Étiquette : Jean-Marie Nol

Antilles 2035 : entre chaos et refondation

Comment la mutation de la société antillaise se profile, non sans très gros risque, à l’horizon 2035 ?

—Par Jean-Marie Nol —

À l’horizon 2035, la société antillaise pourrait entrer dans une phase de transformation historique comparable aux grands bouleversements qui ont marqué les périodes de transition du XXe siècle. Ce qui se profile désormais en Guadeloupe et plus largement dans les Antilles françaises dépasse largement le cadre d’une simple future crise économique ou sociale. Il s’agit d’une mutation profonde des structures sociétales collectives, des repères culturels, du rapport à l’État, du modèle économique et même de la manière dont les individus envisagent leur avenir dans un autre univers politique.

À l’horizon 2035, la société guadeloupéenne et martiniquaise pourrait être confrontée à une impasse sociétale en raison d’une fracture culturelle et identitaire d’une ampleur inédite depuis la fin de la colonie et de l’actuelle départementalisation. En réalité, la désintégration de la société antillaise semble programmée en raison d’une disparition du sens de l’intérêt général et de l’affaissement de la notion de vivre ensemble.  

Derrière les crises économiques, sociales et institutionnelles qui s’annoncent, une autre mutation beaucoup plus profonde semble déjà émerger : celle de la fragmentation du récit collectif qui structurait jusqu’à présent le vivre-ensemble antillais.

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La France fragilise ses outre-mer

La crise importée qui vient en Martinique et Guadeloupe, sera douloureuse pour les trésoreries des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages , en raison d’un constat alarmant de la santé de l’économie de la France.

— Par Jean-Marie Nol —

La crise qui s’installe en France n’est plus un simple ralentissement conjoncturel ni une turbulence passagère liée aux tensions géopolitiques internationales. Elle prend désormais la forme d’un choc économique profond, cumulatif et structurel, dont les répercussions risquent d’être particulièrement brutales pour des territoires ultramarins comme la Guadeloupe et la Martinique. Dans un contexte de guerre durable au Moyen-Orient, de flambée des prix de l’énergie, de ralentissement de la croissance européenne, d’endettement massif de l’État français et d’essoufflement du tissu entrepreneurial, les Antilles françaises apparaissent aujourd’hui comme des économies extrêmement vulnérables à une crise importée dont elles ne maîtrisent ni les causes ni les leviers de sortie.

Le premier constat est celui d’une économie française qui donne des signes de faiblesse de plus en plus inquiétants. La croissance est quasiment à l’arrêt, le chômage repart à la hausse, les faillites d’entreprises explosent, l’inflation repart sous l’effet du choc pétrolier et la consommation des ménages ralentit fortement.

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Une nouvelle dépendance

Pourquoi la Guadeloupe et la Martinique n’ont aucune marge de manœuvre financière , économique , fiscale et budgétaire pour résister à la crise qui vient ?
— Par Jean Marie Nol —
La Guadeloupe et la Martinique vivent probablement l’un des moments les plus décisifs de leur histoire contemporaine, alors même qu’une grande partie du débat public continue de fonctionner avec des schémas intellectuels hérités d’un autre siècle. Le monde bascule sous l’effet des tensions géopolitiques, de la fragmentation des échanges internationaux, de la révolution de l’intelligence artificielle, des mutations énergétiques , du changement climatique, et du ralentissement des grandes économies occidentales. Dans ce contexte de recomposition brutale, les sociétés insulaires ultradépendantes comme celles des Antilles françaises se retrouvent exposées de manière extrême. Pourtant, au lieu de regarder lucidement les bouleversements qui approchent, une partie des responsables politiques et de l’opinion publique continue de croire qu’un simple changement statutaire pourrait, à lui seul, résoudre des problèmes qui sont désormais avant tout économiques, financiers, productifs et sociétaux .
Le conflit au Moyen-Orient agit comme un révélateur implacable de cette fragilité structurelle. La fermeture durable du détroit d’Ormuz, la flambée des prix énergétiques, les tensions sur le transport maritime et la montée des risques financiers internationaux produisent déjà des effets visibles sur l’économie française.

