— Par Rodolf Étienne
Il existe, dans les archives de Yale University, une trajectoire qui semble résumer à elle seule une partie de l’histoire intellectuelle africaine du XXe siècle.
Celle d’Akiki Hosea Kanyarusoke Nyabongo, né en 1907, à Fort Portal dans l’actuel Ouganda occidental, membre de la famille royale du Tooro, écrivain, universitaire, panafricaniste et militant de la décolonisation.
Akiki Hosea K. Nyabongo étudie à Yale entre 1931 et 1934, après un passage par Howard University, avant de poursuivre à Harvard puis à Oxford.
Yale le présente comme l’un de ses premiers étudiants noirs remarquables.
Cette histoire qui pourrait n’être qu’une remarquable biographie universitaire prend une toute autre dimension lorsqu’on la replace dans les débats contemporains sur la restitution, les archives africaines et la souveraineté des savoirs.
Akiki Nyabongo n’est pas seulement un Africain d’Uganda parti étudier dans les grandes universités occidentales : il est l’un de ceux qui ont cherché à produire, depuis leur propre perspective, une connaissance écrite – inédite – des sociétés africaines.
De Fort Portal à Yale – Renaissance

Né à Fort Portal, Akiki Nyabongo appartient à la maison royale du Tooro. Lire Plus

Octobre 1928 , Marcus Garvey, l’une des figures les plus puissantes et controversées du mouvement noir international, vient de prendre la parole devant un public parisien.
