Catégorie : Sociologie

Faire du 22 Mai la fête nationale de la Martinique

— Par Guy Lordinot —

La Martinique fait partie de la république française dont l’emblème est le drapeau bleu blanc rouge, derrière lequel le peuple français se retrouve.

La fête de la nation se déroule le 14 Juillet.

La Martinique est une collectivité d’Outremer, ce qui signifie qu’elle a quelques spécificités venant de sa géographie et de son histoire qui peuvent justifier qu’elle ait en plus du 14 juillet, sa propre fête nationale.

Victor Schoelcher a obtenu du gouvernement l’abolition de l’esclavage le 27 Avril 1848 mais l’abolition effective date du 22 mai 1848, date à laquelle la révolte des esclaves a imposé au gouverneur Rostoland de la décréter. Depuis 43 ans que le 22 mai est devenu un jour férié, il n’a jamais été célébré officiellement par l’ensemble des élus martiniquais.
Pour faire peuple, une population a besoin d’un symbole. Pour la France c’est le drapeau bleu blanc rouge qui est bien sûr celui des martiniquais.

Nous proposons de faire du 22 mai une fête nationale.

Le symbole qui peut permettre aux martiniquais de faire peuple provient du sport.

En effet les seuls évènements qui unissent la quasi-totalité de population de la Martinique sont le Tour des Yoles et le Tour cycliste.

  Lire Plus

Honorer nos aïeux en bâtissant demain

  Chaque mois de mai, la Martinique s’habille de mémoire. Le 22, nous commémorons l’abolition de l’esclavage de 1848, ce jour où nos ancêtres sont passés du statut de biens à celui d’hommes et de femmes libres.
  Nous avons bien sûr raison de le faire. La mémoire est une dette sacrée. Oublier serait trahir. Mais la sagesse créole d’aujourd’hui nous enseigne aussi qu’il ne faut pas rester le regard fixé dans le rétroviseur pendant que la route file devant. Commémorer, oui. Se figer dans la commémoration, non.
  Le passé nous a légué des blessures, des forces et des complexités. Il nous a donné le sens de la dignité, la rage de vivre, le goût de la liberté chèrement acquise. Pourtant, le présent nous interpelle avec urgence : chômage qui ronge surtout les jeunes, départ massif des forces vives, dépendance économique encore trop lourde, services publics qui peinent, violence qui abîme nos quartiers, préservation de notre environnement menacé par le changement climatique et nos propres négligences.
  Alors que faire ? Faut-il choisir entre honorer nos morts et nourrir nos vivants ?

  Lire Plus

Cyber harcèlement sexiste au Lycée Jardin d’essai aux Abymes.

Ce mois de mai, 80 jeunes femmes du Lycée Jardin d’essai aux Abymes se sont retrouvées sans leur consentement sur une liste publiée dans les réseaux sociaux, les classant dans des catégories dégradantes avec leurs photos et des commentaires sexistes. Elles ont réagi en manifestant le 6 mai, et l’établissement a porté plainte, excluant les auteurs présumés de cette liste humiliante.

Cet événement témoigne, de façon inquiétante, de la persistance du sexisme et de la progression du masculinisme le plus abject largement propagés sur les réseaux sociaux.

Un an après avoir constaté une forte polarisation de la société sur les questions d’égalité et de sexisme, le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) sur l’état des lieux du sexisme en France1 attire l’attention sur une dynamique préoccupante : « certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives. Le rapport identifie deux formes de sexismes, le sexisme paternaliste et le sexisme hostile. Le sexisme paternaliste est un sexisme faussement bienveillant du quotidien qui légitime une répartition hiérarchisée des hommes et des femmes.

  Lire Plus

Mémoires nomades

— Par Éric Cabéria du Comité Devoir de Mémoire Martinique —

Le projet de QR code porté par le Comité Devoir de Mémoire Martinique s’inscrit dans une histoire ancienne, patiente et obstinée : celle du projet Mémoires Nomades, auquel nous tenons depuis de nombreuses années.