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Le coût économique de la confrontation mémorielle

Pourquoi penser les réparations de l’esclavage et agir avec ressentiment à l’aveugle sans soupeser les conséquences dommageables pour l’économie de la Martinique est une faute grave ? 
— Par Jean-Marie Nol —
La question des réparations liées à l’esclavage ressurgit aujourd’hui avec une intensité nouvelle dans le débat public martiniquais et plus largement antillais. En adressant une lettre ouverte nominative à plusieurs descendants d’esclavagistes et à certaines grandes familles économiques de Martinique, le Mouvement International pour les Réparations (MIR) a franchi une étape particulièrement sensible dans un dossier où l’histoire, la mémoire, la morale, l’économie et la stabilité sociale se trouvent désormais étroitement imbriquées. Derrière cette revendication de réparations morales, matérielles et financières se dessine en réalité une problématique beaucoup plus complexe : celle du rapport qu’entretiennent les sociétés antillaises avec leur passé, mais aussi avec leur avenir économique dans un contexte mondial et national déjà extrêmement fragile et inflammable.
Car si la question mémorielle mérite incontestablement d’être entendue, comprise et respectée, la méthode employée soulève de nombreuses interrogations. En ciblant nommément certaines familles békés, héritières supposées des accumulations économiques issues du système esclavagiste et des indemnisations accordées aux anciens propriétaires d’esclaves après l’abolition de 1848, le MIR et d’autres activistes prennent le risque d’alimenter une logique de confrontation identitaire dont les conséquences pourraient être particulièrement lourdes pour la Martinique.

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Antilles-Guyane : penser le monde tel qu’il est

Quels sont les enseignements doctrinaux à tirer pour les intellectuels des Antilles -Guyane, de la nouvelle realpolitik mondiale, et de la fin programmée de l’idéologie tiers mondiste ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le retour en force de la realpolitik dans les relations internationales marque une rupture profonde avec les cadres idéologiques qui ont structuré une grande partie du débat politique dans la seconde moitié du XXe siècle. Alors dans ce contexte que signifie encore de faire état d’un quelconque projet de société pour la Guadeloupe et la Martinique qui pourrait se réduire à être une utopie vide de sens. Force est de souligner que nous sommes aujourd’hui confronté à une refondation doctrinale de la pensée aux Antilles -Guyane. Longtemps dominé par des lectures morales, idéologiques ou héritées des luttes de décolonisation, l’ordre mondial se recompose désormais autour d’un principe beaucoup plus brut : celui du rapport de force. Dans cette nouvelle configuration, les États ne se définissent plus prioritairement par leurs valeurs affichées, mais par leur capacité à peser économiquement, militairement et stratégiquement. La realpolitik, entendue comme la primauté des intérêts nationaux sur les considérations politiques et idéologiques, s’impose ainsi comme la grille de lecture dominante d’un monde redevenu conflictuel, hiérarchisé et structuré par des blocs de puissance .

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La Guadeloupe n’hésite pas, elle avance

La Guadeloupe , une entité géopolitique européenne atypique ou une future composante politique et économique de la caraïbe ?

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe serait-elle européenne ou caribéenne ?

On pose mal la question depuis trop longtemps. Le débat revient, inlassablement, comme un vieux disque rayé, nourri de postures idéologiques plus que d’analyses concrètes.Et si le véritable sujet était ailleurs ?

Car la Guadeloupe n’est ni un territoire hésitant entre deux mondes, ni une identité en quête d’elle-même. Elle est déjà une réalité géopolitique singulière : une société caribéenne ancrée dans un système européen. Et c’est précisément cette singularité qui constitue son principal levier d’avenir. Dans un environnement régional marqué par l’instabilité économique, les fragilités monétaires et les dépendances extérieures, la Guadeloupe dispose d’atouts que beaucoup sous-estiment.

Elle appartient à l’espace de Union européenne.

Elle utilise l’euro.

Elle bénéficie de transferts publics massifs, d’infrastructures financées et d’un cadre juridique robuste.

À l’échelle de la Caraïbe, ce statut n’est pas banal. Il est exceptionnel.

Pendant que certains États voisins peinent à stabiliser leur économie, à l’image de Venezuela ou restent enfermés dans des logiques d’isolement comme Cuba, la Guadeloupe évolue dans l’un des ensembles économiques les plus puissants du monde avec un marché de 450 millions d’habitants .

