Catégorie : Sciences Sociales

Le modèle de la départementalisation en question

Les fondamentaux économiques et financiers de la France ne sont pas bons, alors quelles sont les conséquences prévisibles pour la Guadeloupe et la Martinique ?
— Par Jean-Marie Nol —

Les fondamentaux de l’économie française ne sont pas tous au vert en raison d’un cumul de déséquilibres structurels profonds, notamment des finances publiques fragilisées par un déficit persistant et une dette record de plus de 3550 milliards d’euros . L’État dépense plus qu’il ne gagne chaque année, ce qui crée un déficit public (établi autour de 5,1 % du PIB).L’addition de ces déficits année après année fait grimper la dette publique au-dessus de 115 % du PIB, un niveau élevé par rapport aux autres pays européens.Le coût de la dette (les intérêts à rembourser) augmente fortement, ce qui pèse lourdement sur le budget de l’État.Une croissance économique faible qui reste molle (autour de 0,7% voire même 0,5 %).La consommation des ménages stagne malgré une inflation plus basse, car les Français privilégient l’épargne par prudence. La France souffre d’une désindustrialisation historique qui fragilise sa balance commerciale sur les biens, même si certains secteurs de pointe (aéronautique, nucléaire) s’en sortent mieux.Le<p>  Lire Plus

Le Parti Communiste Cubain et la Révolution

— RS n° 461 du lundi 24 août 2026 —

             Dans un communiqué célébrant le centième anniversaire de la naissance de Fidel Castro, Jean-Pierre Étilé, au nom du PKLS écrit : « nous partageons la fierté du peuple cubain d’avoir pu faire une révolution conduite par le parti communiste… ». 

            Il nous semble important d’apporter quelques précisions sur le PCC et la révolution cubaine, non par simple souci historique, mais parce que cette expérience permet de réfléchir, de façon utile pour nous-mêmes, sur la complexité des processus révolutionnaires, et donc sur les efforts nécessaires afin de les mener à bien. 

             Il existe une conception linéaire, officielle, orthodoxe, de la révolution en tradition soviétique. Dans cette vulgate, le parti communiste, avant-garde naturelle du prolétariat, conduit la révolution. C’est son devoir et en quelque sorte un droit qui lui serait reconnu par « l’Histoire ». En fait, la vie est toujours plus riche et plus complexe que les schémas de ce type. Même le parti Bolchevik, une manière de modèle en matière de révolution, s’il a conduit la révolution, c’est aussi parfois en se laissant conduire par elle, ce qui ne fut jamais sans contradictions, déchirements, rectifications et nouvelles erreurs.<p>  Lire Plus

Accord-cadre : l’autonomiste Serge Letchimy déroule

— Les Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Ainsi donc, le président de la CTM a présenté à l’État le vœu d’évolution statutaire exprimé par le congrès des élus. Il convient de rappeler que le seul objet de cette institution est de faire des propositions à l’État sur l’évolution statutaire de la Martinique.

Absence d’opposition de gauche ou de droite 

Le Président est conforté par l’accord des 6 parlementaires martiniquais et par une forte délégation d’élus reçus officiellement à l’Élysée, unis derrière sa personne et son autorité. Sa légitimité est renforcée par des gestes identitaires forts comme l’adoption d’un drapeau nationaliste en remplacement d’un emblème français, la reconnaissance du créole comme langue « co-officielle », l’adoption en cours d’un hymne national martiniquais. Ces manifestations de nationalisme ne font pas l’objet d’oppositions et se déroulent dans un univers médiatique acquis à sa cause. En conséquence, il est difficile de reprocher à l’État de tenir compte de la proposition d’évolution institutionnelle présentée dans ces conditions.

Serge Letchimy ne suit pas le peuple, il le précède.

Par ailleurs, Serge Letchimy a toujours été un autonomiste. Il a même été le président du plus grand parti autonomiste de la Martinique (le PPM).<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 26 août

Dépôt de gerbe à la femme du Soldat inconnu le 26 août 1970

Le dépôt de gerbe à la femme du Soldat inconnu désigne une des premières actions médiatiques du Mouvement de libération des femmes le 26 août 1970 à Paris en France. Elle consistait à déposer des fleurs en hommage à la femme du Soldat inconnu sur la tombe de ce dernier. Cette action était réalisée par neuf femmes, dont Cathy Bernheim, Christine Delphy, Monique Wittig, Christiane Rochefort et l’Américaine Namascar Shaktini1,2,3. Elles ont été arrêtées par la police dès l’approche de l’Arc de triomphe.

