Catégorie : Poésies

« Roulette » & « Coup de blues »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Roulette

La vie, c’est comme au casino :
un pur jeu de hasard
où faut tirer l’bon numéro !
Que tu le veuilles ou non,

tu dois jouer de toute façon.
Depuis que le destin croupier
sa bille d’ivoire a lancée,
pour toi il est déjà trop tard…

Tu n’peux plus rien y faire :
soit tu gagnes ou tu perds,
ne reste que l’espoir…
Soit c’est rouge ou c’est noir,
soit c’est pair ou impair…

Rien ne va plus, les jeux sont faits !
Ton sort est désormais
dans les aveugles mains
de la Dame Fortune…

Peut-être que demain
t’auras plus une tune
ou alors tu feras la fête
car elle n’en fait qu’à sa tête

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Wondin komin Matinin

— Par Daniel M. Berté —

Wondin komin Matinin

Man an pàn épi Sizàn dan an vàn Sentàn
Man kout-lanmen mayengwen ek yenyen Omaren
Man grafiyen Jilien an nen Voklen
Man kaka twa fwa Périola Ofanswa

Man vòlè penwobè bòdlanmè Wobè
Man maté Marité-gro-tété Trinité
Man kouri an lapli an lari Sentmari
Man koko pou zabriko an dalo Marigo

Man kwenyen Adriyen an bouden Loren
Man fent san krent an kolokent Baspwent
Man ba souba koutba Makouba
Man wè kokangnè atè Granriviè

Man brè sipè ek labyè Préchè
Man kolè lè man wè malfentè Senpiè
Man bonbé san tonbé ché Bébé Kawbé
Man pèn épi Jilièn an pitèn Belfontèn

Man kòkot Finot an lapot Kazpilot
Man pè léswè bò la kawyè Chelchè
Man ral mal chouval Bòdkannal Foyal
Man wenyen tet-pen bonmaten Lanmanten

Man bos san fos an ti-ros Dikos
Man gadé dé sikriyé volé Lavièsalé
Man monté milé a dé Twazilé
Man grenpé a pié koté Ansdawlé

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« Impermanence » & « Le remède »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Impermanence

Ta vie est cool,
calme et tranquille :
ses jours s’écoulent
au chaud dans l’île…

Pour toi tout roule
et puis soudain,
là tout s’écroule !

Surgie au coin
d’un noir destin,
la pire embrouille
tes cartes brouille
et t’as la trouille…

Tu sais, la chance
comme une danse
ça va, ça vient…

Ce qui est haut
devra descendre,
ce qui est chaud
deviendra cendre…

Telle est la loi
de la fortune :
aujourd’hui roi,
demain sans tune !

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Pran-pyé an powézi

Pou la JEM (Jounen Entewnasyonnal la Powézi) 21 Maws

Pran-pyé an powézi

pa ped-pyé an pléran
pran pyé an powézi
pasé pa pliziè pas pénib
potjé kabech
pijé grenn
pété tjou
pa sa pran pozision adan an plodwari
pé pa palé pawfwa pou pozé an problèm
pa pé plasé an pawol pou pé di an pansé
pé pa pran an pipiri pewché an pyébwa
pran pliziè pasaj pou pwenté dan an pos
palé anlè papyé an parabol dan an paragraf
pousé lapot pou pénétré dan an piès pou pran an pot plasé dan an plaka plen lapousyè
pété pwent-pyé anlè an poto kon Polin pitit man Polimiz ek pè Polen ki té ka fè piten plas Pigalle Paris
pa sa pran pasyans
pa sa pléré paran ki pati o péyi-san-chapo
pa sa pran plézi pas ou pè ped pouvwa ek pisans ou pa ni
pa sa prédyé pou pawdonnen péché lé pov piti péchè
pran plim pou prel
pran prel pou po
pousé prop papa’w an poto-pak pou pasé an prèmyé
pran an pil palaviré dé mapipi profitè
pou siyoka ou pasé pawmi dé pas parey
pa pléré pies ti-papa pas ou pa pèdi
pa pè, sa’w pé sé pa sa’w pa pé

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« Anibal » & « Scrutin de Bulletins »

Anibal
C’est fatal dans la capitale pour Anibal le fils d’Astrubal qui voulait être un avocat total-capital!
Il alla dans un bal de carnaval au chemin des dalles. Là il flirta avec Madame Ti Nal qui lui était un bossal!
Ti Nal lui flanqua trois balles dans le fale. Anibal avec mal alla à l’hôpital Général! Arrivé à l’hôpital, après la réussite chirurgicale, Anibal cassa un bocal en cristal avec un fistibal! l’hôpital lui dit après se scandal d’aller jouer comme un cheval au Morne l’Hôpital! Arrivé au Morne l’Hôpital sur une bicyclette sans pédales il frappa un caporal devant la centrale principale! C’est alors que le général le condamna au tribunal! Ainsi prit fin la cabale principal d’Anibal! Point Final!

