1960 – 1980 : Voilà les réalisations des 20 Glorieuses

— Yan Monplaisir —

Il est dommage que les partisans de la majorité de l’époque se contentent de courber l’échine face aux accusations de ceux qui ont échoué partout. Cependant, un simple clic sur l’IA pourrait leur permettre d’avoir un comportement moins honteux face à ces fausses allégations.

Contrairement au récit nationaliste qui ne retient de cette période que la « répression coloniale », ces deux décennies ont transformé la vie quotidienne des Martiniquais bien plus que ne l’avait fait l’abolition de l’esclavage en son temps, ou l’avènement du département.

Ne revenons pas sur l’escroquerie de la prétendue baisse de la population pendant ces 20 ans. En réalité, celle-ci a augmenté de plus de 55 000 habitants de 1962 à 1982 : les activités dans les campagnes et à Fort-de-France étaient foisonnantes.

Voilà en 10 points un aperçu des progrès et réalisations répertoriés dans dix domaines clés pendant la période de 1960 à 2090 :

Éducation et formation :
Création du Lycée Frantz Fanon,
Réservation des lycées pour les élèves du secondaire (seconde, 1ère, Terminale),
Une dizaine de collèges supplémentaires,
Des lycées professionnels,
Université des Antilles et de la Guyane (UAG),
l’AFPA,
Le Service militaire adapté (SMA).
L’UAG, l’AFPA et le SMA ont formé bien plus de jeunes adultes que le BUMIDOM

Une ardente activité culturelle :
Editions Désormeaux (Encyclopédie antillaise, éditeur des nouveaux écrivains)
Nouveaux écrivains (Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Vincent Placoly).
École de la Créolité (mouvement littéraire)
OMDAC puis SERMAC
Maisons de Jeunes et de la Culture des communes (MJC).
Musique : Essor des « Paillotes » et influence des orchestres haïtiens.
France-Antilles : presse.
Fiscalité :
Instauration de l’abattement fiscal de 30 % sur l’impôt sur le revenu
Aides aux produits d’exportation (banane, sucre, rhum).
Réforme foncière :
Transfert de milliers d’hectares aux petits agriculteurs.
Essor de la culture de la banane
Cette mesure est totalement occultée. Même les profs d’histoire l’ignorent.

Infrastructures et équipements :
Construction de routes,
Ponts de Ste Luce, Rivière-Pilote,
Le port, l’aéroport
Golf des 3 Ilets,
Barrage de la Manzo. En faveur de l’Agriculture,
Rocade de Fort-de-France,
Diverses rocades.
Transformation de l’Habitat :
Multiplication des artisans du BTP,
Le cyclone Edith en 1963, aide à l’amélioration de l’habitat (Disparition des maisons en paille et terre battue).
Développement des constructions en dur (maisons SATEC, SIAG (actuelle SIMAR)
SMA : cités d’habitation (Dillon …)
Nouvelle orientation de l’activité artisanale et industrielle :
Raffinerie de pétrole SARA,
Cimenterie,
Menuiseries industrielles,
Apparition de la grande distribution
Développement des taxis collectifs permettant aux Martiniquais de voyager à toute heure et en toutes les directions.
Dynamisme syndical lié aux activités :
Bâtiment,
Port,
Hôtellerie
Transport collectif,
Transport agricole,
Manifestations annuelles dans les rues de Fort-de-France pour des augmentations de salaires.
Tourisme :
École hôtelière,
Grands hôtels,
Golf des Trois-Ilets,
Sport :
Période sportive la plus faste en foot-ball,
Premiers champions internationaux : Chillan, Charles-Alfred, Janvion,
Passage de Santos et de Pelé
Deux observations.

1) C’est vrai, les 30 glorieuses n’ont pas commencé en Martinique au même rythme que l’Hexagone. En effet, de 1946 à 1958 les socialistes qui avaient accepté la départementalisation du bout des lèvres, n’avaient pas manifesté un zèle particulier pour sa mise en œuvre. Ce n’est qu’à l’installation du nouveau gouvernement, en 1960, que les progrès ont commencé et que la Martinique a dû se contenter de “20 Glorieuses”.

2) En devenant département, la Martinique a choisi de passer de l’économie à la solidarité. D’…
[23:41, 30/07/2026] MONTHIEUX Yves-Léopold: La démocratie, c’est aussi savoir regarder les bilans : la Martinique face à l’exigence d’alternance .

