Catégorie : Littératures

« L’inconcevable », « La Vérité », « Culte De La Personnalité », de Jean-Bernard Bayard

L’inconcevable
Que va devenir l’intégrité familiale après cet acte abominable
Il y a-t-il une action de notre part qui pourrait être rédemptable
Comment donc expliquer la logique de cette horreur si palpable
Ma souffrance depuis ce jour fatidique m’est vraiment exécrable

Le déshonneur accable la famille à sa source et dans ses racines
La honte nous oblige à l’exil de notre terre de ce mal qui abomine
Il serait impensable de nous expatrier même dans une terre voisine
L’œuvre de cette folie instantanée qui globalement nous assassine

A-t-il perdu la tête rien que d’y penser est fou dans ses conséquences
Même une impulsivité ne devrait point permettre une telle alternance
Son honneur a-t-il été si froissé qu’il n’a pas pu calmer son arrogance
Ce qu’il a commis comme grand délit insensé est de la pure démence

Il n’y a pas moyen de réparer le tort d’une telle action envers personne
Nous pouvons vraiment questionner dans ce cas comment il raisonne
Maintenant nous n’avons aucun choix il faut bien que l’on abandonne
C’est inexprimable de pouvoir tomber à ce point cela me désarçonne
Jean-Bernard Bayard

La Vérité
La vérité n’est pas ce qui est vrai mais ce qui est réel
Le vrai est universel le réel est subjectif peut-être cruel

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« Le Clairvoyant » & « Funeste », de Jean-Bernard Bayard

Le Clairvoyant
Un homme d’un certain âge de la commune de Gommier, non loin de Jérémie dans le département de la Grande Anse d’Haïti, était connu de tout le monde comme Antoine! Quoiqu’il soit admiré de tout le monde pour ses dons de clairvoyance, il était aussi redouté parce qu’on disait qu’il avait « Madichon » qui voulait dire « Mauvaise Augure ». La superstition jouait un rôle dans la malédiction de ses présages. Sa révérence n’avait pas de frontière, il était connu dans tout le pays, et était consulté par toutes les couches sociales. Parfois il envoyait un jeune garçon à dos d’âne chercher une personne qui voulait de ses services, mais ne savait pas comment la trouver. Un jour, un homme vint le voir qui s’inquiétait de la santé de son fils de dix ans qui était très souffrant depuis sa naissance. Cet homme était grand et d’un physique impressionant. Antoine le rassura que l’enfant aura une longue et prospère vie, mais le conseilla de retourner chez lui tout de suite. L’homme partit sur le champ. Une prêtresse vodou lui demanda pourquoi il l’a renvoyé si vite!

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« Drogué! » &  » Influenza »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Drogué!

Poésie, c’est ma came !
Quand j’en lis ça me calme…
J’suis accro, je vous dis :
il m’en faut jour et nuit !

Plus j’en lis, plus j’en veux,
c’est un cercle vicieux…
Pour ne plus être en manque
sans que ça me débanque,

j’ai même décidé,
du coup, d’en fabriquer !
C’est pour ça que j’écris
de jour comme de nuit

ce que la muse dicte…
J’avoue : je suis addict
et même écrire j’ose
qu’il me faut une dose

ou je deviens morose,
ravagé par l’ennui
car la vie n’est pas rose…
Grâce à la poésie
j’oublie tous les soucis,

les peurs, la maladie
et je me réfugie
dans les rêves à l’abri
de la mélancolie
qui mène à la folie…

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Lanmen-mwen

— Par Daniel M. Berté —
Lanmen-mwen

Bonmaten man lévé
Man gadé lanmen-mwen
Blan douvan, nwè dèyè
Ek an èm an mitan’y
Lanmen-mwen karésez
Ki ba madanm plézi
Fé-yo monté an syel
Janbé lakréyasion
Lanmen-mwen soulajez
Pou tjanmay’y-mwen malad
Ki té ni mal-bouden
Ek ba-yo an kalmant
Lanmen-mwen mawonnez
Ki trapé an koutla
Pou té sa dékalé
Pou té sa pété chenn
Lanmen-mwen djoubakez
Ki ralé an manch-wou
Ek tjenbé an tridan
Pou té pé travay tè
Lanmen-mwen nétwayez
Ka lavé ek froté
Ki rad ki kay ki kò
Pou ba-yo an propté
Lanmen-mwen matjez
Ki pran stilo, papyé
Pou endé-mwen trasé

