Salut raciste,Écrits
Lettre à un raciste
Salut raciste,
Salut raciste,— Par Rodolf Étienne
Avant que Bob Marley, le reggae et les dreadlocks ne donnent au rastafarisme une visibilité mondiale, un formidable réseau d’idées circule déjà entre la Jamaïque, Trinidad, les Antilles françaises, Paris, Harlem et l’Afrique.
Garveyisme, panafricanisme, internationalisme noir, éthiopianisme, affirmation d’une identité noire et interrogation sur l’héritage africain traversent ces espaces. Et la Martinique se trouve beaucoup moins éloignée de cette histoire qu’on pourrait le croire.
Bob Marley arrive bien après l’histoire
Bob Marley n’est pas à l’origine du rastafarisme. Lorsqu’il naît en Jamaïque en 1945, le mouvement possède déjà une histoire d’une quinzaine d’années. Le moment symbolique déterminant intervient le 2 novembre 1930, lors du couronnement à Addis-Abeba de Ras Tafari Makonnen sous le nom d’Haïlé Sélassié Ier, empereur d’Éthiopie. Plusieurs prédicateurs jamaïcains interprètent alors l’événement dans une perspective biblique et afrocentrée.
Parmi eux figurent Leonard Howell, Joseph Hibbert, Archibald Dunkley et Robert Hinds. Howell, qui avait séjourné aux États-Unis et fréquenté les milieux influencés par le garveyisme, devient l’une des principales figures de la première génération rastafari. Marcus Garvey lui-même n’est pas rastafari. Mais sa pensée exerce une influence considérable sur les fondateurs du mouvement.<p> Lire Plus
Décès d’Alexis Leger, dit Saint-John Perse, le 20 septembre 1975
» S’en aller ! S’en aller! Parole de vivant ! »
Alexis Leger, dit Saint-John Perse, né le 31 mai 1887 à Pointe-à-Pitre et mort le 20 septembre 1975 à Hyères, est un poète, écrivain et diplomate français, lauréat du prix Nobel de littérature en 1960.
En marge des mouvements littéraires de son époque, sa poésie, en versets, est réputée pour son hermétisme, mais aussi pour sa force d’évocation. Il reçoit le prix Nobel de littérature « pour l’envolée altière et la richesse imaginative de sa création poétique, qui donne un reflet visionnaire de l’heure présente ».
Biographie
Jeunesse et débuts diplomatiques
Fils d’Édouard Pierre Amédée Leger, avocat-avoué en Guadeloupe à partir de 1873, et de Marie Pauline Françoise Renée Dormoy, fille d’une famille de planteurs guadeloupéens3, Alexis Leger naît au no 54 rue Achille-René-Boisneuf à Pointe-à-Pitre. Il y passe son enfance, ainsi qu’à l’îlet Feuille où il découvre la nature, et surtout dans les deux importantes demeures familiales que sont « La Joséphine » — une caféière sur les hauteurs de Saint-Claude au sud de Basse Terre — et « Le Bois-Debout » — une exploitation de canne à sucre à Capesterre — qui marqueront son imaginaire.<p> Lire Plus
— par Gary Klang —
La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée, totémisée, pétrifiée
et folklorisée à l’épreuve des sciences du langage
— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
De nos jours, l’intellectuel haïtien aurait-il peur du débat d’idées ? Aurait-il choisi le fictif repos du guerrier ou la complaisante amnésie sélective pour se conformer aux ludiques rituels du baboukèt ? Existe-t-il un « déficit épistémologique » dans le champ intellectuel haïtien autrefois habité par d’âpres débats d’idées ? À l’aune de l’intellection du refus de l’esprit analytique/critique dans le champ intellectuel haïtien, le présent article démontre que le silence contrit et faussement oecuménique de nombreux intellectuels face à l’insignifiance multifacette de l’Akademi kreyòl ayisyen (AKA) entre 2014 et 2026 n’est pas la traduction d’un simple échec institutionnel mais l’expression contemporaine d’un relatif « déficit épistémologique » qui génère l’aveuglement consenti et le nanisme de l’esprit critique face à l’absence de la politique linguistique de l’État conforme à la Constitution de 1987. En référence à la pensée analytique de Hanna Arendt (la « démission du jugement ») et de Pierre Bourdieu (la « reproduction et la conservation des idées générant le statu quo »), le présent article prend acte que de nombreux intellectuels haïtiens ont renoncé à exercer une vigilance critique envers les différents appareils d’État et envers une micro- institution –l’Akademi kreyòl ayisyen–, lourdement défaillante et dont l’insignifiance et l’échec multifacette sont de notoriété publique.<p> Lire Plus
