Catégorie : Politiques

Un 1er mai d’alerte mondiale contre le fascisme, pour l’émancipation !

— RS n° 444 lundi 27 avril 2026 —

La bourgeoisie, ses politicienNEs et ses journalistes de service ne chôment pas. La fureur qui les anime contre le 1er mai, qu’ils veulent banaliser, folkloriser, voire abolir, est sans répit. Rarement, l’humanité a eu un tel besoin des valeurs qui ont fait naître et vivre la journée internationale de lutte des travailleurs/ses, malgré les coups, les répressions, les manœuvres mystificatrices, le sang innocent versé. Les cinq pendus à Chicago en 1886, les neuf tués de Fourmies (nord de la France) en 1891, la terrible répression à Paris en 1906, les trente-trois communistes abattus à Berlin lors du « Blutmai » en 1929, les mobilisations du 1er mai 1945 en Algérie qui augurent l’immonde bain de sang colonial de Sétif, pour ne prendre que quelques exemples des 1er mai réprimés, nous imposent de confronter les idéaux des martyrs d’hier avec les dures réalités d’aujourd’hui. Un mouvement prolétarien en expansion réclamait sa part dans les richesses qu’il créait, comme un acompte en attendant l’avènement des jours heureux.

Aujourd’hui, sous les bombardements en Iran, au Liban, à Gaza, en Ukraine, au milieu des cris des suppliciéEs du Soudan, du Congo, nous avons le cœur meurtri par le spectacle horrible des gangs semant la désolation en Haïti où des parents vendent leurs enfants pour éviter qu’ils ne meurent de faim, et où le seul aéroport international est contrôlé par…les USA.

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Service public, délégation de service public, entreprise privée

— Par Max Dorléans (GRS) —

Ces jours derniers, avec des mouvements sociaux qui ont affecté des pans considérables de la population la plus en difficulté, la question de la délégation du service public dans de multiples activités (transport, eau…), est revenue sur le tapis. De la part de certain/es disant tout le bien qu’ils/elles en pensaient, et d’autres au contraire, la contestant et déclarant qu’il fallait laisser en règle générale, la main au secteur privé considéré plus performant.

Et c’est sur cette question que le 13 avril dernier, Daniel Ajoup interviewé sur RCI par P.Diser, a fait le panégyrique de la délégation de service public (DSP) dans le transport terrestre de passagers, un secteur d’activité qu’il connaît bien en qualité d’ex-directeur marketing…à Sud Transport opérant dans la circonscription du Sud.

Non aux illusions !

Pourtant, à regarder de près les choses, le moins qu’on puisse dire, c’est que tout ce qui a été mis en place dans le transport (terrestre ou maritime) depuis des années par la CTM (ou autre collectivité) pour satisfaire le besoin de mobilité de la population, n’a pas apporté la satisfaction attendue par la population.

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Les élections municipales de 2026 en Martinique : analyses et bilans

Quels sont les faits marquants de ces élections municipales et communautaires de mars 2026 en Martinique?

Quels sont les résultats détaillés pour chacune des 34 communes de l’lie ? Quelle est la composition des conseils municipaux et des conseils commanditaires à la suite de ces dernières élections?

Combien de nouveaux maires?

La parité, quelles réalités?

Quel est l’âge moyen des maires de Martinique?

Quelle est l’évolution de la participation aux élections municipales depuis 1971 ?

Quel est le régime indemnitaire des élus municipaux et communautaires en 2026

Vous trouverez la réponse il toutes ces questions dans ce memento sous forme de visualisations graphiques et de tableaux.

Ce mémento s’adresse aux citoyens, aux élus, à leurs collaborateurs, aux militants, et à tous les observateurs de la vie politique de Martinique.

Jonathan Théodose et Olivier Ernest Jean-Marie sont les créateurs de Politic Data, la plateforme de visualisation de dionées électorales compilant les résultats des 69 000 bureaux de vote de France depuis 2007.

