Catégorie : Poésies

Désenchantement

Désenchantement

— Par Camille Loty Malebranche —

Je me suis réveillé
Au coeur d’un monde
Colosse de mirage, empoigné de déroutes
Exhalant l’odeur âcre, méphitique
De nos ordres chaotiques, imprégnés de malheurs
Et l’entêtement des bonheurs artificiels

Je me suis réveillé
Et je n’ai vu que la lourdeur de nos gestes et l’interaction de nos maux
Jonglerie maniaque pour nos spartiates désabusés,
Nos fauves anthropomorphes, anthropophages

Je me suis réveillé
Au coeur d’une terre vacillante, entropie ténébreuse
Aux baraques sanguines des mers guerrières.

Et le sang qui gicle dans son tourbillon
Disque d’accrétion létale, patibulaire
Au sens contraire des rotations de la Terre,
Dément les soleils faux de nos chartes balisées de noirceurs intestines

Et malgré l’évolutive odyssée temporelle de l’histoire aux avatars et du progrès,
Piétinent nos vœux, pataugent les pas sans marche, traîne-savates, démarche abjecte de l’homme, phylum de nains, d’avortons

Hibernent les étoiles, soleils scalpés;
Et les ères génitrices où la terre s’est faite mère,
Au firmament de nos oeuvres,
Accouchent de tertres mortuaires, tremplin mortel
Aux dépouilles de l’homme, aux débris de l’humain

Ah! Voûtes géantes, spectrales de nos actes!  Lire Plus

Tro souvan

Tro souvan

— Par Daniel M. Berté —

Tro souvan
man pran wonm pou soup
ek ritouvé kò-mwen ka bouché an dalo
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran lanmè sèvi savann
douvan bekmè majò ka kouri dèyè-mwen
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran an sis pou an nef
opwen ki man vini kondi an Kris anglé
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran koko pou zabriko
épi pèdi kò-mwen an drivayaj san fen
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran bol-jounou manman pou an manch-pilon
moun di ki man pilé an kracha italyen
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran kaka-kabrit pou ti-pwa
é sakisav afiwmé ki sé mal yo fè-mwen
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran tjim-savon pou let
é tout lasent jounen man ka ba lari chenn
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran lapo-lanmori pou vyann
é man té tjoupèpè ka bat bè ek mizè
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran pawol épi manzè alkol
ek maché san wontri an lanmen douvan an lanmen dèyè
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran rézolisyon
ponmet jiré kraché di maché an nonm dwet
an lari Sentespri

Daniel M.  Lire Plus

Je n’ai pas pris l’autre chemin

— Par Robert Lodimus —

Les yeux embastillés dans la noirceur,

Le paysage gourd, encore sous l’effet de l’hébétude,

Reçoit en plein visage la vague de froidure de l’aube.

À cette période de l’année,

La nature n’arrive pas à s’échapper

De l’emprise des ténèbres épaisses libérées par Nyx,

La déesse de la nuit.

Les maisons glacées et les arbres effeuillés

Se dévoilent lentement à la clarté rebelle du jour.

Je me rends compte, comme la plupart de mes camarades,

Que je vieillis dans « Le pays sans étoiles » de Pierre Véry.

