Catégorie : Politiques

Les réactions internationales à l’intervention étasunienne au Vénézuela

— Par Jean Samblé —

L’intervention militaire américaine menée au Venezuela au début du mois de janvier a déclenché une vague de réactions internationales d’une intensité rare. L’arrestation spectaculaire de Nicolas Maduro par les forces américaines, suivie de l’annonce par Donald Trump d’une phase de transition placée sous supervision de Washington, a été perçue comme un tournant majeur dans la politique étrangère des États-Unis. Si peu d’acteurs internationaux se sont portés à la défense de l’ancien président vénézuélien, la méthode employée par Washington a profondément divisé chancelleries, médias et experts, mettant en lumière une crise plus large de l’ordre international.

Dans une grande partie de la presse européenne, l’événement est analysé avant tout sous l’angle du droit. Des quotidiens de référence au Royaume-Uni, en Espagne, en Belgique ou en Allemagne dénoncent une opération jugée illégale, menée sans mandat des Nations unies et en dehors de tout cadre multilatéral. La capture d’un chef d’État en exercice sur le sol d’un pays souverain est décrite comme un précédent grave, susceptible de fragiliser durablement les principes de non-ingérence et de souveraineté nationale. Plusieurs éditorialistes soulignent que, même face à un régime autoritaire et discrédité, le recours à la force unilatérale constitue une ligne rouge que Washington aurait délibérément franchie.

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Municipalités et élections, avant, pendant, après! (4)

— RS n° 428 lundi 5 janvier 2026 —

L’une des caractéristiques les plus têtues de l’électoralisme (tare qu’encore une fois, nous ne confondons pas avec les participations aux élections) réside dans la façon de considérer les élections comme un moment à part, une sorte de quintessence de la vie politique qui serait, paradoxalement, vidée de tout contenu de classe et coupée de l’avant et de l’après.

Nous proposons l’inverse. Les élections se doivent d’être un moment où les revendications de changement imposent une visibilité, un impact maximum et si possible un débouché politique. On peut ainsi observer dans les axes revendicatifs développés précédemment, des exigences et des propositions pour lesquelles nous nous sommes impliqués hors élections.

Ainsi, par exemple, notre soutien au comité citoyen du sud, nos efforts pour la création d’autres comités du même type ailleurs, trouvent leur prolongement naturel dans la propagande électorale pour une gestion publique de l’eau sous contrôle populaire.

La bataille contre la dilapidation capitaliste des hôtels, menée à plusieurs reprises sur le front syndical, se poursuit avec les propositions d’alternatives en termes d’économie sociale et solidaire à contenu ouvrier, dont les collectivités (mairies, CTM…) peuvent être des vecteurs décisifs d’impulsion.

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À propos de l’invasion du Venezuela par les USA

— Communiqué de la Fédération de la Ligue des Droits de l’Homme de Guadeloupe —

Les peuples de la Caraïbe ne peuvent manquer de s’inquiéter devant la situation créée par l’invasion du Venezuela par les USA et la capture de son Président et de son épouse qui viennent de se produire.

Après la commission, depuis plusieurs mois, d’actes inqualifiables à l’égard des hommes de ce pays, expulsions brutales et attaques ciblées d’embarcations dans la mer des Caraïbes, au mépris du droit international et de leurs propres lois, de leur propre Constitution, les USA viennent de franchir une étape nouvelle dans leur démonstration de force sans retenue.

Mis en avant, le même prétexte, la lutte contre les narcotrafiquants.

Hier, les bateaux explosés en mer, étaient ceux de narcotrafiquants ; aujourd’hui, le Président du Venezuela est un baron de la drogue.

Il s’agit en réalité de l’application de la fameuse « doctrine Monroe » (1823) – dans son extension impérialiste de la fin du 19ème. Trump a clairement évoqué cette doctrine dans sa conférence de presse depuis Mar-a-Lago, samedi dernier.

Autrement dit, TOUT le continent, du Nord au Sud, est la propriété des USA.

