurs actualités relatives au domaine du transport en janvier : le contrôle technique est renforcé ; de nouvelles plaques d’immatriculation roses arrivent ; le versement mobilité (une contribution pour le financement des transports en commun versée par les employeurs qui embauchent plus de 10 salariés) évolue, etc.

Un contrôle technique renforcé à partir de 2026
Des plaques d’immatriculation roses arrivent en 2026
Quels seront les nouveaux tarifs des transports en Ile-de-France à partir du 1er janvier ?
Versement mobilité : les nouveaux taux au 1er janvier 2026

Argent

Service Public vous présente les différentes évolutions relatives aux finances des particuliers : revalorisation du Smic, de nouvelles règles applicables pour la déclaration de dons entre proches, etc.
Quelle revalorisation pour le Smic à compter du 1er janvier ?
Dons d’argent entre particuliers : les règles de déclaration évoluent
Nouveaux tarifs pour les timbres et les colis
Indice des prix à la consommation : quelle évolution ?

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L’état de droit à la Martinique

— Par Michel Herland —

Cet article qui fait suivre à celui portant sur le verdict du procès des « déboulonnages » des statues à la Martinique (*) se propose d’étudier plus largement la situation de l’état de droit. Compte tenu des similitudes structurelles existantes entre la Martinique et les autres collectivités françaises d’Outre-mer cette analyse pourra s’appliquer, mutatis mutandis, à ces dernières.

Deux définitions pour commencer.

L’état de droit. A priori, l’état (sans majuscule) de droit règne dans un pays lorsque les lois sont globalement respectées. Mais dans les démocraties libérales la définition est différente, l’état de droit suppose en outre que les lois ne contredisent pas les droits de l’homme – les droits humains – tels que définis par diverses chartes, avec toutes les ambiguïtés que cela suppose (1). Ainsi considère-t-on chez nous que l’état de droit ne prévaut pas en Chine, même si les lois y sont respectées bien plus que dans bien des démocraties occidentales.

Légitimité de l’État. Ce n’est pas une question de droit mais de sentiment. Un État (avec majuscule) est ou non perçu (globalement) par les citoyens comme légitime – et donc plus ou moins en mesure de faire régner la loi.

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Les arrière-petits-fils d’esclaves martiniquais sont-ils les plus heureux de la terre ?

Par Yves-Léopold Monthieux —

La Martinique et les Martiniquais d’origine africaine ont connu la déportation, l’esclavage, les insurrections dont celles de 1848 et 1870, l’expédition du Mexique en 1861, la grève de février 1900, l’éruption de la montagne Pelée en 1902, les départs vers le Panama et le Vénézuéla vers 2010, la guerre 1914 – 1918, la marche de la faim de 1936, la guerre 1939 – 1945, l’Amiral Robert, 1939-1945, (la dépendance au ” biscuit américain” et la menace d’envahissement de Fort-de-France par les USA), la départementalisation – assimilation de 1946, les évènements du Carbet, de Bassignac et de Basse-Pointe entre 1948 et 1950, les morts de décembre 1959, l’ordonnance d’octobre 1960, les morts du Lamentin en 1961, l’OJAM en 1962, le BUMIDOM en 1963, la grève de février 1974, le traumatisme du chlordécone, la grève de février 2009, les incidents de 2021 liés au covid, la revendication en cours contre la vie chère, déclenchée par le RPPRAC en 2024.

Que de chemin de croix parcouru par les Martiniquais et la Martinique depuis la déportation d’Afrique, de la guerre pour la liberté et contre la faim jusqu’aux batailles pour la consommation !

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Des vœux, des vœux,

Voeux de l’union des Femmes de Martinique pour l’année 2026

En cette nouvelle année 2026, l’Union des Femmes de Martinique adresse ses vœux les plus chaleureux à l’ensemble de la population.

