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Sankara : seul contre tous ?

À propos de « Sank, ou la patience des morts » d’Aristide Tarnagda

— Par Roland Sabra —

Il va mourir, assassiné probablement, et il le sait. Mais la mort ne lui fait pas peur. C’est par elle qu’il vivra, ou plus exactement c’est l’idée de la révolution dont il est porteur qui vivra. Du moins le croit-il. A tort. Comme après toute mort d’un personnage porteur d’espoir, fauché à la fleur de l’âge se construit un mythe. La révélation n’ayant pu s’accomplir totalement, un vide est à remplir. La littérature, le cinéma, les arts en général mais aussi la politique foisonnent de ces vies trop vite abrégées et qui donnent matière à imaginer, à rêver. La mort prématurée du héros est la condition de construction du mythe et c’est même une des caractéristiques essentielles du héros que de manifester un courage qui s’exprime par le mépris pour la mort. Le Christ est mort à 33 ans. Thomas Sankara a été emporté à 37 ans par le coup d’État organisé par Blaise Caompaoré.

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« Sank ou la patience des morts », d’Aristide Tarnagda

23 & 24 mai 2019 à 20h Tropiques-Atrium

Mise en scène : Aristide Tarnagda & Pierre Lambotte

Lire : Sankara seul contre tous? par Roland Sabra

Quand l’Homme est venu, son pays était une « synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité ». L’Homme voulut faire de son pays une terre de dignité et de liberté. Alors courageusement, il sut redéfinir la somme du possible et du pensable par laquelle le développement d’un pays comptant parmi les plus démunis du monde pouvait être envisagé. L’Homme s’engagea dans un processus de transformation sociale progressiste et progressif, en se préoccupant des besoins prioritaires de son pays. En quelques années, l’Homme fit faire à son pays un bond qualitatif. Mais il restait conscient que les questions essentielles de son peuple étaient celles de tout un continent et de tous les peuples exploités et opprimés. Panafricaniste et antimondialiste, il a su devenir la voix des sans voix.
Par un après- midi, l’Homme fut fauché par des balles assassines. L’Homme est tombé, trahi par celui qu’il considérait comme son frère, mais il avait eu le temps de semer la graine et de l’arroser de son sang.

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