Ce projet n’est pas né d’une mode technologique, ni d’un enthousiasme superficiel pour le numérique. Il est né d’une réflexion collective, conduite depuis longtemps au sein du Comité Devoir de Mémoire, notamment à partir des cogitations de Christian Jean-Étienne, de Serge Chalons, d’Éric Caberia, ainsi que d’autres membres du Comité qui ont, chacun à leur manière, nourri cette intuition fondamentale : la mémoire ne doit pas rester enfermée dans les livres, les archives, les cérémonies officielles ou les discours d’initiés. Elle doit descendre dans la rue, habiter les lieux, accompagner les passants, interpeller les jeunes, instruire les visiteurs et redonner sens aux espaces que nous traversons parfois sans les voir.

À l’origine, Mémoires Nomades reposait sur une idée techniquement ambitieuse pour son époque : installer, dans différents lieux de Fort-de-France, des points d’accès numériques permettant au public de consulter sur place des contenus historiques, culturels et mémoriels.

  Lire Plus

80 ans de Départementalisation : tous Français ?

— Par Guy Flandrina —

La question des « réparations du crime contre l’humanité » que fut l’esclavage se pose avec de plus en plus de force et d’acuité dans tous les pays où cette abjection fut de mise.

Il ne semble pas inintéressant, en parallèle à ce 22 mai 2026, de placer cette interrogation en miroir de la départementalisation qui était supposée faire des ressortissants des quatre « vieilles colonies » des « français à part entière »…

Le 25 mars 2026, l’ONU a franchi un cap : elle a qualifié la traite des esclaves africains et l’esclavage racialisé de « plus grave crime contre l’humanité » et appelé à des mesures de justice réparatrice. Un tournant, vingt-cinq ans après la loi Taubira.

La résolution 80/250, portée par le Ghana au nom du Groupe des États africains, a été adoptée par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, parmi lesquelles celle de la France. De là naît le cœur du débat : comment le « pays des droits humains » peut-il s’abstenir sur un texte d’une telle portée ?

  Lire Plus

« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie VII

Septième partie
__________________

Une croissance économique également au service des pauvres
___________________________

« Mange ton pain pendant qu’il est encore pain.
Et profite du feu pour faire cuire ta soupe
pendant qu’elle est encore soupe.
Par les temps qui courent,
il ne faut pas remettre à demain
ce que tu peux manger ce soir,
car le grand chambardement est peut-être pour cette nuit.
À l’aube, qui sait si le pain ne sera pas fusil,
la soupe poison et le feu sang… »

(Richard Brisson, Collection du Verbe Présent)

 

Au moment d’entamer ce nouveau chapitre de l’ouvrage, nous avons appris avec peine que le grand Africain, Emmanuel N’Djoké Dibango dit Manu Dibango, le célèbre musicien-compositeur, est décédé de la terrible maladie du XXIe siècle le 24 mars 2020 à Melun, en France, à l’âge de 86 ans. L’ange de la mort, qui se déplace avec la Covid-19, a frappé à la porte de Papagroove ou Papa Manu, et il a décidé de l’emmener avec lui, de le conduire là d’où les voyageurs de l’aventure terrestre ne reviennent jamais.

  Lire Plus

“Possibles !” : un appel à projets pour expérimenter la ville de demain

Va jouer dehors ! est une association d’intérêt général fondée en 2019 par Matthieu Poitevin à la suite du drame de la rue d’Aubagne à Marseille. Face aux urgences climatiques, sociales et urbaines, l’association est née d’une volonté forte : repenser collectivement la manière de fabriquer la ville et ouvrir des perspectives plus durables, plus solidaires et plus désirables.

À la fois structure porteuse d’événements, média d’idées et espace de réflexion collective, Va jouer dehors ! réunit architectes, urbanistes, artistes, chercheurs, entreprises, élus, collectifs et habitants autour d’un même objectif : expérimenter une nouvelle urbanité, plus participative, plus joyeuse et plus attentive aux usages réels des territoires.

Dans cette dynamique, l’association lance l’appel à projets du Festival de la Ville 2050 pour les éditions 2026-2027-2028, sous le thème « Possibles ! ».

Du manifeste à l’expérimentation

Le Festival de la Ville affirme une conviction simple : la ville ne se raconte pas, elle se pratique. Ces trois prochaines éditions souhaitent devenir l’écho de celles et ceux qui veulent agir concrètement sur le terrain et inventer de nouvelles manières d’habiter, de construire et de partager la ville.