La Journée du livre haïtien de Montréal est désormais un patrimoine littéraire majeur en Amérique du Nord
—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
Trois générations de lecteurs à Montréal. Ils se sont donné rendez-vous à l’entame de « leur » Journée du livre haïtien ce samedi matin 22 août 2026 : les Boucard, jeunes migrants arrivés de Jacmel dans les années 1960 et venus se mettre à l’abri du massacre de Thiotte sous François Duvalier. Ce massacre s’inscrit dans le cadre des tueries du 26 avril 1963 considérées comme l’un des épisodes les plus meurtriers de la dictature de François Duvalier et visant des opposants présumés, des militaires et leurs familles. La seconde génération des Boucard, trois enfants, nés au Québec et biberonnés au petit-lait de « Gouverneurs de la rosée » et de « Mon pays que voici ». La troisième génération des Boucard, petits-enfants eux-aussi nés à Montréal et assidus aux cours de culture et de langue créole du Centre N A Rive. Chez les Boucard de Jacmel comme chez les Boucard de Montréal, les livres, la lecture, c’est à la fois un plaisir et un liant, c’est également une histoire, une cordée de mémoires, celles de la transmission, d’une génération à l’autre, d’une île (Haïti) à l’autre (Montréal)…
Trois générations de Boucard, lecteurs fervents et assidus de l’annuelle Journée du livre haïtien du Centre N A Rive.<p> Lire Plus
— Par Patrick Chamoiseau —

17/09/26
Sur l’octroi de mer
La problématique de l’octroi de mer est assez simple.
C’est un outil fiscal.
Il n’a, en lui-même, aucune vertu particulière.
Tout dépend du projet politique, économique, social, culturel et écologique auquel il se trouve adossé.
Mis au service d’un système d’hyper-consommation importée, d’assistanat, de dépendance et de déresponsabilisation, il conforte ce système et devient aliénant.
Mis au service d’un Faire-pays — produire davantage, assainir nos consommations, réduire nos dépendances, protéger le vivant et nous projeter dans la Caraïbe, les Amériques et le reste du monde… — il peut devenir un vecteur d’émancipation.
L’octroi de mer ne vaut donc ni par son maintien, ni par son aménagement, ni par sa suppression.
Il vaut par la vision politique qui l’ordonne et par le devenir collectif qu’il conforte.
p. c.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Étienne
Dans la famille Jean-Louis-de Rivel, qui demander ?
Il arrive que l’histoire disperse les membres d’une même famille au point de nous empêcher d’y voir clair !
Henri Jean-Louis est généralement présenté comme juriste, écrivain, militant panafricaniste et pancaribéen. Son fils, Victor Jean-Louis Baghio’o, apparaît dans l’histoire littéraire comme romancier et ingénieur du son. Sa fille Cécile Jean-Louis, devenue Moune de Rivel, appartient quant à elle à l’histoire de la chanson créole. Leur mère, Fernande de Virel, reste beaucoup moins connue alors qu’elle fut compositrice, violoniste, pianiste et pédagogue.
Pourtant, réunis, leurs itinéraires dessinent quelque chose de beaucoup plus vaste : l’histoire d’une famille créole qui, pendant près d’un siècle, fait circuler entre les Antilles, l’Europe, l’Afrique et les Amériques des idées, des textes, des musiques et une certaine conception de la dignité noire. Charles W. Scheel lui-même invite à considérer ensemble Henri Jean-Louis, Fernande, Victor et Moune dans ce qu’il appelle le « losange » de l’Atlantique noir.
