Catégorie : Poésies

Thierry Mathiasin : Quai des arachides (6)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne, dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

LES ATTERRAGES DU TROU

Au gestation de poupes,
L’enfléchure ovulaire
A renfloué les étalingures du sang.
La progéniture des dérives
Aux écluses des copulations vaines
Drague des vibromasseurs
Dans l’étui océanique des horizons turgides.
Vagissements ensablés
Au cou des ressacs têtus,
excitant le gland des récifs
Qui moutonnent aux tangages
Des clitoris ballants.  Lire Plus

Nouvel-a tonbé (Ba Viktò…)

— Par Daniel M. Berté —

Nouvel-a tonbé (Ba Viktò…)

An siel blé, blé-blé-blé
San pies ti niyaj blan
An ti van lalizé
Ka souflé karésan
Zeb, plant épi piébwa
Lanati verdwayan
Bet, moun toutalafwa
Ka viv an tjè kontan
Pa té ni bwi-kouri
Ni pies endikasion
Pa té ni pies ti-kri
Pies anonsiyasion
Epi tou sibitman
Epi tou soudènman
Epi tou briskeman
Epi tou britalman
An kout tjok plis kalot
Tousa pa osi red
Kout woch, kout ba-lapot
Tousa sa poko red
An gran déflagrasion
An gro détonasion
An papa esplozion
An sakré déblozion
Lespri défolmanté
La pansé déjwenté
Servo dépotjolé
Kò dékalfonsé
Tet pété tjè félé
Lafanmi dézolé
Tjè pété tet félé
Zanmi débousolé
Nouvel-a tonbé
Ou sav ki I pati
Nouvel-a tonbé
I alé I pati

I pati Abolày
Monté an Galilé
Foukan kay Met Bazil
Vwayajé kay Man Moun

26/10/26  Lire Plus

IN MEMORIAM VICTOR ANICET

Patrick Mathelié-Guinlet

Un arbre géant sacré, un grand “Fwomagé” de la Martinique s’est abattu sous les coups de hache de l’âge…

Victor, victorieux de cette mort qui te rend immortel puisqu’à jamais bien vivant dans les innombrables œuvres que tu nous a laissées, dans ces peintures, ces sculptures, ces vitraux, ces calligraphies mais surtout dans cette terre martiniquaise dans laquelle tu as su insuffler ton âme, la pétrissant, la réchauffant avec amour pour la transformer en merveilles témoignant de nos racines ancestrales.

Ta vie, passionnante si elle en fut, tu aimais à nous la raconter avec le talent fascinant d’un conteur dans des paroles où la gentillesse et l’humour n’avaient d’égale qu’une grande sagesse…

Aujourd’hui je pleure un ami et avec toute la Martinique un immense artiste !

À jamais “lonnè ek respé”, Victor Anicet…

POTERIES

          (à Victor Anicet)

Mon pote le potier

a fait tourner la terre

pour de beaux vases en faire

avant de l’enfourner

dans les feux de l’enfer…

Mon pote le potier

est comme un créateur

de systèmes solaires,

un sculpteur d’univers,

un marchand de bonheur…

Il fait un beau métier !  Lire Plus

« Pas… man las », de Daniel M. Berté

— Par Daniel M. Berté —

Pas… man las

Pas man grenpé mòn rédi, mòn pé-bouch, mòn lanfè
Pas man glisé fon la déchéyans, fon la dézolans, fon la dékadans
Pas man pran lanmè sèvi savann, lavol anba dlo, lapoud deskanpet
Pas man konfonn wonm épi soup, dlo-mousach épi let, kaka-mouton épi tipwa

Pas man pilé kracha italien, ba lari chenn, kouri lapikoré
Pas man volé wo kon malfini, vit kon sisi, siw plas kon kolibri
Pas man monté pié lépini, désann fon vè-boutey, monté-désann kon boug fou
Pas man alé lwen, viré opré, alé-viré kon drivayè

Pas man pousé chouvalbwa, kanmarad, kabouwé
Pas man mennen loto, milé, lavi
Pas man maché an chimen chien, an gran bwa mannikou, an savann bef
Pas man travèsé mang mantou san prel, marigo kapolad man Doliban, ma labou Tansi Sony