Jonathan Théodose est ingénieur, en informatique décisionnelle et data designer

Olivier Jean-Marie est data collector et expert électoral

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Invisibiliser la corruption

Lettre ouverte à Elmano Endara Joseph

À Montréal, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) avalisent la corruption endémique qui sévit, en Haïti, au Fonds national de l’éducation

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Strabisme. « Lors de strabisme, les yeux ne sont plus coordonnés pour regarder ensemble le même objet. Ce trouble de la vue se caractérise par la déviation d’un œil par rapport à l’autre : un œil fixe l’objet à regarder et l’autre regarde ailleurs » (site des Hôpitaux universitaires de Genève, n.d.).

Paru dans Le National du 21 avril 2026 à la rubrique « Société », l’article d’Elmano Endara Joseph, « Éducation : Le FNE plaide pour une implication structurée de la diaspora haïtienne », a choqué nombre de lecteurs, d’enseignants et de directeurs d’écoles. Plusieurs d’entre eux nous ont fait part de leur indignation tout en précisant que les lecteurs du National ont droit à une information de qualité, rigoureuse et documentée…

En toute objectivité, une question s’impose : en publiant à la rubrique « Société » et non pas « Tribune » l’article d’Elmano Endara Joseph, Le National serait-il devenu —à son insu sans doute–, le porte-voix du Fonds national de l’éducation pourtant visé, en Haïti, par une enquête de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) au motif allégué dès le 4 juin 2025 de corruption systémique et de détournement de fonds publics ?

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L’accès à la CARICOM, le peuple tenu à distance.

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux, Fort-de-France, le 20 avril 2026 —

Après avoir été admise comme observatrice à la CARICOM, la Martinique en devient un membre associé. Voilà un pas de plus dans l’aire de la doctrine Monroe1. C’était la volonté de la classe politique de la Martinique dont les précurseurs furent, dans les années cinquante, Clovis Beauregard, Jean-Baptiste Edmond et quelques autres. Bien entendu, l’électeur n’a pas été invité à un référendum de Maastricht martiniquais. Par ailleurs, l’évènement n’a pas fait de la part de la classe politique l’objet d’un enthousiasme débordant. A l’exception toutefois de notre pétulante députée du pays “des océans” et celle, notoire, du président Serge Letchimy dont ce sera, dit-il, “le plus beau combat de toute [sa] vie politique”. Il oublie avoir tenu un propos identique, au soir du vote unanime obtenu lors du congrès des élus, dit “congrès de la rupture”. Reste que pour sa part, l’intégration au CARICOM “ sera un message fort adressé à Paris” et, jouant prudemment de l’oxymore, “un message d’émancipation …sans quitter la République”.

Le chemin du salut s’ouvre aussi à la Guadeloupe et la Guyane, sachant cependant combien, d’habitude, les “sisters” hésitent à suivre le leader incontesté en expériences institutionnelles.

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Premier mai : une histoire à connaître

— RS n° 443 lundi 20 avril 2026 —

Rarement l’actualité aura autant justifié les valeurs qui se dégagent de l’histoire du 1ermai.

Le 1ermai est né de la décision des fondateurs en 1889 de la deuxième internationale (socialiste), de se mobiliser dans tous les pays pour la diminution du temps de travail à 8h par jour. Depuis cette date, le 1er mai est devenu le symbole du combat de la classe ouvrière internationale pour ses revendications et pour son émancipation.   

Au fil du temps, le 1er mai est devenu un symbole de la lutte contre toutes les oppressions. L’enjeu de sa signification est capital. Le régime de Vichy a tenté de le dénaturer en « Fête du Travail ». Les Le Pen, toutes générations confondues, ont continué la manœuvre : le père et la fille ont voulu en faire la « Fête de Jeanne d’Arc ». Double instrumentalisation, celle de Jeanne d’Arc et celle de la journée internationale de lutte des travailleurs/euses.

