Catégorie : Arts de la scène

« Adan nanm ek kò » de Ella Moun & « La Nuit des rois » de Philippe Lacôte

Mardi 31 mars – 19h | Tropiques-Atrium

« Adan nanm ek kò » de Ella Moun
Ce film est lauréat 2024 de la Commission Ateliers du GREC et a reçu le soutien de l’Agence Régionale de Santé.
Synopsis :
Condamnée pour le meurtre de son mari, Chérinise purge une peine de dix ans de prison. Enfermée dans un pénible univers carcéral, elle se lie d’amitié avec deux codétenues, Josèphe et Léonora. Ses traumatismes du passé se révélant à travers des cauchemars récurrents, Chérinise écrit alors sur les murs de sa cellule pour exorciser ses souffrances. Obsédée par l’écriture, elle noircit les murs puis l’intégralité de son corps.

La Nuit des rois est un film franco-ivoiro-canado-sénégalais coécrit et réalisé par Philippe Lacôte,
8 septembre 2021 en salle | 1h 33min | Drame, Fantastique
De Philippe Lacôte | Par Philippe Lacôte
Avec Bakary Koné, Steve Tientcheu, Digbeu Jean Cyrille

Synopsis
L’action se déroule à l’époque contemporaine, dans la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), en Côte-d’Ivoire. Un jeune délinquant y arrive pour purger une peine et se retrouve confronté aux rituels et coutumes de la prison qu’il ne connaît pas.

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Le ciné-club Ciné’Autream relance sa saison 2026

 Mardi 31 mars à 19h | Tropiques-Atrium

L’association Autream, qui rassemble les auteurs et réalisateurs de Martinique, relance son ciné-club Ciné’Autream avec une première séance programmée le mardi 31 mars 2026 à 19h, à la salle Frantz Fanon de Tropiques Atrium. Au programme : projections, découverte des métiers du cinéma et échange direct avec des professionnels du secteur.

Pensé comme un espace de transmission et de dialogue, Ciné’Autream repose sur un principe simple : « un film, un métier, un échange ». À travers des œuvres d’auteur – fictions ou documentaires rarement diffusés en Martinique – le public est invité à explorer les coulisses de la création cinématographique et à échanger avec celles et ceux qui la font vivre.

Pour ouvrir la saison 2026, la soirée sera consacrée au métier de producteur et à la coproduction internationale. En avant-programme sera projeté le court-métrage martiniquais Adan nanm ek kò (29 min) de la réalisatrice Ella Moun, récompensé dans plusieurs festivals caribéens. Situé dans l’univers carcéral, ce film apporte un regard ancré dans le territoire martiniquais sur la thématique de la soirée.

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« Dossier 137 », un film de Dominik Moll

📅Mardi 31 mars 🕘18h45 📍 T.O.M. Croix Mission FdF | ⭐⭐⭐⭐ |

Par Dominik Moll, Gilles Marchand
Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich | 19 novembre 2025 en salle | 1h 55min | Policier
Synopsis :
Le 8 décembre 2018, lors d’une manifestation de gilets jaunes à Paris, Guillaume Girard, 20 ans, est grièvement blessé à la tête par un tir de flash-ball. Sa mère, Joëlle, porte plainte à l’IGPN où la déposition est prise par Stéphanie Bertrand. Les Girard vivent à Saint-Dizier, ville d’origine de Stéphanie, sans qu’ils se connaissent. Joëlle raconte avoir été séparée de son fils et de Rémi, le petit ami de sa fille, ensuite arrêté et détenu à Fleury-Mérogis.
Stéphanie examine vidéos et témoignages. Elle repère cinq hommes en civil, identifiés comme policiers de la BRI, et reçoit des confidences sur le chaos opérationnel du jour. Son enquête est critiquée, notamment par son ex-mari policier. Lors d’un passage à Saint-Dizier, elle croise par hasard Joëlle, qui connaît sa mère.
Une vidéo filmée depuis l’hôtel Prince de Galles par une femme de chambre, Alicia Mady, révèle que Guillaume n’était pas agressif et qu’il a été visé par deux policiers alors qu’il fuyait, l’un lui donnant même un coup de pied au sol.