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Michèle Voltaire Marcelin…

tisserande d’une œuvre poétique polyvocale et forte en ses registres de lumière

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Clair/Obscur | Depth/Glow  par Michèle Voltaire Marcelin

Éditions du Cidihca | Février 2026

Le livre « Clair/Obscur – Depth/Glow » de la poétesse Michèle Voltaire Marcelin interpelle hautement et émeut le lecteur qui lui offre accueil et hospitalité. Car cet ouvrage de haute-lisse ne navigue pas sur les chétifs esquifs d’une bavardeuse micro-confrérie, celle des poètes au souffle court et dont l’écriture est une invite à l’étourderie. L’auteure du poème « L’histoire a faussé les comptes » n’écrit pas d’improbables et confidentielles plaquettes de poésie vouées à la mutité et discrètement rangées sur les poussiéreuses étagères de l’oubli… Sur sa table de travail, avec rigueur, avec constance, dans la glaise éruptive de la langue, Michèle Voltaire Marcelin élabore une œuvre poétique majeure, complexe, polyvocale et forte en ses registres de lumière.

Dans un texte publié l’an dernier, nous avions arpenté en ces termes quelques aspects du « métier à tisser » de l’auteure : « (…) la poésie de Michèle Voltaire Marcelin est une parole de haute voilure.

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La dissection du capitalisme chez Émile Zola et Robert Lodimus

— Par Robert Lodimus —

On doit comparer Émile Zola et Robert Lodimus principalement pour leur rôle de témoins engagés de leur époque et leur dénonciation virulente des injustices sociales. 

Présentation des auteurs

Au XIXe siècle, Émile Zola, chef de file du naturalisme, a consacré sa vie à disséquer les tares de la société industrielle française, culminant dans son célèbre engagement pour la justice avec « J’accuse ». À cette figure historique fait écho, à l’époque contemporaine, celle de Robert Lodimus. Écrivain et journaliste engagé, Lodimus s’inscrit dans cette même lignée d’intellectuels qui utilisent le verbe pour dénoncer les structures d’oppression, du capitalisme financier au néocolonialisme qui frappe Haïti.

Problématique :
Dans quelle mesure l’engagement littéraire de Robert Lodimus peut-il être considéré comme une forme de naturalisme moderne ? Comment ces deux auteurs, malgré des contextes séculaires différents, parviennent-ils à transformer le récit de la misère en un levier de transformation politique ?

Voici les points de rapprochement clés entre ces deux auteurs :

1. Littérature de Combat et Engagement Social

  • Émile Zola : 

Figure de proue du naturalisme, il a utilisé ses romans (comme Germinal) pour dépeindre la misère ouvrière et son célèbre « J’accuse » pour combattre l’injustice judiciaire de l’Affaire Dreyfus.

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La descente aux enfers du système éducatif haïtien se poursuit

— Par Robert Berrouët-Oriol, —

À l’intersection de la Rue des Miracles et de la Rue Courbe, à Port-au-Prince, plusieurs anciens ministres de l’Éducation nationale, d’une année à l’autre et le verbe haut, se livrent au rituel palliatif de l’arbre à palabres. Ils conversent doctement, exposent à profusion leur analyses, leurs diagnostics et ils dressent en chœur moult bilans élogieux de leurs pharaoniques « réalisations »… L’actuel ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, sociologue de son état, avait pour sa part accouché l’an dernier d’un tonitruant « Lekòl la kraze » sur toutes les tribunes de l’incompétence ministérielle. Le même Augustin Antoine, en janvier 2026, s’est fait le porte-voix d’une monumentale et surréaliste saga dans le secteur éducatif haïtien aux « Assises de la « refondation » du système éducatif national » (voir l’article « Le système éducatif haïtien entre ses 1804 « réformes » et l’affabulation illusionniste de sa « refondation », par Robert Berrouët-Oriol, Madinin’art, 8 février2026). Contrairement aux rodomontades du ministre Augustin Antoine et des rares promoteurs de ces Assises, nous avons établi, dans cet article, que « (…) le système éducatif haïtien demeure captif, entre ses 1804 « réformes » tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes (…) Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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« Créativité », « Une Nuit », « Tropique »

🎉✨ Joyeux anniversaire Jean-Bernard Bayard en ce 21 février ! ✨🎉

Créativité
La créativité aujourd’hui doit être rentable
Toute tragédie humaine est très enviable
Profiter du moment de peine est louable
L’avidité et non l’honneur est profitable