Aujourd’hui, où la mondialisation capitaliste rime avec l’exploitation jusqu’aux os des classes dominées, avec des menaces environnementales sans précédent, avec les poussées fascistes et les guerres de haute technologie, la réflexion sur la riche histoire du 1er mai s’impose comme une évidence.

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Eau : propositions de réforme pour l’Outre-mer

— Par Guy Lordinot —
La loi sur l’eau numéro 92-3, du 3 janvier 1992, dispose dans son article 1er que « l’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général ».

En son article 44, cette loi crée un Comité de bassin dans chaque département d’Outre-mer. Ce Comité est notamment « associé à la mise en place des structures administratives nécessaires et – pendant deux ans -, à la recherche d’adaptations des lois sur l’eau » Cet article a malheureusement été supprimé au profit de la création de l’Office départemental de l’eau, organisme qui s’ajoute aux divers EPCI préexistants.

Par ailleurs, avec l’aide déterminante de fonds publics, les consommateurs martiniquais ont financé un réseau d’eau potable. Par conséquent, l’eau produite et distribuée appartient donc à l’ensemble des Martiniquais. Aussi l’établissement public de coopération intercommunale – en l’occurrence Cap Nord – a le devoir moral de fournir de l’eau là où le besoin existe quel que soit le lieu de résidence de l’usager, même hors du territoire communautaire.

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Détroit d’Ormuz : le verrou maritime fait vaciller les métaux mondiaux

— Par Anne Bialkowski (*) & Mathieu Leguerinel(*) —

Derrière le pétrole et le gaz, la guerre au Moyen-Orient fragilise des ressources clés comme l’hélium, le soufre ou l’aluminium. Un effet domino qui expose la dépendance mondiale à des chaînes d’approvisionnement étroitement imbriquées.

Le conflit qui secoue le Moyen-Orient depuis le 28 février 2026 provoque une onde de choc sur l’ensemble des marchés mondiaux des ressources minérales, au-delà des impacts sur les marchés du pétrole et du gaz. La région, point de passage stratégique pour le transport maritime de par son positionnement géographique, joue en effet un rôle clé dans l’approvisionnement en aluminium, en soufre et en hélium. En effet, leur production nécessite du gaz naturel. Cela affecte aussi, plus indirectement, d’autres métaux dont l’industrie dépend soit du pétrole, soit du soufre, comme le nickel, le titane ou le cuivre.

Les restrictions du transport dans le détroit d’Ormuz, par lequel ont transité près de 34 % du pétrole brut mondial en 2025 ainsi que 19 % du gaz naturel liquéfié, agissent comme un verrou géopolitique dont les effets se répercutent sur toutes les chaînes de valeur industrielles, bien au-delà des hydrocarbures et des produits pétrochimiques.

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Grasset : « Nous, éditeurs, dénonçons une guerre culturelle et idéologique menée au grand jour »

— Collectif —

Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 200 éditeurs et éditrices, parmi lesquels Antoine Gallimard, Françoise Nyssen et Denis Olivennes, s’inquiète du limogeage d’Olivier Nora et dénonce une dangereuse atteinte à la diversité éditoriale

Nous, éditeurs travaillant dans des maisons et des groupes différents, de générations et de sensibilités diverses, sommes unis par la même passion pour le livre et le même attachement à ceux qui consacrent leur vie à l’écriture, de l’auteur au libraire. Nous sommes convaincus que notre époque n’a jamais eu autant besoin de lire, à l’heure où l’étude récente du Centre national du livre (CNL) montre le déclin alarmant de la lecture.