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Illusions perdues aux Antilles

Quels sont les enseignements doctrinaux à tirer pour les intellectuels des Antilles -Guyane, de la nouvelle realpolitik mondiale, et de la fin programmée de l’idéologie tiers-mondiste ?
— Par Jean-Marie Nol —

Le retour en force de la realpolitik dans les relations internationales marque une rupture profonde avec les cadres idéologiques qui ont structuré une grande partie du débat politique dans la seconde moitié du XXe siècle. Alors dans ce contexte que signifie encore de faire état d’un quelconque projet de société pour la Guadeloupe et la Martinique qui pourrait se réduire à être une utopie vide de sens. Force est de souligner que nous sommes aujourd’hui confronté à une refondation doctrinale de la pensée aux Antilles -Guyane. Longtemps dominé par des lectures morales, idéologiques ou héritées des luttes de décolonisation, l’ordre mondial se recompose désormais autour d’un principe beaucoup plus brut : celui du rapport de force. Dans cette nouvelle configuration, les États ne se définissent plus prioritairement par leurs valeurs affichées, mais par leur capacité à peser économiquement, militairement et stratégiquement. La realpolitik, entendue comme la primauté des intérêts nationaux sur les considérations politiques et idéologiques, s’impose ainsi comme la grille de lecture dominante d’un monde redevenu conflictuel, hiérarchisé et structuré par des blocs de puissance .

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Départementalisation et émancipation

De la contradiction jaillit la lumière sur le débat de l’évolution statutaire de la Guadeloupe et Martinique.

— Par Jean-Marie Nol —

Il est des débats dont la vigueur éclaire davantage qu’elle ne divise, et l’histoire politique et sociale de la Guadeloupe et de la Martinique en offre une illustration particulièrement féconde lorsqu’on s’attache à comprendre le rôle de Aimé Césaire et des communistes dans la mise en œuvre de la départementalisation. Loin des caricatures rétrospectives qui tendent à juger ce moment fondateur à l’aune des impasses économiques contemporaines, il convient de replacer leur démarche dans le cadre intellectuel et historique qui l’a vu naître, celui d’un monde encore profondément marqué par les séquelles de l’ordre colonial et par l’urgence sociale qui en découlait. À cet égard, la célèbre intuition de Nicolas Boileau selon laquelle c’est au choc des idées que jaillit la lumière prend ici tout son sens : c’est précisément de la confrontation entre visions divergentes — assimilation, autonomie, indépendance — qu’émerge une lecture plus fine des choix opérés à l’époque.

Lorsque Césaire et les communistes portent la loi de départementalisation de 1946, leur priorité n’est pas de redessiner immédiatement les mécanismes économiques hérités du système colonial, mais de répondre à une urgence autrement plus tangible : la misère noire sociale, l’inégalité des droits et l’absence de protection pour les populations locales.

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Évolution des institutions de la Guadeloupe et Martinique : que penser et surtout que faire ?

— Par Jean-Marie Nol —

En l’état actuel du débat entre partisans du maintien du droit commun et chantres du changement statutaire : alors aujourd’hui que penser de l’état des lieux et surtout que faire à l’avenir ?

À l’heure où ressurgissent avec insistance les débats sur une éventuelle évolution statutaire de la Guadeloupe et de la Martinique, il est frappant de constater que ces interrogations se construisent souvent sur un diagnostic incomplet, voire biaisé, du modèle issu de la départementalisation. Car avant de proclamer l’essoufflement d’un cadre institutionnel, encore faut-il en mesurer rigoureusement les effets sur le temps long. Or l’état des lieux du modèle économique hérité de 1946 impose une évidence trop souvent reléguée au second plan : la départementalisation constitue, au regard de la situation initiale, un levier de transformation historique dont les résultats relèvent moins de l’échec que d’un rattrapage spectaculaire, certes inachevé, mais profondément structurant, et qui révèle l’aboutissement positif de la mission des anciennes générations.

Il faut d’abord rappeler d’où partaient ces territoires. Au sortir de la période coloniale, la Guadeloupe, comme la Martinique, se trouvait dans une situation de sous-développement extrême, marquée par une misère sanitaire, éducative et sociale d’une intensité aujourd’hui difficile à imaginer.