Loin des forêts tropicales, touffues et verdoyantes,

Qui berçaient de l’hiver à l’été mon enfance joyeuse

Avec les chants symphoniques des grives de Bicknell,

Les jacassements des pies, les coassements des crapauds,

Les cancanements des canards, les trissements des hirondelles,

Les béguètements des chèvres…  Lire Plus

« La vie est la farce à mener par tous », « Lettre d’amour à Haïti

La vie est la farce à mener par tous
— Par Gary Klang —
La vie est la farce à mener par tous
Il faut rire les amis
Rire à n’en plus pouvoir
Rire à la mer et aux étoiles
Rire au mal et à la mort
Rire
Car la vie est une farce
Rien qu’une farce
Comme dit le poète
Qui s’en allait
Les mains dans les poches crevées
Oui mes amis
Quelle farce la vie
Sortir d’un trou
Pour finir dans un autre
Nous sommes tous des migrants
Mais refusons de voir
Prenant tout au sérieux
Trompant
Tuant
Au lieu de rire
Rire au soleil
Et à la lune
Rire à l’absurde
Rire à n’en plus pouvoir
Alors
Ce serait joie sur terre
Qui ne serait plus vallée de larmes
Mais océan de bonheur
Où chacun se donnerait la main
Noirs Blancs Jaunes Rouges
Le soleil brillant enfin pour tous
O Oui mes frères
Tendons-nous tous la main
Afin d’être joyeux
Et de rire
Car la vie est une farce à mener par tous
Rien qu’une farce
Non rien n’est jamais sérieux
GARY KLANG
*****
***
*
Lettre d’amour à Haïti
Par Gary Klang
Ma chère île
Qu’est-ce qui t’arrive
Toi jadis si belle
Si fière
Au point que l’on t’appelait Perle des Antilles
Te voilà maintenant la proie des gangs et des malfrats
Même le soleil détourne le regard
Tu n’es plus que l’ombre d’un grand passé défunt
L’ombre d’une grande histoire
L’ombre d’une ombre
Et tes bougainvilliers
Que sont-ils devenus
Eux qui jadis grimpaient si joyeusement aux murs
O terre aimée
Terre de rêve au goût d’amande
Qu’est devenue la ville où je suis né
Je ne la reconnais plus
Ni le Champ-de-Mars tant de fois parcouru
Aujourd’hui champ de boue
Qu’est-ce qui t’a pris ô mon île
Tu fais peur maintenant par ta violence
Et les lieux que j’ai connus jadis n’existent plus
Ces lieux où il fit si bon vivre
Je me rappelle ces marchandes descendues des montagnes
Venues pieds nus
Dans la poussière et sur les cailloux
Avec leur panier sur la tête
Afin de vendre quelques légumes
Je revois également les amis
Passant sans s’annoncer
Nous discutions de tout et de rien
Surtout de rien
Histoire de passer le temps
Il y avait aussi les promenades du dimanche soir au front de mer
Autour de la fontaine
Avec son doux murmure d’enfant heureux de vivre
Quelle tristesse d’y penser
Je ne te reconnais plus ô ma terre
Depuis la venue d’un médecin fou
Qui tuait au lieu de soigner
Celui par qui tout le mal est arrivé
Non rien n’est plus comme avant
Mais je garde espoir
Réveille-toi ô mon île
Et sors de ta léthargie
Redeviens celle que tu étais
La fierté de tout un peuple
N’oublie jamais que là où Spartacus a échoué
Toi par tes seules forces
Tu t’es défaite des chaînes de l’esclavage
Sois un modèle ô ma terre pour l’humanité tout entière
GARY KLANG
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« État des lieux au coin du feu… », « Pêche à la ligne »

État des lieux au coin du feu…

La glace fond, la mer monte, avalant îles et côtes…
Tornades, ouragans, inondations font la une…
Les températures explosent !
Partout la forêt brûle !
La faute à la canicule ?
Plutôt celle des industriels et de la course effrénée au profit, à la croissance à tout prix et la surproduction du modèle économique capitaliste libéral.
La faute à ces gouvernants sourds aux avertissements éclairés des scientifiques parce que valets asservis avérés des précédents.
L’argent est le seul roi dont ils ne sont que les hommes de paille, tristes épouvantails !
Notre poumon est en feu, notre oxygène brûle et part en fumées toxiques, réchauffant un peu plus une atmosphère depuis longtemps déjà en surchauffe…
Responsables ?
Nous le sommes tous, hélas, pour n’avoir pas su empêcher, au besoin par la force, ces coupables d’agir et ce système de s’établir, responsables de cette passivité du laisser faire…
Maintenant, au propre comme au figuré, la canicule nous met le feu au cul !
Responsables également, tous ces rois et empereurs idiots qui, jadis, après avoir massacré nos forêts primaires humides et asséché nos marais sous prétexte d’urbanisation, les ont remplacées par des plantations de monoculture de pins à la résine tellement inflammable !  Lire Plus