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« Nous ne serons plus jamais esclaves » : le discours de Delcy Rodríguez, vice-présidente duVenezuela

—  TraductionAlain Marshal —

Déclaration de la vice-présidente Delcy Rodríguez devant le Conseil de défense de la Nation, le 3 janvier 2026, à la suite de l’agression américaine et de l’enlèvement du président vénézuélien et de son épouse

Comme le savent bien le peuple vénézuélien et la communauté internationale, aujourd’hui, à exactement 1h58 du matin, le gouvernement des États-Unis a lancé une agression militaire sans précédent contre la République bolivarienne du Venezuela. Cela constitue une tache terrible dans le développement des relations bilatérales.

Au cours de cette opération militaire, le président Nicolás Maduro et la première dame, première combattante, Cilia Flores, ont été enlevés. Nous avions déjà averti qu’une agression était en cours, sous de faux prétextes et de fallacieuses excuses, et que les masques étaient tombés. Cette agression n’avait qu’un seul objectif : le changement de régime au Venezuela, afin de permettre l’appropriation de nos ressources énergétiques, minières et naturelles. Tel est le véritable objectif, et le monde comme la communauté internationale doivent en être pleinement conscients.

Nous avons convoqué ce Conseil de défense de la Nation, auquel participent les pouvoirs publics de l’État vénézuélien.

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Le kidnapping de Maduro : l’impérialisme américain à l’œuvre

— Communiqué de la CGTM —

Nicolas Maduro, le président du Venezuela, ainsi que son épouse ont été enlevés très tôt dans leur résidence à Caracas le samedi 3 janvier 2026 et déportés aux Etats-Unis le même jour. L’opération a été menée par les forces armées états-uniennes sur ordre de Donald Trump, agissant en qualité de chef des pays impérialistes et du premier d’entre eux, les Etats-Unis.

Pour rappel : le 27 juin 1970, un autre sinistre représentant des Etats-Unis, Henri Kissinger, avait eu ces mots à propos du président chilien, Salvador Allende : « « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester sans rien faire pendant qu’un pays sombre dans le communisme à cause de l’irresponsabilité de son peuple ». En septembre 1973, Pinochet, avec l’appui des Etats-Unis, menait un coup d’état qui aboutissait à la mort de Allende et l’installation d’une féroce dictature dans le pays pendant des années.

Avec le kidnapping de Maduro dans son pays, Donald Trump confirme un peu plus son vrai visage ; celui d’un brigand ne reculant devant aucune méthode, aucun moyen pour appliquer la loi du plus fort.

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Après l’agression des forces armées des USA au Venezuela A bas l’impérialisme !

Au cours de la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les bombardements au Venezuela perpétrés par l’armée américaine de Trump et l’enlèvement du président Maduro et de sa femme constituent des actes de piraterie internationale.

Le prétexte ? Maduro serait à la tête d’un puissant réseau de drogue ! Ce qui n’est absolument pas prouvé.

Les vraies raisons : mettre au pas un régime, ami de Cuba, qui ne se soumet pas aux diktats de l’impérialisme nord américain. Et surtout tenter d’avoir la main sur les immenses réserves de pétrole vénézuélien, les plus grandes du monde. Voila les vraies raisons de cette intervention militaire américaine sur terre après avoir bombardé plusieurs bateaux qui transportaient soi-disant de la drogue. Ce qui n’est pas prouvé. Plus d’une centaine de personnes ont été tuées lors de ces bombardements.

L’impérialisme américain instaure sa dictature dans le monde entier. L’Amérique latine et les Caraïbes sont l’arrière cour des USA depuis plus d’un siècle. D’autres pays sont menacés comme la Colombie, le Mexique.

On en revient à la vieille doctrine impérialiste de Monroe : ‘l’Amérique aux américains »

La direction de la bourgeoisie mondiale est aux Etats-Unis.