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« Les Fractures invisibles », un film de Jean-Michel Loutoby

— Par Hélène Lemoine —

Les Fractures invisibles, réalisé par Jean-Michel Loutoby, sorti en salles le 25 mars et visible à Madiana depuis le 27 mars, est un drame social martiniquais d’une durée de 1h15. Le film met en scène Leny Michanol, Axelle Rene et Frédéric Fostan, dont une grande partie sont des comédiens amateurs.

L’histoire suit Dylan, un jeune homme de 19 ans pris au piège entre ses aspirations personnelles et les attentes de son père, chirurgien autoritaire, qui lui impose des études de médecine. Étouffé par cette pression, Dylan sombre peu à peu dans le mal-être et les mauvaises influences. Une nuit, sous l’effet de la drogue, il commet un acte de violence irréparable. Parallèlement, sa jeune sœur Léa est victime de harcèlement scolaire. Le film explore alors la chute d’une famille et la tentative de reconstruction de Dylan, qui cherche à protéger sa sœur et à réparer ses erreurs.

Les Fractures invisibles est un film animé par une intention profondément sincère : celle de donner la parole à une jeunesse en difficulté et de mettre en lumière des réalités sociales souvent peu représentées à l’écran, en particulier en Martinique.

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🎭 Journée mondiale du théâtre — 27 mars 2026

Chaque année, le 27 mars, le monde entier célèbre la Journée mondiale du théâtre, une date essentielle dédiée à l’une des formes d’expression artistique les plus anciennes, universelles et profondément humaines.

Créée en 1962 par l’International Theatre Institute, cette journée coïncide symboliquement avec l’ouverture de la saison du « Théâtre des Nations » à Paris. Depuis plus de soixante ans, elle rassemble artistes, institutions, publics et passionnés autour d’un objectif commun : honorer le théâtre dans toute sa diversité et affirmer sa place essentielle dans nos sociétés contemporaines.

À travers le monde, cette journée donne lieu à une multitude d’initiatives : représentations, ateliers, lectures, rencontres et actions culturelles. Elle vise à promouvoir le théâtre sous toutes ses formes, à sensibiliser les publics à sa richesse, à encourager les échanges internationaux et à renforcer son accessibilité. Le théâtre y est célébré comme un art du lien, du dialogue et de la compréhension mutuelle.

Chaque année, une grande figure du spectacle vivant est invitée à adresser un message international. En 2026, ce message est confié à l’acteur et metteur en scène Willem Dafoe.

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« Un jour avec mon père », un film de Akinola Davies

Par Akinola Davies, Wale Davies
Avec Sope Dirisu, Chibuike Marvellous Egbo, Godwin Egbo
25 mars 2026 en salle | 1h 33min | Drame | Titre original My Father’s Shadow
Synopsis
Un Jour avec mon père est un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l’immense ville alors que des troubles politiques menacent.

La presse en parle :
CinemaTeaser par Emmanuelle Spadacenta
Comme la lettre de deux enfants à leur père, comme un souvenir qu’ils tentent de graver dans leur esprit avant qu’il ne s’évanouisse, MY FATHER’S SHADOW dévaste par le contraste entre la grande maturité de sa forme, forgée par deux adultes, et la grande souffrance des deux enfants qui s’expriment à cœur ouvert.

Les Inrockuptibles par Maud Tenda
Porté par une photographie sublime, Un jour avec mon père se distingue aussi par l’écriture poétique de son montage, qui relie sans cesse les actions concrètes des personnages à une sorte d’état intérieur ou à quelque chose de plus grand qui les dépasse, sûrement l’univers riche et intime d’un très bon cinéaste.

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« Le dernier repas », un film de Maryse Legagneur

📅 Jeudi 26 mars ⏰ 19h30 📍 Paillote du Bourg, Les Anses-d-Arlet
— Par Sarha Fauré —

Drame familial écrit et réalisé par Maryse Legagneur. Avec Gilbert Laumord, Marie-Evelyne Lessard et Mireille Metellus. Québec, 2024, 111 minutes. Présenté en primeur au Festival international du film black de Montréal le 26 septembre..