Je vais au gré du vent

Je vais au gré du vent
— Par Gary Klang —
Je vais au gré du vent
Et ne sais où aller
Les chemins ne mènent nulle part
Et tout s’embrouille
La lune ne brille plus comme avant
Même le soleil paraît maussade
On dirait
Un feu d’enfer surgi pour nous narguer
Et c’est alors qu’une voix venue d’ailleurs murmure
Voici le temps des petits hommes
Tous les grands sont partis
Nous laissant seuls
Oui triste triste est ma pauvre âme
Ami
Alors que faire me diras-tu
Les guerres surgissent à tout propos
Tels des feux fous
Accompagnées de bombes aveugles
Et moi je vais
Au gré du vent mauvais
Ne sachant où aller
Pareil à l’homme
Laissé seul dans un désert de sable
Pas d’autre choix qu’attendre
J’attendrai donc
Qu’une porte s’ouvre
Et que quelqu’un m’accueille
Car je n’ai plus
Ni parents
Ni amis
Je suis
Comme un enfant que sa mère abandonne
O oui Ami
Triste triste est mon âme
Et j’attends
GARY KLANG
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 » Poète »,  » La Poésie »

—  Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Poète

Lorsque vide est ma tête
où j’ai fait place nette
de toutes ces sornettes
qui peuplent l’internet,

elle s’emplit de mots
qui sont comme un écho,
une vision d’esthète
de ce que la planète

compte alors de plus beau…
Et je me fais poète
pour payer mon écot,
dans un moment de fête

partager ce cadeau
que m’aura fait la vie
d’entrouvrir le rideau
sur un bout d’infini…

La poésie

De joie ou de souffrance
elle est toujours un cri !
L’expression d’une transe
même quand on l’écrit…

Pure sorcellerie !
“Dérèglement des sens”,
c’est ce que nous a dit
Rimbaud, poète maudit…

Chercher la vérité
et le sens de la vie
au-delà d’apparences,
tutoyer la folie…

Quand tout le monde dort,
interroger la nuit.
Apprivoiser la mort
et s’en faire une amie :
ne pas mourir d’ennui !

Patrick Mathelié-Guinlet  Lire Plus

Divini zozio ?

— Par Daniel M. Berté —

Divini zozio ?

Aimé Césaire té di
afos i gadé-yo, an pyébwa i divini
Mwen sé zozio man lé vini
afos gadé-yo épi lanvi
Si man té pé èt an zozio
kiles man té ka’y chwézi ?
Yonn ki ni gro-gran kri
oben an tou piti ?
Sa ka rilévé défi
ek afronté lelmi ?
Yonn ka volé isi
oben jik lenfini ?
Tala ki ni plim gri
ek ki rayi lapli ?
Sila ki évité pri
adan an piej lagli ?
Malfini ki ka souri
lé Jili ka fè kokinri épi Anri ?
Sisi ki ka sanfui
jik Sentlisi lè’y wè fizi ?
Kayali ki ka di
ki titiri sé kochonni ?
Grigri ki ka dòmi
an lépini Sentmari ?
Pewdri ki ka kouri
an lari Sentespri ?
Pipiri ki ka pini
sa ki touché yich-li ?
Bengali ki ka ri
douvan an mango mi ?
Koulibri ki pati
pou étenn lensandi ?