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L’enlèvement de Nicolas Maduro

La crise actuelle du Venezuela s’inscrit dans une longue dégradation de la démocratie et de l’État de droit, dont Nicolás Maduro porte une responsabilité centrale. Désigné successeur d’Hugo Chávez, il n’a jamais bénéficié d’une légitimité populaire pleine et entière. Son accession au pouvoir s’est faite à l’issue d’élections extrêmement serrées, organisées dans un contexte de déséquilibre manifeste : institutions électorales majoritairement inféodées au pouvoir, usage massif des ressources de l’État à des fins partisanes, accès inégal aux médias et climat de pression politique permanente sur l’opposition. Les scrutins ultérieurs n’ont fait qu’aggraver ces soupçons, notamment lorsque des résultats ont été proclamés sans publication complète des procès-verbaux, vidant l’acte électoral de sa crédibilité démocratique.

À cette fragilité politique s’ajoute un bilan humain et institutionnel alarmant. Les enquêtes menées par les Nations unies font état de violations graves et systématiques des droits de l’Homme, commises dans le cadre d’une répression politique organisée. Selon ces rapports, ces exactions ne relèvent pas de dérives isolées, mais d’une politique d’État, impliquant directement les plus hauts responsables civils et militaires. Arrestations arbitraires, violences lors des manifestations, persécutions ciblées contre les opposants : autant de pratiques qui ont contribué à priver Nicolás Maduro de toute légitimité morale et démocratique aux yeux d’une grande partie de la communauté internationale.

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Des municipalités écologistes pour préparer demain (4)

— RS n° 427 lundi 29 décembre 2025 —

Les propositions citées dans les deux précédents numéros visent à répondre aux urgences et à préparer demain. Poursuivons dans la même optique en complétant l’indispensable volet écologique.

Cet aspect est certes déjà présent, étroitement mêlé au social, dans la question du transport public, d’une médecine prise en charge par la Sécu (dans des maisons communales de santé), dans le choix de création de structures publiques ou semi publiques pour la politique de transition énergétique, de l’eau, de l’agriculture paysanne (en lien avec l’alimentation des cantines scolaires). Dans tous ces domaines, la ville en étant un centre d’impulsion réaliste, doit chercher à avoir un effet d’entraînement sur les communautés de communes, mais aussi sur la CTM.

Toute édilité conséquente cherchera à combiner les échelles, allant du local à l’intercommunal et au territorial. Ces combats, il faudra d’ailleurs les mener en cherchant des alliés dans les autres colonies comme en France même.

Les problèmes écologiques affectant déjà notre présent et menaçant gravement notre futur, appellent des réponses jusque sur le plan international. Il faut agir local et aussi…agir global.

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Les arrière-petits-fils d’esclaves martiniquais sont-ils les plus heureux de la terre ?

Par Yves-Léopold Monthieux —

La Martinique et les Martiniquais d’origine africaine ont connu la déportation, l’esclavage, les insurrections dont celles de 1848 et 1870, l’expédition du Mexique en 1861, la grève de février 1900, l’éruption de la montagne Pelée en 1902, les départs vers le Panama et le Vénézuéla vers 2010, la guerre 1914 – 1918, la marche de la faim de 1936, la guerre 1939 – 1945, l’Amiral Robert, 1939-1945, (la dépendance au ” biscuit américain” et la menace d’envahissement de Fort-de-France par les USA), la départementalisation – assimilation de 1946, les évènements du Carbet, de Bassignac et de Basse-Pointe entre 1948 et 1950, les morts de décembre 1959, l’ordonnance d’octobre 1960, les morts du Lamentin en 1961, l’OJAM en 1962, le BUMIDOM en 1963, la grève de février 1974, le traumatisme du chlordécone, la grève de février 2009, les incidents de 2021 liés au covid, la revendication en cours contre la vie chère, déclenchée par le RPPRAC en 2024.

Que de chemin de croix parcouru par les Martiniquais et la Martinique depuis la déportation d’Afrique, de la guerre pour la liberté et contre la faim jusqu’aux batailles pour la consommation !

