Catégorie : Sciences Sociales

Le journal du pape François : Trente ans de confidences spirituelles

— Par Rodolf Étienne

Le Vatican vient d’annoncer une publication qui devrait susciter l’intérêt bien au-delà du monde catholique.

Le 24 novembre 2026 paraîtra le Journal spirituel du pape François, un ouvrage composé de notes personnelles rédigées par Jorge Mario Bergoglio entre le 20 décembre 1992 et le 18 août 2024.

Annoncée officiellement le 5 octobre par la Librairie éditrice du Vatican, cette publication posthume sera proposée simultanément dans 94 pays et cinq langues, dont le français, chez Albin Michel. Elle a été confiée au cardinal argentin Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi et proche collaborateur de François.

Trente-deux années de réflexion intérieure

Ces écrits traversent plusieurs périodes déterminantes de l’existence de Bergoglio : son parcours dans l’Église argentine, sa nomination comme archevêque de Buenos Aires, son élévation au cardinalat et son élection au pontificat le 13 mars 2013. François, premier pape originaire d’Amérique latine, a dirigé l’Église catholique jusqu’à sa mort, le 21 avril 2025, à l’âge de 88 ans. Le livre présente une particularité importante : il ne s’agit pas d’une nouvelle encyclique, ni d’un texte doctrinal destiné à orienter les catholiques, mais d’un ensemble d’écrits personnels, sélectionnés, présentés et commentés par un collaborateur du défunt pontife.   Lire Plus

L’éphéméride du 15 octobre

Joseph Gallieni fait fusiller les princes malgaches, dans la colonie de Madagascar et ses dépendances le 15 octobre 1896.

Gallieni est envoyé en 1896 à Madagascar en tant que résident général. Il arrive à Tananarive le 15 septembre. À la méthode diplomatique de son prédécesseur, le général M. Laroche, il préfère la méthode forte pour endiguer la montée de la résistance anti-coloniale. Il instaure le travail forcé des indigènes en imposant 50 jours de corvée par adulte. La cour royale, foyer de résistance contre la France, est placée sous surveillance.
Le 11 octobre 1896, lendemain du départ de l’ancien résident général Laroche, Gallieni, qui jouit des pleins pouvoirs, fait arrêter le prince Ratsimamanga et Rainandriamampandry, ministre de l’Intérieur, et les traduit devant le Conseil de guerre pour rébellion et « fahavalisme ». Le 15 octobre, à l’issue d’une parodie de procèsNote 1,8, ils sont condamnés à mort et exécutés à titre d’exemple, souhaitant faire « forte impression sur les indigènes ». Un des membres du Conseil de guerre devait confirmer par la suite que les deux accusés avaient été « condamnés sur ordre » de Gallieni.  Lire Plus

Transport (1) : Sortir des logiques de boutiquiers

– par Ali Babar Kenjah

Parmi tant de dossiers douloureux affectant l’actualité martiniquaise, insidieusement, de grèves diverses en cessation de paiement, de pannes techniques en hausse du carburant, le dossier du transport s’est imposé en bonne place des préoccupations des uns et des autres.

Toujours traité comme une problématique technique parmi d’autres, la multiplication des avanies du secteur a toutefois permis d’en mesurer les très humaines spécificités.

Car, en matière de flux, faire circuler des individus est bien différent que de faire circuler de l’eau, de l’électricité ou des marchandises. C’est, précisément, cette trop évidente différence de nature qui devrait nous imposer une approche mieux adaptée des enjeux et du financement du transport public en Martinique. Dans ce premier volet, ma réflexion propose de souligner les caractères spécifiques qui nous imposent, dans ce cas précis, de sortir des strictes logiques comptables pour nous confronter aux véritables défis systémiques, dont la globalité mondialisée frappe déjà à notre porte (monnaie).

Un des principaux freins à la problématique récurrente du transport à la Martinique résulte, plus généralement, du mode de gestion technocratique et libéral dominant au sein des collectivités locales.  Lire Plus

Nyadol Nyuon : Une voix africaine au cœur du débat australien

— Par Rodolf Étienne

Elle est née dans un camp de réfugiés en Éthiopie. A grandi dans celui de Kakuma, au Kenya, puis a rejoint l’Australie en 2005, à la fin de son adolescence.