Nous partageons la même inquiétude à la suite du limogeage brutal d’Olivier Nora, président-directeur général des éditions Grasset depuis vingt-six ans, éditeur estimé et respecté par toute la profession. Cette décision marque un bouleversement inédit : un groupe médiatique et éditorial ne cache pas ses desseins politiques et mène une guerre culturelle et idéologique au grand jour. Nous témoignons de notre solidarité à l’égard de toutes les équipes du groupe Hachette Livre, propriété de Vincent Bolloré.

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Transport : Salaires, prix, profits et qualité du service

— RS n° 442 lundi 13 avril 2026 —

Appelons les choses par leurs noms. Lorsqu’on assiste à une agitation qui ne va pas à la racine des choses, on est en droit de parler d’agitation formelle.

Les prix du transport aérien flambent. On crée une commission parlementaire. Une grève de salariés bloque des centaines de personnes dans le transport terrestre ou maritime, on multiplie les déclarations, banalement répétitives et inefficaces. Les prix des marchandises du quotidien étranglent le peuple consommateur. Celui-ci descend dans la rue. Alors, dirigeants et éluEs proposent de casser les monopoles. C’est oublier que cette solution magique a déjà été mise en œuvre… dans le transport aérien avec la privatisation d’Air France qui était censée tout régler !

Ce type de réponse aux divers désordres sociaux et autres, ignore que le système capitaliste aboutit tendanciellement à la transformation de la concurrence en monopole, qu’il est basé sur la recherche du profit et non sur celle de la satisfaction des besoins humains.

Dès lors que le besoin est social, dès lors que l’activité concerne des collectifs (d’usagers consommateurs, de salariés producteurs), laisser la main au privé, conduit nécessairement à se soumettre à la loi du profit.

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Dix ans de Collectivité Territoriale de Martinique : la réforme inachevée

—  Par Justin Daniel (*) —

La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), créée en 2016 à partir de la région et du département, devait incarner une nouvelle ère de gouvernance et de développement. Une décennie plus tard, le bilan est sans appel : loin d’avoir produit la refondation espérée, l’institution unique concentre et amplifie les contradictions d’un territoire en proie à une triple crise financière, démographique et sociale. Alors que les élus martiniquais réclament à l’unanimité, fin 2025, un « pouvoir normatif autonome », cet article démontre que, sans une révolution copernicienne de son modèle économique et de sa gouvernance, tout changement statutaire risque de n’être qu’un miroir aux alouettes. En outre, les évolutions politiques observées en 2026 montrent que la question institutionnelle ne peut être dissociée d’une recomposition profonde du système politique lui-même.

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En janvier 2016, la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a officiellement été installée à la suite de l’élection de l’Assemblée de Martinique de décembre 2015. Ce moment historique a mis fin à de longues années de dualité institutionnelle et un terme à la coexistence parfois conflictuelle du conseil général et du conseil régional.

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Sud-Liban : vers une occupation israélienne durable ?

— Communiqué de la L.D.H. Guadeloupe —

Depuis le 2 mars, Israël écrase le Liban sous les bombes au motif de combattre le Hezbollah, alors que l’immense majorité de la population libanaise aspire à la paix dans un pays libre et souverain. Le ministère de la Santé publique du Liban a annoncé hier que le nombre de morts causés par l’agression israélienne contre le Liban depuis le début de la guerre était désormais de 2 089 et qu’il y avait 6 762 blessés, alors que l’on comptait 5 morts – 3 civils et 2 militaires – du côté israélien (L’Orient-Le Jour). Le mercredi 9 avril est le plus lourd enregistré en une journée depuis le début de cette guerre entre Israël et le Hezbollah, au moins 357 Libanais ont été tuées et 1 223 autres ont été blessées.

Tandis que des négociations ont commencé à Washington suite à la main tendue du président libanais Joseph Aoun, Benyamin Nétanyahou refuse, pour l’heure, tout cessez-le-feu et Tsahal se félicite d’avoir atteint 154 cibles ces dernières 24 heures.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré, mardi 31 mars, qu’Israël entendait occuper durablement une partie du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani une fois la guerre terminée (depuis l’issue de la guerre des Six-jours en 1967, Israël occupe le plateau du Golan instituant une zone tampon avec la Syrie en dépit du droit international).

