Catégorie : Sciences Sociales

L’égalité ne peut être partielle

— Par Jean Samblé —

Pendant plus d’un demi-siècle, une inégalité majeure est restée inscrite dans le droit français : les habitants des outre-mer ont été exclus des garanties de la Charte sociale européenne, pourtant appliquée en Hexagone. Derrière ce décalage juridique se jouait une réalité plus profonde, celle d’une citoyenneté sociale incomplète pour plusieurs millions de Français.

Depuis le 1er mai 2026, cette inégalité a été corrigée : la France a étendu la Charte aux territoires d’outre-mer, concernant près de 2,5 millions de personnes. Certaines collectivités devront toutefois encore se prononcer localement en raison de leurs compétences spécifiques.

Cette avancée est saluée comme une « victoire historique » par des acteurs associatifs, même si elle a nécessité des années de mobilisation. Une réclamation liée notamment au scandale du chlordécone, rejetée pour irrecevabilité, a contribué à révéler cette « anomalie démocratique » et à accélérer la décision politique.

Historiquement, cette exclusion remonte à la rédaction du texte en 1961, limité aux territoires métropolitains, une disposition parfois qualifiée de « clause coloniale ». Son maintien s’explique en partie par un manque d’attention, mais aussi par les implications financières importantes qu’implique la mise à niveau des conditions de vie dans ces territoires.

  Lire Plus

Réalité et Vérité, de la gestalt à la substance.

— Par Camille Loty Malebranche —

La réalité suppose l’idée d’un contour découpant l’espace par sa forme ou la présence d’une situation ostensible ponctuant le temps et l’espace; la réalité constitue la factualité du monde et des choses, cette dimension qui établit le statut de fait de quelque être ou chose, dimension où les êtres sont objectivement vérifiables. Le mot réalité est en fait la désignation de la factualité. Elle est un construit à partir de la perception, et dans le domaine social, la réalité est tout entière un produit de l’idéologie, en tant qu’elle tient de l’artificiel et n’existe que par l’homme.

La vérité, elle, se passe du regard de l’homme et existe en soi. Elle fait sentir la nature imperceptible inscrite dans la nature visible des êtres et du monde. Seul l’esprit sachant se libérer des formes et des bornes du concret avec les illusions sensibles, peut voguer sur l’océan insensible et inconnu de l’abstrait si grouillant de vie qu’est la vérité, y plonger afin de mieux pêcher les essences cachées dont recèlent ses eaux profondes, prolifiques, vivantes…

Au prime abord de la sémantique courante, réalité et vérité sont des termes interchangeables parce que référant à ce qui existe, se passe, dont l’événementialité est constatable, la factualité vérifiable.

  Lire Plus

Départementalisation et émancipation

De la contradiction jaillit la lumière sur le débat de l’évolution statutaire de la Guadeloupe et Martinique.

— Par Jean-Marie Nol —

Il est des débats dont la vigueur éclaire davantage qu’elle ne divise, et l’histoire politique et sociale de la Guadeloupe et de la Martinique en offre une illustration particulièrement féconde lorsqu’on s’attache à comprendre le rôle de Aimé Césaire et des communistes dans la mise en œuvre de la départementalisation. Loin des caricatures rétrospectives qui tendent à juger ce moment fondateur à l’aune des impasses économiques contemporaines, il convient de replacer leur démarche dans le cadre intellectuel et historique qui l’a vu naître, celui d’un monde encore profondément marqué par les séquelles de l’ordre colonial et par l’urgence sociale qui en découlait. À cet égard, la célèbre intuition de Nicolas Boileau selon laquelle c’est au choc des idées que jaillit la lumière prend ici tout son sens : c’est précisément de la confrontation entre visions divergentes — assimilation, autonomie, indépendance — qu’émerge une lecture plus fine des choix opérés à l’époque.

Lorsque Césaire et les communistes portent la loi de départementalisation de 1946, leur priorité n’est pas de redessiner immédiatement les mécanismes économiques hérités du système colonial, mais de répondre à une urgence autrement plus tangible : la misère noire sociale, l’inégalité des droits et l’absence de protection pour les populations locales.