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Élections en Haïti en 2026

« Il y a peu à choisir entre des pommes pourries. »  (William Shakespeare)

— Par Robert Lodimus —

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer. »

(Voltaire) 

Le docteur Jean Price Mars, de son époque, parlait déjà de crise de pensée dans la société haïtienne. Nos « intellectuels », en ces instants tristes et sombres, ne devraient-ils pas prendre le temps, ou se redonner le plaisir de revisiter le « Discours sur la méthode » de René Descartes ? On ne construit pas l’avenir d’une Nation sans disposer d’une boussole d’idées rationnelles et d’un laboratoire de réflexions méthodiques. Haïti dérive à tous les niveaux. Socio-économiquement misérable, elle l’est tout aussi – si ce n’est davantage – sur le plan de l’ « intelligence créative ». Le 7 février 1986, le pays s’est libéré des Molochs duvaliéristes, mais pour se replonger bien vite dans la mare d’une incompétence anarchisante et d’une irresponsabilité détruisante. 

Nous sommes de plus en plus loin des époques mémorables qui ont donné le mouvement insurrectionnel baptisé « Les Cinq Glorieuses de Janvier 1946 », qui a renversé le lescotisme proétatsunien.

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Interdire l’extrême droite pour sauver la démocratie ? Le vieux dilemme européen

— Par Andrea Martini (*) —

Classée comme organisation extrémiste, l’AfD relance en Allemagne un débat aussi ancien que la démocratie elle-même : faut-il interdire pour se protéger ? De la France des années 1930 à l’Europe d’après-guerre, l’histoire de la “démocratie militante” montre une efficacité réelle… mais toujours fragile.

Début mai 2025, l’Office fédéral allemand pour la protection de la Constitution a établi que le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) devait être considéré comme une organisation extrémiste. Ce statut permet aux magistrats et aux services de renseignement de mener des investigations plus approfondies sur les activités de l’AfD. Désormais, son interdiction ne peut, en termes absolus, être exclue, du moins selon ce qui est prévu par la Constitution du pays, qui considère comme l’un des scénarios envisageables la dissolution de tous les partis – qu’ils soient de droite ou de gauche – représentant une menace pour la démocratie elle-même (art. 21).

En Allemagne, cette décision de l’Office fédéral pour la protection de la Constitution a déclenché un débat intense, interrogeant l’opportunité de mettre en œuvre des mesures répressives pour protéger la démocratie.

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“Ce que Mumia Abu Jamal révèle des démocraties occidentales”

— Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) sur Mumia Abu-Jamal. Entretien avec Rodolf Etienne —

Plus de quarante ans après son arrestation, Mumia Abu-Jamal demeure l’un des noms les plus emblématiques de la lutte contre la répression d’État et le racisme structurel.

Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) nous livre une lecture caribéenne et postcoloniale : de la justice américaine comme prolongement historique de la domination, jusqu’au rôle des figures assignées au statut de martyr de la cause.

Entre références à Fanon, Glissant, Foucault, Deleuze et une méditation sur la spiritualité comme ressort de résistance, Philippe Yerro interroge aussi la Martinique : mémoire, clivages, responsabilité et devoir de ne pas détourner le regard.

Q : En tant qu’anthropologue et intellectuel martiniquais, comment lisez-vous la trajectoire de Mumia Abu-Jamal : affaire judiciaire singulière ou plutôt symptôme profond d’un système politique et racial ?

R : Se mêlent en moi au moins deux registres quand je m’évoque le destin singulier de Mumia : il y a le logos militant, panafricain, frotté aux Frères de Soledad depuis mes années de collège, familier du regard myope de Malcom et de la réalité théorique de ce qu’est le Ku Klux Klan (KKK)… C’est l’approche de l’ancien combattant sans illusions sur la cruauté de Babylone.

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Les municipalités qu’il nous faut (3)

— RS n° 426 lundi 22 décembre 2025 —

La réflexion sur les municipalités et les campagnes municipales du passé, doit nous servir à sauver ce qu’il y a de meilleur dans les divers héritages, nous aider à se débarrasser des tares du passé et du présent, nous permettre de confronter ce legs d’expériences aux impératifs des temps présents et à venir.