Jean-Bernard Bayard

Scrutin de Bulletins
Comment prendre une nation défaillante en main
Qui parmi nous se sacrifiera pour fructifier le sein
De la mère patrie et devenir la racine d’un fier saint
Pour y arriver faut-il collectivement avoir un dessein

Où sont aujourd’hui tous nos braves et intègres citoyens
Seul pays d’esclaves et d’affranchis déchu par des malins
Abruti par la corruption crapuleuse de sales petits lutins
Qui nous causent de l’international d’être traité de crétins

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« Patron-Patronne », de Jean Bernard Bayard

Patron-Patronne

Patronne des Musiciens Sainte Cécile
Patron des dirigeants Saint Imbécile
Patron de toutes les élites Saint Sénile
Patron de tout l’Occident Saint Servile

Patronne de politiciens Sainte Propagande
Patronne de tous les gangs Sainte Bande
Patronne des voleurs Sainte Contrebande
Patronne de tous menteurs Sainte Brigande

Patronne de toutes religions Sainte Hypocrite
Patronne des hommes d’affaire Sainte Faillite
Patronne de tous académiciens Sainte Félicite
Patron de tous les intellectuels Saint Parasite

Patron de tous les civilisés Saint Exterminateur
Patron de tous les colonialistes Saint Exploiteur
Patron de tous les impérialiste Saint Corrupteur
Patron de tous les « Humanistes » Saint Sauveur

Jean Bernard Bayard

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« L’important c’est la route… » & « Train de vie »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

L’important c’est la route…

Comme une grande faim
qu’on a pu apaiser,
repu, le ventre plein,
une fois réalisé,
un rêve n’en est plus un !

L’excitation prend fin…
On se sentait avide
et tellement vivant !
On ne sent plus qu’un vide
qu’un autre doit combler…

Quand on lit un roman,
c’est tout au long des pages
que réside l’attrait.
Celui-ci disparaît
sitôt livre fini…

Et si dans un voyage
ce n’est pas l’arrivée
qui en fait la beauté,
l’intérêt de la vie
n’est certes pas la fin
mais juste le chemin !

Train de vie

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« Quand, Me Voilà, Le Regard, Engag, Vieillir », de Jean-Bernard Bayard

Me Voilà

Je suis là et las heureux mais vieux plus près de Dieu qu’eux
Je porte mon carcan quand l’écran dépeint le cran des camps
Où l’esclave se lave de la lave que bavent ses blessures graves
Pourtant le temps suspend son vol dérobant le puissant vent

Je suis ici avec mes soucis je prie car je suis pris et incompris
Je porte mes chaînes que je traîne dans la plaine avec peine
Où mes ascendants et mes descendants couleront leur sang
Bien que rien ne les retienne de nos chagrins de sales Africains

Je suis cette bête sans tête un analphabète que le colon guette
Je voyage avec rage vu mon âge comme dit l’adage du carnage
Où les chasseurs sans cœur ne pleurent pas mes amères douleurs
Pourquoi sous le toit de la hutte je bois mes loas sans avoir droit

Jean l’enfant sans maman que l’encens prend et rend aux sacrements
Je suis déraciné dénaturé déshumanisé abusé martyrisé par les abbés
Où l’autochtone s’adonne en automne et donne sa vie pour la madone
L’évolution de la révolution pour l’abolition a la nation en abomination
Jean-Bernard Bayard

Quand
Quand nous serons au bord de cet abîme mortel
De ce regard saint ne verrons-nous pas l’immortel
Qui nous sera cette vision de notre père spirituel
Au seuil du paradis à nous faire un sourire paternel

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Anba bonm

— Par Danile M. Berté —
Anba bonm

Boum ! Boum ! Boum !
Esplozion !
Gaza Liran Liban
Anba bonm

Bim ! Bam ! Boum !
Déblozion !
Nétanyawou ek Tromp
Ka pété bonm

Bang ! Bouf ! Blo !
Agrésion !
Sé pa kon dé piten
Ka alé pété-bonm

Vraoum ! Bunk ! Bing !
Abominasion !
Sé tyanmay lékol yo ka tjwé
Anba bonm

Vlouf ! Boudoum ! Krak !
Déflagrasion !
Malad kon bien-pòtan
Ka tonbé anba bonm

Baang ! Bunk ! Blendeng !
Dézentégrasion !
Kay lawout lavi
Ka krazé anba bonm

Boum ! Blo ! Boudouf !
Enplozion !