  Lire Plus

« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie VI

Sixième partie

______________________

Haïti, comme la Carthage d’Hannibal

________________________________

« Pour les petits et les pauvres, la vie est un couloir de wagon où il faut s’aplatir pour laisser passer les autres, et encore sourire, et même demander pardon. »

(Gilbert Cesbron)

Le jeudi 19 mars 2020, la panique s’installait au sein de la population haïtienne. Deux cas de coronavirus venaient d’être diagnostiqués par les autorités sanitaires. La situation paraissait se compliquer davantage pour des individus qui menaient une existence déjà précarisée. « La République d’Haïti, vraisemblablement, n’allait pas pouvoir faire face à un fléau de cette ampleur », pensions-nous? Sans être superstitieux, nous croisions les doigts – comme beaucoup de compatriotes, peut-être – pour que les îles antillaises soient écartées, même miraculeusement, du chemin de la catastrophe provoquée… Malheureusement, le sort en avait décidé autrement. Un indigène et un étranger belge furent testés positifs. Le mal était donc fait. Désormais, les Haïtiens se comptaient aussi parmi les peuples de l’univers qui luttaient pour se protéger contre la pandémie mystérieuse et meurtrière. La nouvelle – même si l’on s’y attendait – avait causé de l’émoi jusque dans la diaspora.

  Lire Plus

Polémique et accusations d’escroquerie liées à la diaspora haïtienne 2026

Charlatanisme, imposture et enfumage : actualisation des liaisons délictueuses entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation d’Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Charlatanisme – subst. masc. (a) Art d’exploiter la crédulité d’autrui érigé en système. Le charlatanisme à côté du mérite est comme le zéro à la droite d’un chiffre et décuple sa partenairevaleur (Stendhal, Lucien Leuwen, t. 3, 1836, p. 228). (b) Péj. Comportement de charlatan. Ceci était charlatanisme pur et conscient (Montherlant, Les Lépreuses,1939, p. 1467). (c) Caractère de ce qui est digne d’un charlatan. Le charlatanisme d’un écrit (Senancour, Obermann, t. 1, 1840, p. 11). Dictionnaire OrtoLang, Centre national de ressources textuelles et lexicales, CNRS, Université de Nancy.

À l’entame du présent article, il est utile de contextualiser notre propos en posant une question de premier plan : le Canada étant un État de droit, une organisation culturelle haïtienne sise à Montréal peut-elle en toute impunité offrir l’hospitalité et donner la parole à une institution haïtienne objet, en Haïti, dune demande d’audit financier et administratif auprès de la Cour supérieure des comptes ?

  Lire Plus

Cinq questions sur le 10 mai, journée nationale des mémoires de l’esclavage

En France, depuis 2006, le 10 mai est la « journée nationale de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ». Retour en cinq questions sur les travaux et les lieux qui permettent de poursuivre la réflexion sur l’histoire de la traite et de l’esclavage.

Le 10 mai marque la journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et leur abolition. Après la découverte de l’Amérique par les Européens en 1492, du XVe au XIXe siècles, plus de 11 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été capturés en Afrique, transportés à travers l’Atlantique et réduits en esclavage pour travailler dans des conditions très dures au sein d’exploitations coloniales dans les Amériques.

Le 10 mai, des cérémonies sont organisées par les préfets en lien avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. 

C’est aussi une journée de réflexion civique sur le respect de la dignité humaine et la notion de crime contre l’humanité, notamment au sein du ministère de l’éducation nationale.  

  Lire Plus

Disparition de Roland Ménil, figure engagée de la Martinique

Roland Ménil est décédé à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un homme de conviction dont l’engagement aura profondément marqué la vie politique, éducative et associative de la Martinique.

Enseignant de profession, il a consacré une grande partie de sa vie à la transmission du savoir et à l’éducation populaire. Directeur de l’Association Martiniquaise d’Éducation Populaire (AMEP), il s’est attaché à former et accompagner plusieurs générations de jeunes Martiniquais, fidèle à une conception exigeante de l’éducation comme outil d’émancipation.

Figure engagée du paysage politique martiniquais, Roland Ménil fut d’abord membre du Parti Progressiste Martiniquais avant de rejoindre le Mouvement Indépendantiste Martiniquais. Ancien conseiller municipal de Fort-de-France au début des années 2000, durant le mandat de Serge Letchimy, il aura défendu avec constance ses idéaux politiques et son attachement à l’identité martiniquaise.

Son parcours militant s’est également illustré à travers son rôle de directeur de publication du journal Le Progressiste, son engagement au sein de l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe ainsi que sa participation au cercle Frantz Fanon. Ceux qui l’ont côtoyé retiennent un homme profondément attaché à la Martinique, à son peuple, à son histoire et à sa culture.