Au commencement, Henri Jean-Louis et Fernande de Virel
Henri Jean-Louis naît à Sainte-Anne en Guadeloupe en 1874.<p> Lire Plus
Entretien : Rodolf Étienne / Pierre-Roland Bain, KEPKAA
À Montréal, le Mois du Créole s’apprête à franchir un cap symbolique.
Pour ouvrir cette année l’édition anniversaire du Festival créole de Montréal, deux grandes voix martiniquaises seront à l’honneur : Jocelyne Béroard et Tony Chasseur, réunis le 3 octobre au Monument-National de Montréal pour un spectacle associant zouk, biguine, kreyòl jazz et rythmes caribéens.
Du 3 au 30 octobre 2026, le KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisation — organise la 25e édition du Mois du Créole à Montréal, autour de la transmission, du dialogue, de la solidarité et de la diversité culturelle.
« Le festival, lancé à Montréal en octobre 2002, s’est progressivement imposé comme un rendez-vous incontournable de mise en relation des différents espaces créolophones. »
C’est l’un des fils rouges de cet entretien avec Pierre-Roland Bain, président du KEPKAA — Comité international pour la promotion du créole et l’alphabétisationà l’occasion de cette 25e édition.
Rodolf Etienne : Dans le vif du sujet, et depuis votre position, vingt-cinq éditions après les débuts du Mois du Créole, où en est la langue créole ? <p> Lire Plus
– Par Rodolf Étienne
« L’homme a peur de son rêve au moment de le satisfaire… »
L’Appel. Les Indes. Édouard Glissant. Ed. Du Seuil, 1956.
Précision indispensable : le delirium tremens est une urgence médicale liée au sevrage alcoolique sévère. Il n’est nullement utilisé ici comme qualification médicale de la société martiniquaise, mais exclusivement – abusivement – comme image littéraire et politique du sevrage et de la dépendance.
Entre désir d’émancipation et besoin de protection, revendication identitaire et dépendance économique, créolité assumée et attachement au cadre français, la Martinique semble parfois hésiter au seuil de sa propre transformation.
La question est pourtant moins simple qu’elle n’en a l’air. Depuis plusieurs générations, le discours collectif porte simultanément une volonté de différenciation et une demande d’égalité, un désir d’autonomie et un besoin de protection, une critique de la dépendance et une inquiétude profonde devant les conséquences de sa disparition. En clair, le Martiniquais affirme vouloir davantage décider ici-même en Martinique mais continue à attendre énormément de Paris. Il dénonce une économie dépendante, mais une part essentielle de son niveau de vie repose sur des mécanismes de redistribution, des dépenses publiques, des prestations sociales, des rémunérations et des investissements qui s’inscrivent dans l’ensemble français et européen. <p> Lire Plus

Les recherches contemporaines consacrées aux femmes artistes la présentent comme la première sculptrice native des Antilles françaises reconnue.
Et pourtant, lorsqu’on évoque aujourd’hui les grandes figures intellectuelles et artistiques martiniquaises du XXe siècle, son nom vient rarement parmi les premiers.
Marie-Thérèse Julien Lung-Fou, sculptrice, dessinatrice, poétesse, conteuse, autrice pour la jeunesse, animatrice culturelle, éditrice d’une revue, défenseuse du créole et du patrimoine antillais, appartient à une catégorie surprenante du patrimoine commun, celles des femmes martiniquaises dont le nom semble avoir glissé lentement hors defs limites de la mémoire collective.
Née aux Trois-Îlets en 1909
Marie-Thérèse Julien Lung-Fou grandit dans un environnement marqué par la poterie et les artisans. Née aux Trois-Ilets, en 1909, sa propre histoire familiale porte déjà plusieurs des mondes qu’elle cherchera plus tard à réunir : héritages chinois, afro-caribéens et européens.