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« C’est de la bombe ! » &  » UrubU… SA !

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

C’est de la bombe !

Aujourd’hui, sur les murs
tu as laissé les traces
de tes sublimes frasques
de nocturne lémure…

Ainsi tu nous murmures
tes rêves en graffs, en fresques
avec de la peinture
dont tu bombes nos murs…

Tant pis si ça agace
quelques réactionnaires
et même d’aventure
si le temps les efface,

œuvres d’art éphémères,
on ne s’en soucie guère
puisqu’on sait que demain
seront d’autres dessins
apposés par ta main

pour égayer l’en-ville
aux couleurs de notre île
et nous faire oublier
notre vie difficile…

UrubU … SA !

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« L’inconcevable », « La Vérité », « Culte De La Personnalité », de Jean-Bernard Bayard

L’inconcevable
Que va devenir l’intégrité familiale après cet acte abominable
Il y a-t-il une action de notre part qui pourrait être rédemptable
Comment donc expliquer la logique de cette horreur si palpable
Ma souffrance depuis ce jour fatidique m’est vraiment exécrable

Le déshonneur accable la famille à sa source et dans ses racines
La honte nous oblige à l’exil de notre terre de ce mal qui abomine
Il serait impensable de nous expatrier même dans une terre voisine
L’œuvre de cette folie instantanée qui globalement nous assassine

A-t-il perdu la tête rien que d’y penser est fou dans ses conséquences
Même une impulsivité ne devrait point permettre une telle alternance
Son honneur a-t-il été si froissé qu’il n’a pas pu calmer son arrogance
Ce qu’il a commis comme grand délit insensé est de la pure démence

Il n’y a pas moyen de réparer le tort d’une telle action envers personne
Nous pouvons vraiment questionner dans ce cas comment il raisonne
Maintenant nous n’avons aucun choix il faut bien que l’on abandonne
C’est inexprimable de pouvoir tomber à ce point cela me désarçonne
Jean-Bernard Bayard

La Vérité
La vérité n’est pas ce qui est vrai mais ce qui est réel
Le vrai est universel le réel est subjectif peut-être cruel

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« Drogué! » &  » Influenza »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Drogué!

Poésie, c’est ma came !
Quand j’en lis ça me calme…
J’suis accro, je vous dis :
il m’en faut jour et nuit !

Plus j’en lis, plus j’en veux,
c’est un cercle vicieux…
Pour ne plus être en manque
sans que ça me débanque,

j’ai même décidé,
du coup, d’en fabriquer !
C’est pour ça que j’écris
de jour comme de nuit

ce que la muse dicte…
J’avoue : je suis addict
et même écrire j’ose
qu’il me faut une dose

ou je deviens morose,
ravagé par l’ennui
car la vie n’est pas rose…
Grâce à la poésie
j’oublie tous les soucis,

les peurs, la maladie
et je me réfugie
dans les rêves à l’abri
de la mélancolie
qui mène à la folie…

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Lanmen-mwen

— Par Daniel M. Berté —
Lanmen-mwen

Bonmaten man lévé
Man gadé lanmen-mwen
Blan douvan, nwè dèyè
Ek an èm an mitan’y
Lanmen-mwen karésez
Ki ba madanm plézi
Fé-yo monté an syel
Janbé lakréyasion
Lanmen-mwen soulajez
Pou tjanmay’y-mwen malad
Ki té ni mal-bouden
Ek ba-yo an kalmant
Lanmen-mwen mawonnez
Ki trapé an koutla
Pou té sa dékalé
Pou té sa pété chenn
Lanmen-mwen djoubakez
Ki ralé an manch-wou
Ek tjenbé an tridan
Pou té pé travay tè
Lanmen-mwen nétwayez
Ka lavé ek froté
Ki rad ki kay ki kò
Pou ba-yo an propté
Lanmen-mwen matjez
Ki pran stilo, papyé
Pou endé-mwen trasé