Une pensée particulière pour toutes les Femmes, celles qui luttent, celles qui réussissent, celles qui souffrent, celles qui résistent, toutes celles qui chaque jour se projettent dans un avenir meilleur au sein de notre société martiniquaise.

Merci à nos adhérentes et sympathisantes, aux associations sœurs,

Pour votre courage et votre solidarité,

Ensemble nous renforçons chaque jour notre engagement en faveur des Femmes.

Merci à nos partenaires, institutionnels, privés et associatifs qui nous soutiennent et accompagnent notre action.

En 2026 nous continuerons à nous battre avec détermination pour l’égalité réelle, la protection des victimes et l’émancipation économique et sociale des Femmes afin que cette année enregistre de réels progrès en leur faveur.

Femmes,

Nous le ferons pour vous et avec vous, toujours.

Gratitude et Respect,

Le Bureau de l’UNION des FEMMES de MARTINIQUE

Marjo HARDY- DESSOURCES SELLAYE

Michèle LATOUCHE

Armide OCTAVILLE

Marie- Christine VARTEL

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Élections en Haïti en 2026

« Il y a peu à choisir entre des pommes pourries. »  (William Shakespeare)

— Par Robert Lodimus —

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer. »

(Voltaire) 

Le docteur Jean Price Mars, de son époque, parlait déjà de crise de pensée dans la société haïtienne. Nos « intellectuels », en ces instants tristes et sombres, ne devraient-ils pas prendre le temps, ou se redonner le plaisir de revisiter le « Discours sur la méthode » de René Descartes ? On ne construit pas l’avenir d’une Nation sans disposer d’une boussole d’idées rationnelles et d’un laboratoire de réflexions méthodiques. Haïti dérive à tous les niveaux. Socio-économiquement misérable, elle l’est tout aussi – si ce n’est davantage – sur le plan de l’ « intelligence créative ». Le 7 février 1986, le pays s’est libéré des Molochs duvaliéristes, mais pour se replonger bien vite dans la mare d’une incompétence anarchisante et d’une irresponsabilité détruisante. 

Nous sommes de plus en plus loin des époques mémorables qui ont donné le mouvement insurrectionnel baptisé « Les Cinq Glorieuses de Janvier 1946 », qui a renversé le lescotisme proétatsunien.

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Interdire l’extrême droite pour sauver la démocratie ? Le vieux dilemme européen

— Par Andrea Martini (*) —

Classée comme organisation extrémiste, l’AfD relance en Allemagne un débat aussi ancien que la démocratie elle-même : faut-il interdire pour se protéger ? De la France des années 1930 à l’Europe d’après-guerre, l’histoire de la “démocratie militante” montre une efficacité réelle… mais toujours fragile.

Début mai 2025, l’Office fédéral allemand pour la protection de la Constitution a établi que le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) devait être considéré comme une organisation extrémiste. Ce statut permet aux magistrats et aux services de renseignement de mener des investigations plus approfondies sur les activités de l’AfD. Désormais, son interdiction ne peut, en termes absolus, être exclue, du moins selon ce qui est prévu par la Constitution du pays, qui considère comme l’un des scénarios envisageables la dissolution de tous les partis – qu’ils soient de droite ou de gauche – représentant une menace pour la démocratie elle-même (art. 21).

En Allemagne, cette décision de l’Office fédéral pour la protection de la Constitution a déclenché un débat intense, interrogeant l’opportunité de mettre en œuvre des mesures répressives pour protéger la démocratie.

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Des labels qualité pour la presse, mission impossible ?

En évoquant un possible label pour l’information, Emmanuel Macron a relancé un débat sensible sur la “vraie” et la “bonne” information. Derrière la polémique, une question centrale : peut-on mesurer la qualité du journalisme sans menacer le pluralisme et la liberté de la presse ?