Pas man dòmi-lévé an renyon, anba fomajé, an lapot senmitjè
Pas man bat lari Sentespri, larout Tibouk, latras Lavini
Pas man najé an lanmè Karayib, an laviè Koulis, an lak Titikaka
Pas man wondi an wet, an koulwa, an koridò

Pas man déplasé a la vites gran v, a la va-kom-je-te-pous, a la vol kon zazio
Pas man woulé kò-mwen, békann, moto
Pas man vansé an mitan la konsians, an didan la volonté, an van la libèté
Pas man janbé dalo, lalin, larel…

Jòdijou man an pwapwa, an délala, an dézawa
Jòdiya man aplat, an poud, an fin pousiew
Jòdi man las, las, las…

19/04/26  Lire Plus

Thierry Mathiasin : Quai des arachides (5)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne, dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Sans Titre

Mât de cocagne aux rivages de pagnes.

Ciel insulaire au soleil de la sardane.
Brisants de misère aux murailles d’échines.
Roucou des airs aux marelles des étales.
A l’heure pour une larme
Au zénith de son image.
En nage pour une rivière
Aux gués de son couchant.
Lucide pour une ombre
Aux absides de son levant.  Lire Plus

Thierry Mathiasin – Quai des arachides (4)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne,  dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Sans titre

Un révolutionnaire
Qui exhibait ses honneurs rétrogrades.
Un lâche engagé
Qui rabâchait sa bravoure réquisitionnée
Un messie qui en avait marre
Soldait ses stations.
Un don quichotte blême
Qui glorifiait ses déboires.
Un illustre mesquin
Qui instruisait ses chiens.
Une femme frigide
Qui maternait ses eunuques.
Un marin retraité
Qui pleurait dans son aquarium.  Lire Plus

Thierry Mathiasin – Quai des arachides (3)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne,  dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

On était là

On était là

Comme du déjà-vu

Qui excusait la mise-en-scène

De fortuits aveuglements.

Nos causes s’exhibaient

Aux effets incertains.

Ressassement d’un nous

Qui s’acharnait au pourquoi

Des je gémissant l’a-b-c

Du tout le monde désappris.

On était des vas

Avec des je-ne-sais-où,

Le laisser aller

Pour unique anonymat

Aux perditions impatientes.  Lire Plus

Thierry Mathiasin – Quai des arachides (2)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, plasticien, peintre, dessinateur et poète guadeloupéen, nous entraîne  dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Sans titre

Vouloir cribler les mots

Dans leur brèche

De non-sens,

M’éclabousser

Sur la mémoire

De leur palimpsestes

D’oubli,

Brouiller la cible

Des figures originelles

Exorbitées, des signes muets

De l’absence, présence des grimoires

Vertex

Un an

Fixé dans le ciel

Avant l’éclipse,

Sème des nuages d’argile

Où l’espace inachevé

Nous tombe des planètes.

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Jacques-Olivier Ensfelder : D’ambres et de lumière

Avec son nouveau recueil de haïkus, le comédien, metteur en scène et poète Jacques-Olivier Ensfelder invite le lecteur à une rencontre sensible entre l’imaginaire caribéen et la tradition poétique japonaise.
Un ouvrage où les mots et les créations graphiques composent un même univers artistique.
Il est des livres qui ne cherchent pas à raconter le monde, mais à nous apprendre à le regarder autrement.
D’ambres & Lumière, le nouveau recueil de Jacques-Olivier Ensfelder, appartient à cette famille d’ouvrages où la poésie se fait contemplation, où quelques mots suffisent à ouvrir un horizon.
Artiste caribéen, comédien et metteur en scène depuis plus de trente ans, Jacques-Olivier Ensfelder poursuit ici un cheminement littéraire profondément personnel. Avec ce cinquième livre de poésie, et son deuxième recueil consacré au haïku après Rumeurs d’île, il retrouve la forme brève de cet art japonais qui saisit, en quelques vers, la beauté fragile d’un instant.
La nature, le passage du temps, le silence, la solitude, la présence invisible des choses traversent ses poèmes. Un papillon, une fleur, une cloche, un escargot deviennent autant de portes ouvertes sur une réflexion plus vaste : celle de notre place dans le monde et de notre manière de l’habiter.
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Thierry Mathiasin – Quai des arachides (1)

– par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, plasticien, peintre, dessinateur et poète guadeloupéen, nous entraîne  dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage.

Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. 

Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Karukera

Nuit crépue

Fléchée de clameurs.

Étoiles envoûtées

Aux frondaisons de lune.

Migrations de cotons

Au cap affûté d’exil.

Versant

Des entours lactescents

Mamelonnés d’ignames.

Long champ de fibre

Aux inflexions des mers.

Source flambante des plantations

Gorgées de rives.

Mancenilliers des larges cratères

Arrimés de dictames.

Vesou

Du plus haut accent

Aux conques des atolls tumultueux

Vèvè du marronage

Aux ensemencements de l’isolé soleil.  Lire Plus

Désenchantement

Désenchantement

— Par Camille Loty Malebranche —

Je me suis réveillé
Au coeur d’un monde
Colosse de mirage, empoigné de déroutes
Exhalant l’odeur âcre, méphitique
De nos ordres chaotiques, imprégnés de malheurs
Et l’entêtement des bonheurs artificiels

Je me suis réveillé
Et je n’ai vu que la lourdeur de nos gestes et l’interaction de nos maux
Jonglerie maniaque pour nos spartiates désabusés,
Nos fauves anthropomorphes, anthropophages

Je me suis réveillé
Au coeur d’une terre vacillante, entropie ténébreuse
Aux baraques sanguines des mers guerrières.

Et le sang qui gicle dans son tourbillon
Disque d’accrétion létale, patibulaire
Au sens contraire des rotations de la Terre,
Dément les soleils faux de nos chartes balisées de noirceurs intestines

Et malgré l’évolutive odyssée temporelle de l’histoire aux avatars et du progrès,
Piétinent nos vœux, pataugent les pas sans marche, traîne-savates, démarche abjecte de l’homme, phylum de nains, d’avortons

Hibernent les étoiles, soleils scalpés;
Et les ères génitrices où la terre s’est faite mère,
Au firmament de nos oeuvres,
Accouchent de tertres mortuaires, tremplin mortel
Aux dépouilles de l’homme, aux débris de l’humain

Ah! Voûtes géantes, spectrales de nos actes!  Lire Plus

Tro souvan

Tro souvan

— Par Daniel M. Berté —

Tro souvan
man pran wonm pou soup
ek ritouvé kò-mwen ka bouché an dalo
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran lanmè sèvi savann
douvan bekmè majò ka kouri dèyè-mwen
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran an sis pou an nef
opwen ki man vini kondi an Kris anglé
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran koko pou zabriko
épi pèdi kò-mwen an drivayaj san fen
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran bol-jounou manman pou an manch-pilon
moun di ki man pilé an kracha italyen
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran kaka-kabrit pou ti-pwa
é sakisav afiwmé ki sé mal yo fè-mwen
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran tjim-savon pou let
é tout lasent jounen man ka ba lari chenn
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran lapo-lanmori pou vyann
é man té tjoupèpè ka bat bè ek mizè
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran pawol épi manzè alkol
ek maché san wontri an lanmen douvan an lanmen dèyè
an lari Sentespri

Tro souvan
man pran rézolisyon
ponmet jiré kraché di maché an nonm dwet
an lari Sentespri

Daniel M.  Lire Plus

Je n’ai pas pris l’autre chemin

— Par Robert Lodimus —

Les yeux embastillés dans la noirceur,

Le paysage gourd, encore sous l’effet de l’hébétude,

Reçoit en plein visage la vague de froidure de l’aube.

À cette période de l’année,

La nature n’arrive pas à s’échapper

De l’emprise des ténèbres épaisses libérées par Nyx,

La déesse de la nuit.

Les maisons glacées et les arbres effeuillés

Se dévoilent lentement à la clarté rebelle du jour.

Je me rends compte, comme la plupart de mes camarades,

Que je vieillis dans « Le pays sans étoiles » de Pierre Véry.