  Lire Plus

Attestation d’honorabilité obligatoire !

L’attestation d’honorabilité devient obligatoire pour les professionnels intervenant auprès d’enfants handicapés

L’attestation d’honorabilité est un document officiel garantissant qu’une personne n’a pas de condamnation écrite dans un casier judiciaire ou sur le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (FIJAISV) qui empêche d’intervenir auprès des mineurs. Les démarches pour l’obtenir se font via une plateforme dédiée en fonction de votre statut.

Elle est obligatoire depuis octobre 2025 pour tous les professionnels et les bénévoles intervenant dans le champ de la protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant (assistants maternels, assistants familiaux, professionnels et bénévoles des crèches, foyers…). Depuis le 1er février 2026, elle l’est aussi pour les personnes s’engageant dans une procédure d’adoption.

À noter:

Le dispositif sera progressivement étendu en 2027 aux professionnels et bénévoles intervenant au sein d’un établissement ou service accompagnant des adultes en situation de handicap, puis en 2028 aux professionnels et bénévoles intervenant auprès des personnes âgées.

  Lire Plus

70 ans de la SIMAR : Habiter le temps, vivre ensemble

Ouverture des portes de la Villa Pacific le 06 mai

Depuis 70 ans, la Société Immobilière de la Martinique (SIMAR) ne se limite pas à construire et gérer des logements : elle participe activement à la transformation du territoire et accompagne des milliers de parcours de vie. À l’occasion de cet anniversaire emblématique, elle propose une saison exceptionnelle mêlant mémoire, partage et célébration.

Une ouverture symbolique : la Villa Pacific

Le 6 mai 2026, la SIMAR ouvre exceptionnellement les portes de la Villa Pacific, ancienne résidence de fonction de direction, pour une soirée de vernissage unique.

Au cœur de ce lieu chargé d’histoire, l’exposition immersive et interactive
« 70 ans, Habiter le Temps » invite les visiteurs à parcourir sept décennies d’évolution du logement social en Martinique.

Sur plus de 200 m², le parcours plonge le public dans une expérience vivante :

  • Explorer le passé et comprendre les transformations du territoire
  • Écouter, voir et ressentir les récits de vie liés à l’habitat
  • S’exprimer, interagir et laisser une trace personnelle

Pensée comme un véritable espace de mémoire vivante, cette exposition met en lumière l’impact concret du logement social dans la vie des Martiniquais, tout en ouvrant des perspectives vers l’avenir.

  Lire Plus

« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie V

Cinquième partie
______________

Les États esclavagistes ont juré de reprendre Haïti
______________________________

« Le monde a proclamé la liberté, ces dernières années surtout; mais que représente cette liberté! Rien que l’esclavage et le suicide! Car le monde dit : Tu as des besoins, assouvis-les, tu possèdes les mêmes droits que les grands et les riches. Ne crains donc pas de les assouvir, accrois-les même; voilà ce qu’on enseigne maintenant. Telle est leur conception de la liberté. Et que résulte-t-il de ce droit à accroître les besoins? Chez les riches, la solitude et le suicide spirituel; chez les pauvres, l’envie et le meurtre, car on a conféré des droits, mais on n’a pas encore indiqué les moyens d’assouvir les besoins. »

(Fiodor Dostoïevski)

Au moment où nous rédigeons cette série de réflexions philosophiques et politiques, le monde se prépare à vivre une nouvelle tragédie d’une ampleur imprévisible. Les frontières terrestres et maritimes se ferment les unes après les autres. Le mal qui répand la terreur aujourd’hui, après la peste de l’époque médiévale, la grippe espagnole de 1918 et l’Ébola, s’appelle « coronavirus (COVID-19) ».

  Lire Plus

Pour saluer la mémoire de Michèle Voltaire Marcelin, poétesse, peintre, romancière et comédienne

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

L’annonce du décès de Michèle Voltaire Marcelin, poétesse, peintre, romancière et comédienne, a fait l’effet d’un tsunami : la sachant malade, ses amis, ses parents, ses proches s’y attendaient, tous habités par l’effroi, le cœur transi de chagrin… Mais lorsque la Grande Faucheuse frappe à la porte, nous voici mutiques, la parole en berne, nous voici claudiquant sur l’archipel des gestes désormais orphelins…

Michèle Voltaire Marcelin est décédée le 29 avril 2026 à New York où elle vivait depuis de nombreuses années. Je cherche encore mes mots, j’en trouve quelques-uns, fébriles et bègues, pour adresser mes condoléances émues à sa famille, à ses frères Frantz et Leslie, à son fils Leo Coltrane Marcelin et à son conjoint Jocelyn McCalla.