Des choix politiques adaptés à l’échevon municipal

L’échelon municipal est celui qui met le plus immédiatement au contact des problèmes du quotidien. C’est là que le rapport de proximité est le plus évident entre la population et les élu·e·s.

Si l’on s’en tient aux institutions politiques, la commune comme la ville, doit être l’instance première de résistance à la politique scélérate des classes dominantes et de leurs divers relais. Les traditions d’identification aux masses laborieuses, sur le plan social, et de résistance au colonialisme sur le plan politique, sont un patrimoine précieux qui doit nous écarter des discours aseptisés de la neutralité dans la lutte de classes, de la prétention trompeuse de représenter aussi bien les exploiteurs et les dominants que les exploités et les dominés, au féminin comme au masculin.

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Municipalité d’aujourd’hui (2)

— RS n° 425 lundi 15 décembre 2025 —

L’élément nouveau de la situation des municipalités de Martinique, découle de l’évolution de la configuration politique globale. Cette dernière reste à mettre en rapport avec les évolutions économiques, sociologiques, géographiques lourdes, sur lesquelles il conviendra de revenir. Pour l’heure, disséquons-en l’aspect politico-institutionnel.

Par rapport aux époques d’affrontements idéologiques évoqués dans notre précédente édition (RS n°424), la nouveauté est la succession des recompositions politiques avec leurs conséquences au niveau des luttes municipales. Au grand clivage autonomistes/assimilationnistes (PCM/PPM versus DROITE/PS), a succédé le fort conflit PPM/MIM. Cette querelle a structuré la vie politique de façon très pesante.

Il a signifié la course effrénée aux alliances, menée par chaque camp. Le système électoral antidémocratique régnant encore (barre pour fermer la route aux courants minoritaires, et prime pour transformer le courant arrivé en tête en courant dominant absolu) a aggravé les choses.

Dans les alliances extravagantes conclues de part et d’autre, celle réalisée entre le MIM et la droite de Monplaisir mérite une mention spéciale par l’ampleur de ses effets délétères sur le « mouvement anticolonialiste » au sens large.

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18 décembre : Journée internationale des migrant.es

Les migrant.es fuient la misère, la dictature, les menaces de mort…mais ils affrontent ici une autre violence : celle des files d’attente, des dossiers refusés, des droits suspendus…d’une administration qui les jette dans des situations inhumaines…

Disons non aux violencs administratives :

⁃ titres de séjour bloqués / refusés sans explication

⁃ dossiers perdus, lointains rendez-vous pas toujours honorés

⁃ -droits sociaux suspendus brutalement ( CAF/Santé/ emploi )

Non aux violences sociales

⁃ Accès limité au logement et aux soins

⁃ Isolement, pauvreté, souffrance psychique…

⁃ Femmes et enfants en première ligne de la précarité

Non au racisme et à la xénophobie

⁃ les Haïtiens.nes/Dominicain.es/ Saint.es Lucien.nes /Vénézuélien.es…qui composent la grande partie de la population migrante en Martinique sont nos frères et soeurs partageant la  même histoire.

Exigeons

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Budget de la Sécurité sociale : les députés martiniquais divisés lors du vote final

Un vote sous tension, des enjeux majeurs pour la Martinique

— Par Jean Samblé —

L’Assemblée nationale a définitivement adopté, mardi 16 décembre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le texte a été approuvé par 247 voix contre 232, un écart de 15 voix seulement, révélateur d’un Parlement profondément divisé. Ce vote permet au gouvernement de faire adopter le premier budget social sans recourir à l’article 49.3 depuis le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron.

Derrière ce scrutin national se cachent des enjeux particulièrement sensibles pour la Martinique, territoire confronté à une population vieillissante, à des difficultés d’accès aux soins et à une forte dépendance aux mécanismes de solidarité nationale. Le PLFSS pour 2026, largement amendé par les députés, acte notamment la suspension de la réforme des retraites, une décision lourde de conséquences pour de nombreux retraités martiniquais, souvent bénéficiaires de pensions modestes.

