— Par Camille Loty Malebranche —
Les faits et situations réels ou imaginaires qui nourrissent les récits existent dans la factualité du monde ou la fiction humaine, c’est, toutefois, leur narration ou leur description qui les métamorphose en littérature. Narration ou description qui ne sont littéraires que par l’euphonie qui, pour nous, constitue la formalisation esthétique des énoncés par l’harmonie phonique des mots dans l’expression. C’est là, de cette harmonie que sourd ce qui fait l’art littéraire. Euphonie soutenue, articulée et élaborée de tous les instants dans le verbe de l’artiste littéraire conteur ou écrivain. C’est la structuration esthétique par le choix ludique des mots pour leur harmonie sonore-musicale, que la littérature advient. Les mots en leur jeu sonore sont le fondement même du bâtiment que l’on nomme « style littéraire », ils sont l’aura qui fait la littérature par-delà l’énonciation et la discursivité… C’est, à tout le moins, le sens de la littérature prise au sens très strict, en son acception très strictement esthétique d’art. Même si l’on ne définit pas un art!
La littérature peut être envisagée, car on ne définit pas un art, comme l’élaboration euphonique du langage, le travail de la sonorité musicale, l’eurythmie du discours sur fond de sensibilité patente, éloquente qui, précisément, distingue le littéraire du non littéraire, manifestant le surgissement de l’art au bout de l’expression de la conscience esthétique de l’artiste: le littérateur…
L’euphonie est la fusion de l’esthétique et de la sémantique dans le discours qui détermine l’art et différencie le langage artistique du non artistique.
Lire Plus