Étiquette : Nelson Rafael Madel

Recycler Molière : promesse et limites d’un Avare participatif

— Par Sabrina Solar —

Imaginée comme une expérience à la fois théâtrale, collective et écologique, cette relecture de L’Avare de Molière s’appuie sur un dispositif singulier : chaque représentation se construit à partir d’objets apportés par le public. Vêtements délaissés, accessoires insolites, fragments du quotidien deviennent ainsi la matière première d’un spectacle en perpétuelle recomposition. Le geste n’a rien d’anecdotique. Il inscrit d’emblée la proposition dans une réflexion contemporaine sur le réemploi, la valeur des choses et la transformation du rebut en ressource, tout en faisant écho, de manière presque littérale, à l’obsession de l’accumulation qui définit Harpagon.

Dès l’ouverture, le plateau apparaît comme un espace en friche : quelques structures de rangement, des bacs de tri, et cette masse d’objets encore inertes. Très vite, comédiennes et comédiens s’en emparent, fouillent, commentent, expérimentent. Ce moment liminaire, où il s’agit presque de “s’habiller pour exister”, donne à voir un théâtre en train de se faire, dans une forme de nudité revendiquée. À leurs côtés, les techniciens — habituellement relégués dans l’ombre — occupent ici une place centrale. Création sonore à partir d’objets détournés, élaboration de silhouettes à la volée, ajustements lumière visibles : tout concourt à faire de cette fabrication en direct un spectacle en soi.

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L’Avare, de Molière, m.e.s. Clément Poirée

Vendredi 24 avril à 19h Tropiques-Atrium
Avec : Nelson Rafael Madel, Mathilde Auneveux, Pascal Césari, Marie Razafindrakoto, John Arnold, Virgil Leclaire, Laurent Ménoret, Anne-Elodie Sorlin
Au lieu de jeter, ramenez ce que vous n’utilisez plus pour qu’il trouve sa place sur scène !

L’histoire d’une génération qui ne veut rien lâcher au risque de nécroser celle qui vient, Molière l’a génialement racontée dans L’Avare. Pièce hilarante sur un grand vice, un désir ogresque qui confine à la folie, à la tyrannie.

Clément Poirée se risque à revisiter cette comédie « en mode radin » pour interroger ses résonances au temps de la décroissance aujourd’hui où les valeurs sont renversées. Sur scène, une troupe en slip devant des étagères vides ! Tout le monde est là, les interprètes mais aussi l’équipe artistique qui habituellement œuvre dans le secret des répétitions. Ils n’attendent que le public et… ce qu’il voudra bien leur donner. Objets, vêtements, draps, livres, papier, boîtes, bijoux, CD, craies, café soluble… tout est bon !

Un happening chaque soir différent. Une manière d’éclairer notre rapport intime à l’avarice et de mettre à nu ce qui fait la richesse d’un spectacle : une équipe à l’unisson et un public-artiste qui apporte la pièce manquante.

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« Sélune pour tous les noms de la terre », de Faubert Bolivar, m.e.s. de Nelson Rafael Madel

Jeudi 06 février, à 19h, à la Bibliothèque municipale Georges de Vassoigne, à Schœlcher
« Sélune pour tous les noms de la terre » est un monologue fort et poignant écrit par Faubert Bolivar, un poète, écrivain, dramaturge et comédien haïtien, lauréat du prix décerné par l’association guadeloupéenne Textes en paroles. Ce texte est un tourbillon d’émotions où se mêlent la passion, le chagrin, l’espoir et la révolte.

L’histoire met en scène Sélune, une jeune femme pleine de rêves, mais aussi de souffrances et de doutes. Assise dans une petite chambre modeste, elle tente de rédiger une lettre de motivation pour répondre à une offre d’emploi qu’elle a trouvée dans un journal local. Alors qu’elle s’emploie à cette tâche, des souvenirs du passé remontent à la surface : son enfance en Haïti, ses parents, son amour, mais aussi ses blessures profondes et les injustices qu’elle a subies. Ces réminiscences viennent bouleverser son esprit et son processus d’écriture.

Sélune, confrontée à la dureté de la vie, cherche désespérément un emploi pour subvenir à ses besoins et faire face aux obligations liées à la maladie de sa mère.

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« L’Autre Rive » de Ulises Cala

11, 12, & 13 mai 2017 à 19h30 au T.A.C.

— Par Selim Lander —

« Jusqu’où faut-il aimer ? Il faudrait un manuel pour expliquer cela. »

Cette phrase prononcée par un homme qui va émigrer en abandonnant sa fille n’est qu’un aspect d’un texte qui brasse toutes sortes de sentiments, de sensations, depuis les jeux amoureux pleins de malice jusqu’à la désespérance profonde en passant par les moments d’attente indécise hantés par la crainte des « persécuteurs ». Nous sommes sur une île, Cuba sans nul doute, entourée d’une « mer interdite ». La télévision qu’on entend parfois s’exprime en espagnol (« la télévision est une chose répugnante » répètera l’homme à plusieurs reprises).

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