Le dernier repas, premier long métrage de la documentariste Maryse Legagneur, se distingue par sa capacité à fusionner mémoire collective et réconciliation intime. S’inspirant de témoignages poignants recueillis au fil des années auprès de survivants de la dictature des Duvalier, ce drame intergénérationnel plonge le spectateur dans les profondeurs du traumatisme laissé par un passé sanglant, tout en explorant le pouvoir guérisseur des liens familiaux.

Le film suit Reynold Célestin, un ancien prisonnier politique haïtien, qui, alors qu’il est en phase terminale d’un cancer de l’estomac à Montréal, demande à revoir sa fille, Vanessa. Loin de la réconciliation facile, cette rencontre est marquée par des non-dits et une violence intergénérationnelle qui trouve son origine dans les épreuves vécues par Reynold durant ses années de détention à la sinistre prison de Fort Dimanche.

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Nouveaux Regards Festival 2026

Le Festival Nouveaux Regards, organisé en Guadeloupe du 25 au 29 mars 2026, s’affirme, année après année, comme l’un des événements majeurs dédiés au cinéma caribéen contemporain. Il se veut un véritable projet culturel et politique au sens noble du terme : un espace de visibilité, de structuration et de reconnaissance pour les créateurs de la région.

Un projet ambitieux au service des imaginaires caribéens

Depuis neuf ans, Nouveaux Regards œuvre à faire émerger des récits issus de la Caraïbe, encore trop peu représentés dans les circuits dominants du cinéma mondial. L’ambition du festival est claire : décloisonner les regards, faire circuler les œuvres et inscrire durablement la Guadeloupe, et plus largement la Caraïbe, dans la cartographie internationale du cinéma contemporain.

Le festival se positionne ainsi comme un laboratoire de pensée et de création, mais aussi comme un catalyseur d’industries culturelles. Il ne se limite pas à la diffusion de films : il participe activement à la structuration d’un écosystème régional solide, capable de soutenir la production, la formation et la professionnalisation des talents locaux.

Cette vision se traduit par plusieurs engagements forts :

  • défendre un cinéma audacieux, ancré dans les réalités locales mais ouvert à l’universel ;
  • accompagner l’émergence de nouvelles voix ;
  • favoriser la transmission intergénérationnelle ;
  • promouvoir un modèle durable et inclusif du secteur culturel.

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« À pied d’œuvre », un film de Valérie Donzelli

Vendredi 27 – Lundi 30 mars – 14h – Madiana

Par Valérie Donzelli, Gilles Marchand
Avec Bastien Bouillon, André Marcon, Virginie Ledoyen
4 février 2026 en salle | 1h 32min | Comédie dramatique
Synopsis :
Tout public
À pied d’œuvre raconte l’histoire vraie d’un homme qui renonce à son métier dont il ne comprend plus le sens pour se consacrer à sa véritable passion, l’écriture. Mais être publié ne veut pas dire gagner sa vie…

La presse en parle :

Elle par Ophélie Daguin
Un film d’une rare justesse.

Le Figaro par Eric Neuhoff
Valérie Donzelli, inspirée comme jamais, et qui apparaît dans le rôle de l’épouse, adapte avec brio et sans fioritures le récit de Franck Courtès. À pied d’œuvre est sobre, juste, modeste, entre Reggiani et Souchon, le 70 mm et le super 8. Quant à Bastien Bouillon, quel comédien rare !

Libération par Laura Tuillier
La cinéaste, que l’on n’attendait pas forcément sur un tel sujet, elle qui cultive plutôt une fantaisie décalée, un art du conte et de la légèreté, trouve justement dans ce pas de côté une manière de renouveler son cinéma tout en restant fidèle à ses fondamentaux.