  Lire Plus

Salaires : la fracture

En 2025, la rémunération des PDG dans le monde a augmenté 20 fois plus que celle des travailleurs

À l’heure où les économies mondiales affichent des performances contrastées, une tendance lourde se confirme avec une netteté croissante : l’écart entre les dirigeants des grandes entreprises et les travailleurs ne cesse de se creuser. Les données publiées conjointement par Oxfam et la Confédération syndicale internationale à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs dressent un constat sans ambiguïté : la dynamique actuelle de répartition des richesses favorise de manière disproportionnée les sommets de la hiérarchie économique.

En 2025, les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales ont vu leur rémunération progresser de 11 % en termes réels, tandis que celle des salariés n’a augmenté que de 0,5 %. Ce déséquilibre, déjà significatif à court terme, devient encore plus frappant lorsqu’on l’observe sur plusieurs années : depuis 2019, les revenus des dirigeants ont fortement augmenté, alors que ceux des travailleurs ont reculé en valeur réelle. Autrement dit, la création de richesse ne bénéficie plus de manière proportionnée à celles et ceux qui y contribuent quotidiennement.

  Lire Plus

Comprendre le « sodaliciocratisme » de Robert Lodimus

Le sodaliciocratisme est un terme idéologique, principalement associé à des écrits littéraires et politiques traitant du contexte haïtien, qui prône une forme de gestion de l’État fondée sur des principes progressistes, révolutionnaires et participatifs.

Ce terme semble spécifique à des contextes de critique politique et de théorie sociale (comme dans l’œuvre de Robert Lodimus) et ne doit pas être confondu avec le « Sodalitium Christianae Vitae », une organisation religieuse péruvienne dissoute par le Vatican 

Idéologie et Objectifs : 

Il est défini comme une idéologie visant la transformation de l’État en un moteur de changement sociétal, garantissant la sécurité publique et l’émancipation économique sur une base d’universalité.

Projet de Société : 

Il aspire à répondre aux aspirations de bonheur et de bien-être des individus, en cherchant à contrer les inégalités et l’iniquité qui minent les sociétés, notamment celles de la périphérie.

« Sodaliciocratie prolétarienne » : 

Dans le contexte de la réflexion sur la République d’Haïti, il est fait référence à une « sodaliciocratie prolétarienne » (et non impériale), visant à surmonter la corruption socioéconomique et les ambitions politiques qui ont, selon ce point de vue, affaibli les fondations républicaines.

  Lire Plus

Pour saluer la mémoire de Michèle Voltaire Marcelin, poétesse, peintre, romancière et comédienne

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

L’annonce du décès de Michèle Voltaire Marcelin, poétesse, peintre, romancière et comédienne, a fait l’effet d’un tsunami : la sachant malade, ses amis, ses parents, ses proches s’y attendaient, tous habités par l’effroi, le cœur transi de chagrin… Mais lorsque la Grande Faucheuse frappe à la porte, nous voici mutiques, la parole en berne, nous voici claudiquant sur l’archipel des gestes désormais orphelins…

Michèle Voltaire Marcelin est décédée le 29 avril 2026 à New York où elle vivait depuis de nombreuses années. Je cherche encore mes mots, j’en trouve quelques-uns, fébriles et bègues, pour adresser mes condoléances émues à sa famille, à ses frères Frantz et Leslie, à son fils Leo Coltrane Marcelin et à son conjoint Jocelyn McCalla.

L’ŒUVRE DE MICHÈLE VOLTAIRE MARCELIN

L’œuvre littéraire de Michèle Voltaire Marcelin compte plusieurs titres, notamment « La Désenchantée » (roman, Éditions du Cidihca, 2005), « Lost and Found » (poésie, Éditions du Cidihca, 2009), « Amours et bagatelles » (Éditions du Cidihca, 2009), « Clair/Obscur | Depth/Glow » (Éditions du Cidihca, 2026). « Amours et bagatelles » a été traduit en espagnol aux éditions Alba à Cuba, en 2016, sous le titre « Amores y cosas sin importancia ».