Après une scolarité au Pensionnat colonial de Fort-de-France, elle franchit en 1934 une étape considérable pour une jeune Martiniquaise de cette époque : elle intègre l’École nationale des beaux-arts de Paris. 1934 : Il faut s’arrêter sur cette date. La Martinique est encore une colonie.<p> Lire Plus
Magouilles, mensonges et dilatoires
« Les vices de l’esprit peuvent se corriger ; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer.»
(Voltaire)
Les élections générales du 25 octobre 2015 en Haïti, comme nous l’avons souligné au chapitre précédent, n’ont pas échappé aux étampes des « magouilles traditionnelles ». Elles ont marqué le début d’une crise politique majeure et d’une instabilité institutionnelle prolongée dont le pays subit encore les répercussions profondes. Conçu à l’origine pour élire un nouveau président, renouveler le Parlement et choisir les magistrats municipaux, ce triple scrutin s’est rapidement transformé en une « impasse démocratique » majeure.
Le premier tour des élections, combiné aux législatives et aux municipales, s’est tenu dans un climat de forte tension. Plus de 50 prétendants briguaient la succession de l’arsouille et l’aigrefin sortant, le chef dévoyé du PHTK. Seul environ un quart des électeurs inscrits s’est déplacé aux urnes. Bien que la journée du vote ait été globalement épargnée par de grandes violences, le dépouillement a été entaché d’accusations graves de bourrage d’urnes et d’irrégularités généralisées.<p> Lire Plus
— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Poète
Lorsque vide est ma tête
où j’ai fait place nette
de toutes ces sornettes
qui peuplent l’internet,
elle s’emplit de mots
qui sont comme un écho,
une vision d’esthète
de ce que la planète
compte alors de plus beau…
Et je me fais poète
pour payer mon écot,
dans un moment de fête
partager ce cadeau
que m’aura fait la vie
d’entrouvrir le rideau
sur un bout d’infini…
La poésie
De joie ou de souffrance
elle est toujours un cri !
L’expression d’une transe
même quand on l’écrit…
Pure sorcellerie !
“Dérèglement des sens”,
c’est ce que nous a dit
Rimbaud, poète maudit…
Chercher la vérité
et le sens de la vie
au-delà d’apparences,
tutoyer la folie…
Quand tout le monde dort,
interroger la nuit.
Apprivoiser la mort
et s’en faire une amie :
ne pas mourir d’ennui !
Patrick Mathelié-Guinlet<p> Lire Plus
— Par Daniel M. Berté —
Divini zozio ?
Aimé Césaire té di
afos i gadé-yo, an pyébwa i divini
Mwen sé zozio man lé vini
afos gadé-yo épi lanvi
Si man té pé èt an zozio
kiles man té ka’y chwézi ?
Yonn ki ni gro-gran kri
oben an tou piti ?
Sa ka rilévé défi
ek afronté lelmi ?
Yonn ka volé isi
oben jik lenfini ?
Tala ki ni plim gri
ek ki rayi lapli ?
Sila ki évité pri
adan an piej lagli ?
Malfini ki ka souri
lé Jili ka fè kokinri épi Anri ?
Sisi ki ka sanfui
jik Sentlisi lè’y wè fizi ?
Kayali ki ka di
ki titiri sé kochonni ?
Grigri ki ka dòmi
an lépini Sentmari ?
Pewdri ki ka kouri
an lari Sentespri ?
Pipiri ki ka pini
sa ki touché yich-li ?
Bengali ki ka ri
douvan an mango mi ?
Koulibri ki pati
pou étenn lensandi ?
