Tag Archive for Macha Makeïeff

Avignon 2019. « Lewis versus Alice », d’après Lewis Caroll, par Macha Makeïff

— Par Roland Sabra —

Pas facile de mettre en scène Alice ! Macha Makeïff voulait éviter une lecture freudienne de l’œuvre, elle verse dans une lecture psychobiographique qui prête à ce qu’elle voulait éviter dans une mise en miroir de l’écrivain Charles Dogson et son alias Lewis Caroll. Dédoublement dupliqué par confrontation d’une Alice elle même présente en deux exemplaires face tantôt à son créateur, et tantôt face au créateur du créateur ! On comprend que certains aient pu alléguer de la schizophrénie, voire de la perversion de Lewis Carroll, sujet clivé entre le professeur austère d’un côté et le poète « décadent » de l’autre. La voie du « nonsense » qu’emprunte Lewis Caroll permet à Alice dans « le passage du miroir » d’avoir accès à travers un au-delà du mo. A la question d’Alice « Qui-suis-je » surgit le manque d’être, condition d’accès au langage.
Puisque la structure narrative d’Alice est fondée sur le rêve il faut pour ce travail de Macha Makeïff s’en tenir au discours manifeste tel qu’il est restitué sur le plateau.

Lire Plus =>

« La nuit spirituelle » Texte de Lydie Dattas, lu par Macha Makeïeff,

— Par Michèle Bigot —
la_nuit_spirituelleThéâtre de la Criée, Marseille,
5/12/2015

Macha Makeïeff a eu l’heureuse inspiration de faire précéder le spectacle de Nauziciel par la lecture d’un texte stupéfiant de Lydie Dattas, intitulé La nuit spirituelle.
L’histoire de ce texte touche au plus près à l’histoire de Genet et de sa création littéraire: voici en quels termes la poétesse le présente :
« Un jour j’ai trouvé Jean Genet assis dans mon fauteuil. Alexandre l’avait rencontré dans la rue, et sachant mon admiration juvénile, l’avait invité chez nous. Le poète ne tarda pas à s’installer dans l’appartement voisin. Le soir même j’entrai joyeusement dans sa chambre pour discuter avec lui, exprimant sans censure mes désaccords à celui dont l’œuvre avait bouleversé mes seize ans. Genet devint de glace. Le lendemain il signifia à Alexandre mon bannissement : « Je ne veux plus la voir, elle me contredit tout le temps. D’ailleurs Lydie est une femme et je déteste les femmes. » Cette parole qui me rejetait dans la nuit de mon sexe me desespéra.

Lire Plus =>