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Autonomie de l’article 74 : vers une impossibilité matérielle ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où la question de l’évolution statutaire de la Guadeloupe et de la Martinique revient avec insistance dans le débat public, une réalité s’impose avec une acuité croissante : le contexte économique mondial, national , et local rend aujourd’hui toute transformation institutionnelle non seulement incertaine, mais potentiellement dangereuse.

Les problèmes économiques ne sont pas derrière nous, ils sont devant nous. Et force est de constater que  l’évolution à risque de la situation économique ne permet aucunement d’envisager un changement statutaire .

Loin d’être un simple débat juridique ou idéologique et politique, la question statutaire se heurte à un mur bien plus déterminant, celui de la confiance et de la solidité économique, deux piliers aujourd’hui profondément fragilisés.

Car dans toute société moderne, la confiance constitue un capital invisible mais essentiel. Elle conditionne à la fois l’adhésion démocratique et le bon fonctionnement de l’économie. Or, aux Antilles françaises, cette confiance est en train de se fissurer dangereusement. Défiance envers les responsables politiques, scepticisme face aux institutions, doute sur la capacité collective à piloter un changement de cap : tous les signaux convergent vers une crise profonde du lien entre gouvernants et gouvernés.

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Antilles : le paradoxe d’un modèle décrié

Les acquis positifs du droit commun de la départementalisation sont à prendre beaucoup plus en considération dans le cadre du débat institutionnel actuel .

— Par Jean-Marie Nol —

En Guadeloupe comme en Martinique, le débat sur l’avenir institutionnel et statutaire s’intensifie à mesure que s’accumulent les crises économiques, sociales et politiques, donnant du grain à moudre aux partisans d’une autonomie accrue qui décrivent volontiers le modèle départemental comme épuisé, inefficace et générateur de dépendance. Et dans ce concert de critiques du modèle départemental, que pouvons nous penser des propos schizophréniques de Christianne Tobira, ancienne ministre de la justice, tenus dans le journal France Guyane à l’occasion des 80 ans de la départementalisation, et je cite à dessein madame Taubira « Le département c’est une absurdité, un artifice »

Pourtant, à rebours de ce récit dominant chez les partisans de l’autonomie et de l’indépendance, une observation rigoureuse des dynamiques sociales et économiques à l’œuvre révèle une réalité bien plus nuancée, voire paradoxale : loin d’avoir produit un effondrement, la départementalisation a permis l’élévation rapide du niveau de vie et l’émergence progressive d’une classe moyenne solide, structurée et résiliente, dont l’existence même constitue aujourd’hui l’un des héritages les plus tangibles et les plus sous-estimés de ce cadre institutionnel.

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Antilles : la spirale du ralentissement

Économie : pourquoi et comment les choses vont fortement se compliquer aux Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’horizon économique de la Guadeloupe et de la Martinique devrait s’assombrit dangereusement, et les signaux faibles de marasme observés en 2025 pourraient bien annoncer une dégradation de l’activité économique plus profonde encore en 2026. Derrière les chiffres déjà préoccupants dressés par l’IEDOM et l’INSEE pour l’année 2025 , se profile une mécanique économique redoutable, où les facteurs internationaux viennent percuter de plein fouet des économies insulaires structurellement fragiles. L’éclatement du conflit au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran, agit comme un catalyseur brutal d’une crise déjà latente, transformant un ralentissement en risque d’enlisement durable.
Au cœur de cette spirale, le choc pétrolier constitue le premier maillon d’une chaîne inflationniste qui menace de s’emballer. Dans des territoires où la dépendance aux importations est quasi totale, la hausse du prix de l’énergie ne se limite pas à la pompe : elle se diffuse immédiatement à l’ensemble des biens de consommation. Transport, alimentation, produits de première nécessité, aucun secteur n’échappera à cette inflation importée. Cette dynamique rappelle que les économies antillaises restent extrêmement exposées aux fluctuations des marchés mondiaux, sans véritable capacité d’amortissement.

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De la France au Canada : Toujours avoir deux fers au feu !

