— Les Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
Ainsi donc, le président de la CTM a présenté à l’État le vœu d’évolution statutaire exprimé par le congrès des élus. Il convient de rappeler que le seul objet de cette institution est de faire des propositions à l’État sur l’évolution statutaire de la Martinique.
Absence d’opposition de gauche ou de droite
Le Président est conforté par l’accord des 6 parlementaires martiniquais et par une forte délégation d’élus reçus officiellement à l’Élysée, unis derrière sa personne et son autorité. Sa légitimité est renforcée par des gestes identitaires forts comme l’adoption d’un drapeau nationaliste en remplacement d’un emblème français, la reconnaissance du créole comme langue « co-officielle », l’adoption en cours d’un hymne national martiniquais. Ces manifestations de nationalisme ne font pas l’objet d’oppositions et se déroulent dans un univers médiatique acquis à sa cause. En conséquence, il est difficile de reprocher à l’État de tenir compte de la proposition d’évolution institutionnelle présentée dans ces conditions.
Serge Letchimy ne suit pas le peuple, il le précède.
Par ailleurs, Serge Letchimy a toujours été un autonomiste. Il a même été le président du plus grand parti autonomiste de la Martinique (le PPM).<p> Lire Plus

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En dépit de consultations populaires, le débat institutionnel n’a pas eu lieu. Les consultations ont été des leurres présentés comme des référendums. Les vraies questions n’ont jamais été posées alors que les réponses aux fausses questions sont réputées s’y rapporter.
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— Par Yves-Léopold Monthieux —
Fort-de-France, le 30 mars 2026
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Fort-de-France le 18 février 2026
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Après “Ile aux esclaves”, “Ile empoisonnée”, devrait-on terminer la trilogie par le label “Ile du Shatta” ? Alors que la société martiniquaise se délite à vive allure, son élite politique ne se retrouvant que sur les lieux et durant les jours de barnums populistes, il me vient en mémoire cet article publié par votre serviteur le 10 mai 2005, repris dans son ouvrage En finir avec les blessures de la peau (2023) et reproduit ci-dessous : “A quand une autorité morale martiniquaise ?” La future autonomie pourra-t-elle se passer d’une telle autorité ?
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La seule définition de l’Autonomie par ce qu’elle n’est pas doit-elle suffire ?
L’ouverture de l’année de Frantz Fanon par diverses manifestations organisées par l’association Tous Créoles avaient déplu les fanonistes estampillés. Ces derniers craignaient de se voir déposséder de leur icône par les membres d’une association qui ne serait pas de la famille. Ce sentiment d’exclusivisme n’est pas nouveau. Même le PPM en avait en son temps fait les frais en s’y voyant exclu d’une invitation à célébrer l’auteur de Peau noire masques blancs. Son président, alors président de la région Martinique, avait riposté en offrant des livres de Fanon aux élèves des classes terminales du Lycée qui porte son nom. En bref, la mémoire de Fanon ne paraît pas prête à être livrée à la reconnaissance d’une société apaisée. La question se pose : à qui une société apaisée ferait-elle peur ? A qui Tous Créoles fait-elle peur ? Et voilà que l’Association récidive en créant le Grand Salon du Livre qui se tiendra les 2 et 3 août 2025 dans les jardins de l’habitation Clément. D’où une seconde question : la culture martiniquaise aurait-elle cessé d’être captive de la gauche identitaire qui détient à peu près tous les vecteurs de son développement ?
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