Anpil bòn volonté man ni
pou kon zozio man sa pati
pou alé fè an bel wondi
Jis an tet-mòn Fonsendini
Men jiskisi man ka santi
man pa ka’y rivé réyisi
Zozio sa red a divini
sa pa fasil pies mé zanmi
Si dé bel zel man té ni
man té ka’y pé pati
Fè tousa man anvi
volé lwen dan lanati<p> Lire Plus
— Par Jean-Bernard Bayard —L’Indifférence
L’indifférence est-elle une forme de dépression
Ou serait-elle plutôt une méprisable aberration
Quand tout un peuple semble renier leur nation
N’acceptant pas la responsabilité de leur action
_____
L’indifférence représente-t-elle une infecte lâcheté
Ou pourrait-elle être une nature de gens dénaturés
Quand toute la racaille hypocrite se fait dévalorisé
N’acceptant aucun blame de sa sale malhonnêteté
_____
L’indifférence est pour moi une capitulation de droits
Ou encore de désavouer tous les conceptes de la loi
Quand toute une population déçue perd toutes voies
N’acceptant qu’une défaite absolue abdiquant leur foi
Jean-Bernard Bayard
L’Humain
L’humain est d’une espèce paradoxale
C’est une créature plutôt contradictoire
La race humaine est vraiment illogique
Une entité complètement controversée
_____
L’humain est surtout incompréhensible
C’est une créature bien trop contrariée
La race humaine est surtout irrationelle
Une entité qui agit en tant qu’opposée
_____
Il se protège et en même temps se tue
Il se nourrit et sans raison il s’affame
Il soigne et du coup il se rend malade
Il aime sans pouvoir s’arrêter de haïr
Jean-Bernard Bayard
Lettre Ouverte aux Politiciens Haïtiens
Chers Concitoyens:
Si je m’adresse à vous aujourd’hui, la situation doit-être bien plus que précaire.<p> Lire Plus
Corrompu et mafieux,
le Fonds national de l’éducation d’Haïti
est-il le principal partenaire financier
des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ?
—Par Robert Berrouët-Oriol (*)—
audit des états financiers / Synonymes : audit financier, vérification financière, vérification des états financiers, révision des comptes, contrôle des comptes. « Audit portant sur des états financiers et effectué en vue d’exprimer une opinion quant à la fidélité de l’image que ces états donnent de la situation financière et des résultats selon le référentiel comptable identifié ». (Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, Ordre des comptables professionnels agréés du Québec (CPA) et Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française)
Depuis Montréal et à grand renfort de publicité sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ont annoncé la tenue, le mardi 25 août 2026, du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti ». Et par courriel acheminé le 23 août 2026 à un nombre indéterminé de personnes, les JIDH2026 précisent que « Ce mardi 25 août 2026 Montréal accueillera une rencontre stratégique consacrée au renforcement des systèmes d’éducation et de santé en Haïti ».<p> Lire Plus
— Par Gary Klang —
Tout s’en va vau-l’eau
Tout ce qui est ne sera plus
La mer se retire
Et moi
Je pense au temps passé
Au temps défunt
A la maison tombée dans la poussière
Un soir où tout semblait si calme
Et je me dis
Pourquoi tout va si mal
Qu’est-ce qui pousse à mal faire
Tel ce médecin soignant le pian
Et qui une fois élu
Ne guéris plus personne
Mais tua ceux qui jamais ne lui ont fait de mal
Tout comme ces petits hommes en pantalons flottants dans la forêt
Éliminant leur propre peuple à coups de barres de fer
Puis vidant toutes les villes
Leur chef aimait pourtant Verlaine
Sans oublier ceux qui un jour voulurent éliminer le peuple de la Bible
Les cheminées crachant la chair humaine
Et tuant à qui mieux mieux
Pourquoi donc ô mon Dieu
Pourquoi le mal
Pourquoi certains prennent-ils les chemins creux
Alors que la grand-route apporte la lumière
Comme une nuit calme baignée d’étoiles
Une nuit parfumée au jasmin
Allez comprendre
Gary Klang<p> Lire Plus
(Avec l’aide IA)
Les larmes du destin de l’écrivain et journaliste haïtien Robert Lodimus est un récit poignant qui s’inscrit comme un plaidoyer littéraire et social contre la misère, l’analphabétisme et l’exploitation humaine en Haïti.