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où le nouvel ordre mondial et la crise économique et financière redéfinissent les équilibres économiques et sociaux à l’échelle mondiale, les sociétés de Guadeloupe et de Martinique se trouvent à un tournant historique. Le modèle traditionnel, largement hérité de l’assimilation à la France et à l’Europe, pourrait vaciller sous l’effet des difficultés financières de l’État providence et des nouvelles dynamiques de type identitaire portées par une génération émergente, plus mobile, plus connectée et moins dépendante des circuits institutionnels classiques.

Dans ce contexte de recomposition profonde des pouvoirs et des savoirs, une interrogation centrale s’impose : faut-il poursuivre l’intégration dans un cadre déjà connu, ou s’engager dans une trajectoire hasardeuse de souveraineté pouvant aller jusqu’à l’autonomie et puis inéluctablement vers l’indépendance ?

Derrière cette alternative apparemment binaire se dessine en réalité une troisième voie, encore en construction, qui pourrait bien constituer la véritable mission des nouvelles générations antillaises.

Cette voie intermédiaire ne consiste ni à rompre brutalement avec l’ordre existant, ni à s’y conformer passivement. Elle repose sur une capacité d’invention politique et économique, fondée sur des partenariats stratégiques ciblés, capables de redéfinir les marges de manœuvre des territoires.

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La Martinique au bord du choc

Pourquoi l’économie de la Martinique est en chute libre,  et comment cela va s’accélérer fortement en 2026 ?

— Par Jean-Marie Nol —

La guerre en Iran va chambouler les perspectives de reprise de l’économie pour la Martinique.
Le conflit en Iran pourrait faire grimper cette année l’inflation à 3,6 % en Martinique , et amputer la croissance de 2 points . Un retournement de scénario brutal pour la collectivité territoriale de la Martinique .Force est de souligner que la crise iranienne pourrait compliquer l’équation budgétaire pour la CTM. L’hypothèse d’un choc énergétique majeur ne serait pas sans conséquence sur des finances publiques déjà exsangues.On a connu le quoi qu’il en coûte. Je crois qu’on peut dire que la maîtrise des finances publiques en transparence doit se faire quoi qu’il arrive désormais », a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu, en introduction d’une réunion avec les ministres chargés de l’économie et du budget.L’effort pour réduire le déficit est passé très majoritairement, à ce stade, par la hausse des prélèvements. De nombreux économistes s’accordent à dire que le plus facile a été fait, tandis que le plus difficile politiquement, réduire les dépenses, reste à venir.

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Vers une aggravation des inégalités économiques en Guadeloupe et Martinique ?

Comment et pourquoi le crédit sera plus cher en Guadeloupe et Martinique et quelles seraient les conséquences sur l’économie ?

— Par Jean-Marie Nol —

La montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, cristallisées par la guerre en Iran, agit désormais comme un révélateur brutal des fragilités économiques structurelles des territoires ultramarins français, en particulier la Guadeloupe et la Martinique. Ce choc exogène, initialement énergétique, se propage aujourd’hui à l’ensemble des circuits financiers mondiaux, avec un effet direct et potentiellement durable sur les taux d’intérêt, et par ricochet sur le pouvoir d’achat des ménages antillais.

Le mécanisme à l’œuvre est désormais bien identifié par les économistes , c’est la stagflation qui est un processus par lequel l’économie souffre simultanément d’une forte inflation et d’une croissance faible, voire nulle. La stagflation s’accompagne souvent d’un taux de chômage élevé. Force est de souligner que dans un contexte de stagflation, le produit intérieur brut (PIB) progresse faiblement, voire pas du tout. L’activité peine à se développer, les entreprises ont du mal à augmenter leurs ventes, et les consommateurs hésitent à dépenser et préfèrent augmenter leur épargne.

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De la décolonisation à la domination technologique

Cuba est – t- il devenu l’exemple emblématique de la nouvelle géopolitique de recolonisation ?

