L’éphéméride du 23 octobre

Première apparition des Schtroumpfs, dans Le Journal de Spirou le 23 octobre 1958

Les Schtroumpfs est une série de bande dessinée jeunesse belge créée par Peyo en 1958 racontant l’histoire d’un peuple imaginaire de petites créatures bleues logeant dans un village champignon au milieu d’une vaste forêt. Les seize premiers albums ont été publiés par leur créateur. Depuis sa mort le 24 décembre 1992, son fils Thierry Culliford dirige l’édition des nouveaux albums.

En 2013, 25 millions d’albums des Schtroumpfs avaient été vendus dans le monde entier, ainsi que 300 millions de figurines, 40 millions de disques et CD et 8 millions de DVD1. En 2011, une planche originale des Schtroumpfs Noirs, dessinée par Peyo, s’est vendue à 68 000 euros, ce qui établit un nouveau record1.

Au cinéma, il atteint plus de 560 millions de dollars de recettes pour le 1er film Les Schtroumpfs, mélangeant animation et prises de vues réelles, en 20111. En 2013, Les Schtroumpfs 2 totalise 347,5 millions de dollars récoltés dans le monde2. Ces deux films obtiennent de bonnes critiques3. La troisième adaptation, Les Schtroumpfs et le Village perdu sortie en 2017 et qui est exclusivement en images de synthèse, récolte 197,2 millions de dollars de recettes au niveau mondial2.

D’autres projets comme Smurfs On Ice, Les Schtroumpfs Le Spectacle Musical ou encore l’exposition La Schtroumpf Experience, qui attire 240 000 visiteurs et est nommée aux Visit Brussels Awards, ont également vu le jour4, 5,6,7.

Mondialement, les Schtroumpfs sont considérés comme des icônes culturelles intergénérationnelles, tout en faisant partie des plus grands héros de la pop culture mondiale

Synopsis
L’ensemble des albums raconte la vie des Schtroumpfs dans leur village au cœur d’une forêt imaginaire en Europe durant un Moyen Âge mythifié, se défendant face à Gargamel et son chat Azraël ou partant dans de grandes aventures. Toute la tribu vit dans des champignons aménagés en maisons, dans un petit village au cœur de la forêt. Les Schtroumpfs sont petits et bleus avec une queue. Ils sont vêtus d’un bonnet et d’un pantalon blancs, à l’exception de leur chef, le Grand Schtroumpf, vêtu de rouge, ainsi que quelques autres Schtroumpfs, comme le Schtroumpf bricoleur, le Schtroumpf paysan ou le Schtroumpf sauvage.

Création de la série
Genèse des Schtroumpfs
Au début de l’année 1958, Peyo réfléchit au scénario de la nouvelle histoire de Johan et Pirlouit. Son idée est d’utiliser les mauvais talents musicaux de Pirlouit, un peu comme dans le conte Le Joueur de flûte de Hamelin. Il a pour idée de départ de mettre dans les mains de Pirlouit une flûte enchantée. L’histoire, qui commence sa publication en mai 1958 seulement trois semaines après la fin du récit précédent, a pour titre La Flûte à six trous. Comme prévu, l’ouverture de l’histoire multiplie les gags de Pirlouit et sa flûte magique qui fait danser tous ceux qui l’entendent. Ce début d’histoire est permis, car Peyo, avec l’accord de Dupuis, est désormais passé au format soixante planches et non plus quarante-quatre comme auparavant22. Dans la suite de son histoire, il a l’idée d’intégrer les créateurs de cette fameuse flûte et de réutiliser les petits lutins roses coiffés d’un bonnet à fleur dont il s’était servi pour une ébauche de court-métrage d’animation pendant son passage chez CBA. Pour les nommer, il a l’idée de ressortir le mot qui l’avait bien amusé avec André Franquin quelques mois auparavant. C’est Nine, sa femme, qui a l’idée d’utiliser du bleu pour colorier ses petites créatures23.

