En regardant la mer du Carbet

— Par Philippe Charvein —

La Mer du Carbet Martinique

Je te contemple, mer des Caraïbes enveloppée de ta grande robe sur laquelle sont imprimés tant de navires en partance, vers des lointains.

Mon esprit les accompagne comme des oiseaux marins en quête d’un ailleurs, d’un paradis perdu d’émeraudes improbables.

Quand mon esprit s’anime à mesure que le tissu bleu se fronce et se défait, j’entends parfois les cris fusant au ras de l’eau comme des poissons volants : bancs de coulirous à babord ! non à tribord !… et c’est toute la vie qui s’écoule entre les mailles du filet.

Les raisiniers du bord de mer Au pied des raisiniers, c’est toute une rumeur de vagues qui recompose les sables comme les strophes d’un poème… une rumeur pour dire la versatilité du monde, le temps inconsistant, la poussière des songes.

Eternelle présence de la vie, cette déesse innombrable aux yeux vert bleu épouse du soleil… dans tes plis mystérieux se fomentent tous les drames de la Création depuis que s’est déployée la première algue des grands fonds.

Dès lors, tout ce qui est libre et refuse de ployer, retrouve dans ton monde, comme un plasma sacré, ce sursaut primordial.

Philippe CHARVEIN,

Poème écrit en 2019, réactualisé le 23/07/2026