  Lire Plus

Ce qui change au 1er mai 2026

Le mois de mai 2026 marque une série de changements concrets qui touchent à la fois le budget des ménages, la vie étudiante et certaines démarches administratives. Voici une synthèse de ce qui évolue à partir du 1er mai.

Une hausse sensible du prix du gaz

Dès le 1er mai 2026, le prix repère de vente du gaz, publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), augmente nettement. La hausse moyenne est estimée à 15,4 %, soit environ 6,19 euros supplémentaires par mois pour un foyer type.

Cette augmentation concerne uniquement les consommateurs ayant souscrit une offre indexée sur ce tarif de référence. Ceux disposant d’un contrat à prix fixe ne sont pas directement impactés. Cette évolution s’explique notamment par la hausse des coûts d’approvisionnement sur les marchés internationaux, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient.

Le repas à 1 euro généralisé à tous les étudiants

À partir du 4 mai 2026, une mesure très attendue entre en vigueur : le repas à 1 euro dans les restaurants universitaires est étendu à tous les étudiants, sans condition de ressources.

  Lire Plus

Parutions : nouveautés d’avril 2026 – Histoire,Littérature & Sciences Humaines

🔗 Esclavage et colonisation

Infortunes de mulâtres

Quatre récits du XIXe siècle
Présenté par Barbara T. Cooper, en collaboration avec Roger Little

Ce volume regroupe quatre œuvres du XIXe siècle mettant en scène des personnages qualifiés de « mulâtres », terme racialiste et dépréciateur courant à l’époque. Si chaque auteur – Édouard Corbière, « S. », Victor Charlier et Pauline Drouard – porte un éclairage particulier sur la condition des métis dans les colonies et sur la complexité des enjeux identitaires, sociaux et juridiques da[…]

  • EAN : 9782336604831
  • Parution : 26/03/2026
  • Format : 135 x 215 mm
  • Collection : Autrement Mêmes
  • Pages : 156
  • Prix : 17.00 €

Fragments de cultures

De la déculturation à la résilience dans les littératures insulaires
Christine Lara

Pourquoi et comment les sociétés insulaires du Pacifique et des Antilles ont-elles vu leur culture bouleversée ? Ce livre plonge au cœur des littératures insulaires pour décrypter les mécanismes de la déculturation et de l’acculturation, du choc colonial à la résilience contemporaine.
À travers l’analyse d’œuvres majeures, l’autrice met en lumière la perte, la résistance et la renaissance des […]

  Lire Plus

Évolution des institutions de la Guadeloupe et Martinique : que penser et surtout que faire ?

— Par Jean-Marie Nol —

En l’état actuel du débat entre partisans du maintien du droit commun et chantres du changement statutaire : alors aujourd’hui que penser de l’état des lieux et surtout que faire à l’avenir ?

À l’heure où ressurgissent avec insistance les débats sur une éventuelle évolution statutaire de la Guadeloupe et de la Martinique, il est frappant de constater que ces interrogations se construisent souvent sur un diagnostic incomplet, voire biaisé, du modèle issu de la départementalisation. Car avant de proclamer l’essoufflement d’un cadre institutionnel, encore faut-il en mesurer rigoureusement les effets sur le temps long. Or l’état des lieux du modèle économique hérité de 1946 impose une évidence trop souvent reléguée au second plan : la départementalisation constitue, au regard de la situation initiale, un levier de transformation historique dont les résultats relèvent moins de l’échec que d’un rattrapage spectaculaire, certes inachevé, mais profondément structurant, et qui révèle l’aboutissement positif de la mission des anciennes générations.

Il faut d’abord rappeler d’où partaient ces territoires. Au sortir de la période coloniale, la Guadeloupe, comme la Martinique, se trouvait dans une situation de sous-développement extrême, marquée par une misère sanitaire, éducative et sociale d’une intensité aujourd’hui difficile à imaginer.

  Lire Plus

L’intimité mentale, ce terreau inviolable de la conscience humaine.