Traitement médiatique

Certains médias parlent d’une trentaine de femmes (neuf en réalité). L’analyse journalistique de Marianne Lohse dans France-Soir précise que « Plusieurs [manifestantes] sont jeunes et jolies »4.

La télévision nationale réalise un court reportage sur la manifestation5.

Deux slogans ont retenu l’attention éditoriale :

« Il y a plus inconnu que le soldat inconnu. Sa femme » ;

« Un homme sur deux est une femme ».

MLF : 1970, année zéro

— Par Françoise Picq, sociologue spécialiste de l’histoire du féminisme, université Paris-Dauphine.<p>  Lire Plus

A-t-on découvert une boussole interne chez les abeilles ?

— Par Laura Russo(*) —

Les scientifiques ignorent encore comment les insectes utilisent leur sens magnétique pour s’orienter.

La magnétoréception n’est peut-être pas l’apanage des abeilles domestiques vivant en colonie. Une étude publiée dans Science Advances détecte des propriétés magnétiques chez 74 des 96 espèces d’abeilles testées, y compris chez des espèces solitaires, suggérant une capacité très ancienne dans l’histoire évolutive des insectes.

En bref

  • Des chercheurs ont détecté des propriétés magnétiques chez 74 des 96 espèces d’abeilles étudiées, qu’elles soient sociales ou solitaires.
  • Les abeilles sociales, les espèces de grande taille et celles nichant dans des cavités présentent en moyenne un magnétisme plus marqué.
  • Ces résultats suggèrent que le magnétisme pourrait être un caractère ancestral apparu avant même l’émergence des abeilles, sans toutefois prouver que toutes les espèces concernées utilisent la magnétoréception.

Un nombre étonnamment élevé d’espèces d’abeilles – 74 des 96 espèces testées – présentent des propriétés magnétiques, selon une étude que mes collègues et moi avons récemment publiée dans la revue Science Advances. Certains animaux sont capables d’utiliser des composés magnétiques à base de fer, comme la magnétite, pour détecter le champ magnétique terrestre et s’orienter grâce à lui.<p>  Lire Plus

Dossier actualisé de la corruption au F.N.E. d’Haïti

Données factuelles et analytiques. Mise à jour datée du 20 juin 2026

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Le Fonds national de l’éducation (FNE), lancé en 2011 et formellement créé en 2017 pour financer le système éducatif national haïtien –où sont scolarisés plus de 3 millions d’élèves–, pour subventionner les infrastructures et les politiques éducatives, est devenu lun des symboles les plus documentés de la corruption d’État en Haïti. Les enquêtes journalistiques et administratives montrent une opacité systémique, un détournement massif des ressources financières de l’État et une absence totale d’états financiers et d’audits des états financiers. Le Fonds national de l’éducation a été créé par les deux plus puissants caïds du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, l’ancien Président Michel Martelly et l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe. RAPPEL Michel Martelly et Laurent Lamothe ont été sanctionnés en 2022 et 2024 par le Canada et les États-Unis pour corruption grave, abus de fonction, participation au financement de gangs. Ils sont interdits de séjour au Canada.

A.    CHRONOLOGIE DES PRINCIPAUX SCANDALES ET MOMENTS CRITIQUES LIÉS AU FONDS NATIONAL DE LÉDUCATION (FNE) EN HAÏTI, DE 2011 À 2025, EN DISTINGUANT LES FAITS POLITIQUES, JURIDIQUES ET MÉDIATIQUES

1/ 20112013Création politique dun fonds opaque

  • 2011Annonce par le président Michel Martelly.

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Et si le tout-local était une impasse ?

Comment changer l’avenir économique des Antilles qui ne peut plus reposer sur l’agriculture ?