Quelques années plus tard, Nyadol Nyuon devenait avocate, écrivaine, conférencière et l’une des voix les plus visibles du débat australien sur le racisme, l’immigration, les réfugiés et la représentation des communautés africaines.

Son parcours pourrait être raconté comme une spectaculaire réussite individuelle. Il raconte aussi quelque chose de beaucoup plus concret : la guerre, l’exil, la puissance de l’éducation, et cette question qui traverse aujourd’hui de nombreuses sociétés occidentales : à quelles conditions peut-on réellement appartenir à un pays lorsque l’on reste continuellement renvoyé à sa différence ?

Née dans l’exil – d’Ethiopie, du Kénya à l’Australie

Nyadol Nyuon naît en 1987 dans le camp de réfugiés d’Itang, en Éthiopie, au sein d’une famille soudanaise déplacée par la guerre. Lorsque de nouveaux affrontements rendent la région dangereuse, sa famille entreprend un déplacement de plusieurs semaines vers le Soudan, avant qu’une partie de son enfance ne se déroule au Kenya, entre Nairobi, Lodwar et surtout Kakuma, l’un des plus importants camps de réfugiés d’Afrique de l’Est.  Lire Plus

Cheikh Anta Diop et le nucléaire : Le physicien derrière l’historien

— Par Rodolf Étienne

On connaît Cheikh Anta Diop comme historien, anthropologue, linguiste, penseur de l’unité africaine et figure majeure de la réécriture de l’histoire du continent.

On connaît beaucoup moins Cheikh Anta Diop le physicien, formé aux sciences exactes, enseignant de physique-chimie et utilisateur des techniques nucléaires pour dater le passé africain. Pourtant, cette dimension scientifique n’est pas secondaire : elle constitue l’un des piliers de sa méthode.

À son retour au Sénégal au début des années 1960, après sa formation en France, Cheikh Anta Diop rejoint l’Institut français d’Afrique noire, devenu par la suite l’IFAN Cheikh Anta Diop. Il y développe une ambition singulière : mettre les sciences expérimentales au service de l’histoire africaine. L’IFAN rappelle qu’il avait enseigné la physique-chimie dans des lycées parisiens avant son retour à Dakar et qu’il refusa de cloisonner histoire, archéologie, physique, chimie et biologie.

Physique et chimie nucléaires des basses énergies – le carbone 14

Parler de « nucléaire » à propos de Cheikh Anta Diop nécessite une précision essentielle. Il ne s’agit ni d’un programme militaire, ni de la construction d’un réacteur électronucléaire.  Lire Plus

L’éphéméride du 14 octobre

Création « officielle » de l’OJAM le 14 octobre 1962

Le Manifeste de l’OJAM (OJAM pour Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) ou « La Martinique aux martiniquais », est un manifeste rédigé en 1962 en Martinique par 18 auteurs. Il fut placardé en Martinique les 23 et 24 décembre 1962

Les 18 auteurs
Rodolphe Désiré, Renaud de Grandmaison, Henri Pied, Hervé Florent, Marc Pulvar, Joseph René-Corail, Léon Sainte-Rose, Charles Davidas, Roger Riam, Victor Lessort, Gesner Mencé, Henri Armougon, Manfred Lamotte, Guy Dufond, Guy Anglionin, Georges Aliker, Josiane Saint-Louis-Augustin et Roland Lordinot.

Conséquences et réactions
Les 18 jeunes auteurs de ce manifeste sont arrêtés, emprisonnés à Fresnes et accusés d’atteinte à la sûreté de l’État. Ils sont jugés, lors d’un procès politique en 1964 qui se soldera par un acquittement général.

