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Que faire de l’âme des statues ?

— Rudy Rabathaly —
La tête de d’Esnambuc a été déposée sur les grilles de la préfecture. La représentation coloniale a été rendue à l’Etat. Peut-être aurait-il même fallu l’envoyer par Chronopost au président de la République française… Aussi fort soit le symbole, il ne restera que symbole parce qu’il n’est porté par aucune revendication politique assumée et déclamée.

D’Esnambuc, Schoelcher, Joséphine…sont incontestablement des héros de la domination des pouvoirs politiques. Si se débarrasser de leurs visions suffisait à garantir tant la réhabilitation psychique que la souveraineté des peuples et des races opprimés, toutes les révolutions seraient de velours. Remplacer Fort-de-France par Fodfwans ne saurait apaiser notre aliénation et réhabiliter notre passé, notre mémoire, notre histoire, notre présent et donner sens à notre avenir.

La vraie question est de savoir : quand est-ce que l’on va arrêter de déchouker des statues pour déchouker des vivants ? Est-ce que l’on va se complaire à établir une liste des oppresseurs, des esclavagistes, des colonialistes, des révisionnistes d’hier qui fleurissent nos rues et possèdent nos places ? Et que faire de ceux d’aujourd’hui qu’on pourrait déboulonner sans même passer par la justice de l’histoire ?

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Que faire de l’âme de Schœlcher ? Le billet de Rudy Rabathaly

Mi patakaka ! 29 ans après que l’on ait guillotiné Joséphine, l’Impératrice des Français sur la Savane, voilà qu’on lapide Schœlcher, l’abolitionniste des Français.
Deux exécutions en plus d’un quart de siècle. Après tout, est-ce si terrifiant que cela ? En plus, il ne s’agit que d’une deuxième mort. Les avis d’obsèques de Joséphine et de Schœlcher ont déjà été donnés depuis une charge de temps !
On peut donc se dire, que si cela apaise le peuple de tuer des morts et en plus tous les 29 ans, où est vraiment le gros blème ? Joséphine a ressuscité sans sa tête et de jeunes mariés viennent même se faire prendre en photo sous son jupon aussi sale qu’il soit… Que la famille de Schœlcher se rassure, il sera rebaptisé dans un temple ou ailleurs.
La vraie question est de savoir : quand est-ce que l’on va arrêter de déchouker des statues pour déchouker des vivants ? Est-ce que l’on va se complaire à établir une liste des oppresseurs, des esclavagistes, des colonialistes, des révisionnistes d’hier qui fleurissent nos rues et possèdent nos places ?

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 France-Antilles : « Pawòl anba fèy »

Une rubrique pour sourire un peu. Où l’on parle, sur le mode humoristique, de choses graves. Aujourd’hui, samedi 9 mai 2020, les transports individuels ou collectifs, les embouteillages qui s’y rattachent, et l’eau à la maison sur l’île.

Pour ajouter humblement mon grain de sel de Foyalaise, à voir passer les automobiles devant chez moi, je dirais que d’aucuns, confondant le samedi avec le lundi, ont anticipé le « déconfinement ». Quand aux dramatiques querelles de l’eau, auxquelles le citoyen lamda ne comprend plus rien, si l’on n’y prend garde, on finira par perdre pied et s’y noyer !

Le « À l’arrêt ! » du coronavirus

Quasiment dans tous les pays du monde où il est question de déconfinement, une des préoccupations majeures est celle des transports collectifs. Chez nous, par contre, cette problématique est mineure, subsidiaire pour ne pas dire, en rien préoccupante. Ki avan konfinman, ki an mitan konfinman, ki apré konfinman, sé menm bagay. Pani lotobis !

En réalité, la problématique principale du transport en commun chez nous, comme cela est le cas depuis plusieurs décennies, c’est celle du transport individuel.

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« Pawol anba fèy » : le « Gai savoir » de Rudy Rabathaly

— Par Serge HARPIN —

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Une parole jubilatoire, un « gai savoir » sur nous-même, libéré donc de « l’esprit sacerdotal » pour citer NIETZCHE, voilà comment je qualifierai l’ouvrage de Rudy RABATHALY, « Pawol anba fèy » . Un livre événement en ces temps de dévotion, en ces temps des clercs et des bigots d’une « heure de nous-même » qui n’en finit pas de sonner depuis plus de trente ans.

 L’ouvrage est composé pour l’essentiel de « billets », magistralement écrits selon les canons de ce genre journalistique proche de la littérature : thèmes d’actualité ou de société, concision, chute inattendue, visée humoristique. C’est ce choix de genre qui donne à ce recueil sa facture singulière. Et même si, notamment dans la dernière partie, (« Tonbé lévé » et « En taxico ») le billet s’enfle, s’étoffe, devient « chronique », l’essentiel demeure : la visée humoristique.

 Le billet en tant que genre offre sur le plan de l’écriture, et cela vaut aussi pour la chronique, un certain nombre d’avantages. Et en tout premier lieu ce recul et ce décalé par rapport à l’événement ou au fait traité que donnent l’humour et l’auto dérision.

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