— Par Jean-Marie Nol —

Il s’avère qu’il est plus que temps de resituer le débat en Guadeloupe et Martinique d’une question devenue presque rituelle — « comment produire davantage localement ? » — vers une question beaucoup plus économique : « où pouvons-nous créer davantage de valeur ? »
La sécheresse exceptionnelle que connaissent actuellement la Martinique et la Guadeloupe n’est pas seulement une nouvelle crise agricole : elle constitue peut-être le révélateur d’une impasse économique plus profonde. Lorsque les rendements dépendent à ce point des pluies, des cyclones, des températures et désormais du dérèglement climatique, continuer à présenter l’agriculture comme le socle d’une future souveraineté économique apparaît de moins en moins comme une stratégie crédible et de plus en plus comme une croyance chimérique . Prenons l’exemple de la Guadeloupe , l’agriculture ne représente plus que 1,8 % de la valeur ajoutée selon les derniers comptes régionaux disponibles dans cette série Insee. En 2023, elle représente 2,7 % des emplois, contre 41,9 % pour commerce-transports-services et 41 % pour administration-éducation-santé-action sociale.<p>  Lire Plus

En Guyane, les mines d’or referment leurs plaies…

mais les sols peinent à revivre.

— Par Naomi Nitschke (*) —

Mine d’or près de la rivière Awa, en Guyane française.

En Guyane, les sites d’orpaillage légal doivent être réhabilités après exploitation. Ces mesures réduisent fortement l’érosion et les rejets de mercure dans les rivières, mais une étude menée pendant cinq ans montre que la vie des sols, elle, peine à redémarrer.

En bref

  • En Guyane, la réhabilitation des sites d’orpaillage légal permet de diviser l’érosion des sols par trois en six mois et de la rendre presque nulle après trois ans.
  • Malgré cette stabilisation, l’activité biologique des sols reste très inférieure à celle de la forêt environnante, même cinq ans après l’exploitation minière.
  • La restauration pourrait être accélérée grâce à l’ »effet lisière » et à des arbres inoculés avec des bactéries fixatrices d’azote, afin de favoriser le retour d’une véritable forêt.

Territoire français d’outre-mer, la Guyane présente des formations géologiques riches en or dans ses ceintures de roches vertes. Alors que le cours de l’or ne cesse d’augmenter, les activités d’orpaillage augmentent partout dans le monde, et également en Guyane.<p>  Lire Plus

Quel système financier pour les Antilles ?

De la déconstruction des idées reçues sur le développement économique des Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

La société antillaise se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son histoire politique, économique et intellectuelle. Les catégories de pensée qui ont longtemps structuré le débat public sur l’autonomie n’ont malheureusement pas joué un rôle majeur dans la compréhension du fonctionnement de l’économie et dans la construction des idées contemporaines de la responsabilité locale sur les questions de fiscalité et de nouveau pouvoir normatif . Mais leur permanence dans le débat intellectuel ne garantit plus leur pertinence pour penser les transformations qui viennent. En effet, croire que la maîtrise de la fiscalité sur le plan local et l’octroi d’un nouveau pouvoir normatif pourrait induire un développement économique est une profonde erreur d’analyse des élus locaux de la Guadeloupe et de la Martinique, et à l’avenir le risque d’une terrible impasse . En réalité le noeud gordien du développement économique se situe au niveau du secteur bancaire et financier. En fait, le problème de mal développement réside en partie dans la disparition des banques locales et des sociétés de développement tels que la Sodega, la Sodem, la Soderag : Les banques purement antillaises (comme la Banque des Antilles Françaises et le Crédit Martiniquais et d’autres) ont été absorbées par les grands groupes bancaires français (BPCE, Crédit Agricole, BNP Paribas, LCL, etc.)<p>  Lire Plus

Quand la célébrité déplace le doute

La notoriété ne crée pas la violence, mais elle peut en modifier tout l’écosystème : qui est cru, qui est protégé, qui est exposé, qui supporte le coût du doute.

— Par Rodolf Étienne —

Une femme parle. Le débat devrait porter sur ce qu’elle rapporte.

Très vite, pourtant, autre chose occupe la scène : le nom de l’homme mis en cause, sa carrière, son œuvre, ses admirateurs, ses contrats, ses soutiens.

Face à elle, il n’y a plus seulement une personne, mais une réputation et tout ce qui s’est construit autour d’elle.

Avant même l’examen des faits, la parole entre ainsi dans un rapport de forces profondément inégal.

