Archives du Jour:

Crise majeure à l’Académie du créole haïtien

— Par Robert Berrouët-Oriol —

« Pwoblèm yo grav anpil wi. » Le linguiste du MIT Michel Degraff a publié le 17 février 2018, sur le site Potomitan, une lettre ouverte dans laquelle il dresse un virulent réquisitoire contre les « dérives qui affaiblissent le fonctionnement de l’Académie créole ». Membre fondateur de l’Akademi kreyòl ayisyen (AKA) et ancien responsable de la « Commission scientifique » de l’AKA, Michel Degraff estime avoir été obligé d’écrire sa lettre ouverte dans le but d’alerter le grand public sur les dérives ayant cours depuis un certain temps au sein de cette microstructure (« m oblije ekri lèt tou louvri sa a pou m alète gran piblik la sou malè pandye ki sou tèt AKA ») ». Il précise que la décision de publier sa lettre ouverte intervient après que plusieurs académiciens et lui ont en vain essayé de « corriger certains problèmes » identifiés au sein de l’AKA. Étalée sur 17 pages, la lettre ouverte de Michel Degraff expose également d’inquiétantes menaces qu’il aurait reçues relatives à sa sécurité et à celle de sa famille (« Epi selon avètisman ke m resevwa nan men kèk kolèg, ata sekirite m oswa sekirite fanmi m ka vin an danje apre m pibliye lèt sa a »).…

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Aménagement simultané du créole et du français en Haïti : enjeux et perspectives institutionnelles

— Par Robert Berrouët-Oriol —

S’il est un paradoxe dont il faudrait mesurer l’impact dans la durée c’est bien celui de la quasi inexistence de mobilisation citoyenne quant à l’aménagement du créole et du français en Haïti. Un tel constat, par-delà la prégnance du nationalisme identitaire haïtien, est à lier au déficit de leadership de l’État dans le domaine linguistique, singulièrement dans le champ éducatif où le ministère de l’Éducation ne dispose toujours pas, depuis la réforme Bernard de 1979, d’une politique linguistique éducative (voir notre article « Politique linguistique nationale et politique linguistique éducative en Haïti : une nécessaire convergence historique », Le National, 30 novembre 2017).

Il y a paradoxe au sens où pour un certain nombre de personnes, paré d’attributs essentialistes, le créole « est » l’identité haïtienne et que seul le créole doit être aménagé par l’État. Or même cette vue réductionniste ne débouche pas sur la mobilisation citoyenne. Il y a par contre rejet du paradoxe lorsque des données empiriques attestent, chez nombre d’unilingues créolophones, que ces derniers revendiquent le droit d’acquérir le français à travers l’École haïtienne.…

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La vulgarité dit toujours Je …

( Citation de Lionel de Fonséka )

— Par Roland Tell —

Comment allait-il explorer le sens de l’interview, qu’il venait d’avoir avec le Président ? Jeune journaliste dans les sources primevales de la vie politique, comment allait-il décrire la longue communication présidentielle, dont il avait du mal à en préciser le statut et les intentions ? Le champ en était-il de l’ordre du vouloir-faire-savoir ou du vouloir communiquer ?

Tout était pourtant là, dans la totalité des notes prises, en fragments brisés, comme autant de captures dans le flot des propos tenus, tour à tour contre la vieille garde de son parti, contre les prédécesseurs au pouvoir, même contre les alliés du moment. Certes, les diatribes, proférées ici ou là, procurent autant d’informations sur l’atmosphère des débats, sur l’insécurité et l’angoisse personnelles, en une sorte de métalangage « créole-français », qu’il importe maintenant de transcoder au mieux.

Cela signifie que l’interview-article envisagé, à partir de la collection d’interprétations, d’injures, de fureurs, proclamées, devra donc faire l’objet d’une analyse pertinente, à partir des caractéristiques communes aux groupes incriminés.

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Programme Week-End : Rue culturelle !

— Par Culture Egalité —
À la suite de la journée internationale du droit des femmes du 8 mars, nous avons voulu prolongé l’évènement et organiser une manifestation pour sensibiliser et soutenir l’association martiniquaise « Culture et Égalité » qui oeuvre depuis des années pour le droit des femmes.
Le week-end sera ponctué d’exposition-vente d’artistes locaux, de performances artistiques, de projection et de concerts…

VENDREDI 9 MARS

19h00: Vernissage de l’exposition CARITATIVE éphémère
La totalité des bénéfices de la vente des oeuvres sera reversée à l’Association Culture Égalité Martinique, qui oeuvre depuis de nombreuses années pour la cause des femmes.
Artistes participants : Drey Sorensen, Monique Agricole, Mathieu Guerart, Am Sampeur, Jo Théotiste, Jean-Luc Toussaint, Johan Berger… et bien d’autres.
19h30: « Bien Griyé » / CONCERT au chapeau
21h00: Scène Ouverte Musicale « BOEUF CAROTTES »…

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L’art brésilien au féminin…

Rencontre avec Hugues Henri, lundi 5 mars à la BU Martinique

Lundi 5 mars à 17h45, la BU vous invite à la présentation par son auteur, Hugues Henri, de l’ouvrage « L’art brésilien au féminin », paru chez L’Harmattan fin 2017.

L’art brésilien au féminin…
Hugues Henri
Ouverture Philosophique
BEAUX ARTS PHILOSOPHIE AMÉRIQUE LATINE Brésil

Sur les traces d’Anita Malfatti, Tarsila do Amaral, artiste peintre, fonde en 1928, l’esthétique anthropophage. Tout au long du XXe siècle, y compris pendant la dictature militaire (1964-1985), et jusqu’à ce jour, des héritières brillantes lui ont succédé : Maria Martins, Lygia Pape, Lygia Clark, Anna-Maria Maiolino, Adriana Varejao. Ce livre retrace le parcours artistique exemplaire, depuis la Semaine de l’Art moderne en 1922 à Sao Paulo, où ces femmes tinrent le premier rôle.

Agrégé d’arts plastiques, Hugues Henri a enseigné à l’Ecole Normale de Pointe-à-Pitre puis à l’IUFM de Fort-de-France. Depuis 1994, il est chercheur en art et en littérature au CEREAP. Plasticien, il expose aux Antilles, au Brésil et en France métropolitaine.…

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