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« Rue Malaga », un film de Maryam Touzani

Mardi 24 mars | 19h 📍 Madiana
Avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane
Comédie dramatique | 2026 en salle | 1h 57min
Synopsis :
Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l’a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d’une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.

La presse en parle :

Abus de Ciné par Olivier Bachelard
Entre moments intimes et moments d’écoute, les silences et les sons auront alors particulièrement leur importance dans ces moments empreints d’une immense douceur, que la photographie, qui met merveilleusement en valeur la nature qui les entoure, sera aussi amenée à renforcer.

Elle par La Rédaction
Un film charmant et drôle.

Le Figaro par O. D.
Rue Malaga baigne dans des jolies teintes orangées et dorées qui ravissent l’œil.

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« Le Gâteau du Président », un film de Hasan Hadi

Dimanche 29 mars à 19h | Jeudi 2 avril à 14h | Madiana

Avec Baneen Ahmad Nayyef, Sajad Mohamad Qasem, Waheed Thabet Khreibat
4 février 2026 en salle | 1h 42min | Drame
Titre original Mamlaket Al-Qasab
Synopsis :
Dans l’Irak des années 1990, soumis à de fortes restrictions en raison des sanctions internationales, Lamia, neuf ans, est tirée au sort dans sa classe de CE2 pour la mission exigeante de préparer un gâteau d’anniversaire pour le président Saddam Hussein. Pour se procurer les ingrédients nécessaires (farine, sucre, œufs, levure), elle doit faire appel à son intelligence et à son imagination, faute d’argent en suffisance.
Elle et sa grand-mère, qui vivent dans un village des marais des bords de l’Euphrate (Lamia va à l’école en pirogue), vont à la ville la plus proche, où Lamia retrouve son meilleur ami, Saïd, mais se retrouve séparée de sa grand-mère. Tandis que celle-ci cherche sa petite-fille, se heurtant à la police et finissant à l’hôpital où elle va mourir, Lamia et Saïd cherchent les ingrédients du gâteau, subissent une série d’épreuves, mais parviennent à leurs fins.

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Aimer à se perdre : errance et vertige dans « Happy Together » de Wong Kar-Wai

Mardi 31 mars | 17h| Madiana | |

— Par Hélène Lemoine —

Avec Happy Together, Wong Kar-Wai poursuit son exploration des amours impossibles en la déplaçant loin de son territoire habituel. En choisissant de tourner à Buenos Aires, il ne se contente pas de changer de décor : il inscrit son récit dans une logique d’exil, de déracinement, où les personnages, coupés de tout, se retrouvent face à eux-mêmes et à l’échec de leur relation. Ce déplacement géographique devient ainsi le prolongement d’un déplacement intérieur, celui d’un amour qui ne trouve plus sa place nulle part.

Le film raconte l’histoire de Lai Yiu-fai et Ho Po-wing, incarnés par Tony Leung Chiu-Wai et Leslie Cheung. Leur relation est marquée par une dynamique de répétition presque tragique : ruptures brutales, réconciliations fragiles, promesses illusoires de recommencer « à zéro ». Mais ce recommencement est un leurre, une illusion qui masque mal l’impossibilité de transformer réellement leur lien. Wong Kar-Wai filme ainsi un amour qui se consume dans son propre mouvement, incapable de se stabiliser, condamné à osciller entre dépendance et rejet.

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Nouveaux aperçus du festival Ceiba 2026

Mère Prison, Mujer En Refrigerador, Annabel ?

— par Selim Lander —

Mère Prison

Dans ce festival qui mélange volontairement les genres avec néanmoins une prédominance de la musique, y compris l’opéra avec le mémorable Treemonisha de Scott Joplin, le théâtre a trouvé une petite place, d’abord avec la pièce comorienne, Je suis blanc et je vous merde (sic) puis avec Mère prison de l’autrice guyanaise Emmelyne Octavie.

Cette pièce, qui a reçu un prix des « Inédits d’Afrique et d’Outre-Mer », raconte l’histoire d’une mère non pas emprisonnée elle-même mais forcée de se rendre fréquemment dans la prison où deux de ses fils sont incarcérés.