Cette contribution ne traite d’aucune affaire particulière et ne vise aucune personne identifiable. Il interroge un mécanisme général : que devient la parole d’une femme lorsqu’elle rencontre la puissance sociale, économique et symbolique de la célébrité ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 840 millions de femmes et de filles — près d’une sur trois — ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Il ne s’agit donc ni d’un phénomène rare ni d’une succession de faits isolés, mais d’un fait social mondial.<p>  Lire Plus

L’été de trop : quand le silence politique nourrit le rejet de l’écologie

— Par Sabrina Solar —

L’été 2026 restera comme celui où le climat a cessé d’être une abstraction pour devenir une expérience physique, collective, douloureuse. Des milliers de décès en surnombre, des récoltes détruites, des forêts parties en fumée : les chiffres sont là, et pourtant la classe politique française semble avoir choisi l’esquive plutôt que la confrontation avec le réel. Ce silence, ou ces éléments de langage convenus, ne sont pas neutres. Ils laissent le champ libre à un récit alternatif, plus confortable, qui consiste à désigner l’écologie elle-même comme la source du problème plutôt que comme la réponse qu’on aurait dû lui apporter depuis longtemps.

Un aveu d’impuissance déguisé en prudence

Face à un été meurtrier, on aurait pu attendre des dirigeants qu’ils ouvrent un débat de fond sur les choix de société à opérer. Ce n’est pas ce qui s’est produit. Entre déclarations minimales et prises de position contradictoires au sein même des exécutifs, le sentiment qui domine est celui d’un pouvoir dépassé par les événements qu’il a pourtant vu venir. Ce vide n’est pas seulement une faute de communication : il agit comme un aveu implicite que rien de suffisant n’a été mis en œuvre, alors même que les outils existaient, qu’il s’agisse des travaux d’experts internationaux ou des propositions issues d’exercices de démocratie participative largement restés lettre morte.<p>  Lire Plus

Le Monde comme manifestation de l’homme dans l’univers.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le monde est, du plus intelligible des propos, la civilisation humaine ajoutée à l’univers. C’est la manifestation de la nature humaine dans la nature cosmique qui, pour l’homme, n’est avant tout, malgré nos quelques visites ou sondes dans l’interstellaire, autre que la petite part d’univers terrestre alloué à notre humanité et à toutes les espèces de la terre… Ainsi, le monde, c’est l’homme ajouté à l’univers par le regard, l’interprétation, l’action…

Toute la philosophie et la sagesse qu’elle sous-tend, quand le philosophe est conforme à sa vocation de penseur des profondeurs et de guetteur du sens, est une enquête herméneutique, une quête interprétative dont la méditation-réflexion aboutit à un ensemble d’idées comme cognition-interrogation dudit monde. Interrogation donc de la place de l’homme dans l’univers fait monde par l’intervention humaine, cette présence singulière avec ses construits, ses manifestations multiples perçues et analysées à travers le questionnement du sens de son origine et de son destin.

En vérité, sans la nature humaine atypique et insolite, sa conscience supérieure éprouvant le sens par cet entendement transcendant, cet attribut de pensée-action que l’homme exprime en tant qu’être, l’univers ne constitue qu’un vaste cadre, qu’une gigantesque lucarne sidérale avec sa substance cosmique sans contour, dont l’interstellaire immensité froide, annihilante, qui réduit l’homme somatique à sa chétiveté, sa banalité écrasante, serait sans essence mondaine.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 23 août

Jan Erik Olsson, tente de commettre un braquage qui donne son nom au syndrome de Stockholm le 23 août 1973

Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique observé chez des otages ayant vécu durant une période prolongée avec leurs geôliers et qui ont développé une sorte d’empathie, de contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, selon des mécanismes complexes d’identification et de survie.