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Michèle Voltaire Marcelin…

tisserande d’une œuvre poétique polyvocale et forte en ses registres de lumière

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Clair/Obscur | Depth/Glow  par Michèle Voltaire Marcelin

Éditions du Cidihca | Février 2026

Le livre « Clair/Obscur – Depth/Glow » de la poétesse Michèle Voltaire Marcelin interpelle hautement et émeut le lecteur qui lui offre accueil et hospitalité. Car cet ouvrage de haute-lisse ne navigue pas sur les chétifs esquifs d’une bavardeuse micro-confrérie, celle des poètes au souffle court et dont l’écriture est une invite à l’étourderie. L’auteure du poème « L’histoire a faussé les comptes » n’écrit pas d’improbables et confidentielles plaquettes de poésie vouées à la mutité et discrètement rangées sur les poussiéreuses étagères de l’oubli… Sur sa table de travail, avec rigueur, avec constance, dans la glaise éruptive de la langue, Michèle Voltaire Marcelin élabore une œuvre poétique majeure, complexe, polyvocale et forte en ses registres de lumière.

Dans un texte publié l’an dernier, nous avions arpenté en ces termes quelques aspects du « métier à tisser » de l’auteure : « (…) la poésie de Michèle Voltaire Marcelin est une parole de haute voilure.

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« Créativité », « Une Nuit », « Tropique »

🎉✨ Joyeux anniversaire Jean-Bernard Bayard en ce 21 février ! ✨🎉

Créativité
La créativité aujourd’hui doit être rentable
Toute tragédie humaine est très enviable
Profiter du moment de peine est louable
L’avidité et non l’honneur est profitable

L’humain est à la fois parasite et prédateur
L’homme technologique n’est qu’un acteur
D’une âme robotique il devient bon menteur

La vulnérabilité n’est qu’une honteuse faiblesse
Ou encore c’est une expression d’extrême stress
Pas permis de montrer des émotions de détresse
Le gain matériel est l’invention d’une belle ivresse

La moralité c’est pour les soumis et les défavorisés
Créer il faut être cupide sans remords hégémonisés
Nous devenons limités en pratiquant la générosité
La motivation de capturer richesse est la modernité

La nouveauté ne sera jamais une oeuvre de compassion
C’est seulement la rapacité qui fait une éternelle nation
Le but de l’homme créateur c’est vraiment la domination
Et tout autre sentiment humain n’est que sensation

Jean-Bernard Bayard

Une Nuit
Une nuit qui dure toute une éternité
Sommes si aveuglés par l’obscurité
Asservis par l’obscurantisme obstiné
D’un noir opaque d’un ciel non étoilé

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« Les tétons de Valentine » & « Doudou, mèsi « 

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Les tétons de Valentine

En ce beau et doux jour
de la Saint-Valentin
toujours voué à l’amour,
que n’ai-je le loisir
de vous dire mon désir ?
Car tel est mon dessein,
je voudrais vous avouer
que je ne sais plus bien
auquel de vos deux seins
je pourrais bien me vouer…
Cruauté du destin,
point n’est de médecin
qui sache me guérir
de cette maladie,
de ce défaut malsain
que j’ai du mal à dire
face à vous, ma lady :
je ne peux pas choisir,
il me faut tout ou rien !…

« Car de Valentine les tétins
sont les tétines de Valentin.»

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« Eskandal an kannaval »

— Par Daniel M. Berté —

Bwabwa té dédjizé an kostim prens wayal
I ponmet
Mariyàn mennen’y dansé an bal
Ladjables ki tann sa fè an gro eskandal
Ek mété’y a djélé ki sé li fanm
Vaval
Ki i pa ka’y pran kòn pou vakabòn Foyal
Ek ki kannaval-a sé pa an bakannal

Pawol monté-désann an model radikal
Ek pawol mennen kou, sa sé bagay fatal
Lé dé bougres ploté an manniè enfernal
Kout-pyé kout-tjok pati yo tonbé an kannal
Ladjables balansé an kout-jounou an fal
Mawyàn ki pa manchot fè’y wè trannsis zétwal

Té ni kout-dan osi, bref sé té latotal
Pies moun pa séparé, yo di sel fanm fatal
Ki pé pran an konba andidan kannaval
Toutefwa-sepandan té ni yonndé timal
Ki pou yonn ki pou lot té pré a ba’y an pal
Men apré réfleksion, yo di sa tro kouchal

Makoumè ek Malprop di sa libidinal
Moko-zonbi réponn sa pa orijinal
Ki pa ni pies rézon an vié fanm véjétal
Prétann alé zouké épi wa kannaval
Karolin-zyé-loli touvé sa imoral
Matlo-sou li-menm di i san-fouté-pa-mal

Edmond Evrard Suffrin di sa poligamial
Papa-Djab aplodi mi dé fanm ki brital !