— Par Jean-Marie Nol —

Au large de la Floride, à seulement 150 kilomètres des côtes américaines, Cuba apparaît aujourd’hui comme le laboratoire d’une nouvelle forme de domination internationale, et le futur exemple d’un scénario inédit de recolonisation. Aucun pétrolier n’y serait entré pour ravitailler l’île depuis le 9 janvier, conséquence d’un blocus énergétique de facto attribué à Washington. L’asphyxie progressive du secteur touristique – deuxième source de devises de l’île après l’exportation de services médicaux – menace près de 300 000 emplois. Fragilisée par la pandémie puis par le durcissement des sanctions américaines, l’économie cubaine se retrouve prise dans un étau financier et énergétique qui dépasse la seule logique bilatérale. Pour de nombreux observateurs, il s’agit moins d’un simple épisode de tension que d’un signal fort : celui d’une ère où la domination ne passe plus par l’occupation militaire classique, mais par la pression économique systémique et la supériorité technologique.

La séquence récente illustre ce basculement. La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines début janvier, suivie de l’arrêt par Venezuela – sous pression de Washington – des livraisons de pétrole vers La Havane, a ravivé les tensions entre Cuba et les États-Unis.

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La recolonisation technologique

— Par Jean-Marie Nol —

Clap de fin du cycle de décolonisation et émergence d’un nouveau cycle de recolonisation par la puissance technologique ?

À l’ère de l’intelligence artificielle et de l’hyperconnectivité, la domination coloniale d’un pays sur un autre pays ne passe plus nécessairement par l’occupation administrative territoriale visible comme auparavant, ni par la présence massive de troupes militaires au sol, mais par la maîtrise des technologies capables d’anticiper, de surveiller, de cibler et de frapper avec une précision chirurgicale. La guerre du type de l’ex domination coloniale change de nature, et avec elle l’équilibre du pouvoir mondial. Dans ce nouvel environnement stratégique, la technologie devient l’arme décisive d’une forme contemporaine de recolonisation, où la supériorité algorithmique et la maîtrise des systèmes d’armes avancés permettent à certaines grandes puissances d’imposer leur volonté à distance, sans administration directe pour exploiter les ressources minières ou encore un simple contrôle géostratégique , mais avec une efficacité redoutable du fait de la  supériorité écrasante de la maîtrise technologique . C’est le cas aujourd’hui du Venezuela et demain de l’Iran et de Cuba. Ce sont des exemples parmi d’autres qui éclairent ce qui pourrait se généraliser à l’avenir dans les prochaines décennies qui s’ouvrent sur un monde trouble et dangereux.

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Produire local : rêve et réalités

Quid de l’illusion de la souveraineté alimentaire et de l’utopie de la responsabilité locale avec l’autonomie article 74 ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où les discours sur la souveraineté alimentaire se multiplient dans les allées du Salon international de l’agriculture, une question traverse les esprits avec une acuité particulière sous nos latitudes caribéenne avec la situation dramatique de Cuba : la Guadeloupe peut-elle réellement prétendre à l’autonomie alimentaire et à la responsabilité locale ?

Derrière les slogans de nature identitaire et les déclarations d’intention, la réalité économique, agricole et halieutique du territoire dessine un constat bien plus rude. La souveraineté alimentaire du « pays Guadeloupe » apparaît moins comme un horizon concret que comme une illusion tenace, entretenue par la nostalgie d’un passé agricole révolu et par une méconnaissance des profondes fragilités structurelles du modèle productif local.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les estimations de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, près de 76 % des produits alimentaires consommés dans les territoires ultramarins sont importés. Cette dépendance massive n’est pas un simple indicateur statistique : elle révèle une vulnérabilité stratégique majeure comme le prouve l’exemple dramatique actuel de Cuba.

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Guadeloupe : Menaces et impacts d’une crise financière en France

Somme toute, devons nous continuer à vivre, comme si de rien n’était , en dépit des menaces de crise budgétaire, financière et économique en France ?

— Par Jean Marie Nol —

Selon le gouvernement par la voix de la ministre des comptes publics et du budget, l’échec budgétaire actuel pourrait conduire la France à une impasse budgétaire de nature à provoquer une grave crise . Ceux qui présentent le plan du premier ministre comme une violente cure de rigueur n’ont pourtant rien vu, avertit l’Institut Montaigne dans une note riche et assez alarmiste, publiée mercredi 26 novembre par le journal Les échos.  » Selon le cercle de réflexion libéral, financé par plus de 150 grandes entreprises, les efforts sur lesquels se déchirent aujourd’hui les élus ne donnent qu’un avant-goût minime de ceux qui attendent le pays. Car l’heure des vrais sacrifices approche, selon l’Institut Montaigne, qui en propose un chiffrage inédit. Une façon pour le patronat de préparer le terrain à l’adoption de mesures impopulaires, dans le budget en discussion mais surtout les suivants. Les dépenses risquent de croître plus vite que les recettes, donc d’aggraver le déficit, notamment en raison d’une forte hausse de coûts jugés incompressibles : le paiement des intérêts de la dette, la contribution de la France à l’Union européenne, et le budget militaire » .

