2010-2013 : le secteur culturel en Haïti

par Anne Lescot et Karole Gizolme

Photo. Rue de Jacmel, R.S. Juin 2012
Trois ans après le séisme (goudou-goudou comme l’ont baptisé les Haitiens) du 12 janvier en Haïti, même si aujourd’hui le quotidien de nombreuses personnes reste difficile, et que l’on peut s’interroger sur les conséquences du manque de coordination et de cohérence du travail des innombrables ONG, la pugnacité de nombreux citoyens haïtiens, la créativité et la solidarité permettent au pays de lentement continuer à avancer. Y compris dans le secteur culturel pour lequel nous proposons ici de relever quelques opérations qui nous semblent importantes.

Le projet de reconstruction de sites patrimoniaux comme le Centre d’art, soutenu par une fondation française et en partenariat  avec la Fondation FOKAL est en cours.

Le centre culturel Anne-Marie-Morisset de la famille Trouillot, financé par la Fondation de France ne désemplit pas dans le quartier Delmas depuis sa création.

La fondation culture et création qui existe depuis 1992 basée à Port-au-Prince a soutenu près d’une soixantaine de projets culturels, répartis dans les zones touchées par le séisme. Souvent petits, ces projets ont renforcé le maillage culturel notamment en province.

La Smithonian Institution a renouvelé son appui au CSBC, Centre de sauvetage de biens culturels, qu’elle avait contribué à mettre en place et qui s’est déployé sur 18 mois, a fait intervenir une douzaine de restaurateurs américains, formé plus de 150 Haïtiens afin de sauver plus de 35 000 oeuvres, peintures, sculptures, papiers, livres, artefacts… Le projet a construit des espaces de réserve au MUPANHA (Musée du panthéon national haïtien), au Centre d’art, aux Archives nationales, sur le site de la cathédrale de la sainte Trinité, mais aussi a aidé des collections privées. Désormais c’est l’ISPAN qui est en charge de la gestion du centre et supervise la construction d’un nouveau bâtiment destiné à former  les futurs restaurateurs haïtiens et à accueillir les oeuvres endommagées.

En littérature, les écrivains Jean Euphèle Milcé et Emmelie Prophète ont lancé La maison des écrivains , résidence Georges-Anglade, avec le soutien du Pen Club, dans le quartier montagneux de Thomassin, dans les montagnes, tandis que la peintre Pascale Monnin, et l’écrivain/poète James Noël ont investi Port-Salut et son bord de mer avec Passagers des Vents, une résidence artistique pluridiscplinaire.

Quant aux éditions Bas de Page, celles-ci nées également après le séisme, elles réunissent un groupe de jeunes auteurs décidés à apporter leurs compétences au secteur du livre mais surtout leur envie de faire de nouvelles figures littéraires.
Dans le secteur musical, Kay Mizik la est un autre exemple de structure qui a pu émerger après le séisme. Centre de ressources pour la musique, le lieu possède une médiathèque, un espace où les professionnels de la musique peuvent se réunir, débattre de son évolution et des problèmes rencontrés dans le secteur. Une première pour ce secteur en quête de structuration depuis des années.

Lire la suite sur “Gens de la Caraïbe” Publié le dimanche 13 janvier 2013 22:00