Étiquette : littérature jeunesse

Dieynaba Guèye : « Sauvez les contes ! »

– par Rodolf Etienne
Conteuse, poétesse, écrivaine et militante de la transmission culturelle, Dieynaba Guèye, dite Diéo ou Diewo, a consacré une grande partie de son existence à préserver la parole traditionnelle sénégalaise.
Originaire du Fouladou, elle avait fait du conte un instrument d’éducation, d’émancipation et de dialogue entre les générations. Sa voix avait également résonné en Martinique.

L’enfance d’une conteuse sous les étoiles du Fouladou

Il était une fois, dans le sud du Sénégal, une petite fille qui refusait d’aller dormir sans avoir entendu une histoire. À Kolda, dans cette région du Fouladou où se rencontrent les langues, les peuples et les traditions de plusieurs pays d’Afrique occidentale, les soirées appartenaient encore largement aux conteurs. Les enfants se rassemblaient après le dîner, écoutaient les récits des anciens, apprenaient à reconnaître les personnages, leurs ruses, leurs erreurs, leurs qualités et leurs faiblesses. Parmi ces enfants se trouvait Dieynaba Guèye, future écrivaine, poétesse et conteuse sénégalaise, connue sous les noms de Diéo et Diewo. Elle devait consacrer son existence à préserver ce patrimoine de la parole et à le transmettre aux générations suivantes.

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Patrimoine : Trois façons de transmettre la Martinique

– par Rodolf Etienne

Edouard Glissant, Eugène Mona, Valérie Kristofic. 

Le 21 septembre 1928 naît Édouard Glissant. Le 21 septembre 1991 disparaît Eugène Mona. Et le 21 septembre 2024 Fabienne Valérie Kristofic, autrice martiniquaise de littérature jeunesse s’éteint.

Il est des dates qui, sans l’avoir cherché, finissent par dessiner une géographie de la mémoire. Trois générations, trois univers, trois engagements, trois manières de dire le pays. 

Le 21 septembre en est une pour la Martinique. 

Chez Édouard Glissant, la Martinique devient pensée du monde. Né le 21 septembre 1928, l’écrivain, poète et philosophe élargit l’expérience antillaise jusqu’à en faire une réflexion sur la Relation, les langues, les mémoires, l’archipel et les identités qui ne se ferment pas sur elles-mêmes. L’œuvre d’Edouard Glissant interroge la façon dont nous entrons en relation avec les autres.

Chez Eugène Mona, cette même interrogation passe par le corps, la voix, le tambour et la flûte. Le chanteur martiniquais meurt le 21 septembre 1991, à 48 ans. Son œuvre plonge dans la langue créole, l’oralité, les mornes, les héritages africains, européens et indiens. Mona n’écrit pas un traité de l’identité martiniquaise : il la fait entendre.  Lire Plus