Le terme « syndrome de Stockholm » a été créé par le psychiatre Nils Bejerot en 1973.
Le fait divers à l’origine
Le 23 août 1973, un évadé de prison, Jan Erik Olsson, tente de commettre un braquage dans l’agence de Kreditbanken du quartier de Norrmalmstorg à Stockholm, à une heure où la succursale vient d’ouvrir et n’a pas encore de clients. Lorsqu’il tire une rafale de mitraillette en l’air, des dizaines d’employés s’enfuient ou se jettent au sol. L’intervention des forces de l’ordre l’incite à se retrancher dans la banque où il relâche le personnel, ne prenant en otage que quatre personnes. Il demande aux négociateurs 3 millions de couronnes, des armes, un gilet pare-balles et un avion pour s’enfuir, et obtient la libération de son compagnon de cellule, Clark Olofsson, qui peut le rejoindre.<p>  Lire Plus

La lecture, une aventure de reconstruction du monde.

— Par Camille Loty Malebranche —

Lire est un acte intellectuellement fondateur et constructeur dont le lecteur avisé s’acquitte en se donnant les bons matériaux intellectifs de compréhension de l’étant à lire, se dépouillant donc de préjugement pour l’intellection de celui-ci, tout en ayant l’entendement distanciant dans sa moisson intelligente. Le lecteur avisé et accompli est élaborateur de voies à la signification, un herméneute constructeur en acte. C’est seulement après la lecture distanciée et en soi de ce qui est, que le lecteur authentique se fait herméneute avec sa propension idéelle et représentationnelle, sans d’ailleurs cacher qu’il fait de l’herméneutique…

Le lecteur souverain est celui qui appréhende les codes des étants qu’il observe pour en avoir la perception juste tout en mettant à contribution les écrits et documents disponibles. Naturellement, le lecteur accompli, sachant qu’il n’a pas créé le monde et que nul ne porte de science innée, se nourrit de toutes les pistes lecturielles que constituent les documents, révélations sur les principes et vérités pérennes de l’étant du fait ou de la situation qu’il lit par lui-même. Toutefois, le lecteur accompli se reconnaît par l’approche libre de la quiddité à découvrir tout en gardant néanmoins les bonnes clés de lecture établies et dont il use dans sa méthode propre pour comprendre son objet ou explorer son sujet selon la nature de ce qu’il lit.<p>  Lire Plus

Des îles sans eau

Quand l’eau manque : les Antilles face à une crise qui bouleverse le rapport au territoire

— Par Sabrina Solar —

Aux Antilles françaises, l’été ne se résume pas aux paysages de carte postale, aux rivières fraîches et aux plages baignées de soleil. En Guadeloupe comme en Martinique, l’eau, ressource que l’on croyait abondante dans ces territoires tropicaux, devient aujourd’hui un sujet de préoccupation quotidienne. Robinets à sec, tours d’eau, rivières contaminées, plages interdites à la baignade : derrière la crise climatique se dessine une fragilité beaucoup plus ancienne, celle d’infrastructures qui peinent à répondre aux besoins des populations.

En Guadeloupe, la situation est particulièrement révélatrice de ce paradoxe. L’archipel dispose d’un environnement qui donne traditionnellement l’image d’une terre généreuse en eau. Pourtant, le mois de juin a été le deuxième mois de juin le plus sec depuis 1991, selon Météo-France. Sur la Grande-Terre, le déficit pluviométrique a atteint jusqu’à 75 %. Cette sécheresse prolongée intervient alors que le réseau d’eau potable est déjà fortement fragilisé par les fuites.

La conséquence est très concrète pour les habitants : l’eau ne coule plus nécessairement lorsque l’on ouvre le robinet.<p>  Lire Plus

Éloge du bon minoritaire.

— Par Camille Loty Malebranche —

« Ne jetez pas vos perles aux pourceaux » « Spacieux est le chemin de la perdition et le grand nombre s’y engouffre », Jésus.

La peur d’être minoritaire hante l’individu, ne serait-ce que parce qu’en tant qu’élément social, il voudrait être aimé de tous, être en bons termes avec tous ses semblables. Pourtant, dans un monde où la multitude se fourvoie en foule malsaine, la condition minoritaire se profile comme marque caractéristique des guetteurs de qualité dans leur assumation de soi!