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« Chaque génération affronte sa mission » : les boomers face à l’héritage de Fanon

Les boomers issus de la départementalisation ont-ils remplis ou trahis leur mission ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’année dernière , les boomers ont été pointés du doigt par celui qui était alors 1er ministre, François Bayrou, qui les accusait d’avoir creusé la dette et contribué à pauperiser les générations futures.

Les boomers, ce sont ces Français nés après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’au milieu des années 1960, et qui ont bénéficié de la dynamique des 30 glorieuses.

Ils ont aujourd’hui entre 62 et 80 ans, et représentent 21,8 % de la population en 2025.

Ces seniors sont-ils des privilégiés ? Les jeunes générations sont-elles les victimes directes de boomers trop dépensiers et vautrés dans leur confort ?

C’est le moment d’entrer dans la controverse du débat sur la mission des boomers des Antilles-  Guyane qui se caractérise en des termes très différents de ceux de la France hexagonale.

En 1961, dans Les Damnés de la terre, Frantz Fanon prophétisait les luttes de libération des peuples colonisés et théorisait la violence du colonisé comme réponse à la violence structurelle du colonisateur.

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Entre Dépendance et Transition

Quel est le véritable impact de l’économie sur l’équilibre du fonctionnement de la société antillaise ?

—Par Jean-Marie Nol —

L’économie n’est pas une abstraction réservée aux spécialistes ; elle constitue la trame invisible qui structure la vie quotidienne des Guadeloupéens et Martiniquais . Derrière chaque emploi, chaque commerce, chaque décision publique, chaque projet familial, se déploie un ensemble d’échanges, de productions et de consommations qui forment l’ossature de la société antillaise . Comprendre l’économie, ce n’est pas seulement manier des chiffres ou des indicateurs ; c’est saisir la manière dont une communauté organise l’usage de ses ressources rares pour répondre à ses besoins essentiels et construire son avenir collectif. En Guadeloupe, cette réalité prend une dimension particulière, tant l’économie influence directement le fonctionnement social, les équilibres territoriaux et la cohésion culturelle même du corps social.

L’économie encadre d’abord nos choix individuels. Le niveau des salaires, le coût de la vie, l’inflation, les taux d’intérêt ou encore la fiscalité déterminent les décisions en matière de consommation, d’épargne, d’investissement ou de formation. Lorsqu’un ménage guadeloupéen arbitre entre l’achat d’un bien, le financement d’un logement ou le départ d’un enfant pour des études en Hexagone, il agit dans un cadre façonné par des paramètres économiques globaux.

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Municipales 2026 : l’enjeu caché de l’économie communale

La myopie antillaise face aux enjeux économiques et financiers de l’élection municipale.

— Par Jean-Marie Nol —

À l’approche des élections municipales de mars 2026, la Guadeloupe et la Martinique se préparent, une fois encore, à une séquence politique intense, rythmée par les promesses, les invectives et les professions de foi de candidats assurés d’être les seuls à pouvoir résoudre l’ensemble des difficultés quotidiennes de la population. Le hic , c’est que la fête est finie , et que nous sommes à l’aube de la rigueur voire de l’austérité. Thierry Breton

l’ex-commissaire européen estime que tous les avantages sociaux obtenus en France ont été payés par la dette. Par exemple, la France s’est «payé» la retraite à 60 ans, ou encore la 5e semaine de congés payés, grâce à l’endettement public. Comme à chaque scrutin local, le discours dominant repose sur une idée profondément ancrée : celle selon laquelle le pouvoir d’agir sur la société, l’économie, la sécurité et même l’avenir du territoire serait presque exclusivement concentré entre les mains des élus municipaux. Tout cela est démenti par les faits. Cette croyance, largement partagée, relève pourtant d’une illusion persistante, voire d’une forme de forfaiture intellectuelle, tant elle occulte la complexité réelle des mécanismes économiques et sociaux à l’œuvre, ainsi que la responsabilité collective des citoyens eux-mêmes.