L’ŒUVRE DE MICHÈLE VOLTAIRE MARCELIN

L’œuvre littéraire de Michèle Voltaire Marcelin compte plusieurs titres, notamment « La Désenchantée » (roman, Éditions du Cidihca, 2005), « Lost and Found » (poésie, Éditions du Cidihca, 2009), « Amours et bagatelles » (Éditions du Cidihca, 2009), « Clair/Obscur | Depth/Glow » (Éditions du Cidihca, 2026). « Amours et bagatelles » a été traduit en espagnol aux éditions Alba à Cuba, en 2016, sous le titre « Amores y cosas sin importancia ».

  Lire Plus

« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie IV

Quatrième partie, IL FAUT SAUVER CARTHAGE, Robert Lodimus

« La plus grande de toutes les injustices, parce qu’elle les comprend toutes, c’est l’esclavage. L’esclavage est l’asservissement de toutes les facultés d’un homme au profit d’un autre. L’esclave ne développe son intelligence que dans l’intérêt du maître. Ce n’est pas pour l’éclairer, c’est pour le rendre plus utile qu’on lui permet quelques exercices de la pensée. L’esclave n’a pas la liberté de ses mouvements ; on l’attache à la terre, on le vend avec elle ou on l’enchaîne à la personne du maître. L’esclave n’a pas d’affection, il n’a pas de famille, il n’a point de femme, il n’a point d’enfant : il a une femelle et des petits. Son activité ne lui appartient pas, car le produit de son travail est à un autre. Mais pour que rien ne manque à l’esclavage, il faut aller plus loin, il faut abolir dans l’esclave le sentiment inné de la liberté ; il faut éteindre en lui toute idée de droit ; car tant que cette idée subsiste, l’esclavage est mal assuré, et à un pouvoir illégitime et odieux peut tout d’un coup répondre le droit terrible de l’insurrection, cette raison dernière des opprimés contre les abus de la force. 

  Lire Plus

Les élections municipales de 2026 en Martinique : analyses et bilans

Quels sont les faits marquants de ces élections municipales et communautaires de mars 2026 en Martinique?

Quels sont les résultats détaillés pour chacune des 34 communes de l’lie ? Quelle est la composition des conseils municipaux et des conseils commanditaires à la suite de ces dernières élections?

Combien de nouveaux maires?

La parité, quelles réalités?

Quel est l’âge moyen des maires de Martinique?

Quelle est l’évolution de la participation aux élections municipales depuis 1971 ?

Quel est le régime indemnitaire des élus municipaux et communautaires en 2026

Vous trouverez la réponse il toutes ces questions dans ce memento sous forme de visualisations graphiques et de tableaux.

Ce mémento s’adresse aux citoyens, aux élus, à leurs collaborateurs, aux militants, et à tous les observateurs de la vie politique de Martinique.

Jonathan Théodose et Olivier Ernest Jean-Marie sont les créateurs de Politic Data, la plateforme de visualisation de dionées électorales compilant les résultats des 69 000 bureaux de vote de France depuis 2007.

Jonathan Théodose est ingénieur, en informatique décisionnelle et data designer

Olivier Jean-Marie est data collector et expert électoral

  Lire Plus

Promenades en forêt : vous êtes obligé de tenir votre chien en laisse jusqu’au 30 juin

Comme chaque année, les propriétaires de chiens ont pour obligation de ne pas détacher leurs animaux en dehors des allées forestières, à partir du 15 avril. L’objectif est de préserver la faune sauvage durant une période marquée par le début de la mise-bas des mammifères et la nidification des oiseaux.

Pendant toute l’année, vous devez garder vos chiens sous surveillance lors de vos balades en forêt ; ils ne doivent pas se trouver à plus de 100 mètres de vous. Entre le 15 avril et le 30 juin, la réglementation est plus stricte : vous devez tenir vos chiens en laisse lorsque vous vous trouvez en dehors d’une allée forestière. Sont notamment considérés comme des allées forestières :

  • les routes ;

  • les chemins ;

  • les sentiers forestiers (sentiers de grande randonnée ou GR, chemins de promenade…).

