Étiquette : Léon-Gontran Damas

Fernand Bibas : Photographe de l’histoire

  • par Rodolf Etienne

Pendant quarante-quatre ans, Fernand Bibas a photographié la Martinique pour la presse.

De Gaulle, Césaire, Senghor, Jean-Paul II, manifestations, élections, sport, spectacles, anonymes : son appareil a accompagné une société en mouvement.

Aujourd’hui, les Archives territoriales de Martinique exposent ces images. Ce qui fut hier de l’actualité est aujourd’hui devenu mémoire.

Il y a ceux que l’Histoire place devant l’objectif et ceux qui doivent être là, présent, au moment précis où elle passe. Depuis le 19 septembre 2026, les Archives territoriales de Martinique présentent en l’honneur de Fernand Bibas : « Dans le viseur de Fernand Bibas – 60 ans de vie martiniquaise », une exposition organisée dans le cadre du Bicentenaire de la photographie.

Le ministère de la Culture le présente comme le premier photographe professionnel de presse de la Martinique.

Derrière les négatifs, les tirages et les images numériques, ce n’est pourtant pas seulement la carrière d’un homme qui apparaît : c’est une Martinique entière qui remonte à la surface.

Fernand Bibas entre à France-Antilles en 1964. La photographie est déjà présente dans sa vie.  Lire Plus

L’éphéméride du 22 janvier

Léon-Gontran Damas décède à Washington le 22 janvier 1978

Léon-Gontran Damas (né le 28 mars 1912 à Cayenne, mort le 22 janvier 1978 à Washington, DC), est un poète, écrivain et homme politique français.

Il est cofondateur du mouvement de la négritude avec Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor dans les années 1940. Grand amateur de jazz, il publia en 1937 Pigments, recueil de poèmes préfacé par Robert Desnos où il se révolte avec violence contre une certaine éducation créole d’inspiration bourgeoise qu’il voit comme une acculturation imposée. Un de ses grands thèmes est la honte de l’assimilation. Engagé dans la politique, il fut député de Guyane.

Il fit à Paris des études de droit puis, à l’École des langues orientales, de russe, de japonais et de baoulé.

Biographie
Allée des Trois fleuves à Cayenne, dont le nom fait référence à Black-Label de Léon-Gontran Damas.

Léon-Gontran Damas est né à Cayenne, dernier des cinq enfants de Ernest Damas (1866-?), mulâtre européen-africain, et de Marie Aline (1878-1913), métisse amérindienne-africaine originaire de Martinique. Une sœur jumelle, Gabrielle, née quelques minutes avant lui, mourut en bas âge.  Lire Plus

L’éphéméride du 9 janvier

Le poème Black Label de Léon-Gontran Damas parait aux Éditions Gallimard le 9 janvier 1956.

BLACK-LABEL À BOIRE
pour ne pas changer
Black-Label à boire
à quoi bon changer

TEL J’AI VU LE CiEL
partout Un le même
ni moins bleu
moins beau
ni moins gris
moins triste
avec ou sans nuages

BLACK-LABEL A BOIRE
pour ne pas changer
Black-Label à boire
à quoi bon changer

J’Ai SAOULÉ MA PEINE
ce soir comme hier
comme tant et tant
d’autres soirs passés
où de bouge en bouge
où de bar en bar
où de verre en verre
j’ai saoulé ma peine  Lire Plus

« Black Label », en streaming & replay gratuit sur Culturebox

Disponible jusqu’au 01/08/2025

Diffusé le 20 mars 2025 à 23h01 sur Culturebox, Black Label est un spectacle qui fusionne poésie, musique et danse pour rendre hommage à l’engagement antiraciste et à la lutte pour l’égalité. Inspiré par le recueil Black-Label de Léon-Gontran Damas, publié en 1956, ce spectacle met en lumière les voix de la négritude, tout en traversant les époques et les luttes, des premières revendications de la charte du Manden en 1222 aux mouvements contemporains comme Black Lives Matter.

Sous la direction du metteur en scène David Bobée et porté par l’acteur et rappeur JoeyStarr, le spectacle réunit plusieurs artistes  : la musicienne jazz Noëmi Saint-Aimé, le chanteur et danseur Nicolas Moumbounou, ainsi que Jules Turlet, chansigneur, qui traduit l’intégralité du spectacle en langue des signes. Ensemble, ils offrent une interprétation puissante des écrits antiracistes les plus marquants, allant de Léon-Gontran Damas à Aimé Césaire, en passant par Malcolm X et Tracy K. Smith.

À travers une fresque visuelle mêlant images d’archives (traites négrières, colonisation, violences policières), Black Label interroge les origines et les réalités des diasporas africaines. Chaque mot, chaque geste, chaque note s’imbrique pour former un cri contre l’oppression et la déshumanisation des peuples noirs, un hommage à l’histoire collective et à la lutte pour la dignité.  Lire Plus