La découverte de ces nouveaux personnages par les lecteurs se fait progressivement. Tout d’abord des yeux qui observent les héros, puis le langage Schtroumpf est dévoilé, ensuite une main bleue et enfin les personnages apparaissent aux lecteurs24. Les Schtroumpfs ne font pas tout de suite l’unanimité chez l’éditeur, toujours inquiet que la censure française puisse frapper le journal : le langage schtroumpf est notamment pointé du doigt. Peyo doit le rassurer en affirmant que cette création est éphémère et va être utilisée durant quelques planches seulement, le temps pour les personnages de construire une nouvelle flûte enchantée25.

La nouvelle histoire de Johan et Pirlouit, commence sa publication en avril 1959 et a pour titre La Guerre des sept fontaines. Elle aborde le thème de la vie après la mort26. L’utilisation de la magie dans la première partie du récit va contraindre Peyo à réutiliser des personnages tirés d’autres épisodes. Comme l’enchanteur Homnibus a déjà été utilisé, il va rechercher la sorcière Rachel et le Grand Schtroumpf, rompant sa promesse de ne plus utiliser les Schtroumpfs27.

Origine du nom
Lors d’un repas en 1957, Peyo aurait demandé à Franquin de lui passer une salière et, butant sur le mot, l’aurait donc appelée un schtroumpf (« Passe-moi… le schtroumpf ! ») : la conversation se serait poursuivie en schtroumpf28,29.

Il est fait référence à ce repas à trois reprises dans les albums des Schtroumpfs. D’abord, dans Le Schtroumpf financier, à la case 3 de la page 22 : on voit deux Schtroumpfs en train de manger, puis un demande a l’autre de lui passer le… la…, puis ils sont coupés par l’apparition d’un autre schtroumpf. Puis, dans Les Schtroumpfs et le livre qui dit tout, à la page 8, où l’on voit deux Schtroumpfs cherchant dans le livre l’origine du mot Schtroumpf. Enfin dans Les Schtroumpfs et l’arbre d’or, page 12 cases 3 et 4.

Schtroumpf se prononce pratiquement comme le mot allemand Strumpf qui signifie « chaussette » (les Schtroumpfs s’appelant Schlümpfe (sing. Schlumpf) en allemand). Le nom de la danse Smurf vient directement des Schtroumpfs (Smurfs en anglais).

Premières apparitions
La première apparition des Schtroumpfs se produit dans l’épisode des aventures de Johan et Pirlouit La flûte à six trous, prépublié dans Le Journal de Spirou le 23 octobre 195830 et dont le nom en album devint La Flûte à six schtroumpfs. On y rencontre une peuplade de lutins bleus à bonnets blancs vivant dans un village de champignons et parlant le langage schtroumpf. Johan et Pirlouit viendront encore rendre visite aux schtroumpfs dans l’épisode intitulé Le pays maudit. Les schtroumpfs viendront également leur prêter main-forte dans les albums La guerre des 7 fontaines, Le sortilège de Maltrochu, La horde du corbeau et La Nuit des Sorciers.

À partir de 1959, les Schtroumpfs vivent leurs propres aventures dans Spirou, d’abord sous la forme de sept mini-récits (Les Schtroumpfs noirs (1959), Le Voleur de Schtroumpfs (1959), L’Œuf et les Schtroumpfs (1960), Le Faux Schtroumpf (1961), La Faim des Schtroumpfs (1961), Le Centième Schtroumpf (1962), et Le Schtroumpf volant (1963), albums de quarante-huit pages chacun, à monter soi-même), qui seront réédités sous mini-couvertures cartonnées à partir de 2004 (trois coffrets de deux mini-albums par les éditions Niffle) ; Spirou récidivera avec le mini-récit Le Bébé Schtroumpf, tiré d’images du dessin animé en 1984. Jusque-là, on ne voyait que le Grand Schtroumpf et les petits Schtroumpfs, apparemment tous identiques. Les différences physiques et de caractère (Schtroumpf à lunettes, farceur, costaud, etc.) n’apparaissent — progressivement — qu’au moment où les Schtroumpfs commencent à avoir leurs propres histoires.