À travers l’évocation de figures populaires de l’informel, le texte dresse une critique sans concession des structures inégalitaires de la société.
1. La radiographie de la misère et de l’informel
Le récit met en lumière la vie des couches les plus vulnérables de la population, symbolisées par des personnages comme Esthée, une marchande ambulante de maïs bouilli.
L’espace de la vulnérabilité : L’auteur décrit un environnement marqué par l’indigence, l’aliénation et le manque d’éducation. La ville y est dépeinte avec une « sombritude » métaphorique, illustrant la lourdeur du quotidien.
La dignité dans la précarité : Malgré la dureté de sa condition (« l’indigente créature »), le personnage conserve une mine souriante et s’attire l’admiration de sa clientèle. Lodimus souligne ici la noblesse et le courage des petits travailleurs face à l’adversité économique.
2. Une esthétique naturaliste et engagée
L’écriture de Robert Lodimus se rapproche des codes du naturalisme moderne, rappelant parfois le rôle de témoin social d’un Émile Zola.<p> Lire Plus
— Par Rodolf Etienne —
Il y a quatre-vingt-cinq ans, le 31 août 1941, Marina Tsvetaïeva mourait à Yelabuga, emportée à quarante-huit ans par la guerre, la pauvreté, l’isolement et la terreur stalinienne. Sa vie fut fracassée par le siècle ; sa langue, elle, ne se soumit jamais. Relire aujourd’hui cette immense poète russe, c’est entendre une voix qui transforma l’exil, l’amour, la faim et la perte en une énergie littéraire sans équivalent.
Marina Tsvetaïeva à sa table de travail, entre Moscou et Paris.
Elle semble appartenir à plusieurs mondes sans avoir pu demeurer pleinement dans aucun. La Russie impériale de son enfance disparaît dans la révolution. L’émigration russe de Paris la tient à distance. L’Union soviétique où elle revient devient un piège. Même la littérature, qui constitue sa seule patrie durable, ne lui offre ni sécurité matérielle ni protection.
Pourtant, de cette vie continuellement déplacée, Marina Tsvetaïeva tire une œuvre d’une intensité presque physique.
Chez elle, le poème ne raconte pas simplement une émotion : il la précipite. Les mots s’élancent, butent, se coupent, repartent. Les tirets ouvrent des abîmes ; les ruptures de rythme deviennent des battements de cœur.<p> Lire Plus
— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Un autre ( mauvais) état de lieux…
Je ne suis pas un citoyen,
ne vivant pas dans la cité…
Je ne suis pas un mitoyen
car mon territoire est entier,
ne souffrant aucune frontière
ni de murs à ma liberté…
À tous doit profiter la Terre,
elle n’appartient à personne !
Nomade était l’unique norme
d’existence aux tout premiers âges
quand importaient encore à l’homme
rencontres, échanges et puis partage…
Hélas, les choses ont bien changé…
À présent les “gens du voyage”
sont méprisés, stigmatisés
dans un monde trop sédentaire
dont les pseudo propriétaires
ne veulent plus rien partager !<p> Lire Plus
— Par Myrna Nérovique —
Hayden,
Toi, qui avait la nuance du paradis.
Aujourd’hui, tu es bien partie,
Tout comme Dolly Parton.
Je pense encore à Bill Clinton.
La vie espère te retrouver.
Ta beauté n’expirera point en dernier.
Je te souhaite de trouver le salut,
A une âme, qui ne serait point déchue.
Hayden, tu seras bien immortelle,
Sur Terre, tu étais sensationnelle.
Je ne suis point américaine,
Mais, cette mort m’inspire bien de la haine.
Les innocents auront, un jour, l’huis de la victoire.
Dieu nous honorera, même sans le vouloir.
Prends soin de toi, Hayden.
Et, n’oublie jamais, tu étais bien humaine.
Prends soin de toi, étoile du jour.
A chacun viendra le tour.
Myrna Nérovique<p> Lire Plus
En l’honneur de mon ami-frère Karim Akouche
Chapitre IV
La République est morte !