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La liberté d’éditer n’est pas à vendre

Nous sommes publiés par Olivier Nora depuis vingt-six ans. Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s’y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n’étaient pas d’accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement.

Son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création. Une fois de plus, Vincent Bolloré dit « je suis chez moi et je fais ce que je veux », au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent.

Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. Nous sommes pleinement solidaires des équipes, des autrices et des auteurs qui ne peuvent encore se prononcer.

Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset.

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Quelles sont les chances de Jean‑Luc Mélenchon à la présidentielle ?

Entretien avec le politiste Rémi Lefebvre, propos recueillis par David Bornstein.

Après les victoires de La France insoumise dans plusieurs villes importantes aux dernières municipales, notamment autour de figures de personnalités issues de l’immigration, le parti de Jean-Luc Mélenchon semble en position favorable pour aborder l’élection présidentielle. Mais son futur candidat a-t-il des chances de se qualifier au second tour ? Et dans ce cas, pourrait-il s’imposer face au candidat du Rassemblement national ? Entretien avec le politiste Rémi Lefebvre.

The Conversation : La France insoumise (LFI) a-t-elle progressé de façon significative avec les élections municipales 2026 ?

Rémi Lefebvre : Le bilan de LFI peut apparaître modeste au regard du nombre de villes conquises : une dizaine de villes sur 35 000 communes, c’est beaucoup moins que le Parti socialiste ou que le Parti communiste français qui ont des maires dans des centaines de villes. Mais il y a incontestablement une percée puisque LFI partait de zéro. Ils revendiquent environ 1 000 conseillers municipaux, une ville de 150 000 habitants, une autre de 100 000. Les villes gagnées peuvent devenir des laboratoires pour les années qui viennent, renforcer l’armature militante et territoriale du parti.

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Vers une nouvelle ère des restitutions : la France face à son héritage colonial

— Par Jean Samblé —

Longtemps reléguée aux marges du débat public, la question de la restitution des œuvres acquises dans des contextes de domination coloniale connaît aujourd’hui une inflexion décisive. L’adoption récente, à l’unanimité, par l’Assemblée nationale d’un projet de loi visant à en faciliter la procédure marque une étape significative dans l’évolution de la politique patrimoniale française. Ce texte, attendu de longue date tant en France que dans de nombreux pays africains, s’inscrit dans le prolongement de l’engagement pris en 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours de Ouagadougou, où il appelait à refonder les relations culturelles entre la France et le continent africain.

Depuis les indépendances, les demandes de restitution n’ont cessé de se multiplier, notamment sous l’impulsion de l’Unesco dans les années 1970. Toutefois, elles se sont longtemps heurtées à des obstacles juridiques et institutionnels, au premier rang desquels figure le principe d’inaliénabilité des collections publiques. Hérité de la Révolution française, ce principe impose que les biens conservés dans les musées nationaux soient considérés comme appartenant au peuple, rendant leur cession particulièrement complexe.

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Les mirages de la communication «moderne»

— Par Robert Saé —
Incontestablement, les Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) ont révolutionné le monde. Comme c’est chaque fois le cas, la question se pose : Dans quel but et au bénéfice de qui sont utilisées les technologies ?

A l’ère de la Révolution Industrielle, des lanceurs d’alertes avaient tiré la sonnette d’alarme concernant, notamment, les conséquences du machinisme généralisé sur les conditions de vie de la classe ouvrière et de la paysannerie. Ils étaient traités de passéistes et d’ennemis du progrès. On voit aujourd’hui où nous ont menés les mirages modernistes : la déshumanisation des travailleurs, la destruction de l’environnement et du vivant, le dérèglement climatique générateur de catastrophes de grande ampleur, etc.