Anpil bòn volonté man ni
pou kon zozio man sa pati
pou alé fè an bel wondi
Jis an tet-mòn Fonsendini
Men jiskisi man ka santi
man pa ka’y rivé réyisi
Zozio sa red a divini
sa pa fasil pies mé zanmi
Si dé bel zel man té ni
man té ka’y pé pati
Fè tousa man anvi
volé lwen dan lanati  Lire Plus

Tout s’en va à vau-l’eau

— Par Gary Klang —

Tout s’en va vau-l’eau
Tout ce qui est ne sera plus
La mer se retire
Et moi
Je pense au temps passé
Au temps défunt
A la maison tombée dans la poussière
Un soir où tout semblait si calme
Et je me dis
Pourquoi tout va si mal
Qu’est-ce qui pousse à mal faire
Tel ce médecin soignant le pian
Et qui une fois élu
Ne guéris plus personne
Mais tua ceux qui jamais ne lui ont fait de mal
Tout comme ces petits hommes en pantalons flottants dans la forêt
Éliminant leur propre peuple à coups de barres de fer
Puis vidant toutes les villes
Leur chef aimait pourtant Verlaine
Sans oublier ceux qui un jour voulurent éliminer le peuple de la Bible
Les cheminées crachant la chair humaine
Et tuant à qui mieux mieux
Pourquoi donc ô mon Dieu
Pourquoi le mal
Pourquoi certains prennent-ils les chemins creux
Alors que la grand-route apporte la lumière
Comme une nuit calme baignée d’étoiles
Une nuit parfumée au jasmin
Allez comprendre

Gary Klang  Lire Plus

« Un autre ( mauvais) état de lieux… » & « Dernier cri »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Un autre ( mauvais) état de lieux…

Je ne suis pas un citoyen,
ne vivant pas dans la cité…
Je ne suis pas un mitoyen
car mon territoire est entier,

ne souffrant aucune frontière
ni de murs à ma liberté…
À tous doit profiter la Terre,
elle n’appartient à personne !

Nomade était l’unique norme
d’existence aux tout premiers âges
quand importaient encore à l’homme
rencontres, échanges et puis partage…

Hélas, les choses ont bien changé…
À présent les “gens du voyage”
sont méprisés, stigmatisés
dans un monde trop sédentaire
dont les pseudo propriétaires
ne veulent plus rien partager !  Lire Plus

Hommage à Hayden.

— Par Myrna Nérovique —

Hayden,
Toi, qui avait la nuance du paradis.
Aujourd’hui, tu es bien partie,
Tout comme Dolly Parton.
Je pense encore à Bill Clinton.
La vie espère te retrouver.
Ta beauté n’expirera point en dernier.
Je te souhaite de trouver le salut,
A une âme, qui ne serait point déchue.
Hayden, tu seras bien immortelle,
Sur Terre, tu étais sensationnelle.
Je ne suis point américaine,
Mais, cette mort m’inspire bien de la haine.
Les innocents auront, un jour, l’huis de la victoire.
Dieu nous honorera, même sans le vouloir.
Prends soin de toi, Hayden.
Et, n’oublie jamais, tu étais bien humaine.
Prends soin de toi, étoile du jour.
A chacun viendra le tour.

 

Myrna Nérovique  Lire Plus

Ode au Che

Prévisualiser (ouvre un nouvel onglet)— Par Gary Klang

O Che
Un jour
Par haine de l’injustice
Tu partis à la défense des opprimés
Sur les routes de poussière et dans la jungle
Malgré l’asthme qui ne t’a jamais quitté

Tout allait bien
Tout prenait sens
Mais tout prit fin dans un village perdu des Andes
L’homme de main te croyait vaincu
Mais ce qu’il ignorait
C’est que tu vivrais éternellement dans la mémoire des hommes

Adios Compañero Heroico
Je te salue de tout mon cœur
De toute mon âme
Repose en paix
Car ton corps
Allongé presque nu sur une table de campagne
A vaincu la mort à tout jamais  Lire Plus

Maren-péchè

Maren-péchè

(Ba lé Adémar)