Retraites : un soulagement pour de nombreux Martiniquais

La suspension de la réforme permet d’éviter un allongement de la durée de travail et un recul de l’âge effectif de départ à la retraite.

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Situation internationale et orientation générale du CNCP

— Par Robert Saé, Responsable aux affaires extérieures —

16ème Assemblée Génrale de Comités Populaires

Bonjour à toutes et à tous.

Pour commencer, je voudrais dédier cette intervention à Assata SHAKUR, la grande révolutionnaire afro-américaine, décédée le 25 septembre 2025, à l’âge de 78 ans, alors qu’elle vivait à CUBA qui l’avait accueillie comme réfugiée politique. C’est elle qui nous enseignait, je la cite, que « Personne au monde, personne dans l’histoire, n’a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de ceux qui l’oppriment ! ».

Les camarades ont rappelé dans les précédentes interventions les énormes défis que nous avons à surmonter : Sur le monde entier pèsent des menaces de cataclysmes majeurs et l’agressivité du pouvoir colonial français se renforce dans notre pays, aggravant les énormes difficultés que subit notre Peuple. Il faut que nous fassions preuve d’une extrême lucidité, que nous identifions clairement la source de nos problèmes, ceux qui en sont responsables et que nous nous débarrassions de toutes formes d’illusions pour porter les remèdes efficaces.

* La première idée que je veux développer ici, c’est qu’en aucun cas, la propagande des impérialistes occidentaux ne doit nous servir de grille d’analyse, si nous voulons comprendre la situation mondiale et celle qui prévaut dans notre pays.

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Les jeunes veulent-ils encore la démocratie ?

 — Par Anne Muxel , Directrice de recherches (CNRS) au Cevipof, Sciences Po —

Droitisation de la jeunesse, désamour de la démocratie des moins de 35 ans, distanciation de la politique des seniors : « Fractures françaises », dix ans d’enquête menée par le Cevipof, nous apprennent les évolutions du rapport au politique de différentes générations.

Contrairement à ce qui est souvent asséné, les jeunes ne sont ni en voie de dépolitisation, ni désintéressés de la politique. Ils expriment des choix politiques et adoptent des comportements dans un cadre renouvelé du rapport à la citoyenneté.

Les données de l’enquête annuelle Fractures françaises, depuis 2013, permettent de saisir les évolutions les plus repérables du rapport à la politique dans la chaîne des générations, en en mesurant les écarts ou les similitudes entre les plus jeunes et les plus vieux, à l’échelle d’une dizaine d’années.

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Dialogue entre Jean-Bernard Bayard et Lamarec Destin

« Haïti : Réflexion sur la Gouvernance et l’Héritage des Dirigeants »

— Jean-Bernard Bayard —

Plainte ou Réflexion, condamne-t-il ou essaie-t-il de rectifier les erreurs et les méfaits? Prétexte ou Responsabilité, Pointe-t-il du doigt ou assume-t-il la charge qui lui est conféré? Promesse ou Planification, offre-t-il des rêves ou s’applique-t-il à planifier pour le future? Pillage ou Service, Est-il motivé par l’accaparation ou par le service à la société? Ce sont des questions primordiales et fondamentales pour la simple et bonne raison que sans moral publique, il n’y a pas d’état, sans institutions fonctionnelles, il n’y a pas de nation et sans service à la société, il n’y a pas de dirigeant. De 1804 à 1859 il y a eu en Haïti six chefs d’état à vie avec quatre présidents éphémères entre 1843 et 1847. Durant les cinquante-cinq premières années peut-on dire que les dirigeants haïtiens étaient motivés par la moral publique, avec des institutions fonctionnelles, au service de la société? Etait-ce une gouvernance de la collectivité ou le culte de la personne? De 1859 à 1908, Haïti fut béni par dix présidents et bénéficia de dix complots subversifs.