En décembre 1959, 3 fils de la Martinique, BETZI, MARAJO, ROSILE, tombaient victimes des coups du colonialisme français. Ce sacrifice montra à la jeunesse de notre pays la voie de l’émancipation, de la fierté, de la dignité.
Depuis, notre peuple, si longtemps plongé dans les ténèbres de l’histoire, offre une résistance de plus en plus grande à l’oppression coloniale.  Lire Plus

Yoweri Kaguta Museveni : Panafricanisme et stabilité

— Par Rodolf Étienne

Il dirige l’Ouganda depuis 1986. Quarante ans après, Yoweri Kaguta Museveni demeure au coeur de la vie politique ougandaise. Il est l’un des plus anciens dirigeants du continent.

Son parcours résume à lui seul plusieurs grandes séquences de l’histoire politique récente de l’Afrique de l’Est : lutte armée, reconstruction de l’État, panafricanisme, guerres régionales, développement économique, militarisation du pouvoir, ouverture au multipartisme, pétrole, contestation démocratique.

En janvier 2026, la Commission électorale ougandaise le déclarait vainqueur d’un septième mandat présidentiel avec un peu plus de 70 % des suffrages.

Son principal adversaire, Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a rejeté les résultats. Yoweri Museveni débute une nouvelle étape présidentielle entamée tandis que Ronald Reagan dirigeait les États-Unis, François Mitterrand la France et Mikhaïl Gorbatchev l’Union soviétique.

De Dar es-Salaam à la guérilla

Yoweri Museveni naît en 1944, dans l’ouest de l’Ouganda. Étudiant à l’Université de Dar es-Salaam, en Tanzanie, il évolue dans l’un des grands foyers intellectuels africains de l’époque postcoloniale.

Sa biographie présidentielle officielle cite parmi ses lectures Frantz Fanon, Karl Marx, Lénine, Mao, Walter Rodney mais également des auteurs occidentaux comme John Kenneth Galbraith.  Lire Plus

Eugénie Éboué-Tell : Une combattante au centre de l’Histoire

— Par Rodolf Étienne

Pendant des décennies, son nom est resté accroché à celui de son époux. Félix Éboué est entré au Panthéon en 1949, cinq ans après sa mort. Eugénie, elle, est demeurée beaucoup plus discrète dans le récit national.

Pourtant, sa trajectoire est celle d’une institutrice guyanaise devenue chercheuse, résistante de la France libre, infirmière, députée, sénatrice et actrice majeure de la représentation politique des Outre-mer dans l’après-guerre.

En septembre 2026, le ministère des Outre-mer a officiellement remis cette histoire au premier plan en inaugurant à Paris une salle Eugénie-et-Félix-Éboué et en annonçant la poursuite des démarches en faveur de son entrée au Panthéon.

De Cayenne à l’Afrique

Eugénie Tell naît à Cayenne le 23 novembre 1891. Après des études au lycée de jeunes filles de Montauban et l’obtention de son certificat d’aptitude pédagogique, elle revient en Guyane et devient institutrice à Saint-Laurent-du-Maroni. Elle épouse Félix Éboué en 1922. À partir de 1923, le couple séjourne notamment en Oubangui-Chari, l’actuelle République centrafricaine, avant de poursuivre une longue trajectoire entre Afrique et Outre-mer.  Cette partie de sa vie mérite aujourd’hui une attention particulière.  Lire Plus

Confucius en Martinique : Chemins chinois de l’harmonie

– par Rodolf Étienne

Et si l’une des grandes questions de la Martinique contemporaine trouvait un éclairage inattendu dans une pensée née en Chine il y a plus de 2 500 ans ?

À Schœlcher, au Lamentin, à Trinité, au Carbet ou à Rivière-Salée, des Martiniquais pratiquent le tai-chi et le qi gong.

Ailleurs, les principes du feng shui interrogent la manière d’aménager un intérieur, de faire circuler la lumière ou de rechercher une relation apaisée avec son environnement. Ces pratiques, d’origines et de traditions différentes, semblent partager une préoccupation : trouver sa place dans un monde traversé par des forces parfois contradictoires.

Au centre de cette réflexion, une figure historique peut servir de point de départ : Confucius, philosophe chinois dont la pensée a profondément influencé les conceptions de l’éducation, de la responsabilité, de la famille et de l’ordre social en Asie orientale. 