Loin des forêts tropicales, touffues et verdoyantes,

Qui berçaient de l’hiver à l’été mon enfance joyeuse

Avec les chants symphoniques des grives de Bicknell,

Les jacassements des pies, les coassements des crapauds,

Les cancanements des canards, les trissements des hirondelles,

Les béguètements des chèvres…  Lire Plus

« La vie est la farce à mener par tous », « Lettre d’amour à Haïti

La vie est la farce à mener par tous
— Par Gary Klang —
La vie est la farce à mener par tous
Il faut rire les amis
Rire à n’en plus pouvoir
Rire à la mer et aux étoiles
Rire au mal et à la mort
Rire
Car la vie est une farce
Rien qu’une farce
Comme dit le poète
Qui s’en allait
Les mains dans les poches crevées
Oui mes amis
Quelle farce la vie
Sortir d’un trou
Pour finir dans un autre
Nous sommes tous des migrants
Mais refusons de voir
Prenant tout au sérieux
Trompant
Tuant
Au lieu de rire
Rire au soleil
Et à la lune
Rire à l’absurde
Rire à n’en plus pouvoir
Alors
Ce serait joie sur terre
Qui ne serait plus vallée de larmes
Mais océan de bonheur
Où chacun se donnerait la main
Noirs Blancs Jaunes Rouges
Le soleil brillant enfin pour tous
O Oui mes frères
Tendons-nous tous la main
Afin d’être joyeux
Et de rire
Car la vie est une farce à mener par tous
Rien qu’une farce
Non rien n’est jamais sérieux
GARY KLANG
*****
***
*
Lettre d’amour à Haïti
Par Gary Klang
Ma chère île
Qu’est-ce qui t’arrive
Toi jadis si belle
Si fière
Au point que l’on t’appelait Perle des Antilles
Te voilà maintenant la proie des gangs et des malfrats
Même le soleil détourne le regard
Tu n’es plus que l’ombre d’un grand passé défunt
L’ombre d’une grande histoire
L’ombre d’une ombre
Et tes bougainvilliers
Que sont-ils devenus
Eux qui jadis grimpaient si joyeusement aux murs
O terre aimée
Terre de rêve au goût d’amande
Qu’est devenue la ville où je suis né
Je ne la reconnais plus
Ni le Champ-de-Mars tant de fois parcouru
Aujourd’hui champ de boue
Qu’est-ce qui t’a pris ô mon île
Tu fais peur maintenant par ta violence
Et les lieux que j’ai connus jadis n’existent plus
Ces lieux où il fit si bon vivre
Je me rappelle ces marchandes descendues des montagnes
Venues pieds nus
Dans la poussière et sur les cailloux
Avec leur panier sur la tête
Afin de vendre quelques légumes
Je revois également les amis
Passant sans s’annoncer
Nous discutions de tout et de rien
Surtout de rien
Histoire de passer le temps
Il y avait aussi les promenades du dimanche soir au front de mer
Autour de la fontaine
Avec son doux murmure d’enfant heureux de vivre
Quelle tristesse d’y penser
Je ne te reconnais plus ô ma terre
Depuis la venue d’un médecin fou
Qui tuait au lieu de soigner
Celui par qui tout le mal est arrivé
Non rien n’est plus comme avant
Mais je garde espoir
Réveille-toi ô mon île
Et sors de ta léthargie
Redeviens celle que tu étais
La fierté de tout un peuple
N’oublie jamais que là où Spartacus a échoué
Toi par tes seules forces
Tu t’es défaite des chaînes de l’esclavage
Sois un modèle ô ma terre pour l’humanité tout entière
GARY KLANG
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« État des lieux au coin du feu… », « Pêche à la ligne »