Dans le débat politique martiniquais actuel, une idée revient régulièrement : certains voudraient que la droite n’ait plus la légitimité de critiquer la situation présente, au motif qu’elle a exercé des responsabilités dans le passé. Cette affirmation pose une question essentielle : une famille politique peut-elle être privée du droit de participer au débat public simplement parce qu’elle a gouverné ?
La réponse est évidemment non. En démocratie, aucun parti ne possède un droit permanent à gouverner, mais aucun parti ne peut non plus être exclu du débat. La légitimité politique se mesure aux idées, aux projets et aux résultats.
Or les résultats d’une période importante de notre histoire méritent d’être rappelés.
Entre 1948 et 1983, la Martinique a connu une transformation profonde et sans précédent. En quelques décennies, l’île est passée d’une société encore marquée par de grandes difficultés matérielles à une société moderne disposant d’infrastructures, de services publics et d’un niveau de vie considérablement améliorés.
Les logements se sont développés, les quartiers insalubres ont reculé, les réseaux d’eau et d’électricité se sont étendus, les routes ont été modernisées. Les écoles, collèges, lycées et établissements de santé se sont multipliés. La protection sociale a progressé, l’espérance de vie a augmenté et une classe moyenne martiniquaise plus importante a émergé.
Cette évolution ne peut évidemment pas être attribuée à une seule force politique. La départementalisation de 1946, les investissements de l’État français et la croissance exceptionnelle des Trente Glorieuses ont joué un rôle majeur. Mais il serait tout aussi réducteur de nier le rôle des responsables locaux qui ont accompagné cette transformation.
Les moyens publics ne produisent pas automatiquement des résultats. Ils nécessitent des choix politiques, une capacité de gestion et une volonté de développement. Cette période de modernisation exceptionnelle s’est déroulée alors que les principales institutions locales étaient dirigées par des majorités de droite. Ce constat historique ne doit ni être exagéré ni être effacé.
Aujourd’hui, la situation est différente.
La Martinique fait face à des défis majeurs : recul démographique, départ d’une partie de sa jeunesse, difficultés économiques persistantes, inquiétudes sur l’avenir des finances publiques et interrogations croissantes sur la capacité des collectivités à maintenir leurs missions essentielles.
La Collectivité Territoriale de Martinique, créée en 2015, a été dirigée depuis sa création par des majorités issues de la gauche martiniquaise. Avant la fusion des institutions, la Région Martinique était également administrée depuis de nombreuses années par cette même sensibilité politique. Après une longue période de responsabilités, il est légitime que les citoyens examinent les choix effectués et les résultats obtenus.
Il ne s’agit pas de désigner un responsable unique à toutes les difficultés actuelles. Une collectivité ultramarine doit composer avec des contraintes particulières : éloignement, insularité, dépendance économique, évolutions nationales et internationales. Mais gouverner, c’est précisément avoir la responsabilité de répondre à ces contraintes et de proposer une trajectoire.
C’est pourquoi la critique démocratique doit rester possible. Une majorité qui gouverne longtemps ne peut pas revendiquer uniquement les réussites liées à son action et considérer que les difficultés seraient toujours dues aux circonstances extérieures. Le pouvoir implique aussi l’obligation d’assumer un bilan.
C’est là que l’alternance prend tout son sens.
L’alternance n’est pas une revanche politique. Elle n’est pas une condamnation automatique de ceux qui ont gouverné. Elle est une vertu essentielle de la démocratie. Elle permet de confronter les résultats, de renouveler les méthodes, de corriger les erreurs et d’apporter un nouvel élan lorsque les citoyens considèrent qu’une politique ne produit plus les effets attendus.
Aucune majorité ne devrait considérer le pouvoir comme un acquis permanent. La durée peut apporter de l’expérience, mais elle peut aussi créer des habitudes, des certitudes et parfois une difficulté à se remettre en question. Le renouvellement démocratique est une garantie de vitalité politique.
L’histoire de la Martinique nous enseigne une chose : notre territoire a déjà connu des périodes de transformation remarquable lorsque des choix politiques ont permis de convertir les opportunités en progrès concrets.
Aujourd’hui, la question n’est donc pas de savoir quelle famille politique aurait le monopole de la réussite. La question est de savoir quelle gouvernance sera capable de répondre aux défis actuels et de redonner confiance aux Martiniquais.
Les citoyens ont le dernier mot. Et en démocratie, ils disposent d’un outil précieux : l’alternance.
Car l’alternance n’est pas le rejet du passé. Elle est la possibilité d’écrire un nouvel avenir.

Yan Monplaisir