— Par Daniel M. Berté —

Maren-péchè de bònimè

Ek yo anmen alè lanmè

Maren-péchè lévé bonnè

Pou pati alé an lanmè

Sé pa boug ki ka gadé lè

Pas trava’y pa ka fè yo pè

Yo ka fè bon lajan délè

Lè yo mennen an ban atè

Ki yo ka vann ba lé achtè

Sa ka fè maché lé zafè

Maren-péchè ka pran bon fè

Men yo paka ladjé lanmè

Men si lapech pa ba’y an lè

Yo pa ka rété ka bat bè

Yo ka sanblé kon sè ek frè

Pou pé sa rédi senn atè

Nas-yo malonnet ka vòlè

Klòwdèkòn ki désann lanmè

Park natirel maren ouvè

Ni tousa ka fouté-yo fè

Maren-péchè pa flègèdè

Yo tout sé frè anlè lanmè

La pech chadron sé kontrolè

Rol a péyé sé gran bonnè

Kannot filet épi motè

Tousa ka rivini tro chè

Men sé pa moun ki plewnichè

Pas yo ni kouraj ek yo fyè

Dan la dévenn kon la doulè

Yo pa ka met jounou atè

Maren-péchè pa tjoupèpè

Ek yo toujou ka bat lanmè

Yonn ka jwenn Met Bazil délè

Pas pa ni branch an gran-lanmè

Ek lafanmi é lé konpè

Ka pléré jiska néyé tjè

Mé sa ki pran kalot Malè

Poutan pa ka rété tèbè

Sé pa moun ki ka fè lèlè

Yo ka goumen pou pé wè klè

Maren-péchè dèmen kon yiè

Ka’y kontinié alé lanmè

Daniel M.  Lire Plus

« (Mauvais) État des lieux… » & « Dans les filets du « Net”… »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

(Mauvais) État des lieux…

Le bonheur n’est plus dans le pré !
Ça fait longtemps qu’il a filé
comme un oiseau à tire d’aile
loin des terres chlordéconées…

Dans l’eau des rivières polluée
est un crabe aux pinces mortelles :
point d’antidote à son venin,
quand il vous mord, sûre est la fin !

Un paradis viré l’enfer !
De cette île en mitan la mer,
voilà tout ce qu’ils ont pu faire
par avidité financière…

L’argent pourrit le cœur de l’homme
et comme un ver dans une pomme,
d’un vivant fait un économe
déconnecté du réel sens
que doit avoir son existence…

Dans les filets du « Net”…

À la pêche à la vérité
je m’en fus jeter mes filets
mais quand je les ai relevés
ils n’étaient pleins que de déchets

de faux-semblants d’esprits pollués,
de mensonges et raisons faussés,
de vieilles idées éculées
et d’ancien savoir erroné…

Parmi ces carcasses rouillées
et ces vieilles godasses usées
je n’ai même pas pu trouver
une raison de continuer

à pêcher dans la mer du “Net”,
tant celle-ci était souillée…
Aussi le dirai-je tout net
aux amoureux de vérité :
ailleurs il vous faut la chercher !  Lire Plus

« Vacances aux Tropiques » & « Ailleurs si j’y suis… »

— Patrick Mathelié-Guinlet —

Vacances aux Tropiques

Les plages sont bondées
et les “bondas” bombés
de beautés bien bronzées
brillent sous le soleil
comme autant de merveilles
aux yeux des promeneurs…

Et comme il fait très chaud,
un désir de fraîcheur
vous attire dans l’eau
car si belle est la mer
que chaque femme a l’air
d’être une “manman d’lo”…

Un parfum de vacances
vanille et puis coco
dont d’amour la fragrance
fait soudain le cœur chaud…

Quand le rhum coule à flots,
quelques pas d’une danse
mettent les corps en transe !

Ailleurs si j’y suis…

C’est un rêve d’ailleurs
et de vivre autrement…
Il paraît que là-bas
tout est si différent !

La vie est bien meilleure
et les gens sont charmants…
On ne se soucie pas
du pourquoi, du comment

mais encore bien moins
de quoi est fait demain…
Et plus besoin d’argent
non plus quand tout s’échange…

La vie rêvée des anges !
Si c’est un paradis
tel qu’il nous le décrit,
pourquoi est-il parti ?