Les personnages sont au nombre de six : la mère, ses trois fils (le plus jeune n’ayant jamais goûté à la prison), un gardien, enfin une autre mère de prisonnier. Ils sont interprétés par deux comédiennes et deux comédiens. Une comédienne incarne la mère et les autres se partagent tous les autres rôle, sachant qu’un même personnage peut être interprété, au gré des circonstances, par deux voire trois comédiens différents, ce qui donne un certain piment à la mise en scène.

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Le dernier voyage de l’Aquarius

— Par Selim Lander —

Les histoires se répètent. La crise de l’Aquarius, ce bateau chargé de migrants vers l’Europe qui ne parvenait pas à débarquer les passagers qu’il avait secourus en Méditerranée fait bien sûr écho à celle de l’Exodus rempli de 4500 juifs rescapés de la Shoah qui voulaient rallier la Palestine après la deuxième guerre mondiale, refoulé par les Anglais et qui finit par aborder … en Allemagne. En 2018 l’Aquarius, affrété par l’ONG SOS-Méditerranée, emportait plus de 600 migrants lorsqu’il s’est vu interdire par l’Italie, sa destination logique suivant le droit de la mer, d’entrer dans ses ports. Après une longue partie diplomatique où chacun se renvoyait la balle, l’Espagne puis la France ont fini par accepter de recueillir respectivement 230 et 180 migrants, l’Italie se chargeant du reste.

La pièce écrite et mise en scène par Lucie Nicolas raconte cette odyssée depuis le départ du bateau et les préparatifs de l’expédition jusqu’à la fin de son voyage en passant par le sauvetage des migrants en mer et les péripéties diplomatiques. C’est du bon théâtre documentaire qui ne saurait laisser personne indifférent, même s’il peut laisser certains spectateurs sur leur faim comme un peu trop manichéen.

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Entre douleur et dissonance : une mère en quête d’elle-même dans « Mère prison »

La salle Frantz Fanon de Tropiques-Atrium affichait complet pour Mère prison, texte d’Emmelyne Octavie mis en scène par Aristide Tarnagda. Une affluence qui témoigne d’une attente forte autour de cette œuvre ancrée dans une réalité sociale contemporaine, celle des familles confrontées à l’incarcération.

Au cœur de la pièce, une figure maternelle, interprétée par Rita Ravier, dont la vie s’organise autour de rituels éprouvants : le mardi pour visiter son fils aîné, condamné pour meurtre, le jeudi pour le second, impliqué dans un trafic de drogue. Entre ces deux mondes carcéraux, elle tente de maintenir un semblant d’équilibre auprès de son dernier fils, reclus dans une adolescence figée, happé par des jeux vidéo violents et par la peur de reproduire le destin de ses frères.

La première partie de la pièce installe avec justesse cet univers répétitif et oppressant. Structurée en une série de scènes brèves, la dramaturgie épouse la mécanique implacable des trajets, des contrôles et des parloirs. Les gestes se répètent, les dialogues s’enchaînent, et une forme de lassitude s’installe, sans être dénuée de sens : elle reflète l’enfermement psychique autant que physique.

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Le Dernier Voyage : Raconter l’Aquarius : théâtre, mémoire et engagement

Samedi 21 mars à 19h30 au T.A.C.

Entre le 8 et le 17 juin 2018, avec 629 migrants a bord, par une mer agitée, l‘Aquarius, navire de sauvetage en Méditerranée, erre de côte en côte dans l’attente d’un port où débarquer.

Après le refus de l’Italie et le silence français, les autorités maritimes compétentes lui donnent enfin l’autorisation d’accoster à Valence en Espagne, à plus de 1500 km de sa position.

Durant 10 jours, à la fois isolée et dons l’oeil du cyclone médiatique, une communauté humaine se forme, dont le destin est aux mains des décideurs politiques. Pourquoi empêcher de sauver des vies? En quoi cette histoire incarne-t-elle le symptôme d’une crise européenne?