État des lieux au coin du feu…

La glace fond, la mer monte, avalant îles et côtes…
Tornades, ouragans, inondations font la une…
Les températures explosent !
Partout la forêt brûle !
La faute à la canicule ?
Plutôt celle des industriels et de la course effrénée au profit, à la croissance à tout prix et la surproduction du modèle économique capitaliste libéral.
La faute à ces gouvernants sourds aux avertissements éclairés des scientifiques parce que valets asservis avérés des précédents.
L’argent est le seul roi dont ils ne sont que les hommes de paille, tristes épouvantails !
Notre poumon est en feu, notre oxygène brûle et part en fumées toxiques, réchauffant un peu plus une atmosphère depuis longtemps déjà en surchauffe…
Responsables ?
Nous le sommes tous, hélas, pour n’avoir pas su empêcher, au besoin par la force, ces coupables d’agir et ce système de s’établir, responsables de cette passivité du laisser faire…
Maintenant, au propre comme au figuré, la canicule nous met le feu au cul !
Responsables également, tous ces rois et empereurs idiots qui, jadis, après avoir massacré nos forêts primaires humides et asséché nos marais sous prétexte d’urbanisation, les ont remplacées par des plantations de monoculture de pins à la résine tellement inflammable !  Lire Plus

Je vais au gré du vent

Je vais au gré du vent
— Par Gary Klang —
Je vais au gré du vent
Et ne sais où aller
Les chemins ne mènent nulle part
Et tout s’embrouille
La lune ne brille plus comme avant
Même le soleil paraît maussade
On dirait
Un feu d’enfer surgi pour nous narguer
Et c’est alors qu’une voix venue d’ailleurs murmure
Voici le temps des petits hommes
Tous les grands sont partis
Nous laissant seuls
Oui triste triste est ma pauvre âme
Ami
Alors que faire me diras-tu
Les guerres surgissent à tout propos
Tels des feux fous
Accompagnées de bombes aveugles
Et moi je vais
Au gré du vent mauvais
Ne sachant où aller
Pareil à l’homme
Laissé seul dans un désert de sable
Pas d’autre choix qu’attendre
J’attendrai donc
Qu’une porte s’ouvre
Et que quelqu’un m’accueille
Car je n’ai plus
Ni parents
Ni amis
Je suis
Comme un enfant que sa mère abandonne
O oui Ami
Triste triste est mon âme
Et j’attends
GARY KLANG
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 » Poète »,  » La Poésie »

—  Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Poète

Lorsque vide est ma tête
où j’ai fait place nette
de toutes ces sornettes
qui peuplent l’internet,

elle s’emplit de mots
qui sont comme un écho,
une vision d’esthète
de ce que la planète

compte alors de plus beau…
Et je me fais poète
pour payer mon écot,
dans un moment de fête

partager ce cadeau
que m’aura fait la vie
d’entrouvrir le rideau
sur un bout d’infini…

La poésie

De joie ou de souffrance
elle est toujours un cri !
L’expression d’une transe
même quand on l’écrit…

Pure sorcellerie !
“Dérèglement des sens”,
c’est ce que nous a dit
Rimbaud, poète maudit…

Chercher la vérité
et le sens de la vie
au-delà d’apparences,
tutoyer la folie…

Quand tout le monde dort,
interroger la nuit.
Apprivoiser la mort
et s’en faire une amie :
ne pas mourir d’ennui !

Patrick Mathelié-Guinlet  Lire Plus

Divini zozio ?

— Par Daniel M. Berté —

Divini zozio ?

Aimé Césaire té di
afos i gadé-yo, an pyébwa i divini
Mwen sé zozio man lé vini
afos gadé-yo épi lanvi
Si man té pé èt an zozio
kiles man té ka’y chwézi ?
Yonn ki ni gro-gran kri
oben an tou piti ?
Sa ka rilévé défi
ek afronté lelmi ?
Yonn ka volé isi
oben jik lenfini ?
Tala ki ni plim gri
ek ki rayi lapli ?
Sila ki évité pri
adan an piej lagli ?
Malfini ki ka souri
lé Jili ka fè kokinri épi Anri ?
Sisi ki ka sanfui
jik Sentlisi lè’y wè fizi ?
Kayali ki ka di
ki titiri sé kochonni ?
Grigri ki ka dòmi
an lépini Sentmari ?
Pewdri ki ka kouri
an lari Sentespri ?
Pipiri ki ka pini
sa ki touché yich-li ?
Bengali ki ka ri
douvan an mango mi ?
Koulibri ki pati
pou étenn lensandi ?