Les NTIC portent en elles tous les germes des mêmes dangers. Les risques en sont accrus par la globalisation de l’économie mondiale et la concentration du pouvoir entre les mains d’une superclasse de prédateurs. Comment s’en prémunir et faire en sorte que la nouvelle Révolution Technologique soit utile au monde ? L’article qui suit proposera des éléments contribuant à répondre à cette question.

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Loi Yadan : « Ni la lutte nécessaire contre l’antisémitisme, ni la juste condamnation du terrorisme ne doivent servir de prétexte à bâillonner toute réflexion critique »

 Dernière minute : Loi Yadan : les députés macronistes retirent le texte. Le gouvernement promet un nouveau projet de loi.

— Collectif—

La deuxième proposition de la loi Yadan n’ajoute rien à l’arsenal juridique existant et contient des formulations floues qui ouvrent la voie à l’arbitraire le plus total, dénonce un collectif de personnalités juives engagées pour le respect des droits du peuple palestinien, parmi lesquelles Rony Brauman, Pierre Khalfa et Nicole Lapierre, dans une tribune au « Monde ».

La première proposition de loi Yadan avait soulevé une émotion justifiée. Elle visait à limiter drastiquement les critiques du gouvernement d’Israël et de son armée sous prétexte de lutter contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme ». De nombreuses tribunes en avaient démontré le caractère nocif, et les débats à la commission des lois ainsi que les remarques du Conseil d’Etat ont entraîné des modifications importantes de ce texte. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

La proposition de loi modifie en premier lieu la rédaction de l’article 421-2-5 du code pénal : « Le fait de provoquer directement, même implicitement, à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes ou de leurs auteurs, y compris en cas d’apologie, en minorant ou banalisant les actes de façon outrancière, sera puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. 

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Les élections sont passées, et après…

— Par Édouard Gamess —

Félicitations à ces centaines d’hommes et de femmes qui ont accepté par conviction de se porter candidats sur une liste aux élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026.

Félicitations à ces équipes qui ont réussi à convaincre les électeurs de leur confier la responsabilité de les représenter pour gérer les affaires de la commune et de l’intercommunalité.

La période de la campagne électorale et de l’élection est terminée. Voici venu le temps de l’action concrète. À ce titre, il convient de se pas se tromper et, porté par un élan et des engagements à tenir, confondre agitation et action pertinente.

Une mandature du bloc communal est de six ans (sept ans pour la prochaine) et gérer ce temps a toujours été une angoisse des équipes politiques.

Par ailleurs l’accélération de la perception du temps qui passe et l’immédiateté de la réponse attendue à une demande quelle qu’elle soit, imposent de revoir la temporalité de l’action politique. Elle en devient stratégique.

Une action politique se juge sur la durée

Aujourd’hui il n’est plus possible de faire comme à une époque où dans les derniers mois qui précèdent l’élection, on se précipitait pour faire ce qui n’avait pas été fait durant les années précédentes ou pour annoncer que l’on fera demain ce que l’on n’a pas été capable de faire pendant la mandature qui s’achève ou les mandatures antérieures.

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Fascime ou révolution ?

— RS n° 441 du mardi 7 avril 2026 —

« Chaque génération doit découvrir sa scène et y jouer son rôle »

C.L.R. James dans « Les Jacobins noirs » 1938

Cette phrase, écrite par le marxiste révolutionnaire trinidadien, fait évidemment penser à celle, identique mais plus célèbre, de Fanon dans « les damnés de la terre » (1961).  

Obéissant à cette injonction, universelle et intemporelle, et observant le monde tel qu’il va, nous affirmons que la tâche des générations actuelles est de s’opposer de toutes leurs forces au processus de fascisation du monde en construisant une alternative révolutionnaire au capitalisme et à l’impérialisme qui en sont la base.