— Par Camille Loty Malebranche —

Si l’intimité corporelle est violable et souvent prise d’assaut par des manants à l’heure où les mufles de certains gouvernements eux-mêmes, encouragent l’irrespect de leurs gouvernés, il est heureusement un lieu qui demeure le tabernacle inaccessible de la suprématie humaine car caché au plus profond de lui, c’est son intimité mentale en tant qu’elle est l’espace de la formation et de l’évolution de la vision du monde de chaque individu selon ses propres engrammes déterminant sa sensibilité pensante et agissante et son cheminement dans la pensée et l’action.

C’est donc le terreau discret et secret du rapport à soi et au monde dont on ne peut constater une bonne part des contours qu’après leur manifestation comportementale

L’intimité mentale est donc le coryphée qui gouverne l’homme puisqu’elle détermine tous les aspects fondamentaux de la conscience dont elle est le creuset par les sensibilités souvent changeantes à tout le moins évolutives, parfois spontanées en idéation, sous-tendant les motivations de l’agir. L’autre, le plus proche d’un homme peut la partager, la pressentir en partie par la proximité, mais onques nul ne peut la sonder, c’est pourquoi même des proches parents et des époux se trompent parfois crûment sur leurs bien-aimés.

  Lire Plus

Un 1er mai d’alerte mondiale contre le fascisme, pour l’émancipation !

— RS n° 444 lundi 27 avril 2026 —

La bourgeoisie, ses politicienNEs et ses journalistes de service ne chôment pas. La fureur qui les anime contre le 1er mai, qu’ils veulent banaliser, folkloriser, voire abolir, est sans répit. Rarement, l’humanité a eu un tel besoin des valeurs qui ont fait naître et vivre la journée internationale de lutte des travailleurs/ses, malgré les coups, les répressions, les manœuvres mystificatrices, le sang innocent versé. Les cinq pendus à Chicago en 1886, les neuf tués de Fourmies (nord de la France) en 1891, la terrible répression à Paris en 1906, les trente-trois communistes abattus à Berlin lors du « Blutmai » en 1929, les mobilisations du 1er mai 1945 en Algérie qui augurent l’immonde bain de sang colonial de Sétif, pour ne prendre que quelques exemples des 1er mai réprimés, nous imposent de confronter les idéaux des martyrs d’hier avec les dures réalités d’aujourd’hui. Un mouvement prolétarien en expansion réclamait sa part dans les richesses qu’il créait, comme un acompte en attendant l’avènement des jours heureux.

Aujourd’hui, sous les bombardements en Iran, au Liban, à Gaza, en Ukraine, au milieu des cris des suppliciéEs du Soudan, du Congo, nous avons le cœur meurtri par le spectacle horrible des gangs semant la désolation en Haïti où des parents vendent leurs enfants pour éviter qu’ils ne meurent de faim, et où le seul aéroport international est contrôlé par…les USA.

  Lire Plus

Autonomie de l’article 74 : vers une impossibilité matérielle ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où la question de l’évolution statutaire de la Guadeloupe et de la Martinique revient avec insistance dans le débat public, une réalité s’impose avec une acuité croissante : le contexte économique mondial, national , et local rend aujourd’hui toute transformation institutionnelle non seulement incertaine, mais potentiellement dangereuse.

Les problèmes économiques ne sont pas derrière nous, ils sont devant nous. Et force est de constater que  l’évolution à risque de la situation économique ne permet aucunement d’envisager un changement statutaire .

Loin d’être un simple débat juridique ou idéologique et politique, la question statutaire se heurte à un mur bien plus déterminant, celui de la confiance et de la solidité économique, deux piliers aujourd’hui profondément fragilisés.

Car dans toute société moderne, la confiance constitue un capital invisible mais essentiel. Elle conditionne à la fois l’adhésion démocratique et le bon fonctionnement de l’économie. Or, aux Antilles françaises, cette confiance est en train de se fissurer dangereusement. Défiance envers les responsables politiques, scepticisme face aux institutions, doute sur la capacité collective à piloter un changement de cap : tous les signaux convergent vers une crise profonde du lien entre gouvernants et gouvernés.