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« De l’OJAM à aujourd’hui, nos luttes dialoguent avec celles des peuples noirs »

La Martinique et le combat international pour Mumia Abu-Jamal

Gilbert Pago, historien et militant. Un entretien avec Rodolf Étienne

Historien, enseignant, militant infatigable des luttes anticoloniales et des droits humains, Gilbert Pago revient ici sur l’affaire Mumia Abu-Jamal et sur les liens profonds qu’elle entretient avec l’histoire politique de la Martinique. Cet entretien, réalisé dans le sillage de la grande marche de 146 kilomètres organisée en Pennsylvanie en soutien à Mumia Abu Jamal (28 novembre – 9 décembre 2025), met en perspective l’actualité brûlante de cette mobilisation internationale. À travers un regard ancré dans la mémoire des luttes noires, Gilbert Pago éclaire la manière dont la Martinique s’est mobilisée, dès les années 1990, aux côtés du journaliste américain condamné à mort puis à perpétuité.
Entre héritage de l’OJAM, solidarités de la diaspora afro-descendante et montée des forces réactionnaires, son analyse rappelle combien l’île reste connectée aux combats internationaux pour la justice.

Selon vous, en quoi l’affaire Mumia Abu-Jamal résonne-t-elle avec les grandes luttes politiques, sociales et anticoloniales qui ont marqué la Martinique au XXᵉ siècle ?

La lutte des Noirs aux États-Unis a toujours marqué l’opinion martiniquaise.

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Arrestation de Narges Mohammadi : Une nouvelle détention violente et brutale

La militante iranienne et lauréate du prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi, a été arrêtée en Iran le 12 décembre 2025, au cours d’une cérémonie en mémoire de l’avocat Khosrow Alikordi, récemment décédé. L’information a été confirmée par son comité de soutien sur le réseau X (anciennement Twitter), et par son avocate française, Me Chirine Ardakani. Selon des sources fiables, Narges Mohammadi a été violemment interpellée par les forces de sécurité iraniennes, qui l’ont frappée et saisie par les cheveux, lors d’un rassemblement en hommage à Alikordi, dans la ville de Mashad, dans l’est du pays.

La militante, âgée de 53 ans, était en liberté provisoire depuis décembre 2024 pour des raisons médicales, après avoir souffert de complications graves liées à son emprisonnement antérieur, notamment au niveau de ses poumons et de son cœur. Elle avait déjà été arrêtée à de multiples reprises pour son engagement contre le port du voile obligatoire et la peine de mort en Iran, et elle avait remporté le prestigieux prix Nobel de la paix en 2023. Ce dernier lui avait été attribué en reconnaissance de son combat acharné pour la défense des droits des femmes et des droits humains dans un régime répressif.

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« Pourquoi il faut lire L’Afrique contre la démocratie. Mythes, déni, péril »

— Par par Jean-François Akandji-Kombé —

En tribune cette semaine pour le Groupe de recherche AchacJean-François Akandji-Kombé, doyen honoraire de la faculté de droit de Caen et professeur à l’école de droit de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, encourage à la lecture de L’Afrique contre la démocratie. Mythes, déni, péril (Riveneuve, 2025) d’Ousmane Ndiaye. Journaliste et fin analyste des dynamiques politiques du continent, l’auteur pose une question centrale : la démocratie serait-elle, comme on l’affirme parfois, impossible en Afrique ? À rebours des discours fatalistes et des récits qui présentent la démocratie comme un modèle importé d’Occident, le journaliste met en lumière l’existence d’expériences politiques africaines fondées sur la délibération, la participation et le contrôle du pouvoir, bien avant la colonisation. Cette relecture historique prend un relief particulier alors que se multiplient les putschs et les crises institutionnelles, comme l’a illustré la récente tentative de coup d’État au Bénin. L’ouvrage explore à la fois les racines des cultures politiques africaines et les mécanismes qui nourrissent les impasses actuelles : confiscation du pouvoir, militarisation, fragilités institutionnelles, mais aussi persistance de mythes partagés des deux côtés de la Méditerranée.