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Municipales : l’angle mort économique

Les véritables raisons de s’inquiéter pour les guadeloupéens et Martiniquais de l’avenir qui s’annonce périlleux ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les Guadeloupéens s’apprêtent à choisir leurs édiles locaux dans un climat politique qui, paradoxalement, laisse de côté une question pourtant centrale : celle de l’avenir économique et financier de la France et de ses conséquences directes sur la Guadeloupe. La campagne électorale, officiellement ouverte début mars, se focalise sur des enjeux de proximité, des promesses de gestion communale et des rivalités de personnes, sans jamais réellement interroger la future trajectoire globale du pays auquel la Guadeloupe est institutionnellement, financièrement et socialement arrimée. Or, pour un territoire ultramarin largement dépendant des subventions publiques, des transferts publics et sociaux , de la solidarité nationale et des choix budgétaires de l’État, l’évolution de la situation française devrait constituer une préoccupation majeure, tant pour la classe politique locale que pour les électeurs. À l’aune de ces élections municipales , les Guadeloupéens s’apprêtent à choisir leurs édiles locaux dans un contexte qui ne peut plus être analysé uniquement à l’aune des problématiques communales.

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Antilles-Guyane : le pari Mercosur

Pourquoi l’accord du Mercosur est une chance à saisir pour le développement économique des Antilles-Guyane ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’accord d’association entre l’Union européenne et le Mercosur, longtemps perçu en France hexagonale comme une menace pour certaines filières agricoles traditionnelles, pourrait paradoxalement constituer une opportunité stratégique majeure pour la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, à condition d’en changer radicalement la lecture et l’usage économique. Dans ces territoires ultramarins, où le modèle économique hérité de la départementalisation repose historiquement sur l’importation massive de biens, la production agricole ainsi que la consommation subventionnée et un secteur tertiaire hypertrophié, l’ouverture commerciale avec l’Amérique du Sud peut devenir le levier d’un basculement vers un nouveau modèle économique productif fondé sur la transformation industrielle locale et la création de valeur ajoutée.
Le Mercosur regroupe des puissances agricoles mondiales, au premier rang desquelles le Brésil et l’Argentine, capables de produire en quantité et à des coûts très compétitifs des matières premières agricoles. L’accord conclu avec l’Union européenne, aujourd’hui en attente de ratification définitive assortie d’un protocole environnemental sur les normes , prévoit une suppression progressive de la quasi-totalité des droits de douane entre les deux blocs.

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Clap de fin pour le modèle économique et social de la départementalisation ?

— Par Jean-Marie Nol —

Nous sommes à un point de bascule avec le changement de paradigme économique induit par le nouvel ordre mondial et l’intelligence artificielle, avec pour voie de conséquence la remise en cause du modèle  de la départementalisation en corrélation avec le changement statutaire.

La Guadeloupe et la Martinique se trouvent aujourd’hui à la croisée de plusieurs ruptures historiques qui, mises bout à bout, annoncent la fin progressive d’un modèle économique hérité de la départementalisation et l’entrée, contrainte plus que choisie, dans un nouveau paradigme façonné par la révolution numérique et l’intelligence artificielle. L’Intelligence Artificielle va bouleverser le socle du financement du modèle social de la départementalisation en Guadeloupe, mais personne n’ose encore parler. C’est le modèle économique et social de la Guadeloupe et de la Martinique qui est menacé dans ses fondements. L’intelligence artificielle est en train de s’imposer en Guadeloupe et Martinique dans beaucoup d’activités en modifiant profondément l’organisation du travail, mais l’IA va aussi nous obliger à changer profondément la fiscalité, ce dont personne ne parle. L’arrivée très rapide de l’intelligence artificielle dans les entreprises, les services de l’administration et la vie quotidienne a déjà alimenté une multitude de débats sur les mutations que cette technologie va entraîner dont l’apparition d’une nouvelle économie et une rupture de notre actuel modèle économique :

 l’économie repose aujourd’hui sur un contrat simple — on échange son travail, mental ou physique, contre un salaire.

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