Où est ce « Jésus » qui la ressuscitera comme Lazare ?
« Là-bas est l’île aux tombes, la taciturne; là-bas aussi sont les tombes de ma jeunesse. Je veux y apporter, toujours vertes, une couronne de vie… »
(Frederick Nietzsche, Le chant des tombes, Ainsi parlait Zarathoustra)
Que faudrait-il encore écrire ou dire pour espérer arracher quelques larmes de conscience aux vendeurs du droit d’aînesse de la République d’Haïti. Ces conspirateurs et ces traîtres, attirés par le pouvoir et l’argent, flirtent depuis des décennies avec les néocolons qui ont fait le serment sur la tombe de leurs ancêtres négriers de conduire la Nation haïtienne à sa ruine et à sa perte. « Haiti must disappear », répètent avec hargne et abjection les forbans cachés dans le ventre de l’Organisation des Nations unies (ONU). Haïti doit disparaître pour permettre à la France impériale d’enlever des pages de l’histoire universelle l’outrage de la prodigieuse défaite qu’elle subit sur la terre de Saint-Domingue. Une bande d’esclaves incultes, certes, mais géniaux, kidnappés de l’Afrique, osèrent apprendre aux empires kleptocrates européens, maîtres absolus des vols et des rapines en Amérique, le sens équitable et plénier du concept de « Liberté ».<p> Lire Plus
— Par Emmanuel de Reynal —
Il y a quelques jours, je suis entré au centre pénitentiaire de Ducos avec un livre sous le bras. Pas tout à fait n’importe lequel puisqu’il s’agissait du mien, »L’écho d’avant » (éditions L’Harmattan). J’y étais invité par l’association Lire pour en Sortir, par l’entremise de mon amie Cécile, qui y est engagée depuis plusieurs années.
Je connaissais l’association de nom, mais assez peu son action. Créée autour d’une idée aussi simple que forte — faire de la lecture et de l’écriture des instruments de réinsertion —, elle organise dans les établissements pénitentiaires des programmes de lecture, des rencontres avec des auteurs et des ateliers d’écriture. Ce jour-là, une dizaine de détenus volontaires m’attendaient. Tous avaient lu L’écho d’avant. J’avoue que je ne savais pas très bien à quoi m’attendre. La rencontre a commencé autour du livre. Très vite, les questions sont venues. Sur les personnages, sur la mémoire, sur l’enfance, sur ce que nous perdons en grandissant. Certaines remarques étaient précises, d’autres plus personnelles.
Toutes témoignaient d’une lecture attentive. Mais ce qui m’a surtout frappé, c’est la curiosité.<p> Lire Plus
– Par Rodolf Étienne

Au moment où la rentrée scolaire remet sous nos yeux les transformations démographiques de la capitale, Fort-de-France offre une contradiction politique particulière qui mérite d’être regardée sans révérence excessive.
Ici, il faut préciser ! Le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) ne gouverne pas Fort-de-France depuis 1945, puisqu’il n’a été créé qu’en 1958.
Aimé Césaire fut d’abord élu sous l’étiquette communiste. Mais la continuité politique issue du césairisme est incontestable. Aimé Césaire de 1945 à 2001, Serge Letchimy de 2001 à 2010, Raymond Saint-Louis-Augustin de 2010 à 2014, puis Didier Laguerre depuis 2014.
Nous parlons donc, en 2026, de quatre-vingt-une années de continuité politique municipale. Cette durée n’est pas en elle-même antidémocratique. Lors des récentes élections, les Foyalais ont librement voté. Des oppositions se sont présentées. Toute élection est libre. Vouloir assimiler Fort-de-France à quelque régime autoritaire que ce soit serait absurde. Mais la démocratie ne se mesure pas seulement à la possibilité juridique de changer de pouvoir, elle se mesure également à la réalité de cette possibilité.
Une majorité arrivée depuis quatre ans peut invoquer l’héritage. Après quatre-vingts ans, l’héritage devient aussi un bilan.<p> Lire Plus