Lucie Nicolas est partie a ta recherche de ceux qui étaient a bord, équipage et rescapées, Elle a recueilli leurs témoignages, Au sein d’un dispositif de sonorisation, les interprètes portent ces voix jusqu’à nous et reconstituent cette odyssée inouïe.

En menant en scène en direct la fabrique sonore el musicale du récit ils créent avec les spectateurs une nouvelle communauté active et luttent contre notre sentiment d’impuissance.

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🎥 « Un divan à Tunis », un film de Manele Labidi

📅 Jeudi 19 mars à 19h 📍  Médiathèque des Pitons du Carbet

Avec Golshifteh Farahani, Majd Mastoura, Aïcha Ben Miled | 12 février 2020 en salle | 1h 29min | Comédie, Drame
Synopsis :
Après avoir exercé en France, Selma, 35 ans, ouvre son cabinet de psychanalyse dans une banlieue populaire de Tunis. Au lendemain de la Révolution, la demande s’avère importante dans ce pays « schizophrène ». Mais entre ceux qui prennent Freud et sa barbe pour un frère musulman et ceux qui confondent séances tarifées avec « prestations tarifées », les débuts du cabinet sont mouvementés… Alors que Selma commence enfin à trouver ses marques, elle découvre qu’il lui manque une autorisation indispensable pour continuer d’exercer…

La presse en parle :

Charlie Hebdo par Yann Diener
Manele Labidi signe son premier long-métrage avec cette comédie réussie : intéressante, drôle et intelligente.

20 Minutes par Caroline Vié
Golshifteh Farahani éblouit par son énergie en psychanalyste qui revient dans son pays natal après avoir fait ses études en France.

Bande à part par Benoit Basirico
Golshifteh Farahani irradie dans ce petit théâtre tragi-comique à Tunis.

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« Chroniques d’Haïfa – Histoires palestiniennes », un film de Scandar Copti

Lundi 16 mars à 20h50 sur Ciné+ Festival
Avec Manar Shehab, Toufic Danial, Wafaa Aoun
Titre original Yin’ād ‘Alīku |3 septembre 2025 en salle | 2h 04min | Drame |
Synopsis
Tout public
Dans une famille palestinienne de Haïfa, Fifi 25 ans, est hospitalisée après un accident de voiture qui risque de révéler son secret. Son frère, Rami, apprend que sa petite amie juive est enceinte. Leur mère, Hanan, tente de préserver les apparences tandis que le père affronte des difficultés financières. Quatre voix, une maison, entre conflits générationnels et tabous, dans une société où tout peut basculer à tout moment.

La presse en parle :

L’Humanité par Michaël Mélinard
Mais, au-delà d’un scénario habile récompensé à Venise, le cinéaste palestinien de Jaffa, désormais basé à Abu Dhabi, interroge avec perspicacité les problématiques de domination.

L’Obs par Xavier Leherpeur
L’auteur d’« Ajami », unanimement salué en 2009 par la critique française, reprend le canevas du récit choral comme révélateur de la complexité sociale et humaine d’une cohabitation sans avenir. Les quatre voix qu’il fait entendre, les deux générations qu’il confronte ainsi que le contexte social et politique au cœur duquel il articule son récit disent sans raccourcis ni schématisation sommaire les fractures incoercibles et les écueils ravivés du vivre-ensemble.

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« Un pays qui se tient sage », un documentaire de David Dufresne

📅 Mardi 17 mars  🕙 18h45 📍 T.O.M. La Croix Mission Fdf
30 septembre 2020 en salle | 1h 26min |
Synopsis
Alors que s’accroissent la colère et le mécontentement devant les injustices sociales, de nombreuses manifestations citoyennes sont l’objet d’une répression de plus en plus violente. « Un pays qui se tient sage » invite des citoyens à approfondir, interroger et confronter leurs points de vue sur l’ordre social et la légitimité de l’usage de la violence par l’Etat.
La presse en parle :
Ouest France par Thierry Chèze
Le résultat est aussi passionnant sur le fond que sur la forme.