S’il existe des minorités répugnantes, telles celles des tueurs à gage ou en série, des prédateurs sexuels…, heureusement minoritaires pour le plus grand bien de l’humanité, les hommes dignes visant la vraie hauteur loin des délirants mégalomanes dominants plus ou moins médiocres et sans envergure qui règnent sur le monde, loin aussi de la foule aliénée servile qui suit les sentiers de l’ordre systémique mauvais qui les dénature, sont nécessairement un infime reste, une minorité restreinte qui garde la voie étriquée de la justice et de la vérité, la voie du sens contre les boulevards de l’insensé; la saine et bonne minorité qui chemine avec leur lanterne intrinsèque et extrinsèque contre l’absurde majoritaire.<p>  Lire Plus

Canicules : le télétravail peut-il encore se pratiquer à domicile ?

— Par Gerhard Krauss —

Face aux canicules, le télétravail à domicile peut devenir éprouvant dans les logements mal isolés et exposés à la chaleur. Les espaces de coworking, climatisés ou plus tempérés, deviennent alors un refuge.
Lorsque les logements deviennent des “bouilloires thermiques”, travailler chez soi n’offre plus nécessairement de refuge face aux canicules. Pour préserver la santé des salariés et la productivité des entreprises, les espaces de coworking pourraient devenir un maillon essentiel de l’adaptation au réchauffement climatique.
En bref
• Les canicules obligent les entreprises à repenser les lieux, les horaires et les conditions de travail, au-delà des mesures d’urgence comme les ventilateurs ou la fermeture des stores.
• Le télétravail à domicile atteint ses limites lorsque les logements, notamment les petits appartements urbains, deviennent trop chauds pour travailler dans de bonnes conditions.
• Selon une étude de l’OCDE, dix jours durant lesquels la température dépasse 35 °C réduiraient la productivité des entreprises d’environ 0,3 %.
• Les espaces de coworking pourraient constituer des refuges climatiques de proximité, mais leur adaptation à la chaleur, leur répartition géographique et leur acceptation par les employeurs restent insuffisantes.<p>  Lire Plus

Génération Z antillaise : le grand exil

Pourquoi l’exode des jeunes antillais va encore s’accélérer massivement au cours de la prochaine décennie ?

— Par Jean-Marie Nol —

Les perspectives d’exode ou d’expatriation qui semblent connaître une accélération chez une grande partie des jeunes antillais s’expliquent par un cumul de pressions économiques, sociales , sociétale et structurelles qui alourdissent le coût de la vie , diminuent la qualité de vie et bloquent l’ascenseur social. Bien que parler de « condamnation à l’exil des jeunes » relève d’une formule alarmiste, les données d’instituts comme l’INSEE  confirment une hausse de l’attrait pour l’hexagone et l’étranger chez les étudiants et jeunes actifs face aux crises budgétaires des collectivités locales et au sentiment de déclin économique. La génération Z antillaise semble désormais sur la corde raide face à la décennie du doute : entre exil , révolution technologique et invention d’un nouveau modèle de société.

Un paradoxe frappe aujourd’hui la Guadeloupe et la Martinique avec une intensité particulière : les jeunes quittent massivement les Antilles, mais le chômage sur place demeure à un niveau très élevé. Cette contradiction révèle une réalité beaucoup plus profonde qu’une simple inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi.<p>  Lire Plus

Les cinq champs anthropologiques du sens…

— Par Camille Loty Malebranche —

Si la logique et la morale constituent les matrices du sens, par excellence, les deux grands espaces modaux du sens, elles se diluent dans plusieurs autres champs anthropologiques, domaines englobant les situations de la condition espécielle ici-bas.

En observant la prestance spatiotemporelle de l’espèce humaine, son expression historique et géographique, force est de remarquer que l’histoire de l’homme comme être et comme individu socialisé nous révèle un caractère axiophore pérenne où l’homme est toujours porteur de valeurs qui se manifestent dans le penser et l’agir à travers le jugement. Valeurs qui forment une sorte de configuration épexégétique de la condition spirituelle et temporelle de l’homme. Valeurs qui trempent toutes dans une forme ou une autre de la logique car même la supralogique de la métaphysique procédant par l’argumentation ontologique évoque et contemple une logique supérieure dont les codes sont mystérieux.

Nous dénombrons au moins cinq principaux domaines du sens constituant cinq champs de valeurs, les uns logiques, les autres supralogiques, présidant sinon à toutes, en tout cas à la plupart de nos démarches existentielles d’espèce, ce sont :

A) la métaphysique domaine de l’ontologie humaine et des implications naturelles de l’homme avec le sens de son existence;<p>  Lire Plus

Quel changement climatique à travers le monde ?