Cette règle vise à :

  • éviter que vos chiens n’attaquent des oiseaux ou d’autres espèces d’animaux ;

  • favoriser le repeuplement de cette faune sauvage.

À noter

  Lire Plus

Bus en grève : une mise au point

—  Par le Comité de Grève des salariés grévistes de Transaglo soutenu par la CGTM —

Aux

  • Usagers des communes du Lamentin, de Schoelcher, Saint-Joseph, Fort-de-France ;

  • Travailleuses, Travailleurs ;

  • Présidents des communautés d’agglomération (Cap Nord, CACEM, Espace Sud) ;

  • Conseillers municipaux des villes de Schoelcher, Lamentin, Saint-Joseph, Fort-de-France ;

« L’engagement est ce qui transforme une promesse en réalité ». (Abraham Lincoln)

Depuis le mardi 17 mars 2026, la grande majorité des employés de Transaglo, entreprise de transport de passagers dans la zone centre (Cacem) pour le compte de Martinique Transport sont en grève.

Ce mouvement arrive après le dépôt d’un préavis et le blocage des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur le point portant sur les salaires.

Depuis le début de la grève, plusieurs déclarations venant d’horizons divers ont été publiées sur le mouvement initié par les salariés et ses répercussions. Extraits :

  • « Depuis 9 jours, la population est prise en otage ; Usagers abandonnés chaque jour ; les usagers subissent » Association des Usagers des Transports en Martinique (AUTM).

  • « Disproportion entre un conflit social lié à un sous-traitant et la paralysie totale d’un réseau de transport d’un bassin de 170 000 habitants », (La Martinique ensemble, 30 mars 2026).

  Lire Plus

Grasset : « Nous, éditeurs, dénonçons une guerre culturelle et idéologique menée au grand jour »

— Collectif —

Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 200 éditeurs et éditrices, parmi lesquels Antoine Gallimard, Françoise Nyssen et Denis Olivennes, s’inquiète du limogeage d’Olivier Nora et dénonce une dangereuse atteinte à la diversité éditoriale

Nous, éditeurs travaillant dans des maisons et des groupes différents, de générations et de sensibilités diverses, sommes unis par la même passion pour le livre et le même attachement à ceux qui consacrent leur vie à l’écriture, de l’auteur au libraire. Nous sommes convaincus que notre époque n’a jamais eu autant besoin de lire, à l’heure où l’étude récente du Centre national du livre (CNL) montre le déclin alarmant de la lecture.

Nous partageons la même inquiétude à la suite du limogeage brutal d’Olivier Nora, président-directeur général des éditions Grasset depuis vingt-six ans, éditeur estimé et respecté par toute la profession. Cette décision marque un bouleversement inédit : un groupe médiatique et éditorial ne cache pas ses desseins politiques et mène une guerre culturelle et idéologique au grand jour. Nous témoignons de notre solidarité à l’égard de toutes les équipes du groupe Hachette Livre, propriété de Vincent Bolloré.

  Lire Plus

« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie III

Troisième partie : Napoléon Bonaparte : Le Néron de la France coloniale

« Si tu es neutre en situation d’injustice, c’est que tu as choisi le camp de l’oppresseur. »

(Desmond Tutu)

Jean-Jacques Dessalines ne doit-il pas être considéré comme le général Hannibal de l’Amérique? Il a traversé le morne Puilboreau avec une armée haillonneuse, composée de femmes et d’hommes faméliques, fatigués, mais déterminés, pour aller combattre les troupes du cruel Donatien de Rochambeau dans le nord d’Haïti. L’histoire a-t-elle relevé le nombre de compatriotes qui auraient péri durant la marche longue et harassante vers les lieux des ultimes combats? Affaiblis par la fatigue et la maladie, certains d’entre eux ont dû être enterrés, probablement, aux abords des chemins cahoteux, dans les plaines herbeuses ou aux sommets des montagnes empierrées. Sans sépulcre, ils seraient restés des anonymes de l’histoire muette. La plupart de nos ancêtres libérateurs combattaient les pieds nus. Pour Carthage, les Alpes engloutirent environ 75 000 hommes sur un total de 100 000. Mao a perdu lui-même 100 000 camarades dans son long périple qui a fait de la Chine la grande puissance militaire et économique qu’elle est devenue au 20ème et au début du 21ème siècle.