L’humain est à la fois parasite et prédateur
L’homme technologique n’est qu’un acteur
D’une âme robotique il devient bon menteur

La vulnérabilité n’est qu’une honteuse faiblesse
Ou encore c’est une expression d’extrême stress
Pas permis de montrer des émotions de détresse
Le gain matériel est l’invention d’une belle ivresse

La moralité c’est pour les soumis et les défavorisés
Créer il faut être cupide sans remords hégémonisés
Nous devenons limités en pratiquant la générosité
La motivation de capturer richesse est la modernité

La nouveauté ne sera jamais une oeuvre de compassion
C’est seulement la rapacité qui fait une éternelle nation
Le but de l’homme créateur c’est vraiment la domination
Et tout autre sentiment humain n’est que sensation

Jean-Bernard Bayard

Une Nuit
Une nuit qui dure toute une éternité
Sommes si aveuglés par l’obscurité
Asservis par l’obscurantisme obstiné
D’un noir opaque d’un ciel non étoilé

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1 jour – 1 mot

— Par Patrick Chamoiseau —

18 02 2026.

Carnaval « Outremer »

Hé compère Vaval
utile à nos côtés
depuis les nuits de l’esclavage

ho commandeur d’une gaîté colossale
aussi stérile que nécessaire
dans le hoquet de notre tragique

que se passerait-il si
(dans un blo de conscience)
cette formidable énergie collective

(ce grand balan de tout un peuple
pulsé à vide dans le divertissement)

se voyait
soudain orientée
vers quelques-uns de nos problèmes ?

Existe t-il en quelque part

quelque souffrance en Palestine
quelque douleur à Cuba
quelque violence systémique

quelque idée

(intention
désir
combat
espérance
ou idéal quelconque)

qui puisse
sans toi
bien mieux que toi
enfin mobiliser ainsi
ce grand envoi de notre vie

ce don total ?

P.C.

 

17 2 2026.

Paysage sans pays

L’élan grandiose de la Pelée

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L’extraordinaire bilan de Nesmy Manigat, ex-ministre de l’Éducation nationale d’Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)

À l’intersection de la Rue des Miracles et de la Rue Courbe, à Port-au-Prince, plusieurs anciens ministres de l’Éducation nationale, d’une année à l’autre et le verbe haut, se livrent au rituel palliatif de l’arbre à palabres. Ils conversent doctement, exposent à profusion leur analyses, leurs diagnostics et ils dressent en chœur moult bilans élogieux de leurs pharaoniques « réalisations »… L’actuel ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, sociologue de son état, avait pour sa part accouché l’an dernier d’un tonitruant « Lekòl la kraze » sur toutes les tribunes de l’incompétence ministérielle. Le même Augustin Antoine, en janvier 2026, s’est fait le porte-voix d’une monumentale et surréaliste saga dans le secteur éducatif haïtien aux « Assises de la « refondation » du système éducatif national » (voir l’article « Le système éducatif haïtien entre ses 1804 « réformes » et l’affabulation illusionniste de sa « refondation », par Robert Berrouët-Oriol, Madinin’art, 8 février2026). Contrairement aux rodomontades du ministre Augustin Antoine et des rares promoteurs de ces Assises, nous avons établi, dans cet article, que « (…) le système éducatif haïtien demeure captif, entre ses 1804 « réformes » tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes (…) Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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L’inconnu de Mer frappée : Chapitre XVII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVII

LA LETTRE

« Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle. »

        (Napoléon Bonaparte)

     L’odeur parfumée qui provenait de la cuisine pénétrait ma gorge angoissée, et la sensation que je ressentais au cou s’apparentait au symptôme du globus pharyngé. C’est le stress qui avait involontairement contracté les muscles du haut de mon corps. Cela arrivait plutôt dans des situations d’anxiété et d’incertitude où les individus cherchaient à refouler des émotions fortes, après l’annonce d’une mauvaise nouvelle. Le craquement du parquet sous les sandales d’Elvira réveillait le silence oppressant, et mes yeux s’ouvraient sur les ombres projetées par les faibles lumières des bougies, qui formaient des formes étranges sur les murs du salon spacieux. Elvira, la cuisinière de Me Ludovic, une paysanne d’une posture assurée et d’une présence imposante et respectable, malgré son âge légèrement avancé, avait déjà dressé la table pour le souper. Me Ludovic se redressa lentement du fauteuil berçant qui, avec le temps, avait fini par épouser la forme de son seul et unique occupant. C’est dans cette position de détente optimale, le corps à demi-allongé, qu’il s’abandonnait aux caresses spirituelles du silence rempli de souvenirs, comme une cathédrale de nostalgie monumentale.