L’univers des Schtroumpfs

Les histoires des Schtroumpfs se situent théoriquement en Europe au Moyen Âge (avec quelques étrangetés : les Schtroumpfs connaissent les tomates et les pommes de terre), mais on a parfois des clins d’œil au monde moderne.

Les Schtroumpfs sont âgés d’une centaine d’années, hormis le Grand Schtroumpf qui a 542 ans, ainsi que le Bébé Schtroumpf dont l’âge n’est pas donné.

Il y a aujourd’hui cent trois Schtroumpfs (cent plus la Schtroumpfette, Sassette et le bébé Schtroumpf) dont les principaux sont : le Grand Schtroumpf (chef et doyen), la Schtroumpfette, le Schtroumpf à lunettes, le Schtroumpf bricoleur, le Schtroumpf paresseux, le Schtroumpf gourmand, le Schtroumpf grognon, le Schtroumpf farceur, le Schtroumpf costaud…

Ils ont parfois recours à Homnibus, un vieil enchanteur sympathique qui les aide lors de problèmes d’importance majeure comme la santé du Grand Schtroumpf. Il fait partie des seuls humains que les Schtroumpfs ne craignent pas, avec Johan, Pirlouit et le Roi de ces derniers, contrairement à Grossbouf.

Le sorcier Gargamel et son chat Azraël sont les pires ennemis des Schtroumpfs, mais ils ne leur en veulent pas pour les mêmes raisons : Gargamel en a besoin pour fabriquer la Pierre Philosophale — ses innombrables échecs développent une volonté de revanche et de vengeance — tandis qu’Azraël, lui, veut tout simplement les manger. D’autres dangers guettent les Schtroumpfs comme la mouche Bzz ou les Schtroumpfs noirs mais, dans ce dernier cas, la menace est éliminée définitivement à la fin de l’histoire, alors que Gargamel et Azraël reviennent toujours.

L’aliment préféré des Schtroumpfs est la salsepareille et ils vivent dans des maisons individuelles ayant l’apparence de gros champignons. Les Schtroumpfs se déguisent souvent lors de bals masqués dans le village ou dans l’album Le Cosmoschtroumpf (en Schlips, orange avec des cheveux apparents — sans bonnet) pour faire croire à l’un des leurs qu’il a atterri sur une autre planète, ou encore lorsqu’ils donnent des représentations théâtrales du Petit Schtroumpferon rouge…

Il n’y a pas de loi chez les Schtroumpfs, juste des valeurs morales et du respect. À de nombreuses reprises (Le Schtroumpfissime, Le Schtroumpf financier, On ne schtroumpfe pas le progrès, Le Schtroumpf reporter, Les Schtroumpfs joueurs, Les Schtroumpfs de l’ordre) les Schtroumpfs tentent d’adopter un système correspondant plus à celui des humains, pour retomber sur leurs pieds avec la conclusion que leur monde est bien mieux sans eux. Les Schtroumpfs, dans leur monde médiéval, travaillent beaucoup autour des expériences chimiques, des événements inexpliqués… Les Schtroumpfs sont aussi très en contact avec la nature, et en proie à ses caprices (La faim des Schtroumpfs) mais aussi à ses délices : les récoltes automnales, l’amitié et la communication qui existe entre eux et les animaux. Le plus connu des animaux schtroumpfs est Puppy, à l’origine le chien d’Homnibus, qui finit par être adopté par le Bébé Schtroumpf.

Personnages
Peyo a dénombré et caractérisé une centaine de ses petites créatures bleues et en a ajouté quelques-unes au fil des histoires

Morphologie

Statue de Schtroumpf sur un champignon, située à Bruxelles.