Est-ce que lui aussi
rêvait d’un autre ailleurs,
qu’il est venu ici
pour tromper son ennui

et qu’il aurait donc fui
trop de monotonie ?  Lire Plus

Mové van – Mové bal

Mové van – Mové bal

— Par Daniel M. Berté —

Mové van
Mové bal

Mové van ka soufflé
Mové bal ka siflé

Mové van modision ka soufflé
Mové bal modision ka siflé

Mové van modision ka soufflé lanmò
Mové bal modision ka siflé lanmò

Van laviyolans
Bal lavanjans
Van lentolérans
Bal lentranzijans

An sel alé-viré
Lamorg ek lavéyé
An sel alé-viré
Lé paran dézolé

An sel soufrans an tjè
Lanterman senmitjè
An sel soufrans an tjè
Dézòlman frè ek sè

Bal lakolérans
Van lasoufrans
Bal lendésans
Van lenpisans

Mové bal modision ka siflé lanmò
Mové van modision ka soufflé lanmò

Mové bal modision ka siflé
Mové van modision ka soufflé

Mové bal ka siflé
Mové van ka soufflé

Mové bal
Mové van

Daniel M. Berté 100925  Lire Plus

Sèbi lapawol épi Mac Rémon

— Par Daniel M. Berté —

Woulé ba-mwen Soley éklérant réyonnant Ba-mwen lapawol glisant ba misié Rémon

Dimiwon, dimiwon, won notinbé i ka monté
Wa di fanmi bonjou lè’w ka monté Wa di zanmi bonjou lè’w ka monté
Mac Rémon, Mac Rémon, won notinbé i ka monté

1 é 1 : Dé! Désiyis man Désilap démon de ladévenn!
Je pense dans ma kabech-sisi et de ma djel kalé je crie : « Mac Rémon ! »
« Je n’ai de cri qu’en cette trace où fut le sel… »

Tak, drib, repriz-devolé : je crie : Mac Rémon, foutbalè !
Koudwa, smach, amowti : je crie : Mac rémon, ténis-jwè !
Békann, randoné, sprint : je crie : Mac Rémon, pédalè !  Lire Plus

Volodymyr, je t’aime…

— Par Myrna Nérovique —

Volodymyr, je t’aime.
Et, malgré toute cette haine,
Je rêve encore de ce beau jour,
Où nous pourrons vivre notre amour.

J’ai envie de mourir,
Je ne fais que souffrir.
Je sais que quelque chose en moi,
Me fait perdre la foi.

Dieu seul sait comme je t’aime,
Passionnément, comme on sème,
De ce doux tourment et même.

Volodymyr, je t’aime à la folie,
Tu es peut-être l’amour de ma vie.
Je sais qu’on ne sera jamais ensemble.
Et, mon courage ainsi s’assemble,
Pour te dévoiler mon amour,
Dans la clarté du jour.

Volodymyr, je réfléchis passionnément.
Mon cœur tremble constamment.
Qu’est-ce que la notoriété,
Devant la beauté de l’être aimé ?
Ce n’est pas quelque chose de choisi.
Cela est bien parti.
Volodymyr, je t’aime, aux larmes,
Je n’ai plus d’armes,
Pour être avec toi,
Qu’on se parle, toi et moi.

Volodymyr, je t’aime…
Volodymyr, je t’aime…

Crois-tu au destin ?
J’examine notre parchemin.

Volodymyr, je t’aime,
Pour notre amour, à notre tour.