Bande à part par Pierre Charpilloz
« Un pays qui se tient sage » est un outil précieux pour comprendre la violence – physique mais aussi symbolique – du monde contemporain.

Dernières Nouvelles d’Alsace par Christine Zimmer
« Il faut réfléchir, les analyser, il y a des images que les gens ont déjà vues, mais la manière de les montrer ici fait qu’on les voit d’un autre œil », conclut David Dufresne, qui affiche une préférence pour les plans séquences sans remontage.

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« Mère Prison », texte d’Emmelyne Octavie, m.e.s. d’Aristide Tarnagda

Mardi 17 mars – 19h30 | Tropiques-Atrium

La pièce Mère prison, écrite par l’autrice guyanaise Emmelyne Octavie et mise en scène par Aristide Tarnagda, propose une plongée poignante dans l’univers carcéral et ses répercussions sur les familles. À travers une écriture sensible et percutante, la pièce met en lumière le combat quotidien d’une mère confrontée à l’incarcération de ses fils et à la violence d’un système qui enferme bien au-delà des murs de la prison.

Résumé de la pièce

Au cœur de Mère prison se trouve une mère qui, deux fois par semaine, rassemble son courage pour rendre visite à ses fils en prison. Le mardi, elle prend le bus pour voir son fils aîné, incarcéré pour meurtre. Le jeudi, elle se rend au parloir pour son deuxième fils, accusé de trafic de drogue.

Entre ces visites éprouvantes, elle tente de maintenir une vie ordinaire. À la maison, son dernier fils passe ses journées à jouer à des jeux vidéo violents, refusant de grandir par peur de suivre la même trajectoire que ses frères.

Malgré les sacrifices qu’elle consent, cette mère devient la cible de la colère et des reproches de ses fils.

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L’éphéméride du 14 mars

Première de Macbeth, drame lyrique en quatre actes de Giuseppe Verdi au Théâtre de la Pergola de Florence, le 14 mars 1847.

Macbeth est un opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, sur un livret de Francesco Maria Piave et Andrea Maffei, d’après la tragédie de William Shakespeare, représenté pour la première fois au Teatro della Pergola à Florence, le 14 mars 1847.
Macbeth avait été commandé pour le carnaval. Le théâtre dut ouvrir ses portes bien plus tôt que prévu et le public nombreux réserva un triomphe à cette œuvre.
Deux autres versions suivirent, une en français à Paris le 19 avril 18651 et la version finale en italien à Milan le 28 janvier 1874.

L’opéra fut repris au Théâtre Lyrique de Paris en 1865 avec quelques modifications. Mais la majorité de la partition se trouvait déjà dans la version italienne. Les deux adjonctions les plus importantes sont celles de l’air La luce langue au IIe acte et du ballet au IIIe. Il n’était pas possible en effet de faire représenter un opéra à Paris sans un ballet. Cette version était naturellement en français, mais le public fut à cette occasion nettement moins séduit que le public florentin de la première création.

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🎶 “Voix de Liberté d’Haïti : Carib’Ensemble fait résonner l’histoire en musique”

Vendredi 13 mars | 19h 30 | Tropiques-Atrium

Voix de Liberté d’Haïti est une création du groupe vocal martiniquais Carib’Ensemble, qui propose un spectacle mêlant chant, piano et percussions pour faire entendre l’histoire et la mémoire d’Haïti à travers la musique. Présenté à la petite salle de Tropiques Atrium, le concert réunit une vingtaine d’artistes, dont seize chanteurs professionnels, autour d’un répertoire lyrique caribéen encore peu connu, mais qui va, de toute évidence, enthousiasmer le public martiniquais.

La création s’articule autour de deux œuvres majeures du patrimoine musical haïtien : Trois Scènes historiques du compositeur Werner Jaegerhuber et la Cantate à Toussaint Louverture du musicien Amos Coulanges.