Confucius n’a pourtant inventé ni le feng shui ni le tai-chi. Cette précision est essentielle. Le confucianisme, le taoïsme, les arts martiaux internes et les traditions chinoises de l’aménagement des lieux appartiennent à des histoires distinctes, même si leurs pratiques et leurs idées se sont parfois rencontrées.

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L’éphéméride du 10 octobre

Fondation de l’Union Sociale et Politique des Femmes le 10 octobre 1903

La Women’s Social and Political Union (en français, Union sociale et politique des femmes) souvent désignée par son sigle WSPU, est une organisation féministe créée en 1903 et dissoute en 1917, qui a milité en faveur du droit de vote des femmes au Royaume-Uni.

Histoire
Fondation et débuts

La Women’s Social and Political Union est fondée le 10 octobre 1903 à Manchester par Emmeline Pankhurst et ses filles Christabel Pankhurst et Sylvia Pankhurst ; elles sont les leaders de ce mouvement. Les membres de la WSPU sont les premières à être connues sous le nom de « suffragettes ». Elles s’opposent aux organisations suffragistes, qu’elles estiment trop modérées. En 1905, Christabel Pankhurst crache sur un policier, ce qui entraîne plusieurs arrestations arbitraires visant la famille Pankhurst.  Lire Plus

L’éphéméride du 9 octobre

Promulgation de la loi abolissant la peine de mort le 9 octobre 1981

La peine de mort a été abolie en France en 1981, faisant ainsi de la France le seul pays à avoir procédé à des exécutions tout en étant membre de la Communauté économique européenne, ancêtre de l’Union européenne.

Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas Christian Ranucci mais Hamida Djandoubi, guillotiné le 10 septembre 1977 à la prison des Baumettes de Marseille, qui est la dernière personne à avoir subi la peine de mort en France.

Dernière décapitation à Fort-de-France, celle de Landry-Lambert Gau, le 22 juin 1965.

Histoire
Époque gauloise
Certains condamnés étaient conduits au lieu du supplice qui était le bord d’une falaise d’où ils étaient précipités.

César rapporte que les criminels étaient exécutés à l’occasion de grandes fêtes propitiatoires au cours desquelles ils étaient enfermés dans de grands mannequins de paille auxquels on mettait le feu1.

Époque gallo-romaine et Bas-Empire
Sous le Bas-Empire, les Romains utilisaient le crucifiement pour les voleurs et les vagabonds ; ils les envoyaient parfois contre des gladiateurs, voire des bêtes sauvages ou encore leur coupaient la tête[réf.  Lire Plus

L’éphéméride du 8 octobre

Capture en Bolivie de Che Guevara le 8 octobre 1967. Il est assassiné le lendemain.

Ernesto Guevara, plus connu comme « Che Guevara » [ (t)ʃe ɡevara](en espagnol : [ t͡ʃe ɡeˈβaɾa]N 3) ou « le Che », né le 14 juin 1928 à Rosario en Argentine et mort exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera en Bolivie, à l’âge de 39 ans, est un révolutionnaire marxiste-léniniste et internationaliste argentin ainsi qu’un homme politique d’Amérique latine. Il a notamment été un dirigeant de la révolution cubaine, qu’il a théorisée et tenté d’exporter, sans succès, vers le Congo puis la Bolivie où il trouve la mort.

Alors qu’il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l’Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population. Son expérience et ses observations l’amènent à la conclusion que les inégalités socioéconomiques ne peuvent être abolies que par la révolution. Il décide alors d’intensifier son étude du marxisme et de voyager au Guatemala afin d’apprendre des réformes entreprises par le président Jacobo Arbenz Guzmán, renversé quelques mois plus tard par un coup d’État appuyé par la CIA.  Lire Plus

Akiki Hosea K. Nyabongo : De Yale… au royaume de Tooro

— Par Rodolf Étienne

Il existe, dans les archives de Yale University, une trajectoire qui semble résumer à elle seule une partie de l’histoire intellectuelle africaine du XXe siècle.