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« Une nuit à penser » & « Je t’aime vraiment »

— Par Myrna Nérovique —

Une nuit à penser.

J’aimerais que le ciel m’offre la nuit,
Pour perpétuer notre paradis.
J’aimerais que l’on puisse doucement s’aimer,
Et, je te vois alors t’en aller.

Et, le ciel m’offre le trépas,
Et, je jonche sur les amas.
Mes larmes couvrent les yeux,
De ceux qui brûlent et sont pieux.

Je me ternis de haine,
Tandis que je me baigne.
Et, malgré ce que je dis,
Je repense encore à nos envies.

Le beau jour où je m’élance,
Et, m’apprivoise une danse,
J’aimerais que le ciel m’offre la nuit,
Pour perpétuer notre paradis.

Myrna Nérovique

 

 

Je t’aime vraiment.

Je t’aime vraiment,
Je t’aime à mourir, tu m’entends !
Mais, j’ai accepté de te perdre,
Et, de me complaire dans ma merde.
Je t’aime passionnément,
Tu es mon doux tourment.
Suis-je idiote ; je ne sais pas.
Dois-je arrêter mon cinéma ?
Je t’aime à en crever,
Je ne peux plus m’arrêter.
Et, je ne comprends pas pourquoi : toi.
Pourquoi, je ne t’oublie pas ?
Pourtant, il y a plus beau,
Il y a plus riche.

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Nouvo Woch

— Par Daniel M. Berté —

Nouvo Woch

Atansyon-pokosyon-lapo-lonyon sé jou tala…

 

Woch ka volé
ka vòltijé
ka simewjé anlè lepeup

Woch pawol dlo
pawol flo
pawol blo ka tonbé an jaden lepeup

Woch watsap
fésbouk
iks ka antré adan kay lepeup

Woch féknwouz
gorafi
troll ka tronpé lepeup

Woch konférans
enterviou
trak ka terbolizé lepeup

Woch ponmes
ti-tap-an-do
dèmen-gratis ka rivé an kwayans lepeup

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Poésie – Nouvelles parutions février 2026

LEVÉE D’ANCRE

Polyphonie pour la Palestine

102 poètes
Direction : Michel Cassir · Metin Cengiz · Emmanuelle Malhappe

Quand tu bombardes ma maison
Épargne juste un doigt à ma mère
Un seul doigt
Est tout ce dont elle a besoin pour
Ranger mes jouets dispersés
Avec les morceaux de mes jambes et chercher
Frénétiquement les poumons de son mari…

Cent deux poètes, trente-et-un pays et treize langues, venus de tous les continents, se sont unis pour créer une Polyphonie pour la Palestine, œuvre chorale où les voix se répondent et se superposent face à l’urgence de dire.

EAN : 9782336589213
Parution : 15/01/2026
Format : 135 × 215 mm
Collection : Levée d’ancre
Pagination : 212 pages
Prix : 20,00 €


POÉSIE(S)

Vertiges d’années-lumière

Pauline Michel

Vertiges d’années-lumière est un voyage poétique aux confins de l’intime et de l’indicible. Les poèmes tracent des sillons de feu et de silence, où la nature devient miroir d’une conscience en éclats. Une écriture tantôt incandescente, tantôt nue.

Je me tire une pleine lune
entre les tempes

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« Consumérisme » & « City Blues »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Consumérisme (Le 10ème cercle oublié de l’Enfer)

Dansent, dansent ces âmes
dans des corps de robots
leur pantomime infâme,
leur infernal tango :

la danse de Saint-Guy
des achats à crédit
que leur jouent les démons
de la consommation…

La musique d’enfer
de ces publicitaires,
leurs mirages de mots
empêchent tout repos
de leurs pauvres suppôts !