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Quand la mémoire fait feu : une journée pour sauver sept vies

Avec Salves de blues. Lundi 9 mars 1942 au Mont-Valérien, Daniel Maximin signe un roman d’une intensité rare, consacré à une journée tragique et longtemps restée dans l’ombre de l’Histoire. Publié chez Caraïbéditions (354 p., 21,30 €), le livre nous plonge dans le Paris de l’Occupation allemande, au cœur des dernières heures de sept très jeunes résistants condamnés à mort.

Le 6 mars 1942, un tribunal militaire allemand réuni à l’Assemblée nationale – dans une mise en scène voulue pour frapper les esprits – prononce la peine capitale contre sept membres des Bataillons de la Jeunesse. Parmi eux, Tony Bloncourt, étudiant haïtien né de parents guadeloupéens, à peine âgé de 19 ans. À ses côtés : Roger Hanlet, Fernand Zalnikov, Pierre Milau, Acher Semahya, Robert Peltier et Christian Rizo, tous âgés de 17 à 26 ans. Leurs noms, aux consonances étrangères pour certains, ne sont pas entrés dans la mémoire collective avec la force qu’ils méritaient. Le 9 mars 1942, au Mont-Valérien, leur exécution doit servir d’exemple.

C’est cette journée du lundi 9 mars que le roman choisit de suivre, heure après heure, du petit matin jusqu’à la nuit.

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Amour, Pouvoir, Monde à l’envers…

— Par Jean-Bernard Bayard —

Amour du Pouvoir

Ils doivent opprimer pour se sentir tout puissants
Il faut accaparer pour qu’ils s’établissent gérants
Il leur est nécessaire d’abrutir et bien avilissants
S’ils ne terrifient pas ils ne seront pas dominants

Le pouvoir est pour eux un besoin vital et sacré
L’absolutisme est une sale idéologie d’insécurité
Où la majorité est abrutie démunie et défavorisée
Aux mains d’institutions qui sont hégémonisées

Ces dirigeants magouilleurs se croient invincibles
Contrôlent le peuple sans pitié de façon horrible
Tout ce qu’ils disent et font sont alors incrédibles
Et les répercussions de leur corruption est terrible
Jean-Bernard Bayard

Pouvoir de L’Amour

C’est quand l’altruisme règne et la générosité puissante
Le partage est de seconde nature et la bonté est gérante
L’encouragement est constant et la honte est avilissante
La compassion est l’acte et le besoin toujours dominante

L’amour est pour ceux de bonne foi un bien vital et sacré
L’Altruisme est un idéal compassion offrant une sécurité
Où les participants sont bienveillant et sont tous favorisés
Aux Mains d’institutions qui représentent une collectivité

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« Noémie fête le carnaval », de Jade Amory : une ode à la culture antillaise

Jade Amory est une jeune autrice et illustratrice jeunesse originaire de la Martinique, née d’une mère guadeloupéenne et d’un père martiniquais. Son enfance s’est partagée entre ces deux îles, ce qui a profondément nourri son identité et son imaginaire. Cette double culture, vécue au quotidien entre traditions, paysages et fêtes locales, constitue aujourd’hui le socle de son travail artistique. Passionnée très tôt par le dessin et les films d’animation, elle quitte les Antilles pour poursuivre des études de cinéma d’animation à Paris. Après six années de formation, elle intègre le studio Illumination Mac Guff, reconnu pour avoir produit des films d’animation à succès tels que Moi, moche et méchant, Comme des bêtes ou encore Migration. Elle y travaille comme décoratrice 3D : son rôle consiste à enrichir les décors numériques en y ajoutant des objets et des détails afin de rendre les scènes plus vivantes et plus réalistes. Ce métier demande rigueur, patience et créativité, mais malgré la richesse de cette expérience professionnelle, Jade Amory ressent le besoin de développer un univers plus personnel.

C’est ainsi qu’elle commence, sur son temps libre, à créer ses propres illustrations.