Né à Port-au-Prince en 1900, Werner Jaegerhuber est l’une des grandes figures de la musique savante haïtienne. Compositeur prolifique – il a écrit symphonies, opéras, oratorios et musique de chambre – il a développé un langage musical original inspiré des structures musicales et mythologiques du vaudou. Son œuvre cherche à construire un véritable nationalisme musical haïtien en intégrant les héritages africains aux formes de la musique classique européenne. Composée en 1949 pour le 200ᵉ anniversaire de la fondation de Port-au-Prince, Trois Scènes historiques est une cantate en trois tableaux qui évoque l’histoire du peuple noir d’Haïti : la traversée de l’Atlantique des Africains réduits en esclavage, la vie dans les plantations et enfin la révolution haïtienne.

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Construire la mémoire : fiction, histoire et identité dans « The Watermelon Woman »

La projection de The Watermelon Woman de Cheryl Dunye s’est tenue mardi 10 mars à Tropiques-Atrium à Fort-de-France, devant un public nombreux : près des trois quarts de la salle Frantz Fanon étaient occupés, avec une assistance très majoritairement féminine. La séance s’est prolongée par un débat d’une grande qualité, révélant combien ce film, réalisé en 1996, continue de susciter réflexion et discussion.

Premier long métrage de la réalisatrice, The Watermelon Woman s’inscrit dans une perspective profondément constructionniste. Le film ne se contente pas de transmettre un savoir ou de restituer passivement une histoire déjà donnée ; il met en scène le processus même par lequel une connaissance se construit. Cette approche rejoint les principes du constructivisme théorisés par Jean Piaget, qui concevait la connaissance comme le résultat d’une élaboration progressive par le sujet, intégrant les informations nouvelles à des structures préexistantes. Le terme même de « constructivisme » ou  » constructionisme » renvoie d’ailleurs au néologisme introduit par le mathématicien Luitzen Egbertus Jan Brouwer, soulignant que la vérité n’est pas simplement découverte, comme l’enseigne le platonisme, mais produite par l’activité intellectuelle.

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🎥 « La Maison des femmes », un film de Mélisa Godet

Mercredi 11 mars à 18h15 | Madiana

D’autres horaires ci-dessous.

Avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara | 1h 50min | Genre :Drame
Synopsis :
Tout public
À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

La presse en parle :
Le Parisien par Catherine Balle
C’est un film magnifique, vibrant, inspirant.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur
Un film utile et enthousiasmant qui a la bonne idée de sortir les femmes meurtries du statut de victimes pour ne célébrer que leur résilience et leur force.

20 Minutes par Caroline Vié
Mélisa Godet a réuni des interprètes merveilleux pour rendre un hommage puissant à ces établissements qui accueillent des femmes en détresse.

Bande à part par Mary Noelle Dana
La Maison des Femmes est avant tout un lieu de travail, de solutions, d’enjeux, d’action. À l’écran, la circulation prime sur l’effet.

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Droit de critique, devoir de respect : réponse à une chronique « polémique »

Madame, Monsieur,

Nous n’apprécions pas la polémique, mais avons pris connaissance de votre critique (« Je suis blanc et je vous merde » de Soeuf Elbadawi, signé Selim Lander, 07/03/2026).

Nous estimons que chacun est libre de démolir un spectacle, qu’on a le droit également de ne pas saisir les codes empruntés par son auteur. On a surtout le droit de ne pas apprécier ce qui y est raconté, au point d’imaginer que le public trouve son propos folklorique, voire dépassé. Mais critiquer l’embonpoint chez une ou un artiste nous semble scandaleux, par rapport à une pièce exigeant entre autres le respect de la dignité humaine. Nous trouvons votre propos méprisant et violent.

Nous pouvons admettre qu’un spectateur se trompe à l’écoute d’un texte volontiers exigeant, voire qu’il entende des voix lui soutenant le contraire de ce qui y est dit, lorsque la fatigue le gagne. Cela arrive : nos neurones ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais permettez-nous d’avoir une autre perception des événements. La phrase, apparemment citée, dit exactement ceci : « Quand un blanc – le Blanc – entre en toi, il peut te ronger le cerveau jusqu’à l’os ». 

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