Cette offensive frontale et brutale se développe sous nos yeux, évacuant inexorablement la dangereuse illusion que des aménagements du capitalisme suffiraient pour faire l’économie de l’affrontement.

Fascisme, impérialisme, racisme, négationnisme climatique, obscurantismes sectaires contre lutte acharnée des peuples pour leur autodétermination et leur coopération démocratique et libre : tel est l’enjeu.

En France une dizaine de nouveaux maires « de couleur » essuient les insultes de racistes qui n’acceptent pas leurs défaites électorales.

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Non à la loi S.U.R.E

Le jeudi 2 avril à 14h au Tribunal judiciaire de Fort-de-France

NON A LA LOI S.U.R.E

NON A UNE JUSTICE EXPÉDITIVE !

Mobilisons-nous pour une Justice réelle en faveur des victimes !

Nous demandons la censure pure et simple du projet de loi visant à l’instauration d’un plaider-coupable pour le jugement des crimes.

M. Darmanin veut juger les viols en un jour.

M. Darmanin veut juger les criminels sexuels sans que les victimes puissent s’exprimer lors d’un procès !

NON !

Ce que nous méritons, ce n’est pas “moins de justice”, c’est plus de justice ! Plus de moyens, humains et financiers, pour la Justice ! !

Les crimes sexuels, dont 95% des victimes sont des filles et des femmes, doivent être jugés en Cours d’assise ! Dans un contexte où la culture du viol est portée par le masculinisme, le courage des plaignantes mérite le respect des institutions.

Depuis #Metoo, les enquêtes pour crimes sexuels se multiplient, et la parole des victimes trouve un écho dans les tribunaux. Elle permet à d’autres de prendre le courage d’affronter une institution judiciaire qui, historiquement, les brise plus souvent qu’elle ne les répare.

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Projet de loi SURE : le choix d’une justice criminelle au rabais

Le Syndicat de la magistrature se mobilise avec le Syndicat des avocat·es de France (SAF) et le collectif d’avocat·es Colère noire contre l’adoption du projet de loi porté par le garde des Sceaux, et visant à sacrifier encore davantage la justice criminelle, plutôt que d’envisager d’enfin y allouer des moyens supplémentaires.

Publié le 31 mars 2026

Le projet de loi dit « SURE » porté par le garde des Sceaux, qui vient consacrer une justice au rabais, sera examiné par la commission des lois du Sénat le 8 avril, puis en séance publique les 13 et 14 avril prochains.

A travers ce texte, le gouvernement propose de créer une procédure de « jugement des crimes reconnus », véritable plaider-coupable criminel. Ainsi, sur la base d’un aveu et de l’acceptation d’une qualification pénale, un·e accusé·e pourrait acquiescer à une peine proposée par un·e procureur·e de la République lors d’un entretien à huis-clos, éventuellement en visioconférence, et être condamné·e à une peine de trente années de réclusion criminelle dans le cadre d’une audience d’homologation sans débat contradictoire, sans audition de témoins ni d’experts.

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Présentation du projet de loi S.U.R.E.

1. Un contexte de crise du système pénal

Le projet de loi S.U.R.E. (« Sanction utile, rapide et efficace ») s’inscrit dans un contexte de dysfonctionnement du système pénal français marqué par trois difficultés majeures :

  • Un taux de récidive élevé (environ 60 % dans les 5 ans après une peine ferme), qui interroge l’efficacité des sanctions.
  • Une surpopulation carcérale chronique, empêchant l’exécution effective de toutes les peines.
  • Des délais de jugement excessifs, pouvant atteindre plusieurs années en matière criminelle.

Face à ces limites, la réforme vise à rendre la justice plus rapide, plus effective et plus dissuasive, tout en favorisant la réinsertion.