  Lire Plus

La liberté d’éditer n’est pas à vendre

Nous sommes publiés par Olivier Nora depuis vingt-six ans. Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s’y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n’étaient pas d’accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement.

Son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création. Une fois de plus, Vincent Bolloré dit « je suis chez moi et je fais ce que je veux », au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent.

Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. Nous sommes pleinement solidaires des équipes, des autrices et des auteurs qui ne peuvent encore se prononcer.

Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset.

  Lire Plus

Vers une nouvelle ère des restitutions : la France face à son héritage colonial

— Par Jean Samblé —

Longtemps reléguée aux marges du débat public, la question de la restitution des œuvres acquises dans des contextes de domination coloniale connaît aujourd’hui une inflexion décisive. L’adoption récente, à l’unanimité, par l’Assemblée nationale d’un projet de loi visant à en faciliter la procédure marque une étape significative dans l’évolution de la politique patrimoniale française. Ce texte, attendu de longue date tant en France que dans de nombreux pays africains, s’inscrit dans le prolongement de l’engagement pris en 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours de Ouagadougou, où il appelait à refonder les relations culturelles entre la France et le continent africain.

Depuis les indépendances, les demandes de restitution n’ont cessé de se multiplier, notamment sous l’impulsion de l’Unesco dans les années 1970. Toutefois, elles se sont longtemps heurtées à des obstacles juridiques et institutionnels, au premier rang desquels figure le principe d’inaliénabilité des collections publiques. Hérité de la Révolution française, ce principe impose que les biens conservés dans les musées nationaux soient considérés comme appartenant au peuple, rendant leur cession particulièrement complexe.

  Lire Plus

Les mirages de la communication «moderne»

— Par Robert Saé —
Incontestablement, les Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) ont révolutionné le monde. Comme c’est chaque fois le cas, la question se pose : Dans quel but et au bénéfice de qui sont utilisées les technologies ?

A l’ère de la Révolution Industrielle, des lanceurs d’alertes avaient tiré la sonnette d’alarme concernant, notamment, les conséquences du machinisme généralisé sur les conditions de vie de la classe ouvrière et de la paysannerie. Ils étaient traités de passéistes et d’ennemis du progrès. On voit aujourd’hui où nous ont menés les mirages modernistes : la déshumanisation des travailleurs, la destruction de l’environnement et du vivant, le dérèglement climatique générateur de catastrophes de grande ampleur, etc.

Les NTIC portent en elles tous les germes des mêmes dangers. Les risques en sont accrus par la globalisation de l’économie mondiale et la concentration du pouvoir entre les mains d’une superclasse de prédateurs. Comment s’en prémunir et faire en sorte que la nouvelle Révolution Technologique soit utile au monde ? L’article qui suit proposera des éléments contribuant à répondre à cette question.

  Lire Plus

Après plus de trois semaines de grève, Martinique Transport décide, enfin, de se manifester !

—Communiqué de la CGTM —

Jeudi 9 avril 2026, à la demande de Martinique Transport (MT) et de la Régie des Transports de Martinique (RTM), un commissaire de justice a notifié une assignation en référé aux travailleurs de Transaglo ainsi qu’à la CGTM, pour une audience fixée au vendredi 10 avril 2026 à 10 heures au Tribunal judiciaire. L’objet est d’obtenir de la justice une décision enjoignant aux grévistes de « libérer l’accès des sites du Lareinty et de l’Etang z’abricots ».

Le même jour, Martinique Transport et la Régie des Transports de Martinique ont également adressé aux grévistes une invitation à les rencontrer le vendredi 10 avril 2026 à 9 heures dans les locaux de l’ancien Conseil général à Fort-de-France.

Lors de l’audience du vendredi 10 avril 2026, la juge des référés a fait droit à la demande de report formulée par la CGTM. La nouvelle audience a ainsi été fixée au lundi 13 avril 2026 à 8 heures pour entendre les parties. Alors que dans un premier temps Martinique Transport avait proposé aux grévistes de poursuivre la discussion à l’issue de l’audience du 10 avril, elle a décidé de déplacer le rendez-vous au lundi 13 avril à … 11 heures, c’est-à­dire après la nouvelle audience.

  Lire Plus