Le vendredi 28 novembre 2025, dans un échange avec les lecteurs du groupe EBRA, Emmanuel Macron, président de la République, évoquait un “label” pour l’information. Il citait celui de la Journalism Trust Initiative (JTI), créé par Reporters sans frontières (RSF), sans en faire la norme par ailleurs, rappelant que l’engagement des rédactions sur la vérification des faits et de la déontologie est essentiel. Cette déclaration, qui n’avait pas vocation à faire parler d’elle, sera largement débattue dans les médias du groupe Bolloré, qui vont dénoncer une mise sous tutelle de l’information. L’Élysée réagira dès le lundi 1er décembre et dénoncera une “fausse information”.

Ainsi, en trois jours à peine, le trio JDD-Europe 1-CNews sera parvenu à mettre la question du “label” à l’agenda, et le président Macron en porte-à-faux. L’opération est réussie puisque la confusion s’est très vite installée entre, d’une part, un label qui garantit l’information produite par des journalistes selon un certain nombre de critères professionnels – que l’on pourrait appeler “vraie information” et, d’autre part, les velléités prétendues de certains politiques sur la sélection de la “bonne” information.

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L’autonomie comme défausse politique

Autonomie : une opportunité ou un piège délibéré pour les Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

Avec l’autonomie politique voulue par les élus avec l’acquiescement tacite de l’État français , semble se dessiner la fin du modèle de départementalisation, et la paupérisation de la classe moyenne .

Cette manœuvre politique avec à la clé l’effacement relatif de toute solidarité nationale, marque subrepticement une volonté de substitution du modèle actuel de consommation à un autre modèle dit de production .

La crise silencieuse qui s’installe en Guadeloupe et en Martinique ne peut plus être analysée comme une simple défaillance conjoncturelle ni comme la conséquence abstraite de forces économiques mondialisées échappant à toute maîtrise politique. Elle est avant tout le produit d’un système économique construit, organisé et consolidé dans le temps par des choix politiques assumés, au premier rang desquels ceux de l’État français dans le cadre de la départementalisation. Les blocages actuels, l’extraversion de l’économie, la faiblesse chronique de l’appareil productif local et l’incapacité croissante à intégrer les jeunes diplômés dans le monde du travail engagent donc directement la responsabilité politique de l’État, non comme simple acteur parmi d’autres, mais comme architecte central du modèle en vigueur.

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Le désengagement des millionnaires antillais : un problème structurel

Pourquoi les antillais exilés en France et à l’étranger n’investissent pas aux Antilles, alors comment expliquer cette absence de patriotisme ?

— Par Jean-Marioe Nol —

L’absence quasi totale d’investissement aux Antilles de la part de personnalités millionnaires originaires de Guadeloupe et de Martinique, installées durablement en France hexagonale ou à l’étranger, constitue aujourd’hui un angle mort du débat public, rarement abordé frontalement tant il met en tension les discours identitaires, la responsabilité individuelle des élites économiques et les failles structurelles du modèle de développement antillais. Cette question dérange, car elle oblige à dépasser l’explication confortable d’un territoire prétendument « peu attractif » pour interroger un phénomène plus profond : celui d’un désengagement volontaire, rationnel et assumé, de celles et ceux qui disposent pourtant du capital financier, symbolique et relationnel susceptible de transformer durablement l’économie locale.

L’attractivité d’un territoire se mesure d’abord à sa capacité à capter des investissements durables, et notamment des investissements directs étrangers, entendus comme des prises de participation significatives dans le capital d’entreprises locales permettant d’influer sur leur gouvernance et leur stratégie. Investir n’est jamais un acte neutre : c’est un pari sur la stabilité institutionnelle, la lisibilité des règles, la qualité du capital humain et la profondeur des marchés.

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Vulgarophilie: production du peuple en foule par l’oligarchie.