Un schtroumpf, la schtroumpfette et le grand schtroumpf à Dream Island
Les Schtroumpfs sont en quelque sorte des lutins, mais beaucoup plus petits que dans la plupart des légendes. Ils sont décrits « hauts comme trois pommes » par le grimoire de Gargamel, mais comparé à ce dernier, qui possède une taille humaine moyenne, les Schtroumpfs apparaissent vraiment minuscules, guère plus gros que des souris, ce qui ne manque jamais de susciter l’appétit d’Azraël. Par rapport à la nature environnante, leur taille est assez variable, changeant selon la fantaisie de Peyo. D’après l’album Schtroumpferies 5, la porte d’une maison schtroumpf fait dix-sept centimètres sur dix centimètres, ce qui laisse penser qu’ils ne mesurent guère plus d’une quinzaine de centimètres. Une taille a été donnée par la présentation32[réf. non conforme] qui les a décrits comme « de petits lutins bleus de cinq centimètres ». En 1991 dans l’album Les Évadés, les Petits Hommes rencontrent les Schtroumpfs33, et on constate alors qu’ils ont à peu près la même taille, sachant que les Petits Hommes sont exactement à l’échelle 1/10 par rapport aux humains. Cependant, cette rencontre pose quelques problèmes de chronologie (les séries ne se situent pas au même siècle).

Ils sont bleus, et quasiment de forme humanoïde. Les seules différences notables sont une minuscule queue à l’arrière-train, et le fait qu’ils n’ont que trois doigts opposables au pouce, et quatre orteils34. Et surtout, ils portent tous un bonnet phrygien de forme très caractéristique ainsi qu’un pantalon. Il est de couleur blanche pour tous les personnages, excepté le Grand Schtroumpf, qui en arbore un exemplaire de couleur rouge.

L’épisode du Bébé Schtroumpf montre comment naissent les Schtroumpfs : ils sont amenés par une cigogne (clin d’œil à une fable qu’on racontait aux enfants posant la question « d’où viennent les bébés ? » quand on souhaitait leur dissimuler la vérité sur la sexualité), un soir de pleine lune bleue35. Les Schtroumpfettes, (Schtroumpfette comme Sassette), sont créées par une méthode de sorcellerie, connue de Gargamel. Les P’tits Schtroumpfs ne sont pas apparus comme juvéniles à l’origine, mais sont en fait des Schtroumpfs adultes rajeunis. À noter que d’une certaine manière, les Schtroumpfs étaient des créatures asexuées avant l’épisode La Schtroumpfette.

Langue Schtroumpf
Le sémiologue italien Umberto Eco a consacré plusieurs pages au langage Schtroumpf pour illustrer les facultés de l’esprit humain en interprétation des données dans un article dont la version française (supervisée par l’auteur) donne pour exemple à reconnaissance « immédiate » : Je suis le schtroumpf, le schtroumpf, l’inschtroumpfé36.

Des albums comme Le Schtroumpfissime, Schtroumpf vert et Vert Schtroumpf, montraient par ailleurs l’intérêt de Peyo et d’Yvan Delporte pour les questions de signifiants et de signifiés.

La langue schtroumpf se déduit par une transformation simple depuis la langue du lecteur : il suffit de remplacer les substantifs par le mot « schtroumpf » ; les verbes sont remplacés par le verbe « schtroumpfer », les adverbes par « schtroumpfement ». Généralement les adjectifs restent conformes à la langue d’édition de l’album.

Toutefois, les mots trop longs sont rarement remplacés par « schtroumpf ». Le Petit Chaperon rouge devient (dans une moitié du village, du moins) « le Petit Schtroumpferon rouge », non « le Petit Schtroumpf rouge ».

En général, la règle implicite est de remplacer juste assez de mots pour donner un caractère comique à la phrase, tout en la laissant compréhensible pour le lecteur. Mais le scénariste peut aussi écrire des phrases volontairement incompréhensibles pour enrichir l’intrigue ou simplement pour l’effet comique, d’autant qu’en français le mot « schtroumpf » se prononce difficilement (c’est un peu moins vrai en anglais, où il devient « smurf », et encore moins en espagnol, où il devient « pitufo »). Ainsi, Johan et Pirlouit, dans l’album Le Pays maudit, étaient prévenus que l’ennemi disposait d’« Un schtroumpf qui schtroumpfe du schtroumpf », le schtroumpf rescapé de l’attaque étant tout à fait incapable de l’exprimer plus clairement ; ce n’est qu’après l’avoir rencontré qu’ils comprirent qu’il s’agissait d’un dragon qui crache du feu.

