Tag Archive for Thomas Lalime

«Les Trois âges du constitutionnalisme haïtien», de Claude Moïse

Indépendance, occupation étrangère, démocratie : ruptures et continuités

— Par Thomas Lalime —

Depuis près d’une quarantaine d’années, l’historien haïtien de renommée internationale, Claude Moïse fait de la constitution haïtienne son principal objet de recherche. Il s’est jeté à cette eau par nécessité éditoriale en 1983 quand il avait été sollicité par la direction de la revue Collectif Paroles, éditée à Montréal, en vue de faire le point sur le prompt changement de Constitution opéré en une nuit par le gouvernement de Jean-Claude Duvalier. N’étant pas un juriste de formation, il s’attache plutôt aux aspects historiques et politiques des Constitutions haïtiennes. Comme en témoignent ses différents ouvrages : Constitutions et luttes de pouvoir en Haïti, Tomes 1 et 2, (1988, 1990); Une Constitution dans la tourmente (1994) ; Le Pouvoir législatif dans le système politique haïtien (1999) ; Le Rapport au président de la République sur la question constitutionnelle (2007) en collaboration avec Cary Hector, de regrettée mémoire ; La question électorale – Jeux de pouvoir, péripéties et enjeux démocratiques (2015).

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Thomas Piketty, Haïti et la dette d’Indépendance

Le quotidien « Le Nouvelliste » publie un entretien entre son chroniqueur Thomas Lalime et Thomas Piketty, sur la façon dont les travaux de ce dernier pourraient aider à éclairer les choix de politiques publiques en Haïti. 

Thomas Lalime (T.L) : Après « Le capital au XXIe siècle » en 2013, vous présentez au grand public « Capital et idéologie » en 2019 afin de dresser un portrait assez fidèle des inégalités. Haïti, ancienne colonie française, demeure l’un des pays les plus inégalitaires dans le monde. A-t-elle occupé une place importante dans vos recherches ?

Thomas Piketty (T. P) : Mon nouveau livre, « Capital et idéologie », présente une histoire des régimes inégalitaires, en particulier des systèmes de justification idéologique des inégalités. Le cas d’Haïti joue un rôle très important dans mon livre, car la façon dont l’île a été traitée par la puissance coloniale française et les anciens propriétaires d’esclaves illustre de façon extrême — mais malheureusement représentative — la brutalité de l’idéologie propriétariste en vigueur au XIXe siècle, avec son fondement, une quasi-sacralisation des droits des propriétaires, quelles que soient les origines et les formes de la propriété.

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