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SMTVD, Hôtels, terres agricoles : capituler devant le privé ou inventerle commun ?

— RS n° 424 lundi 8 décembre 2025 —

Bien peu de commentaires ont accompagné les nouvelles qui vont suivre. Nul n’a fait le lien entre elles, ni réfléchi quant à leur signification profonde.

Ainsi donc, Belfort BIROTA, dont l’honnêteté ne semble pas mise en cause, a connu de sérieuses difficultés à la tête du SMTVD. Du coup, il veut rendre au privé la gestion du service public du traitement des déchets. Et bien sûr, il parle de DSP « délégation de service public ».

Dans le même temps, la CTM fait l’aveu de son incapacité de faire redémarrer les hôtels du Carbet et de la Pointe du bout. Les pays dits développés ont leurs friches industrielles. Les nôtres sont hôtelières.

Sur les terres de Providence, gagnées de haute lutte par la mobilisation populaire, on nous dit que les héritiers ont vendu, qu’une banque a acheté, que l’installation d’agriculteurs, et surtout d’agricultrices en fait, devient aléatoire, si rien n’est fait.

Pour les responsables de la politique martiniquaise, il n’y a de solution que dans la soumission aux lois du marché capitaliste, à savoir celles de la profitasyon.

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La valse des escrocs

— Par Robert Lodimus —

«  La souffrance chagrine a entrepris de ramoner les cheminées de ma colère. J’ai toujours pensé que les flammes de ma révolte s’élèveront une nuit jusqu’au faîtage du monde. Et que La fumée du combat des « oppressés » contre les « oppresseurs » finira par grisailler tous les « palais » qui brillent d’or et de blancheur dans la rudesse vespérale de l’injustice sociale. La « tunique de Nessus » a causé trop de malheurs au milieu de mon peuple. »

(Robert Lodimus, extrait de L’inconnu de Mer Frappée)

Le vendredi 3 mars 2017, les Haïtiens apprenaient avec surprise la mort de l’ex-président René Préval des suites d’un accident cardiovasculaire. Il avait dirigé la République durant dix ans. Sans interruption de ses deux  mandats obtenus dans l’intervalle de cinq ans. C’est sous le deuxième gouvernement de René Préval que l’État vénézuélien incluait Haïti sur la liste des pays bénéficiaires du programme PetroCaribe. L’accord a été signé en 2008, avant la catastrophe sismique qui a détruit la ville de Port-au-Prince et ses banlieues le 12 janvier 2010.

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Haïti : Ethique et État de droit

L’éthique politique est constitutive de la vision constitutionnelle de l’établissement de l’État de droit en Haïti

—Par Robert Berrouët-Oriol ( *) —

Adressé à mon collègue et ami Patrick Tardieu Conservateur général de bibliothèque et professionnel hautement qualifié de l’archivistique et de la bibliothéconomie–, mon courriel du 8 décembre 2025 a pour titre générique et contextuel « Précisions à propos de l’article « Imposture et fraude identitaire à géométrie variable : retour ponctuel et factuel sur l’arnaque à la « soup joumou » instituée par Dominique Dupuy dans la gastronomie de l’UNESCO ».

Il n’est pas fortuit qu’au périmètre des échanges et du débat d’idées citoyens je m’adresse à un « Conservateur général de bibliothèque » : dans un pays à forte tradition orale, Haïti, l’espace de l’archivistique et la bibliothéconomie est celui de la conservation des écrits, des traces documentaires et mémorielles. C’est l’espace où la parole proférée transmigre des différents registres de l’« oraliture » pour s’inscrire dans la dimension « Temps » à travers les mécanismes institutionnels de l’archivistique et de la bibliothéconomie. Une parole proférée trouve un complément essentiel de légitimité lorsqu’un document écrit, qui en signe la transcription, est préservé, archivé : cette parole proférée est ainsi située sur l’échelle du « Temps », elle est l’objet d’une classification, elle devient dès lors identifiable et (re)traçable.

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