Toutefois, dans certains gags de Schtroumpfs, le mot « Schtroumpf » est justement utilisé pour remplacer un nom qui ne devient connu qu’à la fin du gag, contribuant donc à rendre la fin amusante.

Dans l’album Le Schtroumpfissime, le tyran répond « Schtroumpf ! » quand il est sommé de se rendre. Au premier degré, cela rend tout à fait impossible de deviner ce qu’il dit, mais tout lecteur un peu au courant repère un clin d’œil au fameux « mot » de Pierre Cambronne, d’autant qu’une note placée après indique « historique ». Dans le même ordre d’idées, le récit L’œuf et les Schtroumpfs nous offre cet échange : « Un œuf ! D’où sort-il ? — Du schtroumpf d’une poule ». Dans les deux cas nous avons l’exemple d’un mot qu’il serait malséant d’imprimer dans une revue de bonne tenue destinée aux enfants.

Dans la version en dessin animé de La Flûte à six schtroumpfs, le Grand Schtroumpf est capable de traduire en langage humain une phrase dans laquelle tous les mots-clés sont remplacés par « schtroumpf ». Plus généralement lors des premières rencontres dans Johan et Pirlouit, les schtroumpfs remplaçaient presque tous les mots, mais se comprenaient tout de même entre eux. Au contraire, les illustrations du manuel de grammaire schtroumpf à la fin de l’album Les Schtroumpfeurs de flûte indiquent qu’eux-mêmes se créent des quiproquos s’ils disent « un schtroumpf de schtroumpf ». Bref, les règles du langage schtroumpf sont complètement libres suivant l’effet que souhaite produire l’auteur.

Un faux débat a divisé les linguistes dans les années 1970 pour déterminer s’il fallait dire un schtroumpfe-bouchon ou un tire-bouschtroumpf. Ce problème divisant les Schtroumpfs est au cœur de l’intrigue de l’album Schtroumpf vert et vert Schtroumpf (qui est aussi une satire sur les débats entre francophones et néerlandophones de Belgique). Il est résolu par le Grand Schtroumpf qui leur demande finalement de ne plus employer de mots composés. Les deux versions sont donc erronées : on doit tout simplement dire un schtroumpf, ou à défaut un schtroumpfe-schtroumpf. Le Schtroumpf à lunettes propose quant à lui « l’objet qui débouche les bouteilles ».

On peut noter l’utilisation de la langue schtroumpf dans la dernière partie du film Mes nuits sont plus belles que vos jours, film français réalisé par Andrzej Żuławski, sorti en 1989. Ce film fait la part belle aux dialogues surréalistes et aux calembours, mais ceux-ci remplacent les classiques mots d’amour…

Position du village
Ce peuple vit dans un village au milieu d’une forêt, dans une contrée appelée « le Pays Maudit » géographiquement difficile à situer, mais certainement quelque part en Europe. Les auteurs étant belges, on peut avancer l’idée que le village Schtroumpf soit situé quelque part dans l’Ardenne belge (avec une préférence marquée pour le Luxembourg belge, boisé et peu peuplé). Mais le village pourrait aussi se situer en Ardèche. En effet, dans l’album n° 23, « Les Schtroumpfs Joueurs », il est indiqué dès la première page que l’action se situe à « Aubenas »37, nom que porte une commune de l’Ardèche. Lors de sa première apparition, dans les albums La Flûte à six schtroumpfs et Le Pays maudit de Johan et Pirlouit, le village se trouve dans un environnement sinistre au milieu d’arbres noirs et nus (ce qui est peut-être tout simplement la faute du dragon présent dans l’album). Il est bien plus accueillant dès le premier album des Schtroumpfs, pour devenir au fur et à mesure un petit paradis romantique à l’orée d’une forêt. Le plan du Pays maudit se trouve dans le premier album des Schtroumpfs, à savoir Les Schtroumpfs noirs, où le village figure par exemple assez loin de la forêt ; mais ce dernier fut très vite modifié pour changer au gré des aventures (comme le plan du village d’Astérix).