Celle d’Akiki Hosea K. Nyabongo, né en 1907, à Fort Portal dans l’actuel Ouganda occidental, membre de la famille royale du Tooro, écrivain, universitaire, panafricaniste et militant de la décolonisation.

Akiki Hosea K. Nyabongo étudie à Yale entre 1931 et 1934, après un passage par Howard University, avant de poursuivre à Harvard puis à Oxford.

Yale le présente comme l’un de ses premiers étudiants noirs remarquables.

Cette histoire qui pourrait n’être qu’une remarquable biographie universitaire prend une toute autre dimension lorsqu’on la replace dans les débats contemporains sur la restitution, les archives africaines et la souveraineté des savoirs.

Akiki Nyabongo n’est pas seulement un Africain d’Uganda parti étudier dans les grandes universités occidentales : il est l’un de ceux qui ont cherché à produire, depuis leur propre perspective, une connaissance écrite – inédite – des sociétés africaines.

De Fort Portal à Yale – Renaissance 

Né à Fort Portal, Akiki Nyabongo appartient à la maison royale du Tooro.  Lire Plus

Omukama Edward Rukidi Nyabongo I ou la renaissance de Tooro

– par Rodolf Etienne

À Fort Portal, dans l’ouest de l’Ouganda, l’histoire aurait pu s’achever le 29 septembre 2026 avec les tambours, les parures royales et l’intronisation d’Edward Rukidi Nyabongo I, treizième Omukama du royaume de Tooro. En fait, c’est ainsi que tout a commencé.

Cinq jours après son couronnement, la question qui agitait encore le royaume demeurait entière : le nouveau souverain allait-il réellement succédé à Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV ou la justice ougandaise pourrait-elle encore avoir à déterminer le titulaire légitime ?

La mort du « plus jeune monarque au monde »

Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est mort le 27 août 2026 aux États-Unis, à seulement 34 ans, après avoir été soigné pour un cancer. Il régnait depuis 1995. Il n’avait alors que trois ans lorsqu’il succéda à son père et fut présenté comme le plus jeune monarque régnant au monde. Cette longévité paradoxale — trente et une années de règne pour une vie aussi courte — avait fait de lui l’incarnation contemporaine du Tooro.

Le royaume qu’Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV laisse derrière lui n’est pas un État dans l’État.

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Un guide du compostage domestique adapté aux Antilles

Mardi 6 octobre à 9h, Ecolieu de Tivoli
L’association Ypiranga présentera, mardi 6 octobre à Fort-de-France, un nouveau Guide du compostage domestique aux Antilles, réalisé avec le soutien de l’ADEME. Cette présentation se déroulera de 9 heures à 11h30 sur les berges de l’Écolieu de Tivoli, dans le cadre de la Semaine européenne du développement durable et de la Fête du Sol Vivant.

Destiné aux habitants de Martinique et de Guadeloupe, le guide vise à fournir des informations pratiques sur le compostage domestique et à prendre en compte les réalités propres aux territoires antillais. L’objectif est notamment de favoriser la réduction des biodéchets produits au quotidien et leur retour au sol.

Le document présente les principes du compostage, les différentes solutions pouvant être mises en place selon les situations, les matières susceptibles d’être compostées ainsi que les gestes permettant d’entretenir un compost. Il propose également des réponses aux difficultés que peuvent rencontrer les particuliers au cours de leur pratique.

Disponible en version imprimée et numérique, le guide doit être diffusé auprès des habitants et des différents acteurs concernés par la prévention et la valorisation des biodéchets.  Lire Plus

L’État à bout de souffle

La fin de l’illusion d’un État-providence sans limites signe sans nul doute en 2027 le retour de l’autorité brutale de l’État.