2. Les principaux axes de la réforme

a) L’introduction d’un « plaider-coupable » criminel

Le projet prévoit la création d’une procédure inspirée de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), appelée :

  • Procédure de jugement des crimes reconnus (PJCR)

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Racisé : un terme utile pour penser le racisme, mais qui fait débat

 — Publié par The Conversation(*) —

Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, victime de propos racistes sur Cnews, a déclaré qu’il « n’aime pas trop » le terme « racisé » et préfère celui d’« héritier de l’immigration ». Il ajoute qu’« aucun habitant des quartiers populaires ne se qualifierait spontanément de racisé ». Depuis des années, la notion de « personne racisée » fait débat. Que signifie-t-elle, et pourquoi est-elle polémique ?

Nécessaire au débat et à la lutte contre le racisme pour les uns, la notion de « personne racisée » apparaît à d’autres comme la « pire insulte qui soit » ou comme un « des mots les plus épouvantables du vocabulaire politique ».

Qu’est-ce donc qu’une « personne racisée », et pourquoi cette notion fait-elle tant polémique ? Il existe aujourd’hui une diversité de définitions et cela occasionne malentendus et confusions dans le débat public.

Au moins trois définitions coexistent et une personne racisée renvoie respectivement à :

  1. Une personne non-blanche.
  2. Une personne victime de racisme.
  3. Une personne qu’on qualifie en anglais académique de « racialisée » (« racialised ») et il faut a minima entendre par  que certains considèrent cette personne, fût-ce à tort, comme étant membre d’une « race biologique ».

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La Semaine sainte en avril 1848 : la libération des esclaves de Case pilote.

— Par Yves-Léopold Monthieux —

La Martinique va bientôt fêter le 22 mai 1848 qui a été l’aboutissement d’une émeute qui a commencé comme souvent en Martinique par une injustice. On connaît moins celles qui ont précédé cette date historique et, parmi eux, les incidents qui se sont produits un mois plus tôt, le 23 avril 1848, le jour de Pâques, qui aurait pu connaître un sort différent. Ce ne fut pas une éruption de type péléen comme celui qui se déroulera à St Pierre, un mois plus tard, et qui foudroya tout d’un coup et d’un seul, mais une lente montée en puissance qui donna aux victimes potentielles le temps de se réfugier ailleurs. En cette semaine anniversaire je propose pour une nouvelle publication un extrait de l’article que votre chroniqueur avait signée en avril 2021.

« Qui ne se souvient de la Semaine sainte telle qu’elle fut pratiquée, notamment le jeudi saint, le vendredi saint et le samedi gloria ? Les cloches des églises faisaient relâche jusqu’au samedi tandis que les croix, statues et images étaient voilées. Pour remplacer les cloches les enfants de chœur se répandaient dans les rues en faisant crisser des crécelles, sorte de moulinet en bois qui s’appelait rara en Martinique.

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CTM : “Arrêtez, Monsieur le Président…”

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Fort-de-France, le 30 mars 2026

En ce siècle qui vient d’épuiser son premier quart-temps, on peut se demander quel est ce bout de terre où il est impossible d’apporter toute la lumière sur le BUMIDOM, le bureau de migration des départements d’Outre-Mer créé en 1963 et supprimé 18 ans plus tard. Quel est ce peuple où, au motif de faire prospérer le nationalisme, s’est trouvée une minorité pour empoisonner la vie de frères et sœurs partis pour France à la recherche d’un avenir meilleur ?

Quel est donc ce pays qui permet à son assemblée, dans un silence de mort, d’avaliser un faux grossier qui touche les propres parents de pratiquement tous les membres de la CTM. On peut comprendre qu’un autocrate, voyant sa toute-puissance trébucher, s’invente un coupable afin de se transformer en victime d’une situation ou d’un mauvais pas. Le scandale réside dans le calme d’une assemblée où aucun élu ne se lève pour s’opposer à l’énoncé d’éléments de langage d’un autre temps, qui furent fabriqués de toutes pièces au début des années 1960 par les nationalistes du Quartier Latin (Lire Edouard Delépine).

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