  Lire Plus

« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie IV

Quatrième partie, IL FAUT SAUVER CARTHAGE, Robert Lodimus

« La plus grande de toutes les injustices, parce qu’elle les comprend toutes, c’est l’esclavage. L’esclavage est l’asservissement de toutes les facultés d’un homme au profit d’un autre. L’esclave ne développe son intelligence que dans l’intérêt du maître. Ce n’est pas pour l’éclairer, c’est pour le rendre plus utile qu’on lui permet quelques exercices de la pensée. L’esclave n’a pas la liberté de ses mouvements ; on l’attache à la terre, on le vend avec elle ou on l’enchaîne à la personne du maître. L’esclave n’a pas d’affection, il n’a pas de famille, il n’a point de femme, il n’a point d’enfant : il a une femelle et des petits. Son activité ne lui appartient pas, car le produit de son travail est à un autre. Mais pour que rien ne manque à l’esclavage, il faut aller plus loin, il faut abolir dans l’esclave le sentiment inné de la liberté ; il faut éteindre en lui toute idée de droit ; car tant que cette idée subsiste, l’esclavage est mal assuré, et à un pouvoir illégitime et odieux peut tout d’un coup répondre le droit terrible de l’insurrection, cette raison dernière des opprimés contre les abus de la force. 

  Lire Plus

Service public, délégation de service public, entreprise privée

— Par Max Dorléans (GRS) —

Ces jours derniers, avec des mouvements sociaux qui ont affecté des pans considérables de la population la plus en difficulté, la question de la délégation du service public dans de multiples activités (transport, eau…), est revenue sur le tapis. De la part de certain/es disant tout le bien qu’ils/elles en pensaient, et d’autres au contraire, la contestant et déclarant qu’il fallait laisser en règle générale, la main au secteur privé considéré plus performant.

Et c’est sur cette question que le 13 avril dernier, Daniel Ajoup interviewé sur RCI par P.Diser, a fait le panégyrique de la délégation de service public (DSP) dans le transport terrestre de passagers, un secteur d’activité qu’il connaît bien en qualité d’ex-directeur marketing…à Sud Transport opérant dans la circonscription du Sud.

Non aux illusions !

Pourtant, à regarder de près les choses, le moins qu’on puisse dire, c’est que tout ce qui a été mis en place dans le transport (terrestre ou maritime) depuis des années par la CTM (ou autre collectivité) pour satisfaire le besoin de mobilité de la population, n’a pas apporté la satisfaction attendue par la population.

  Lire Plus

Temps et chronométrie: la ruse du cyclique dans la linéarité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le temps cyclique est de caractère festif ou à tout le moins remémoratif en tant qu’il fait se répéter mémoriellement les faits par l’artifice de la date ou période pérenne, immuable pour les cérémonies commémoratives. Il tient son origine dans la cyclicité des phénomènes naturels tels le cycle du jour et de la nuit, le cycle des saisons… Le temps linéaire – temps d’évolution, d’âge vers l’imparable eschaton – marque, quant à lui, la croissance de l’homme et apporte la maturité qui fait de l’enfant un adulte. C’est le temps qui permet d’orchestrer le pouvoir d’orientation par chaque conscience humaine dans la durée, le temps qui héberge la perception et la projection organisée de la ligne finie de la temporalité; le temps effectif et vécu où l’homme choisit l’action à mener ou la réaction à adopter. C’est là, la dualité du rapport immédiat de l’homme au temps.

La chronométrie se divise dans la réalité factuelle de l’homme comme relevant soit du macro soit du micro.

Macrochronométrie

La macrochronométrie est institutionnelle ou humaine. Institutionnelle, elle est stative quand elle sert à séparer par importance événementielle les périodes de l’histoire, elle porte également sur les projections en prospective, la futurologie scientifique pour les besoins d’administration à moyen et long termes des structures institutionnelles.

  Lire Plus

Antilles : le paradoxe d’un modèle décrié

Les acquis positifs du droit commun de la départementalisation sont à prendre beaucoup plus en considération dans le cadre du débat institutionnel actuel .