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Autour de « Jusqu’à mon dernier mot », de P.S. Hoggar

— Par André Claverie —

« Le corps se défait, devient tyrannique; la conscience s’intensifie à mesure qu’elle s’atrophie; Héloïse ne veut pas mourir avant sa mort ».

Récit de fin de vie : une cérémonie des adieux

Confrontée à l’imminence de la mort à cause d’une maladie incurable, Héloïse, une jeune Antillaise, appréhende que ses derniers instants -paroles, regards, gestes, silences – ne lui soient volés à la suite du processus dégénératif qui colonise peu à peu son corps et sa pensée.

Cet effroi, lancinant, la conduit à entreprendre le récit des deux dernières années de son existence afin de maintenir sa présence auprès de ses proches, lorsqu’elle aura été arrachée à eux.

Sous la forme d’un journal, qu’elle appelle son « Commentaire » (« dialogue mental avec soi »), Héloïse transmet donc un testament spirituel, destiné en priorité à sa sœur jumelle, Sarah : une confession littéraire dévoilant le sens ultime des moments douloureux, des amours passionnées et des instants lyriques qu’elle aura vécus.

Bien plus, en se lançant dans l’aventure de l’écriture, la jeune narratrice réalise le projet de « parfaire sa destinée » en dénouant avec douceur les liens qui l’unissent à l’existence et aux êtres qu’elle aime, et en parvenant avec dignité jusqu’à l’extrême lucidité contenue dans le silence de son « dernier mot ».

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« Les tétons de Valentine » & « Doudou, mèsi « 

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Les tétons de Valentine

En ce beau et doux jour
de la Saint-Valentin
toujours voué à l’amour,
que n’ai-je le loisir
de vous dire mon désir ?
Car tel est mon dessein,
je voudrais vous avouer
que je ne sais plus bien
auquel de vos deux seins
je pourrais bien me vouer…
Cruauté du destin,
point n’est de médecin
qui sache me guérir
de cette maladie,
de ce défaut malsain
que j’ai du mal à dire
face à vous, ma lady :
je ne peux pas choisir,
il me faut tout ou rien !…

« Car de Valentine les tétins
sont les tétines de Valentin.»

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« Eskandal an kannaval »

— Par Daniel M. Berté —

Bwabwa té dédjizé an kostim prens wayal
I ponmet
Mariyàn mennen’y dansé an bal
Ladjables ki tann sa fè an gro eskandal
Ek mété’y a djélé ki sé li fanm
Vaval
Ki i pa ka’y pran kòn pou vakabòn Foyal
Ek ki kannaval-a sé pa an bakannal

Pawol monté-désann an model radikal
Ek pawol mennen kou, sa sé bagay fatal
Lé dé bougres ploté an manniè enfernal
Kout-pyé kout-tjok pati yo tonbé an kannal
Ladjables balansé an kout-jounou an fal
Mawyàn ki pa manchot fè’y wè trannsis zétwal

Té ni kout-dan osi, bref sé té latotal
Pies moun pa séparé, yo di sel fanm fatal
Ki pé pran an konba andidan kannaval
Toutefwa-sepandan té ni yonndé timal
Ki pou yonn ki pou lot té pré a ba’y an pal
Men apré réfleksion, yo di sa tro kouchal

Makoumè ek Malprop di sa libidinal
Moko-zonbi réponn sa pa orijinal
Ki pa ni pies rézon an vié fanm véjétal
Prétann alé zouké épi wa kannaval
Karolin-zyé-loli touvé sa imoral
Matlo-sou li-menm di i san-fouté-pa-mal

Edmond Evrard Suffrin di sa poligamial
Papa-Djab aplodi mi dé fanm ki brital !

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« Quelque chose s’est passé », de Nicolas Kurtovitch


À travers ses pas sur les chemins de la Grande Terre, Nicolas Kurtovitch interroge la mémoire, les paysages et la profondeur de l’expérience humaine.
Chaque marche devient rencontre : avec une ville, une tribu, un silence, une parole ancienne. Chaque souffle est dialogue : entre le visible et l’invisible, entre l’intime et l’universel.
Poète et passeur d’histoires, il inscrit dans ces pages une quête — celle du Do Kamo, de l’humanité en marche, qui cherche à se construire dans le lien, l’écoute et la vérité.
Mais ce livre n’est pas seulement une invitation à la contemplation : il exige vigilance et responsabilité. Reconnaître que « quelque chose s’est passé », c’est accepter de ne plus détourner le regard ; c’est accueillir la parole des anciens, la mémoire des lieux et l’épreuve du présent.
Un texte lyrique et sans concession, qui rappelle que vivre ici, c’est se tenir debout dans le temps et devant l’Histoire.