— Par Camille Loty Malebranche —

De l’État vulgarophile

La vulgarophilie est l’art macabre d’encanaillement du peuple par l’État. Art sordide d’un État morbide qui tend, à coups de perfidies extrêmes, à faire de toute la société une collectivité vulgaire, une immense foule manipulée à travers toutes espèces de perversions réifiantes. Là où l’ochlocratie est le pouvoir des foules imposant leur diktat sans aucune vision politique viable ni aucun but révolutionnaire à la société, la vulgarophilie, elle, réduit le peuple votant en moins que rien agressif, cohue sauvage, horde de forcenés électeurs qui vote des populistes et fascistes grossiers sachant mobiliser et manipuler l’électorat par des slogans démagogiques, vides et vulgaires mais flatteurs des bas instincts de la canaille votante.

L’une des plus maléfiques réussites des establishments manipulateurs qui mènent idéologiquement le monde, c’est de réduire le plethos (la multitude) des peuples en foules médiatico-idéologiques et de niveler au plus vil la perception conditionnée que les majorités reçoivent de la factualité des choses du social que sont la politique, l’économie, le culturel… Tous ces paramètres de la vie sociale du civilisé sont dénaturés et produits en credo vulgairement identitaires du grand nombre.

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Caraïbes : l’effondrement silencieux des récifs coralliens

— Par Sabrina Solar —

Les récifs coralliens des Caraïbes traversent une crise écologique majeure, d’une ampleur sans précédent. En un peu plus de quatre décennies, près de la moitié de la couverture en coraux durs de la région a disparu. Entre 1980 et 2024, cette couverture a chuté de 48 %, selon les travaux du Global Coral Reef Monitoring Network, un réseau international mobilisant plus de 200 scientifiques issus de 44 pays et territoires. Ces données, collectées sur près de 14 000 sites suivis depuis les années 1970, dressent un constat alarmant pour un écosystème qui représente à lui seul près de 10 % des récifs coralliens mondiaux.

Au cœur de cette dégradation se trouve le réchauffement accéléré des océans. Dans les zones récifales des Caraïbes, la température moyenne de surface de la mer a augmenté de 1,07 °C entre 1985 et 2024, soit un rythme de réchauffement de 0,27 °C par décennie. En 2023, la température de l’eau a même dépassé les 30 °C durant plusieurs semaines consécutives, un seuil critique pour la survie des coraux. Cette élévation thermique, directement liée aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, provoque des épisodes répétés de blanchissement massif.

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Taïnos et Kalinagos : une exposition et un livre

— par Selim Lander —

La Fondation Clément à la Martinique organise à côté des expositions mettant en valeur les artistes caribéens contemporains des événements prestigieux en relation avec d’autres institutions. Après Télémaque et Le Geste et la Matière avec le Musée Pompidou (2016 et 2017), Afrique (2108 avec la Fondation Dapper), Révélation ! (2025 avec la République du Bénin) c’est cette fois d’un retour aux sources les plus lointaines de la création dans l’archipel caribéen qu’il est question, en collaboration avec le Musée du Quai Branly. Plus de 300 pièces sont rassemblées en provenance des collections européennes mais aussi bien américaines, dominicaines, portoricaines, guadeloupéennes et bien sûr martiniquaises, sous le commissariat d’un ancien directeur du Musée de l’Homme, André Delpuech qui signe plusieurs articles du catalogue.

Les catalogues sont souvent comme ces beaux livres qu’on range dans un coin pour ne plus les consulter. Celui de cette exposition devrait connaître un sort différent et devenir un ouvrage de référence concernant une ou plutôt des civilisations à propos desquelles on manquait jusqu’ici cruellement d’informations aisément accessibles, sachant que ni le livre ni l’exposition ne pourront lever tous les secrets de sociétés sans écriture et dont les seuls témoignages dont nous disposions par les récits des premiers colonisateurs (soldats ou plus souvent membres du clergé) ne portent que sur la période la plus récente de leur histoire, comme celui du Père Breton (1665), lequel a laissé de précieuses informations et même un dictionnaire callinago-français.

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