Volontaire esclavage,
fatal endettement,
tels seront les ravages
d’un fol entêtement
et sombre aveuglement…

Et lorsqu’au moindre vent
le désordre les prend,
est cet attachement
la corde qui les pend
constamment tout vivants !

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« Les mots », de Gary Klang

— Par Gary Klang —
Les mots

Les mots sont fatigués mes frères

Tous ces grands mots qu’on nous jette à la face

Ils ont un goût de vomissure

 

Comme ces sources puantes

Près de la mer caraïbe

Où enfant je plongeais joyeusement

Malgré l’odeur de soufre

 

Les mots sont fatigués mes frères

Les mots en ont assez

Et plus personne n’y croit

 

Les mots divisent

Les mots séparent

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Mové bwi

— Par Daniel M. Berté —

Mové bwi

« An bann bandi bandé mété bankoulélé san bekmè ni baramin.
Yo ba Matnik bon baton épi fè’y bastjilé dan la bandisité. »
Kronik bandisitay

Po ! Po ! Po !
Mami di sé fizi !
Sizi di sé péta !
Yonn tonbé blo !

Pan ! Pan ! Pan !
Mami di révòlvè !
Sizi di fédawtifis !
Yonn tonbé bouf !

Touwf ! Touwf ! Touwf !
Mami di sé kalach !
Sizi di sé banboch !
Yonn tonbé bong !

Rrratatatatatatatata !
Mami di mitrayet !
Sizi di sé lafet !
Yonn tonbé bidim !

Boum ! Boum ! Boum !
Mami di sa sé bonm !
Sizi di sé labonm !
Yonn tonbé boudoum !

Dong ! Dong ! Dong !
Mami di sa sé gla…
Sizi pa di… Yo tjwé’y…
Kloch ka di Yonn pri… Yonn pri…

Enben ! Enben ! Enben !
Mami la ka pléré…
Sizi ki ped lavi…
Dlo-zié’y ka néyé tjè’y…

Daniel M. Berté 140126

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« 2O26… » & « Dyab-la ! »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

2O26…

On ne sait pas à quoi s’attendre
car l’avenir n’est pas si tendre…
À la paix on voudrait prétendre
mais Gaza n’est qu’un tas de cendres !

Du coup, pas question de souhaiter
dans ces conditions :“Bonne année !”
car rien ne peut nous assurer
que nos vœux seront exaucés…

D’ailleurs en faire est inutile
quand nul dieu ne peut les entendre…
Vivre aujourd’hui n’est pas facile :
on a parfois envie de rendre

les armes et puis d’aller se pendre
ou dans les drogues d’oublier
les atrocités de la guerre
et l’âpreté de la misère !

Lors, on ne peut qu’attendre et voir
si un jour renaîtra l’espoir,
comme un phénix dans nos cœurs,
que reviennent des temps meilleurs !

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Le grand retour à la poésie du poète Robert Berrouet-Oriol : « Simoun »

(Article du linguiste Hugues Saint-Fort paru en Martinique sur le site Madinin’Art (24 juillet 2021. Actualisé et soumis à Rezonòdwès le 19 janvier 2026)

Le nom et l’œuvre littéraire de Robert Berrouët-Oriol sont entrés dans la littérature québécoise en 1986 par le truchement de son célèbre article titré « Effet d’exil » paru dans la revue culturelle Vice Versa et consacré à l’émergence des « écritures migrantes » (Robert Berrouët-Oriol : « L’effet d’exil » in Vice Versa, no 17, décembre 1986-janvier 1987). Depuis, l’expression « écritures migrantes » est devenue un des concepts clé de la littérature québécoise, un texte fondateur que Berrouet-Oriol a utilisé pour distinguer « entre deux notions voisines pour définir la double originalité de ces écritures : « voix migrantes » pour signifier qu’elles sont venues d’ailleurs, et « voix métisses », pour préciser qu’elles s’hybrident au contact des voix d’ici » (Beniamino et Gauvin 2005). 

Berrouët-Oriol a poursuivi une activité strictement littéraire en publiant en 1986 Lettres urbaines ; en 2009 En haute rumeur des siècles ; en 2010 Poème du décours qui a gagné le grand Prix du livre insulaire Ouessant en France ; en 2013 Découdre le désastre, suivi de L’ile anaphore qui a reçu la Mention d’excellence de la Société des écrivains francophones d’Amérique ; en 2016 Éloge de la mangrove

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