 

*****
***
*

J’ai pris un réel plaisir à lire Quelque chose s’est passé de Nicolas Kurtovitch, un récit à la hauteur de sa réputation. Pour J’apprécier pleinement, il faut entrer dans son univers, son style, sa poésie.

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Le monument et les traces

Visite d’échanges et de réflexion patrimoniale avec le Parc Naturel de la Martinique.

— Par Patrick Chamoiseau —

Le Château Dubuc est un haut lieu mémoriel de notre fondation collective. Nos ancêtres partagés y ont mené durant des siècles une lutte antagoniste et solidaire. Cette habitation sucrière fut l’une des plus puissantes de la côte atlantique. On y produisit du sucre, du tafia, de l’indigo ; on y exploita des terres défrichées au prix de la “désapparition” de nos ancêtres Kalinago ; on y fit travailler des centaines d’Africains, puis leurs descendants, réduits en esclavage et aux aliénations. Les archives attestent de pratiques de contrebande et d’un commerce négrier clandestin qui reliait cet endroit aux réseaux atlantiques. La prospérité du site fut brève, sa chute rapide au XVIIIᵉ siècle — mais son empreinte demeure.

Ici, comme partout ailleurs chez nous, la notion de patrimoine est problématique. La mémoire coloniale y a laissé des vestiges qui constituent un monument visible (bâtiments d’exploitation, canaux, citerne, moulin, cachot, débarcadère…), relevant d’une structure de domination totalitaire. Les mémoires amérindiennes, africaines et créoles, y ont laissé des traces qui tissent de nouvelles alchimies patrimoniales.

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« Une nuit à penser » & « Je t’aime vraiment »

— Par Myrna Nérovique —

Une nuit à penser.

J’aimerais que le ciel m’offre la nuit,
Pour perpétuer notre paradis.
J’aimerais que l’on puisse doucement s’aimer,
Et, je te vois alors t’en aller.

Et, le ciel m’offre le trépas,
Et, je jonche sur les amas.
Mes larmes couvrent les yeux,
De ceux qui brûlent et sont pieux.

Je me ternis de haine,
Tandis que je me baigne.
Et, malgré ce que je dis,
Je repense encore à nos envies.

Le beau jour où je m’élance,
Et, m’apprivoise une danse,
J’aimerais que le ciel m’offre la nuit,
Pour perpétuer notre paradis.

Myrna Nérovique

 

 

Je t’aime vraiment.

Je t’aime vraiment,
Je t’aime à mourir, tu m’entends !
Mais, j’ai accepté de te perdre,
Et, de me complaire dans ma merde.
Je t’aime passionnément,
Tu es mon doux tourment.
Suis-je idiote ; je ne sais pas.
Dois-je arrêter mon cinéma ?
Je t’aime à en crever,
Je ne peux plus m’arrêter.
Et, je ne comprends pas pourquoi : toi.
Pourquoi, je ne t’oublie pas ?
Pourtant, il y a plus beau,
Il y a plus riche.

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Nouvo Woch

— Par Daniel M. Berté —

Nouvo Woch

Atansyon-pokosyon-lapo-lonyon sé jou tala…

 

Woch ka volé
ka vòltijé
ka simewjé anlè lepeup

Woch pawol dlo
pawol flo
pawol blo ka tonbé an jaden lepeup

Woch watsap
fésbouk
iks ka antré adan kay lepeup

Woch féknwouz
gorafi
troll ka tronpé lepeup

Woch konférans
enterviou
trak ka terbolizé lepeup

Woch ponmes
ti-tap-an-do
dèmen-gratis ka rivé an kwayans lepeup

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Critique Littéraire : Analyse du chapitre XVI de l’inconnu de Mer Frappée de Robert Lodimus

Le chapitre XVI de L’inconnu de Mer Frappée de Robert Lodimus, intitulé « LA CHASSE AU COMMUNISME », propose une critique acerbe des idéologies politiques et de l’instrumentalisation de la démocratie. Lodimus analyse comment la démocratie est détournée pour justifier la mauvaise gouvernance et la « chasse aux sorcières » idéologiques, agissant comme un « nirvana ante mortem » ou un opium pour les dominés. 

