— Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
Dans une société martiniquaise où le « contrôle social » impose souvent d’entonner la même mélodie que les autres, il devient impérieux de briser l’omerta sur les réalités qui dérangent la doxa dominante. Nous vivons sous un véritable « totalitarisme d’atmosphère » où certains mots sont bannis et où l’histoire est méticuleusement réécrite pour servir un récit national de rupture.
L’escroquerie du traumatisme du BUMIDOM
L’un des exemples les plus frappants de cette manipulation est le sort réservé aux ressortissants du BUMIDOM. Pour l’auteur, sa diabolisation constitue « la manœuvre politique la plus hypocrite qu’ait connue la Martinique ». Présentée par l’élite intellectuelle comme une « déportation » ou un « génocide par substitution », cette migration volontaire a surtout été combattue car elle réduisait la « chair à révolution ». Aujourd’hui, sans se remettre en cause, certains critiques d’hier reconnaissent paradoxalement que les ressortissants étaient les “migrants” les plus aidés de la planète. Sauf qu’il s’agit de démontrer qu’ils n’auraient pas été à la hauteur des privilèges reçus. !
Le vrai traumatisme ne vient pas de l’exil, mais du regard méprisant porté pour une raison ou son contraire par ceux restés au pays sur ces migrants, qualifiés de « traîtres » ou occupant des emplois dits « subalternes ».

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
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— Par Yves-Léopold Monthieux —
Fort-de-France, le 30 mars 2026
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Fort-de-France le 18 février 2026
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— Les Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
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— Les Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
Après “Ile aux esclaves”, “Ile empoisonnée”, devrait-on terminer la trilogie par le label “Ile du Shatta” ? Alors que la société martiniquaise se délite à vive allure, son élite politique ne se retrouvant que sur les lieux et durant les jours de barnums populistes, il me vient en mémoire cet article publié par votre serviteur le 10 mai 2005, repris dans son ouvrage En finir avec les blessures de la peau (2023) et reproduit ci-dessous : “A quand une autorité morale martiniquaise ?” La future autonomie pourra-t-elle se passer d’une telle autorité ?
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— Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
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La seule définition de l’Autonomie par ce qu’elle n’est pas doit-elle suffire ?
L’ouverture de l’année de Frantz Fanon par diverses manifestations organisées par l’association Tous Créoles avaient déplu les fanonistes estampillés. Ces derniers craignaient de se voir déposséder de leur icône par les membres d’une association qui ne serait pas de la famille. Ce sentiment d’exclusivisme n’est pas nouveau. Même le PPM en avait en son temps fait les frais en s’y voyant exclu d’une invitation à célébrer l’auteur de Peau noire masques blancs. Son président, alors président de la région Martinique, avait riposté en offrant des livres de Fanon aux élèves des classes terminales du Lycée qui porte son nom. En bref, la mémoire de Fanon ne paraît pas prête à être livrée à la reconnaissance d’une société apaisée. La question se pose : à qui une société apaisée ferait-elle peur ? A qui Tous Créoles fait-elle peur ? Et voilà que l’Association récidive en créant le Grand Salon du Livre qui se tiendra les 2 et 3 août 2025 dans les jardins de l’habitation Clément. D’où une seconde question : la culture martiniquaise aurait-elle cessé d’être captive de la gauche identitaire qui détient à peu près tous les vecteurs de son développement ?
— Contre-Chroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
— ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
On ne sait lequel des Trois mousquetaires de la ville de Fort-de-France avait trouvé l’appellation Rond-Point du Vietnam héroïque. Très certainement le meilleur d’entre eux, à moins que ce ne fut une géniale trouvaille collégiale. Laquelle en avait interloqué plus d’un du côté des bâtisseurs. Dès l’instant que la municipalité avait pris une position peu douteuse sur la guerre du Vietnam, la dénomination était pleine de sens politique. En 1972, en plein affrontement, l’heure était encore à l’héroïsme et non au résultat. De sorte que le timing convenait parfaitement. Trois années plus tard, il aurait été possible de l’appeler Rond-Point de la victoire du Vietnam.
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Ainsi donc, après plusieurs reports, l’affaire dite du Green Parrot qui met en cause l’ancien président de la Région Martinique semble s’acheminer vers une décision définitive. Qu’on laisse tranquille Alfred Marie-Jeanne, c’est le souhait de la plupart des Martiniquais qui sont généralement convaincus que l’ancien président de l’ex-Région n’a jamais cherché à s’enrichir dans ses fonctions, en particulier à l’occasion de cette affaire où il a pu se laisser abuser. Que ses partisans fassent pression pour qu’il ne soit pas condamné, c’est de bonne guerre. Mais de là à parler de justice politique … Ce n’est pas d’aujourd’hui que date le choix des défenseurs des personnes poursuivies dans cette affaire, de jouer l’opinion publique. Cette méthode n’est pas étrangère aux reports successifs. C’est d’ailleurs pour échapper à cette pression que le dépaysement de l’affaire en métropole a été décidé par la Cour de cassation.