— Par Florent Grabin, président de l’Association écologique P.U.M.A. —

Le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’évolution du Climat) est l’organe des Nations Unies chargé d’évaluer la science liée au changement climatique. Ses prévisions annoncent une poursuite du réchauffement climatique, une hausse de la fréquence des phénomènes extrêmes et une élévation du niveau des mers dans le monde. Selon eux, le seuil de +1,5 °C de réchauffement mondial sera atteint dès le début des années 2030, entraînant des impacts graves et irréversibles pour la planète.

Le Gouvernement nous informe que les feux qui ravagent actuellement l’Europe ont pour origine les effets du changement climatique et admet qu’il y a eu un manque d’anticipation et de préparation de la population.

Nous pouvons observer que l’aggravation de la canicule a généré, en juillet 2026, plus de 5 000 morts, des feux de forêt hors norme, plus de 42 000 hectares brûlés en Gironde, 220 000 personnes évacuées, des maisons détruites par les flammes, des vies brisées en peu de temps !!! La France n’est pas la seule à subir ! De nombreux pays en Europe sont touchés par cette catastrophe de même que le Canada et les États-Unis !!!<p>  Lire Plus

Quand «la maison brûle»…

— RS n° 460 lundi 17 août 2026 —

À Génipa, sur le littoral de la commune de Ducos, sept hectares de mangrove sont partis en fumée.

Déjà, l’Assaupamar s’interroge légitimement sur l’origine des foyers surgis nuitamment, mais chacun a pu noter que le réchauffement climatique en pleine saison des pluies, a sous-hydraté les palétuviers constitutifs de notre forêt la plus humide, la mettant ainsi à la merci des étincelles de toute origine.

En France, en Espagne, en Grèce, aux Pays-Bas, dans l’État de Washington, au Canada…, le phénomène atteint des proportions plus inquiétantes avec des causes profondes identiques. Les derniers fanatiques et endoctrinés de la planète jouent aux climatosceptiques, nient l’évidence, mais les prévisions majoritaires des scientifiques du monde se réalisent sous nos yeux, en pire. Les records de températures, de sécheresses, d’incendies, sont régulièrement battus.

Et le phénomène se poursuivra mécaniquement. Les mesures à prendre aujourd’hui ne pourront dans le meilleur des cas, inverser la tendance avant des décennies. L’urgence est de s’organiser pour la prévention des conséquences et de s’adapter à l’irréversible. Reconstruire le bâti brûlé, replanter judicieusement les forêts ravagées, assurer l’entretien adéquat, recruter et former des équipes de pompiers et de secouristes, acquérir et localiser le matériel en quantité suffisante pour attaquer rapidement les feux, adapter l’agriculture et l’habitat.<p>  Lire Plus

Studio 54 : la nuit, la liberté et les excès

« Studio 54. Un lieu de liberté et d’excès », documentaire de Matt Tyrnauer (France–États-Unis, 2018, 93 min). Disponible à la demande sur Arte.tv jusqu’au 14 avril 2027.

— Par Sabrina Solar —

Il existe des lieux qui finissent par dépasser leur propre histoire. Le Studio 54 appartient à cette catégorie. Plus qu’une discothèque new-yorkaise, il est devenu, en quelques mois seulement, le symbole d’une époque, d’une génération et d’une certaine conception de la liberté. Entre 1977 et 1980, dans un New York encore marqué par la crise économique, les tensions sociales et les bouleversements culturels des années 1960 et 1970, cette ancienne salle de spectacle située sur Broadway devient l’un des endroits les plus célèbres du monde.

À l’origine de cette aventure, deux jeunes hommes originaires de Brooklyn, Steve Rubell et Ian Schrager, qui se sont rencontrés à l’université. Tout les oppose en apparence. Rubell est extraverti, chaleureux, spectaculaire et passionné par les relations humaines. Schrager est plus discret, méthodique et davantage attiré par l’organisation et la conception du projet. Leur amitié et leur complémentarité vont pourtant donner naissance à l’un des phénomènes culturels les plus étonnants de la fin du XXe siècle.<p>  Lire Plus

Sécheresse : et si la première réserve d’eau des agriculteurs était le sol ?