Points clés de l’analyse :

  • Critique de la démocratie : L’auteur dénonce une démocratie profanée, qui masque la tromperie consciente et la mauvaise gouvernance.

  • Logique de domination : Le chapitre souligne que le concept de démocratie est utilisé par les dominants pour maintenir les dominés dans la résilience : une sorte d’opium.

  • Idéologie et Conflits : Lodimus questionne pourquoi le partage équitable des ressources (communisme) engendre autant de haine et de conflits, faisant écho à Goethe.

  • Liberté naturelle vs Droits acquis : Il oppose la liberté innée aux droits naturels souvent bafoués par les structures politiques actuelles. 

Le chapitre XVI s’inscrit dans une réflexion plus large de l’œuvre sur les injustices, la « chasse » idéologique et l’appel à une prise de conscience pour une véritable révolution sociale et économique, notamment dans le contexte haïtien. 

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Poésie – Nouvelles parutions février 2026

LEVÉE D’ANCRE

Polyphonie pour la Palestine

102 poètes
Direction : Michel Cassir · Metin Cengiz · Emmanuelle Malhappe

Quand tu bombardes ma maison
Épargne juste un doigt à ma mère
Un seul doigt
Est tout ce dont elle a besoin pour
Ranger mes jouets dispersés
Avec les morceaux de mes jambes et chercher
Frénétiquement les poumons de son mari…

Cent deux poètes, trente-et-un pays et treize langues, venus de tous les continents, se sont unis pour créer une Polyphonie pour la Palestine, œuvre chorale où les voix se répondent et se superposent face à l’urgence de dire.

EAN : 9782336589213
Parution : 15/01/2026
Format : 135 × 215 mm
Collection : Levée d’ancre
Pagination : 212 pages
Prix : 20,00 €


POÉSIE(S)

Vertiges d’années-lumière

Pauline Michel

Vertiges d’années-lumière est un voyage poétique aux confins de l’intime et de l’indicible. Les poèmes tracent des sillons de feu et de silence, où la nature devient miroir d’une conscience en éclats. Une écriture tantôt incandescente, tantôt nue.

Je me tire une pleine lune
entre les tempes

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« L’Écho d’avant » d’Emmanuel de Reynal

Et si le progrès nous avait volé l’essentiel ?
Dans un futur proche, le dataïsme a tout envahi. Chaque émotion, chaque geste est filtré, noté, archivé. La liberté a cédé la place à la conformité algorithmique.
Naomie, jeune journaliste calibrée pour produire des chroniques rapides, reçoit une mission anodine : écrire un papier nostalgique sur « le monde d’avant ». Trois minutes de lecture, pas plus. Mais lorsqu’elle rencontre Le Gardien, dernier témoin d’une époque sans écrans, tout bascule.
De carnet en carnet, elle découvre un univers disparu : la lenteur des repas partagés, l’attente sans smartphone, les lettres d’amour, les voisins que l’on connaît, les slows qu’on danse en tremblant… Chaque page fissure ses certitudes, éveille un manque qu’elle ne savait pas nommer.
Entre mémoire vive et mémoire effacée, L’Écho d’avant explore avec intensité la question qui nous guette tous : que restera-t-il de notre humanité quand tout sera optimisé ?

Un roman d’anticipation poétique et lucide, où le passé devient la dernière utopie possible.

Emmanuel de Reynal | Parution le 05/02/2026 | 284 pages – 23 € | Broché – Format : 135 x 215 mm | Collection : Rue des écoles | EAN13 : 9782336594576

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Emmanuel de Reynal, né à Fort-de-France le 10 septembre 1965, est un chef d’entreprise et un écrivain français engagé dans la vie économique et sociale de la Martinique.

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« Consumérisme » & « City Blues »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Consumérisme (Le 10ème cercle oublié de l’Enfer)

Dansent, dansent ces âmes
dans des corps de robots
leur pantomime infâme,
leur infernal tango :

la danse de Saint-Guy
des achats à crédit
que leur jouent les démons
de la consommation…

La musique d’enfer
de ces publicitaires,
leurs mirages de mots
empêchent tout repos
de leurs pauvres suppôts !

Volontaire esclavage,
fatal endettement,
tels seront les ravages
d’un fol entêtement
et sombre aveuglement…

Et lorsqu’au moindre vent
le désordre les prend,
est cet attachement
la corde qui les pend
constamment tout vivants !

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