Anpil bòn volonté man ni
pou kon zozio man sa pati
pou alé fè an bel wondi
Jis an tet-mòn Fonsendini
Men jiskisi man ka santi
man pa ka’y rivé réyisi
Zozio sa red a divini
sa pa fasil pies mé zanmi
Si dé bel zel man té ni
man té ka’y pé pati
Fè tousa man anvi
volé lwen dan lanati  Lire Plus

Tout s’en va à vau-l’eau

— Par Gary Klang —

Tout s’en va vau-l’eau
Tout ce qui est ne sera plus
La mer se retire
Et moi
Je pense au temps passé
Au temps défunt
A la maison tombée dans la poussière
Un soir où tout semblait si calme
Et je me dis
Pourquoi tout va si mal
Qu’est-ce qui pousse à mal faire
Tel ce médecin soignant le pian
Et qui une fois élu
Ne guéris plus personne
Mais tua ceux qui jamais ne lui ont fait de mal
Tout comme ces petits hommes en pantalons flottants dans la forêt
Éliminant leur propre peuple à coups de barres de fer
Puis vidant toutes les villes
Leur chef aimait pourtant Verlaine
Sans oublier ceux qui un jour voulurent éliminer le peuple de la Bible
Les cheminées crachant la chair humaine
Et tuant à qui mieux mieux
Pourquoi donc ô mon Dieu
Pourquoi le mal
Pourquoi certains prennent-ils les chemins creux
Alors que la grand-route apporte la lumière
Comme une nuit calme baignée d’étoiles
Une nuit parfumée au jasmin
Allez comprendre

Gary Klang  Lire Plus

« Un autre ( mauvais) état de lieux… » & « Dernier cri »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Un autre ( mauvais) état de lieux…

Je ne suis pas un citoyen,
ne vivant pas dans la cité…
Je ne suis pas un mitoyen
car mon territoire est entier,

ne souffrant aucune frontière
ni de murs à ma liberté…
À tous doit profiter la Terre,
elle n’appartient à personne !

Nomade était l’unique norme
d’existence aux tout premiers âges
quand importaient encore à l’homme
rencontres, échanges et puis partage…

Hélas, les choses ont bien changé…
À présent les “gens du voyage”
sont méprisés, stigmatisés
dans un monde trop sédentaire
dont les pseudo propriétaires
ne veulent plus rien partager !  Lire Plus

Hommage à Hayden.

— Par Myrna Nérovique —

Hayden,
Toi, qui avait la nuance du paradis.
Aujourd’hui, tu es bien partie,
Tout comme Dolly Parton.
Je pense encore à Bill Clinton.
La vie espère te retrouver.
Ta beauté n’expirera point en dernier.
Je te souhaite de trouver le salut,
A une âme, qui ne serait point déchue.
Hayden, tu seras bien immortelle,
Sur Terre, tu étais sensationnelle.
Je ne suis point américaine,
Mais, cette mort m’inspire bien de la haine.
Les innocents auront, un jour, l’huis de la victoire.
Dieu nous honorera, même sans le vouloir.
Prends soin de toi, Hayden.
Et, n’oublie jamais, tu étais bien humaine.
Prends soin de toi, étoile du jour.
A chacun viendra le tour.

 

Myrna Nérovique  Lire Plus

Ode au Che

Prévisualiser (ouvre un nouvel onglet)— Par Gary Klang

O Che
Un jour
Par haine de l’injustice
Tu partis à la défense des opprimés
Sur les routes de poussière et dans la jungle
Malgré l’asthme qui ne t’a jamais quitté

Tout allait bien
Tout prenait sens
Mais tout prit fin dans un village perdu des Andes
L’homme de main te croyait vaincu
Mais ce qu’il ignorait
C’est que tu vivrais éternellement dans la mémoire des hommes

Adios Compañero Heroico
Je te salue de tout mon cœur
De toute mon âme
Repose en paix
Car ton corps
Allongé presque nu sur une table de campagne
A vaincu la mort à tout jamais  Lire Plus

Maren-péchè

Maren-péchè

(Ba lé Adémar)