Volodymyr, je t’aime.
Je t’aime à la perdition,
En espérant notre union.  Lire Plus

Words for Samuel (July 2021-June 2022)

— Par Nicolas Kurtovitch —

​When I will be young I will be in love
I’ll walk arm in arm with a woman
with my own nonchalant pace along the lagoon
I’ll be in the gaze of passers-by
like a young man at peace
I will be in love and all my body
will be like a volcano
​When I will be young I’ll have a great sword
I’ll fight against death
with sharp and steady blows
I’ll fight from sunrise
for the poor and those I protect
I will fear neither hurricanes nor fires
nor the succession of ghosts launched in attack
​When I will be young I’ll leave my country
I’ll go to discover the world
the sand plains the snow-capped plateaus
the oceans submitted to storms
the overcrowded cities the bucolic valleys
no nothing in this world will hold secrets anymore  Lire Plus

En regardant la mer du Carbet

— Par Philippe Charvein —

La Mer du Carbet Martinique

Je te contemple, mer des Caraïbes enveloppée de ta grande robe sur laquelle sont imprimés tant de navires en partance, vers des lointains.

Mon esprit les accompagne comme des oiseaux marins en quête d’un ailleurs, d’un paradis perdu d’émeraudes improbables.

Quand mon esprit s’anime à mesure que le tissu bleu se fronce et se défait, j’entends parfois les cris fusant au ras de l’eau comme des poissons volants : bancs de coulirous à babord ! non à tribord !… et c’est toute la vie qui s’écoule entre les mailles du filet.

Les raisiniers du bord de mer Au pied des raisiniers, c’est toute une rumeur de vagues qui recompose les sables comme les strophes d’un poème… une rumeur pour dire la versatilité du monde, le temps inconsistant, la poussière des songes.

Eternelle présence de la vie, cette déesse innombrable aux yeux vert bleu épouse du soleil… dans tes plis mystérieux se fomentent tous les drames de la Création depuis que s’est déployée la première algue des grands fonds.  Lire Plus

Madrid

—Par Gary Klang —
Au pays du grand maître qui défit les visages
Et de l’ours blanc plus grand que tous les autres
Dans ce pays des jeux de mort
Où nous voyions l’homme à la cape défier la bête mythique
Nous avions des nuits fauves et des joies
Où l’amitié seule avait son mot à dire
C’était le temps d’avant
Celui où la fissure ne perçait pas
Cachée par l’enthousiasme d’une jeunesse faite de rire et de poèmes
Nous écoutions alors Garcia Lorca et Machado
Son las cinco de la tarde
 
C’était l’heure où le toréador rendait l’âme dans l’arène de Madrid
L’heure des bars et des flamencos
Je me souviens d’une fille rencontrée par hasard
Avec qui nous marchâmes dans Madrid jusqu’à l’aube
Malgré celui qui citait Cervantès du haut de son balcon
Et les serenos qui répondaient très vite à l’appel de nos mains
C’était l’heure des soupers sans fin
Et des promenades sur la Gran Via jusqu’au petit matin
Nous relisions Hemingway et Lorca
Son las cinco de la tarde
 
GARY KLANG 
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Synesthésies : les « Haïkus » de Michel Herland

— par Rodica Gabriela Chira —

Je suis vraiment touchée par ce volume d’une élégance exquise que j’ai vu, goûté et écouté en même temps, sous l’empire des sensations inouïes engendrées par une succession d’images et de paroles. On ne pourrait penser à un volume pareil s’il n’était porté par une expérience de vie et une sensibilité poétique. Depuis toujours les poètes interprètent la rencontre entre l’homme et la Nature, sachant que l’image deviendra poétique seulement si les sens du poète comme ceux du lecteur sont prêts à l’accueillir. Déjà aveugle, Borges avait témoigné dans sa Prière de sa reconnaissance pour avoir su reconnaître ce que des gens qui disposent encore de la vue ne savent pas voir. Il témoignait ainsi que nos sens, suffisamment éveillés, peuvent nous porter au-delà des trois dimensions.

Compagne de la contemplation, la sagesse, si elle vient avec l’âge, peut être la meilleure des amies. Ainsi le château de ce haïku, « Dominant la mer/ Quelques cailloux entassés/ Le château des pauvres » (8-9), nous rappelle-t-il, entre autres, le passage du temps dans de modestes cailloux, là où un géologue décrypterait les traces des siècles et des millénaires.  Lire Plus

Autour du 14 juillet…

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Place de la Bastille, place de la Nation, ou place des Antilles, à chacun sa place sans perdre la face, sans contrefaçon..