— Collectif —

Face à des sécheresses plus fréquentes, augmenter l’irrigation ne pourra pas être l’unique réponse. Couverts végétaux, rotations, réduction du labour ou agroforesterie peuvent améliorer l’infiltration et le stockage de l’eau dans les sols, tout en réduisant les besoins des cultures.

En bref

  • L’irrigation représente 7 à 12 % des prélèvements d’eau en France, mais environ 60 % de la consommation, car l’eau utilisée n’est pas immédiatement restituée aux milieux naturels.
  • Les couverts végétaux, les rotations diversifiées et la réduction du travail du sol favorisent l’infiltration de l’eau et limitent le ruissellement.
  • Dans le bassin Adour-Garonne, le programme BAG’AGES a constaté une hausse de 10 à 15 % du réservoir d’eau utile dans l’horizon superficiel de certains sols cultivés selon ces principes.
  • L’“irrigation multiservice” consiste à utiliser ponctuellement l’eau pour installer des arbres ou des couverts végétaux capables de renforcer durablement la fertilité, la biodiversité et la rétention d’eau des sols.

Sommaire

  • De moins en moins d’eau disponible et des besoins en hausse
  • Sélectionner des espèces adaptées
  • La capacité des sols à infiltrer et stocker l’eau
  • L’agroécologie pour un meilleur stockage de l’eau dans le sol
  • Des pratiques qui se complètent
  • Repenser le rôle de l’irrigation
  • Vers un nouveau modèle de gestion de l’eau ?
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Les Antilles, tête de pont européenne

Les termes du débat actuel entre l’intégration à l’Europe versus l’intégration à la Caraïbe.

— Par Jean-Marie Nol —

L’une des plus grandes contradictions du débat institutionnel aux Antilles françaises réside dans le décalage qui existe entre les discours politiques et surtout idéologiques et la réalité des pratiques quotidiennes, ainsi que la nouvelle vision prospective financière et économique qui se dégagerait au cours de la prochaine décennie . Et force est de souligner qu’en l’espèce le débat actuel devrait s’affranchir de toutes considérations de nature géographique et surtout de doctrine idéologique identitaire qui parasite la réflexion sur ce sujet . Depuis plusieurs décennies, une partie du débat public présente la Caraïbe comme l’horizon naturel de la Guadeloupe et de la Martinique, au nom de la géographie, de l’histoire et des affinités culturelles. Pourtant, l’observation des comportements sociétaux , économiques et sociaux des populations antillaises conduit à une conclusion radicalement différente.
En réalité, l’immense majorité des centres d’intérêt des Guadeloupéens et des Martiniquais se situe aujourd’hui en Europe. Les flux de population en apportent la démonstration la plus évidente. Chaque année, des dizaines de milliers d’Antillais traversent l’Atlantique pour rejoindre l’Hexagone ou d’autres pays européens pour des raisons familiales, professionnelles, universitaires, administratives, médicales ou touristiques.<p>  Lire Plus

La justice contre le confort du conformisme systémique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens et scribes, vous ne verrez pas le royaume de Dieu. Jésus (in évangile selon Matthieu)

Dans l’exergue susmentionné, Jésus rejette le conformisme social nécessairement sale parce qu’hypocrite. Après les fameuses Béatitudes, somme synthétisant les éléments de la méliorativité comportementale, expression parfaite du bien spirituel avec les mises en garde contre les déviances contraires à la vie de l’esprit, le Verbe de Dieu fait homme, Sauveur qui insiste sur ses deux dimensions en s’appelant lui-même Fils de Dieu et Fils de l’homme, nous dit la vérité intérieure et transcendante de la justice. La justice est avant tout une posture mentale, un ancrage dans sa vérité spirituelle par l’homme imago Dei, conscient plénier de sa nature. L’homme juste est un contemplatif de l’infini divin dans le cosmique mais aussi en lui-même. C’est un transfiguré par l’imprégnation de son être par l’Ineffable divin prenant possession de lui, et qui introjecte et manifeste autant que possible dans la chair, la perfection divine, appétence qui féconde sa perfectibilité, affûte sa quête perpétuelle d’amélioration de soi.<p>  Lire Plus