Les Schtroumpfs ont également construit un barrage sur une rivière afin de ne pas être inondés. La rivière et son barrage ont plusieurs fois été un élément très présent de l’intrigue.

De plus, sur le plan est indiqué que « bien rares sont les humains qui ont pu y arriver », alors que dans les albums suivants il est dit qu’on ne peut pas accéder au village schtroumpf sans qu’un Schtroumpf indique le chemin. Néanmoins, dans :

La Soupe aux Schtroumpfs, Gargamel trouve le village par hasard après de longues et vaines recherches alors qu’il rentrait chez lui. Grossbouf l’y a précédé plus tôt dans l’histoire, ce que le Grand Schtroumpf avait commenté par cette phrase : « Ben, heu… Je suppose que c’est l’exception qui schtroumpfe la règle… »
Le Schtroumpf sauvage, Gargamel trouve le village grâce à la récente destruction de la forêt par un incendie, mais voyant les maisons ravagées par les flammes, il pense que les Schtroumpfs ont quitté la forêt pour vivre dans un autre endroit, et part avant que ces derniers ne reviennent de leur journée d’approvisionnement. Plus tard, alors que Gargamel s’est trouvé nez à nez avec des Schtroumpfs dans la forêt, il retourne au village déserté plusieurs fois. À la fin de l’histoire, la végétation ayant poussé pendant des mois, Gargamel n’est plus en mesure de retrouver le village, ce qui semble confirmer le rôle protecteur de la forêt.
Schtroumpf les Bains, Gargamel trouve enfin le village alors que les Schtroumpfs sont tous en vacances dans les montagnes.
Les Schtroumpfs et l’Arbre d’or, D’abord, le Grand Schtroumpf explique comment un voyageur égaré trouva le village des Schtroumpfs, et puis Gargamel trouve le village grâce au reflet de l’Arbre d’or.
D’autres humains sont venus au village, mais en ayant été guidés, comme dans :

La Flûte à six schtroumpfs, Johan et Pirlouit sont envoyés au village par l’enchanteur Homnibus.
Docteur Schtroumpf, Maître Ludovic et Gargamel viennent au village guidés par les sctroumpfs costaud et à lunettes.
Éléments récurrents

Montre Schtroumpf.
les cadeaux explosifs du Schtroumpf farceur ;
les tirades ou interventions moralisatrices du Schtroumpf à lunettes, qui se terminent par un coup de marteau ou un coup de poing, le plus souvent, du Schtroumpf costaud ;
« Moi, j’aime pas… » : phrase fétiche du Schtroumpf grognon ;
L’obstination du Grand Schtroumpf à choisir le Schtroumpf bêta pour lui ramener un objet particulier ; lorsque, immanquablement, le Schtroumpf bêta rapporte autre chose que ce qui lui a été demandé, le Grand Schtroumpf, énervé, lui explique : « Non, ça c’est un… » (nom de l’objet réel), ce à quoi, à peine étonné, le Schtroumpf bêta répond tout aussi immanquablement : « Ah ? » ;
Le Grand Schtroumpf dans son laboratoire, consultant son grimoire pour trouver une potion, ou parfois une formule magique, pour arranger la situation ;
Gargamel errant dans la forêt, à la recherche du village des Schtroumpfs, puis se retrouvant immanquablement chez lui, et fondant en larmes devant son échec ;
La réplique de Gargamel : « Je me vengerai, et ma vengeance sera terrible ! »
Lorsque les Schtroumpfs partent en expédition, un premier demande toujours « C’est encore loin, Grand Schtroumpf ? », ce à quoi il s’entend répondre : « Non, plus très loin, maintenant. » Le même scénario se répète quelques cases plus tard (avec un nouveau paysage en arrière-plan). À la troisième fois, le Grand Schtroumpf, excédé, répond : « OUI ! »