— Par Daniel M. Berté —

Maren-péchè de bònimè

Ek yo anmen alè lanmè

Maren-péchè lévé bonnè

Pou pati alé an lanmè

Sé pa boug ki ka gadé lè

Pas trava’y pa ka fè yo pè

Yo ka fè bon lajan délè

Lè yo mennen an ban atè

Ki yo ka vann ba lé achtè

Sa ka fè maché lé zafè

Maren-péchè ka pran bon fè

Men yo paka ladjé lanmè

Men si lapech pa ba’y an lè

Yo pa ka rété ka bat bè

Yo ka sanblé kon sè ek frè

Pou pé sa rédi senn atè

Nas-yo malonnet ka vòlè

Klòwdèkòn ki désann lanmè

Park natirel maren ouvè

Ni tousa ka fouté-yo fè

Maren-péchè pa flègèdè

Yo tout sé frè anlè lanmè

La pech chadron sé kontrolè

Rol a péyé sé gran bonnè

Kannot filet épi motè

Tousa ka rivini tro chè

Men sé pa moun ki plewnichè

Pas yo ni kouraj ek yo fyè

Dan la dévenn kon la doulè

Yo pa ka met jounou atè

Maren-péchè pa tjoupèpè

Ek yo toujou ka bat lanmè

Yonn ka jwenn Met Bazil délè

Pas pa ni branch an gran-lanmè

Ek lafanmi é lé konpè

Ka pléré jiska néyé tjè

Mé sa ki pran kalot Malè

Poutan pa ka rété tèbè

Sé pa moun ki ka fè lèlè

Yo ka goumen pou pé wè klè

Maren-péchè dèmen kon yiè

Ka’y kontinié alé lanmè

Daniel M.  Lire Plus

« (Mauvais) État des lieux… » & « Dans les filets du « Net”… »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

(Mauvais) État des lieux…

Le bonheur n’est plus dans le pré !
Ça fait longtemps qu’il a filé
comme un oiseau à tire d’aile
loin des terres chlordéconées…

Dans l’eau des rivières polluée
est un crabe aux pinces mortelles :
point d’antidote à son venin,
quand il vous mord, sûre est la fin !

Un paradis viré l’enfer !
De cette île en mitan la mer,
voilà tout ce qu’ils ont pu faire
par avidité financière…

L’argent pourrit le cœur de l’homme
et comme un ver dans une pomme,
d’un vivant fait un économe
déconnecté du réel sens
que doit avoir son existence…

Dans les filets du « Net”…

À la pêche à la vérité
je m’en fus jeter mes filets
mais quand je les ai relevés
ils n’étaient pleins que de déchets

de faux-semblants d’esprits pollués,
de mensonges et raisons faussés,
de vieilles idées éculées
et d’ancien savoir erroné…

Parmi ces carcasses rouillées
et ces vieilles godasses usées
je n’ai même pas pu trouver
une raison de continuer

à pêcher dans la mer du “Net”,
tant celle-ci était souillée…
Aussi le dirai-je tout net
aux amoureux de vérité :
ailleurs il vous faut la chercher !  Lire Plus

« Vacances aux Tropiques » & « Ailleurs si j’y suis… »

— Patrick Mathelié-Guinlet —

Vacances aux Tropiques

Les plages sont bondées
et les “bondas” bombés
de beautés bien bronzées
brillent sous le soleil
comme autant de merveilles
aux yeux des promeneurs…

Et comme il fait très chaud,
un désir de fraîcheur
vous attire dans l’eau
car si belle est la mer
que chaque femme a l’air
d’être une “manman d’lo”…

Un parfum de vacances
vanille et puis coco
dont d’amour la fragrance
fait soudain le cœur chaud…

Quand le rhum coule à flots,
quelques pas d’une danse
mettent les corps en transe !

Ailleurs si j’y suis…

C’est un rêve d’ailleurs
et de vivre autrement…
Il paraît que là-bas
tout est si différent !

La vie est bien meilleure
et les gens sont charmants…
On ne se soucie pas
du pourquoi, du comment

mais encore bien moins
de quoi est fait demain…
Et plus besoin d’argent
non plus quand tout s’échange…

La vie rêvée des anges !
Si c’est un paradis
tel qu’il nous le décrit,
pourquoi est-il parti ?

Est-ce que lui aussi
rêvait d’un autre ailleurs,
qu’il est venu ici
pour tromper son ennui

et qu’il aurait donc fui
trop de monotonie ?  Lire Plus