— Par Jean-Marie Nol —

En Guadeloupe comme en Martinique, le débat sur l’avenir institutionnel et statutaire s’intensifie à mesure que s’accumulent les crises économiques, sociales et politiques, donnant du grain à moudre aux partisans d’une autonomie accrue qui décrivent volontiers le modèle départemental comme épuisé, inefficace et générateur de dépendance. Et dans ce concert de critiques du modèle départemental, que pouvons nous penser des propos schizophréniques de Christianne Tobira, ancienne ministre de la justice, tenus dans le journal France Guyane à l’occasion des 80 ans de la départementalisation, et je cite à dessein madame Taubira « Le département c’est une absurdité, un artifice »

Pourtant, à rebours de ce récit dominant chez les partisans de l’autonomie et de l’indépendance, une observation rigoureuse des dynamiques sociales et économiques à l’œuvre révèle une réalité bien plus nuancée, voire paradoxale : loin d’avoir produit un effondrement, la départementalisation a permis l’élévation rapide du niveau de vie et l’émergence progressive d’une classe moyenne solide, structurée et résiliente, dont l’existence même constitue aujourd’hui l’un des héritages les plus tangibles et les plus sous-estimés de ce cadre institutionnel.

  Lire Plus

Comment vous faire aider en cas de difficultés à remplir votre déclaration de revenus ?

Vous allez bientôt remplir votre déclaration des revenus de 2025. Où indiquer les dépenses liées à vos frais kilométriques professionnels, celles liées aux frais de garde à domicile ou encore les revenus d’une location ? Des solutions gratuites existent pour vous aider. On vous informe.

Contacter le service des impôts

Par téléphone

Vous pouvez contacter votre service des impôts des particuliers dont le numéro est indiqué sur votre avis d’imposition.

Vous pouvez aussi appeler le numéro non surtaxé 0 809 401 401 disponible du lundi au vendredi entre 8 h 30 et 19 h (service gratuit + coût de l’appel).

La plateforme ACCEO est disponible pour les personnes sourdes et malentendantes.

Par messagerie sécurisée

Vous pouvez passer par la messagerie sécurisée en vous connectant à votre espace Finances publiques du site impots.gouv.fr, en cliquant sur « Messagerie sécurisée » qui se trouve en haut à droite de la page. Vous pourrez poser votre question à un agent de l’administration fiscale.

Pour trouver le service compétent, rendez-vous sur le site ou l’application mobile des impôts, rubrique Contact et prise de RDV.

  Lire Plus

Les élections municipales de 2026 en Martinique : analyses et bilans

Quels sont les faits marquants de ces élections municipales et communautaires de mars 2026 en Martinique?

Quels sont les résultats détaillés pour chacune des 34 communes de l’lie ? Quelle est la composition des conseils municipaux et des conseils commanditaires à la suite de ces dernières élections?

Combien de nouveaux maires?

La parité, quelles réalités?

Quel est l’âge moyen des maires de Martinique?

Quelle est l’évolution de la participation aux élections municipales depuis 1971 ?

Quel est le régime indemnitaire des élus municipaux et communautaires en 2026

Vous trouverez la réponse il toutes ces questions dans ce memento sous forme de visualisations graphiques et de tableaux.

Ce mémento s’adresse aux citoyens, aux élus, à leurs collaborateurs, aux militants, et à tous les observateurs de la vie politique de Martinique.

Jonathan Théodose et Olivier Ernest Jean-Marie sont les créateurs de Politic Data, la plateforme de visualisation de dionées électorales compilant les résultats des 69 000 bureaux de vote de France depuis 2007.

Jonathan Théodose est ingénieur, en informatique décisionnelle et data designer

Olivier Jean-Marie est data collector et expert électoral

  Lire Plus

Promenades en forêt : vous êtes obligé de tenir votre chien en laisse jusqu’au 30 juin

Comme chaque année, les propriétaires de chiens ont pour obligation de ne pas détacher leurs animaux en dehors des allées forestières, à partir du 15 avril. L’objectif est de préserver la faune sauvage durant une période marquée par le début de la mise-bas des mammifères et la nidification des oiseaux.