— Par Jean-Marie Nol —

Le moral économique et la confiance des Français atteignent un niveau historiquement bas, marqué par une chute record enregistrée fin 2026. Les études de l’Insee soulignent traditionnellement un contraste marqué entre un pessimisme très fort sur la situation collective du pays et une appréciation un peu moins sombre de la vie personnelle. Mais ça c’était avant , car pour la première fois depuis de longues décennies, les salaires réels ont stagné ou reculé face à l’inflation, brisant l’attente d’une progression continue du niveau de vie d’une génération à l’autre. Selon le journal La dépêche, le baromètre de l’économie d’octobre réalisé par Odoxa pour AGIPI, Challenges et BFM Business enregistre un niveau de pessimisme inédit. Avec 90 % de défiants face à l’avenir économique et un indice de moral tombé à -80, les Français atteignent un record historique depuis le lancement de cette mesure.La France semble entrer dans une période où le retour de l’autorité de l’État et le durcissement de certaines règles sociales ne relèvent plus seulement d’un choix idéologique, mais deviennent la conséquence d’une accumulation de crises que le pouvoir politique ne pourra durablement contourner.  Lire Plus

L’étonnante route des créoles en Australie (2)

– par Rodolf Etienne

À première vue, tout semble séparer Fort-de-France de Perth : près de deux océans, des histoires politiques différentes, des migrations qui n’empruntent pas les mêmes routes et plus de 18 000 kilomètres à parcourir.

Pourtant, lorsqu’on observe la carte culturelle de l’Australie contemporaine, un archipel inattendu apparaît. Caribéens, Mauriciens, Seychellois, Réunionnais et autres populations insulaires s’y retrouvent autour de la musique, de la cuisine, de la danse, des langues, de la transmission familiale et parfois d’un mot commun : créole.

Cette géographie raconte moins une migration massive des Antillais français vers l’Australie qu’une circulation beaucoup plus subtile des cultures créoles à travers le monde. Perth, sur la façade occidentale du continent australien, constitue probablement le point d’observation le plus étonnant.

La Caribbean Australian Association y est créée en 1975 pour aider les nouveaux migrants originaires de la Caraïbe à s’installer en Australie et leur permettre de conserver des liens culturels et sociaux.

Le premier rassemblement organisé le 8 août 1975 attire 191 personnes, chiffre remarquable pour une diaspora encore très réduite. Cricket, football, gastronomie, carnaval, fêtes familiales, bals et activités pour enfants deviennent progressivement les moyens de maintenir une identité caribéenne à des milliers de kilomètres des îles.  Lire Plus

L’éphéméride du 4 octobre

Création de la Sécurité Sociale par l’Ordonnance du 4 octobre 1945

La Sécurité sociale est un système assurant des ressources dans un certain espace financier prévu à cet effet ainsi que l’accès aux besoins essentiels (éducation, eau, nourriture, hygiène) à certains citoyens ayants droit hors catastrophe, guerre ou calamité, qui ont accès à une couverture de santé de par leur régime lié au statut (militaire) ou leur fonction d’état et leur pauvreté (si celle-ci est reconnue réelle par les collectivités locales et régionales par exemple). La sécurité sociale fait partie de la protection sociale, elle-même faisant partie de la politique sociale qui est intégrée dans la politique publique ou politique d’État commune. Les administrations de sécurité sociale sont les organismes de droit privé, chargés d’une mission de service public ou privée lorsque celle-ci est d’intérêt public légalement. La Sécurité Sociale est instituée en France le 19 octobre 1945 par ordonnance du général de Gaulle.

Présentation
Les termes sont définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 :

« Art. 22 — Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.  Lire Plus

« La Guyane a besoin de respirer »

— Par Mireille Jean-Gilles —

La Guyane a besoin de respirer, pas seulement avec de l’oxygène, comme voudraient le lui imposer ceux-là qui ne la considèrent qu’en tant que « poumon de la Terre », à savoir un bien « commun », qui serait par conséquent le Leur, le nouvel Eldorado, dernier joyau qui manque à la couronne d’Espagne, après avoir tout dévasté.

