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Khokho René-Corail: un artiste En Marge !

— Par Roland Sabra —

Le mot est de Victor Permal lors de sa conférence donnée dimanche 24 septembre 2017 à La Fondation Clément devant une salle archi-comble. Les amis, les proches, les connaisseurs de l’œuvre de l’artiste étaient grandement majoritaires. Ils ont interpellé, commenté , et même complété sous la forme d’un conte créole les dires de l’orateur, ravi d’une telle complicité.

L’exposition est une ébauche d’une rétrospective souhaitée pour un avenir proche. Elle donne à voir un bel aperçu, forcément fragmentaire de l’œuvre foisonnante, tourbillonnante, protéiforme, d’un homme épris avant tout de liberté. Sans Dieu, ni maître ? A celui qui le dira, ou l’écrira dans ce pays où la pensée magique a encore de beaux restes, on opposera la participation de l’artiste à l’iconographie religieuse. On citera à comparaître comme témoins les « Christ », guérillero ou pas, « La  Sainte Famille », «  La Sainte Face », « Les âmes du Purgatoire », « Le Cœur Immaculé de Marie » etc. A Victor Permal qui dit que KhoKho Corail s’il n’était pas religieux était au moins croyant on pourrait proposer le terme de mystique, défini comme une production psychique, révélatrice des conflits à travers lesquels se constitue l’identité de chacun dans le rapport que l’existence du Sujet entretient avec la limite et la mort.

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Joseph René-Corail : le talent et l’engagement

— Par Selim Lander —

ChèvreUn artiste sorti du peuple et qui y est resté, ce n’est pas si fréquent, surtout quand cet artiste fut aussi prolifique que talentueux. Faut-il y voir l’influence du soleil des Antilles ? Toujours est-il que Joseph René-Corail (dit Khokho), né en 1932 (la Martinique est encore une colonie ; elle ne deviendra département français qu’après la Deuxième guerre mondiale) dans une pauvre masure de paysans, mourra dans la misère, en 1998[1].

Enfant brillant, reçu premier de son école au certificat d’études, boursier de la République jusqu’à la fin de ses études, faut-il pourtant conclure de son échec au BEPC qu’il était déjà un rebelle ? Quoi qu’il en soit, c’est au cours complémentaire qu’il a découvert l’art, grâce à son professeur de dessin. Il a seize ans quand il entre à l’École des Arts appliqués de Fort-de-France, expédie le cursus en deux années au lieu des trois prévues, et intègre alors l’École nationale des Arts appliqués, à Paris. Il reviendra en Martinique en 1956 et enseignera, brièvement, la céramique dans l’école dont il fut l’élève.

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