Pendant toute l’année, vous devez garder vos chiens sous surveillance lors de vos balades en forêt ; ils ne doivent pas se trouver à plus de 100 mètres de vous. Entre le 15 avril et le 30 juin, la réglementation est plus stricte : vous devez tenir vos chiens en laisse lorsque vous vous trouvez en dehors d’une allée forestière. Sont notamment considérés comme des allées forestières :

  • les routes ;

  • les chemins ;

  • les sentiers forestiers (sentiers de grande randonnée ou GR, chemins de promenade…).

Cette règle vise à :

  • éviter que vos chiens n’attaquent des oiseaux ou d’autres espèces d’animaux ;

  • favoriser le repeuplement de cette faune sauvage.

À noter

  Lire Plus

Invisibiliser la corruption

Lettre ouverte à Elmano Endara Joseph

À Montréal, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) avalisent la corruption endémique qui sévit, en Haïti, au Fonds national de l’éducation

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Strabisme. « Lors de strabisme, les yeux ne sont plus coordonnés pour regarder ensemble le même objet. Ce trouble de la vue se caractérise par la déviation d’un œil par rapport à l’autre : un œil fixe l’objet à regarder et l’autre regarde ailleurs » (site des Hôpitaux universitaires de Genève, n.d.).

Paru dans Le National du 21 avril 2026 à la rubrique « Société », l’article d’Elmano Endara Joseph, « Éducation : Le FNE plaide pour une implication structurée de la diaspora haïtienne », a choqué nombre de lecteurs, d’enseignants et de directeurs d’écoles. Plusieurs d’entre eux nous ont fait part de leur indignation tout en précisant que les lecteurs du National ont droit à une information de qualité, rigoureuse et documentée…

En toute objectivité, une question s’impose : en publiant à la rubrique « Société » et non pas « Tribune » l’article d’Elmano Endara Joseph, Le National serait-il devenu —à son insu sans doute–, le porte-voix du Fonds national de l’éducation pourtant visé, en Haïti, par une enquête de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) au motif allégué dès le 4 juin 2025 de corruption systémique et de détournement de fonds publics ?

  Lire Plus

Antilles : la spirale du ralentissement

Économie : pourquoi et comment les choses vont fortement se compliquer aux Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’horizon économique de la Guadeloupe et de la Martinique devrait s’assombrit dangereusement, et les signaux faibles de marasme observés en 2025 pourraient bien annoncer une dégradation de l’activité économique plus profonde encore en 2026. Derrière les chiffres déjà préoccupants dressés par l’IEDOM et l’INSEE pour l’année 2025 , se profile une mécanique économique redoutable, où les facteurs internationaux viennent percuter de plein fouet des économies insulaires structurellement fragiles. L’éclatement du conflit au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran, agit comme un catalyseur brutal d’une crise déjà latente, transformant un ralentissement en risque d’enlisement durable.
Au cœur de cette spirale, le choc pétrolier constitue le premier maillon d’une chaîne inflationniste qui menace de s’emballer. Dans des territoires où la dépendance aux importations est quasi totale, la hausse du prix de l’énergie ne se limite pas à la pompe : elle se diffuse immédiatement à l’ensemble des biens de consommation. Transport, alimentation, produits de première nécessité, aucun secteur n’échappera à cette inflation importée. Cette dynamique rappelle que les économies antillaises restent extrêmement exposées aux fluctuations des marchés mondiaux, sans véritable capacité d’amortissement.

  Lire Plus

📚 : Nouveautés Psychologie & Psychanalyse, Théâtre : avril 2026

🧠 PSYCHOLOGIE

Le corps en psychologie clinique

Sous-titre : Affect, corporéité, souffrance psychique
Auteur : Patrick Ange Raoult

Résumé :
Triple interrogation épistémologique, théorique et clinique autour de la notion de corps. Analyse des modèles en psychologie (neuropsychologique, psychodynamique, cognitiviste…).