Et, « Respirer », c’est seulement pouvoir tracer sa propre voie
« Réveiller les Esprits de la Terre »
Le procès récurrent des Créoles guyanais
En 1986, si je me souviens…
Les « bons sauvages » et les autres…
Tutelle créole, Solidarités locales & Etat défaillant
2017, la Guyane entière : NOU BON Ké SA !
Férocité des institutions & Choc des cultures ravageurs pour les Autochtones
Les Guyanais et leurs rêves écartelés
Face à un mépris systémique
Mourir pour survivre ?
 Glissements de terrains »
« Réveiller les Esprits de la Terre »

1. Les baguettes du candidat Macron distribuées aux Amérindiens sur le Haut Maroni, en 2017, rappellent que depuis cinq siècles la Conquête n’en finit pas, et toujours avec les mêmes ficelles, le même mépris.  Lire Plus

La puissante parole des jeunes en Australie (1)

-Par Rodolf Etienne

D’Adélaïde à Sydney, d’Antigua à Tahiti, l’automne 2026 voit se multiplier forums, conférences et sommets destinés aux jeunes.

Identité, appartenance, diversité, culture, leadership, avenir : partout, on leur demande leur avis, de parler.

L’Australie va plus loin en essayant d’inscrire cette parole dans ses mécanismes de décision publique.

Vue depuis la Martinique, où les 15-29 ans connaissent un taux de chômage de 33 % et où le départ reste une étape presque obligée de la formation et de l’insertion, une question : écouter les jeunes, certes oui. Mais qu’advient-il ensuite de cette parole, de ce qu’ils disent ?

Le 30 septembre 2026, à Adélaïde, l’Australian Migrant Resource Centre organisait son Youth Forum autour de trois verbes particulièrement révélateurs : « Belong. Connect. Lead. » — appartenir, se connecter, diriger.

Destiné aux 13-25 ans, notamment issus des différentes communautés culturelles de South Australia, le rendez-vous associait identité, culture, confiance en soi, participation communautaire et capacité à agir. Derrière la formule apparaît cette question centrale : comment montrer à une génération qu’elle appartient réellement à la communauté politique, sociale et culturelle dans laquelle elle vit et grandit ?  Lire Plus

Trop, c’est trop.

— Par Florent Grabin, président de l’association P.U.M.A —

La Martinique est-elle condamnée à subir les inconséquences politiques de certains de nos dirigeants ? Nous avons été estomaqués en écoutant la plénière du 24 septembre 2026 de la CTM, où, dans la réponse de l’exécutif faite à un élu sur le devenir du projet de l’aérodrome de Basse Pointe, nous avons constaté un certain agacement du débatteur.

Dire que ce projet est à l’arrêt du fait du propriétaire qui refuse toute médiation, et que la piste d’atterrissage est toujours présente relève du mensonge par omission. Plus grave : rajouter que c’est de cette zone que décollaient les aéronefs pour aller épandre sur notre territoire la Chlordécone est pitoyable. Lorsqu’on sait que ce pesticide était répandu à la main, sans aucune protection individuelle, il est clair que la population mérite tout notre respect.

Pourquoi ne pas avoir dit la vérité à l’Assemblée ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce projet ne date pas d’aujourd’hui. En effet, Monsieur le Député Maire Guy LORDINOT avait milité en 1986 pour que soit construit un aérodrome dans le Nord de la Martinique et que la Direction Départementale et de l’Equipement (DDE) avait proposé trois possibilités entre Basse Pointe et Sainte Marie.  Lire Plus

Anna de Noailles : L’ivresse d’être au monde

– par Rodolf Etienne

Poétesse célébrée dès 1901, admirée par Marcel Proust, Maurice Barrès ou Jean Cocteau, première femme commandeur de la Légion d’honneur, Anna de Noailles fut l’une des grandes célébrités littéraires de la Belle Époque.

Sa poésie transforme le désir, le corps, la nature et jusqu’à l’angoisse de mourir en une formidable affirmation de l’existence. Derrière la mondaine apparaît surtout une femme qui, dans un univers littéraire profondément masculin, imposa sans s’excuser la puissance d’un « je » féminin.

« Toi, vis ; sois innombrable à force de désirs… » Ces mots résument presque tout son programme poétique : vivre davantage, éprouver davantage, embrasser le monde avant qu’il ne disparaisse.

Anna-Élisabeth Bibesco-Bassaraba de Brancovan naît à Paris le 15 novembre 1876 dans une famille aristocratique d’origines roumaine et grecque. Cette appartenance à plusieurs mondes accompagne toute son œuvre et contribue aussi à fabriquer autour d’elle une image d’étrangère, d’Orientale, de femme à la fois proche et décalée dans la haute société française.