On fête au quatorze juillet
en France la Fête Nationale
en l’honneur de la Liberté
de haute lutte récupérée
des mains du pouvoir Royal
avec en toile de fond
la prise d’une prison
comme le pétard mouillé
de cette Révolution
fêtée aujourd’hui par ses fils
avec des feux où l’artifice
l’emporte sur la réalité !
La Bastille ! Combien ont été
reconstruites sous d’autres noms,
en d’autres lieux et d’autres temps,
mêmes symboles d’un judiciaire
au service de l’arbitraire
d’un pouvoir aux limites peu claires…
Mais pour nous, Martiniquais,
c’est plutôt le vingt-deux mai
mil huit cent quarante-huit en vrai
que le peuple s’est libéré
des chaînes de l’oppression,
pouvoir absolu du colon.
Même si la Révolution
de mil sept cent quatre vingt-neuf
avait pendant la Convention
par une décision fort sage
aboli déjà l’esclavage
et accueilli des députés
de couleur à l’Assemblée
avant que la de Beauharnais,
Joséphine de son prénom,  Lire Plus

« Douleurs fantômes » & « Point à la ligne ! »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Douleurs fantômes

Au gré changeant de mes envies
et le bonheur en cœur de cible,
j’écorchai mon âme sensible
sur l’âpre chemin de la vie…

Après maints chagrins, maints déboires,
j’ai fini par perdre l’espoir
d’être un jour enfin satisfait
et que mon esprit soit en paix…

De ces trop nombreuses blessures
coula le sang d’une écriture,
coagulant en une croûte
de mots tout au long de ma route…

La poésie fut efficace
pour panser les plaies de mon cœur
et le temps la douleur efface
comme d’oubli une liqueur
mais les cicatrices demeurent
gravées au fond de la mémoire…

On a beau essayer de boire
et ces fantômes d’oublier
auxquels on ne voudrait plus croire,
ils reviennent toujours hanter
la solitude de nos soirs…

Point à la ligne !

Quand de vie notre ligne
brusquement s’interrompt
dans le creux de la main,
serait-ce un mauvais signe ?
On n’est plus sûr de rien,
pas même de demain…

La mort est en ligne de mire,
ligne de mort d’un avenir
qui devient flou et incertain…
Semble la ligne d’horizon
être le mur d’une prison !  Lire Plus

An zafè dlo

An zafè dlo

— Par Daniel M. Berté —
Gro lapli ka tonbé
Laviè ka débòdé
Lè gro kanrèm rivé
Poutan nou mantjé dlo
Man vréyé dlo, man pa mouyé pèsonn

Lasopama sloganné
Tè sé bwa, bwa sé dlo, dlo sé lavi
Epi dot i goumen
Pou sa protéjé dlo
Dlo pa ka monté mòn

Lasétéèm mandé
lotorité inik
Lé konséyé jiré
Pou tout moun menm pri dlo
Ou pa ka sali dlo’w

Lakasem ek Kapnò
Di wop tjenbon-tiré
Lespassid déklaré
Sé an fo bon lidé
Pa pran dlo mousach pou let

Laduem li afiwmé
Fok fè diféraman
Puma di réparé
Tout tiyo ki krévé
Chayé dlo an pannyé

Odisi Esème
Di sé nou lé fewmyé
Sé nou ki pou fiksé
Pri pou moun péyé dlo
Kout kouto an dlo pa ka lésé mak

Lamses ka djoubaké
Pou pé sa dépolyé
Fo déklòwdékoné
Pou sové la santé
Pwason an dlo toulong men i ka santi fré

Komité sitwayen lisid
Dénonsé la jésyon
Mandé fè an réfowm
Dlo potab pou tout moun
Dlo pyé’w an difé, ou pa menm sav

Pandan yo ka babyé
Dlo ka ped anba tè
Pandan yo ka palé
Lé pépa ka pijé
Dlo dépasé farin Daniel M.
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