Informations :

  • EAN : 9782336594750
  • Date : 02/04/2026
  • Format : 135 x 215 mm
  • Collection : Psycho-Logiques
  • Pages : 162
  • Prix : 18,00 €

Les dettes psychologiques au travail

Sous-titre : Prévenir et réguler les tensions psychosociales dans les organisations
Auteur : Matthieu Poirot
Préface : Thierry Chavel
Postface : Guillaume Lefebvre

  Lire Plus

L’accès à la CARICOM, le peuple tenu à distance.

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux, Fort-de-France, le 20 avril 2026 —

Après avoir été admise comme observatrice à la CARICOM, la Martinique en devient un membre associé. Voilà un pas de plus dans l’aire de la doctrine Monroe1. C’était la volonté de la classe politique de la Martinique dont les précurseurs furent, dans les années cinquante, Clovis Beauregard, Jean-Baptiste Edmond et quelques autres. Bien entendu, l’électeur n’a pas été invité à un référendum de Maastricht martiniquais. Par ailleurs, l’évènement n’a pas fait de la part de la classe politique l’objet d’un enthousiasme débordant. A l’exception toutefois de notre pétulante députée du pays “des océans” et celle, notoire, du président Serge Letchimy dont ce sera, dit-il, “le plus beau combat de toute [sa] vie politique”. Il oublie avoir tenu un propos identique, au soir du vote unanime obtenu lors du congrès des élus, dit “congrès de la rupture”. Reste que pour sa part, l’intégration au CARICOM “ sera un message fort adressé à Paris” et, jouant prudemment de l’oxymore, “un message d’émancipation …sans quitter la République”.

Le chemin du salut s’ouvre aussi à la Guadeloupe et la Guyane, sachant cependant combien, d’habitude, les “sisters” hésitent à suivre le leader incontesté en expériences institutionnelles.

  Lire Plus

Romans, Récits & Témoignages, International : nouveautés avril 2026

📚 ROMANS

Jean Mor, esclave du ponant

José Le Moigne — Préface : Kofi Yamgnane
📍 Brest, XVIIIe siècle / Martinique, 1761
Martinique, 1761. Jean Mor est né esclave sur une plantation sucrière de Saint-Pierre, au pied de la montagne Pelée… Brest, port militaire et judiciaire…
EAN : 9782336605975
Parution : 16/04/2026
Format : 135 x 215 mm
Collection : Romans historiques
Pagination : 170 pages
Prix : 18.00 €


L’ultime taxi

Jacques Layani
Ce bref roman se déroule ici et maintenant. Il peint le drame d’un homme ayant réalisé ses rêves de jeunesse, mais confronté aux mêmes difficultés qu’autrefois…
EAN : 9782336614908
Parution : 23/04/2026
Format : 135 x 215 mm
Collection : Écritures
Pagination : 130 pages
Prix : 14.00 €

  Lire Plus

Premier mai : une histoire à connaître

— RS n° 443 lundi 20 avril 2026 —

Rarement l’actualité aura autant justifié les valeurs qui se dégagent de l’histoire du 1ermai.

Le 1ermai est né de la décision des fondateurs en 1889 de la deuxième internationale (socialiste), de se mobiliser dans tous les pays pour la diminution du temps de travail à 8h par jour. Depuis cette date, le 1er mai est devenu le symbole du combat de la classe ouvrière internationale pour ses revendications et pour son émancipation.   

Au fil du temps, le 1er mai est devenu un symbole de la lutte contre toutes les oppressions. L’enjeu de sa signification est capital. Le régime de Vichy a tenté de le dénaturer en « Fête du Travail ». Les Le Pen, toutes générations confondues, ont continué la manœuvre : le père et la fille ont voulu en faire la « Fête de Jeanne d’Arc ». Double instrumentalisation, celle de Jeanne d’Arc et celle de la journée internationale de lutte des travailleurs/euses.

Aujourd’hui, où la mondialisation capitaliste rime avec l’exploitation jusqu’aux os des classes dominées, avec des menaces environnementales sans précédent, avec les poussées fascistes et les guerres de haute technologie, la réflexion sur la riche histoire du 1er mai s’impose comme une évidence.

  Lire Plus