La mort du père – une expérience fondatrice

Elle découvre tôt, notamment chez Victor Hugo et dans Les Contemplations, une langue capable de transformer le deuil en matière poétique.  Lire Plus

Misologie et Démagogie « démocratiques »

— Par Camille Loty Malebranche —

Misologie et Démagogie sont plus qu’une paire mais un continuum idéologique, une suite logique, un couple opératoire pour mener les foules et leur vendre du fantasme, à défaut de rêve, par des temps de cauchemar économique, de trouble de la sécurité publique et de quête de boucs émissaires dont la montée de l’extrême droite constitue un signe patent.

Tout l’encombrement médiatique orchestré par la publicité commerciale, le loisir inculte et les débats insipidement bas des politicards et spécialistes soudoyés du système, sont breloques de l’idéologie diluée dans le discours public pour mimer la démocratie. C’est en fait de la vulgaire et répressive misologie, c’est-à-dire manière adroite de contourner le logos fondé dans la raison critique et la vérité démontrée. Façon habile d’assouvir la haine de toute objectivation étiologique sérieuse des maux de la société en crise.

La démagogie, quant à elle, consiste à occuper toute la place dans la communication de masse par des clichés pseudo-éthiques d’une société sans autre morale que le profit, en divulguant des stéréotypes, des semblants d’arguments, pour priver d’espace toute réflexion rationnelle, toute discursivité qui pourrait interpeller l’intelligence et opérer la maïeutique politique collective.  Lire Plus

SignalConso, le site pour signaler les pratiques abusives

SignalConso est un service public gratuit de la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Les consommateurs peuvent signaler des problèmes rencontrés avec des entreprises sur la plateforme de signalements en ligne, disponible en français et en anglais.

En quelques clics, vous pouvez faire remonter un problème rencontré lors d’un achat ou d’un contrat.

SignalConso, pour quoi ?

Les objectifs de SignalConso sont les suivants :

  • proposer un espace de dialogue entre le consommateur et le professionnel ;

  • permettre au professionnel de trouver une solution à l’amiable ;

  • accompagner le consommateur dans ses démarches : lui préciser ses droits et l’orienter vers l’interlocuteur approprié (RéponseConso, centre de traitement des appels et courriers de la DGCCRF, association de consommateurs, médiateur de la consommation, justice, etc.) ;

  • permettre à la DGCCRF de repérer les signalements récurrents et ainsi de mieux cibler ses contrôles.

Pour le professionnel, c’est un espace permettant de gérer directement un problème avec des clients mécontents et limiter les avis négatifs sur internet.

À noter

Le dispositif de suivi des signalements a été renforcé.  Lire Plus

Imaginaire asymétrique du descendant d’esclavisé

  • Par Rodolf Étienne

Dans notre premier volet : Martinique : Identité ou delirium tremens ? — Madinin’Art, nous avions emprunté au delirium tremens l’image du sevrage : celle d’une Martinique qui désire davantage de maîtrise sur son destin mais dont les rapports à la France, à l’autonomie, à la responsabilité et à la dépendance demeurent traversés de mouvements contradictoires.

Mais peut-être avions-nous commencé trop tard, parce qu’avant de demander ce que nous voulons devenir, une autre question s’impose : avec quoi imaginons-nous ce devenir ? Avec quelles images, quels héros, quels récits, quelles généalogies, quels modèles du beau, du vrai, du pouvoir, de l’autorité et de la réussite ? Et surtout nous devons nous demander : qui les a produits ?

C’est là que la pensée du psychologue allemand Carl Gustav Jung, fondateur de la psychologie analytique, devient éclairante. Pas pour diagnostiquer la Martinique, encore moins pour transformer le Martiniquais en malade collectif, mais parce que Carl Jung propose une mécanique de l’imaginaire autour du rêve, du complexe, de la projection, de l’ombre, de la persona, du rapport conflictuel entre le conscient et ce qui demeure hors de lui.  Lire Plus